RANDONNEES EN CORSE 

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Août 2002 : Mont San Pedrone, cime tutélaire de la Castagniccia 

Départ
: du hameau de Campodonico au dessus de Pedicroce autre départ possible du col de Prato 
Altitude : 1767 m
Dénivelé : 900 m de Campodonico, 800 m du col de Prato
Durée A/R : 6 heures dont une bonne 1/2 heure d'égarement au col de Favalta
Itinéraire : chemin fléché jusqu'au refuge "Caselle de Favalta"(1404 m), sur le plateau prendre tout de suite à droite, passer devant une source (attention aucune indication, pas de visibilité sur le San Pedrone, très peu de cairns), on passe devant des ruines où l'on retrouve un chemin qui conduit à une ravissante clairière. A ce point, un panneau indique qu'il reste 1 heure jusqu'au San Pedrone.
Impressions : Eté 2002, le beau temps n'est pas toujours au rendez-vous. Le lac Nino et ses pozzines, tant convoité, a du être annulé pour cause de pluie (et dire que j'ai du supporter une semaine d'un groupe Montagne Corse vieillissant pour en arriver là ! non, je blague, il était sympa ce groupe ;-)). 
Heureusement pour 2002, j'avais mon joker. Nous sortons un peu du parcours du GR20 pour l'ascension du San Pedrone. 
Tout commence au hameau de Campodonico au dessus de Piedicroce, hameau récemment choisi pour illustrer le thème de l'isolement dans une campagne de pub de Primagaz (pour vous dire que c'est typique !). Le chemin pour rejoindre le refuge "Caselle de Favalta" est bien indiqué. En effet, l'itinéraire correspond à la course pédestre du Bozzio "Via Romana" qui a lieu début août. L'itinéraire est donc ponctué de points oranges et parfois même de points de ravitaillement où l'on s'attend à trouver une distribution de barres chocolatées. L'arrêt au col de Favalta est une agréable pause. Attention cependant à ne pas vous laisser influencer par le marquage de la course qui ignore le San Pedrone pour  vous conduire dans une autre vallée. Une fois au pied du San Pedrone, il reste une heure d'ascension en empruntant un raidillon qui heureusement se trouve en forêt. Idéalement il faudrait être rendu à ce point tôt le matin car en cas de brouillard, la pause lunch de 12h30 au sommet du San Pedrone vous privera de la vue panoramique tant espérée. Dans le brouillard, il est encore plus difficile de trouver le chemin du retour entre le San Pedrone et Favalta. Le hasard fait que nous trouvions sur ce non-chemin un superbe spécimen de pierre taillée naturellement en forme de Corse : la nature serait-elle un brin autonomiste ? A l'aller comme au retour, nous ne rencontrons pas âme qui vive sur le chemin qui part de Campodonico et pourtant nous étions bien une trentaine au sommet du San Pedrone. Mais d'où viennent-ils tous ? Existe-t-il un téléphérique qui les laisse juste en bas du sommet ? Non. Tout simplement un chemin plus facile qui part du col de Prato. Forcément, il était plus facile, donc on l'a pas pris ! La visite de Campodonico vaut bien ce petit effort supplémentaire. En effet, le hameau possède une charmante église corse avec un campanile détaché en bois, ce qui est très rare. Si l'ascension du San Pedrone vous a déshydraté, vous pouvez visiter la source d'Orezza, eau minérale ferrugineuse. Son goût à l'état brut s'apparente à lécher une grille en fer forgé un jour de pluie. Heureusement elle est ensuite retraitée pour être mise en bouteille. Vous pourrez ainsi apprécier toutes ses qualités curatives à la boutique de la source, petit pavillon tout pimpant avec ses parasols bleu ciel et son mobilier de jardin design en alu. Ca ne soigne pas des courbatures mais ça requinque un randonneur !

Clairière au contrefort du San Pedrone
Plus qu'une heure ! Les Guelfucci au San Pedrone

Août 2006 : Le Monte Renosu et le lac de Bastani

Départ
: Depuis Ghisoni, prendre la route du col de Verde. Après 9 km prendre la route des bergeries de Capanelle (13 km, D 169). Se rendre au terminus supérieur de la route (1600 m).
Altitude : sommet à 2352 m, plus haut sommet de la Corse du Sud
Dénivelé : environ 800 m
Durée A/R
(mesure officielle) : 4 h30 A/R 
Itinéraire : remonter la piste de ski jusqu'au sommet du téléski de Pietra Niella puis suivre un sentier bien cairné; on atteint les fontaines de Pizzolo, mares étagées sur plusieurs niveaux. Le sentier s'élève ensuite par un raide ressaut vers l'arête faîtière du Renoso et vient dominer les rives du beau lac de Bastani. Plus haut encore, le chemin escalade le flanc oriental de la punta Bacinellu et se termine par un plateau rocailleux, large et facile à remonter. Retour par le même itinéraire.
A lire sur le sujet : "Monte Rinosu, 25 randonnées au cœur de la montagne corse", éditions Albiana/PNRC, 2001. Pour les inconditionnels du coin ou ceux qui veulent voir les photos du Renosu et du lac de Bastani sous la neige.
Impressions : Les pistes de ski ça doit être bien joli sous la neige mais pour commencer la rando, c'est plutôt scabreux. Première pause le long d'une rivière avec mini pozzis, très bucolique. Nous sommes partis ce matin du  9 août 2006 sous un temps froid et menaçant, le programme devra donc être adapté en fonction de la météo. Le lac si tout va bien et si pas de pluie peut-être le sommet; pour l'instant rien n'est moins sûr. Finalement le lac arrive assez vite et déjà le groupe file vers le sommet. A peine le temps de prendre quelques clichés qu'il faut atteindre le point culminant avant que la pluie nous rattrape. L'attaque du sommet nous laisse tout loisir d'admirer la lac sous ses différentes perspectives. Au départ on admire sa couleur verdâtre (due à la prolifération d'algues filamenteuses), plus haut nous réalisons qu'il a la forme d'un cœur : une explication à toutes ces pierres en forme de Corse ou de cœur exposées sur la cheminée du refuge de Capenelle. Une Corse romantique...C'est touchant. Au sommet du Renosu, la traditionnelle photo de groupe sous la croix. Nous redescendons rapidement au lac avec pour objectif d'y pic-niquer. Au programme muscat corse et vin rouge pour fêter l'ascension. Il fait bien froid, autour de 8°C. Repas vite avalé. L'alcool parvient à peine à nous réchauffer, je dirais même : ça fait ronfler dans la descente ! Descente vers Capanelle qui s'effectue sous la pluie. C'est donc avec un certain soulagement que nous voyons apparaître les téléskis dans la brume et donc la perspective d'une bonne douche chaude au refuge. Pour la baignade dans le lac, on reviendra...

Bergeries de Capanelle

Allez Carole, on y croit !

Lac de Bastani

Un amour de lac, Bastani

Monte Renosu

Paysage lunaire sous Renosu


Septembre 2006 : La rando des crêtes

Départ
: Du col de Teghime
Durée A/R : boucle de 7 h dont environ 4 h30 de marche effective
Itinéraire
: cette rando nécessite deux voitures : 1 à Poggio d'Oletta (point d'arrivée) et 1 au col de Teghime (point de départ). Pas d'indication, aucun marquage, pas de cairn : on navigue à vue sur la ligne de crêtes direction Col de Saint Antoine. Faute d'indication, nous sommes passés plusieurs fois à travers le maquis. Pas d'eau (à part au col de Saint Antoine), pas d'ombre et pas vraiment de chemin; en conclusion pantalons, chapeaux et gourdes font partie de l'équipement indispensable. A moins de se faire accompagner par un chasseur ou un ancien car eux connaissent parfaitement les lieux et les sources. 
Impressions : lundi 11 septembre 2006, soit on se la joue morose en écoutant les commémorations newyorkaises toute la journée, soit on prend la clef du maquis pour une journée de rando sur les crêtes entre ciel et mer. Bien entendu, nous avons choisi le maquis. Rendez-vous à 8 heures. Petit transfert en voiture jusqu'au col de Teghime. On atteint assez facilement la ligne de crête. La beauté du paysage qui s'offre à nous est à couper le souffle : d'un côté le lac de Padule et l'ensemble des villages de la Conca d'Oro jusqu'au Golfe de Saint-Florent avec au loin la tour de la Mortella. De l'autre le golfe de Bastia, l'étang de Biguglia jusqu'aux pistes de l'aéroport Bastia-Poretta avec tout au fond les îles italiennes et tout particulièrement l'île d'Elbe qui de distingue aisément. D'un côté la mer Méditerranée, de l'autre la mer Tyrrhénienne. Un point de vue que l'on admire tout au long de la rando jusqu'au col de Saint Antoine qui marque la redescente vers Poggio d'Oletta. De quoi s'en mettre plein les mirettes pour nos longues journées d'hiver. D'autant plus qu'il fait beau et chaud et comme chacun sait : "le lundi au soleil, c'est une chose qu'on aura jamais". Et bien si, justement ! En chemin, nous croisons plusieurs abris de berge dont un abris sous roche à la construction particulièrement soignée. L'endroit est tellement attractif qu'il est retenu pour notre pause fruits secs locaux (pruneaux, noisettes et amandes). Après la pause déjeuner près d'un bosquet d'ormes, petite pause au col Saint Antoine pour se rafraîchir à l'abreuvoir. Le soleil tape dur et la descente vers Poggio offre peu d'ombre à part quelques châtaigniers juste en dessous du col. Nous arrivons à Poggio au bout de 7 heures (dont 4 heures 30 de marche effective) sur les rotules mais ravis d'avoir partagé entre amis de si beaux points de vue.

Alors, c'est par où ?

Vue sur le golfe de Saint-Florent

Vue sur la Conca d'Oro

Vue sur la baie de Bastia


Septembre 2007 : Fête de la nativité à la chapelle Notre Dame de la Serra (Calvi)

Départ
: Depuis Calvi centre, route qui longe le Super U à l'entrée de Calvi
Durée : 30 minutes pour aller de Calvi centre à la chapelle 
Itinéraire : la route que l'on suit est celle qui mène à l'Hôtel La Villa. Elle serpente dans une coquette zone pavillonnaire qui se termine en cul de sac. Un petit sentier se dessine alors jusqu'au pied de la chapelle.
Impressions : Dimanche 9 septembre 2007, nous décidons avec Paul Parenti de faire le pèlerinage jusqu'à la chapelle Notre Dame de la Serra comme dans l'ancien temps, c'est à dire à pied du centre de Calvi avec pour objectif de pic-niquer sur les hauteurs. Visiblement la  tradition se perd car l'on peut compter sur les doigts d'une main les véritables pèlerins. Les calvais ont préféré la route, leurs confortables 4x4 et leurs tenues de gala, pourtant elle est bien sympathique cette petite balade. Ce jour là, Calvi rend hommage à l'archiprêtre Pinelli qui quitte la ville pour une autre mission à Erbalunga. La messe a lieu en plein air avec une vue époustouflante sur la baie de Calvi. Le groupe féminin Isulatine interprète plusieurs morceaux pendant et après l'office religieux. Un véritable moment de grâce. La municipalité qui fait bien les choses, a même organisé un copieux buffet : on ne peur rêver meilleur panorama pour cette émouvante fête d'adieu. Au pied de la chapelle se tient une brocante, un sanglier me nargue... Pour le retour, nous prenons la direction de la pointe de la Revellata et nous nous baignons à la plage de l'Alga que l'on atteint par une piste. Le retour sur Calvi se fait par le chemin douanier le long du littoral. La journée se termine par un apéro sur le port avec une partie du fan club d'A Filetta qui se retrouve autour d'un copieux plat de sanglier (on me nargue pas longtemps moi !) et de polenta pour fêter l'ouverture des rencontres polyphoniques de Calvi. Amis, musique, spiritualité, sport, baignade, soleil, gastronomie : pour une premier jour de vacances, ça s'annonce pas mal !
Dans Corse Matin du 3 août 2008, voir un article sur cette balade.

Notre Dame de la Serra Calvi

Vue de Notre Dame de la Serra Calvi

Isulatine

Un sanglier me nargue...

Gros presse papier calvais

Pointe de la Revellata (Calvi)


Septembre 2007 : Monte San Angelo (Balagne)

Départ
: Depuis San Antonino
Durée A/R : 2 heures
Itinéraire : la piste part du parking de San Antonino, petit passage à travers maquis, puis ascension signalée par marquage
Impressions : un petit sommet d'où l'on bénéficie d'une vue à 360° sur la baie de l'Ile Rousse, Lumio, San Antonino, Corbara, Santa Reparata. C'est un endroit béni des dieux au sens propre comme au figuré puisque d'après un reportage vu au JT de 13heures la même semaine, les moines de Corbara dont le monastère est tout proche, y célèbrent régulièrement la messe en plein air. Nous nous sommes contentés pour notre part, d'une pause canistrellis à l'anis au sommet. Outre la superbe vue, cette balade présente l'avantage de pouvoir déguster au retour un cocktail de citron-raisin fraîchement pressé dans la petite cave à citrons à l'entrée de San Antonino. Une rando et un breuvage qui mettent de bonne humeur pour toute la journée, il serait bien dommage de s'en priver.

Paul, Jean-Claude, Pierre et la webmaster au sommet

Vue du San Angelo

Vue sur le couvent de Corbara

San Antonino

Août 2008 : Monte Astu (massif de Tenda)

Dans la famille Guelfucci, la fille ayant déserté les sommets corses cette année, c'est le père qui si colle !

Départ : de San Gavinu di Tenda, village en face de Poggio d'Oletta

Altitude et Dénivelé : l'objectif était le Monte Astu, sommet consacré de la région, dominant tout le massif de Tenda à 1535 m, avec un départ à 355 m, soit un dénivelé positif de 1200 m.

Durée A/R : 04h00, temps de pauses en plus 

Impressions :

Hier (7 août 2008), record de température sur la Corse où le thermomètre affichait 35°C à l'ombre.

Comme nous avions décidé de faire une randonnée entre hommes (René, Loulou, Jean Paul et son fils), nous n'avons pas modifié nos plans.
Mauvais Départ. Nous avons commencé par nous planter dans notre parcours, ce qui nous a valu de marcher 35 minutes de plus, inutilement, pour constater que nous étions sur un chemin sans issue et qu'il fallait rebrousser chemin pour trouver la voie balisée - peinture jaune et cairns.

Ben, j'en ai bavé, comme jamais de ma vie, parce que, étant tourné à l'est, le massif est en plein soleil dès 07h00 et que j'accompagnais des sportifs accomplis, tous plus jeunes que moi, René bientôt 63, Loulou 61, J. Paul 57 et son fils 36 ans.  

L'ascension a été effectuée en 3h00 de temps, arrêts compris, alors que les pancartes pyrogravées prévoient 4h00, temps de pauses en plus. Aucun couvert végétal sauf un bouquet de châtaigniers, rencontré à 750 m, mais à quelques endroits, des plaines à blé que cultivaient nos anciens, incongrues à ces altitudes, voisines de 1000 m, compte tenu de la difficulté extrême de la montée, difficilement acceptable, voire impraticable par un bourricot, même très coopératif...  

J'ai eu quelques coups de barre et à un moment, j'avançais comme saoul. De ce fait, les compagnons m'ont choisi un endroit à l'ombre d'un rocher et ont continué sans moi, après s'être assurés que je survivrai. J'ai bu de l'eau fraîche (thermos Camping Gaz) et après 5 minutes je me suis retrouvé ragaillardi, j'ai donc repris le chemin tout seul, tout en voyant les copains bien au dessus. J'ai fini par arriver au sommet 20 minutes après eux, uniquement à la volonté et "presque sans" les jambes. 

L'arrivée se fait par une ligne de crête verdoyante et douce, en contrebas de 50 m du piton rocheux du sommet, vue incomparable sur tout le relief Corse: le Monte Cintu et ses neiges éternelles juste en face, le Monte Rotondu, le San Pedrone au sud-est etc... vue simultanée sur l'Isula Rossa et San Fiurenzu. 

Après la traditionnelle séance de photos au sommet, nous avons déjeuné un peu après 10h00 du matin. Pour se faire nous avons quitté le sommet et avons profité de l'ombre d'un rocher et du courant d'air ascensionnel qui y circulait. Pastis de rigueur, offert par René qui avait pris une flasque et fin de nos réserves d'eau. Nous sommes donc redescendus sans eau, bien que de nombreuses sources existent, ne serait-ce que pour étancher la soif des animaux, vaches, chèvres et brebis et surtout chevaux sauvages, ces derniers vivant sur les crêtes, en totale liberté, sans contact avec l'homme depuis au moins 75 ans (on parle d'une horde de 120 chevaux). Ce jour là ils avaient dû aller paître en d'autres endroits plus verdoyants et nous ne les avons pas vus, bien que nous ayons croisé plusieurs troupeaux de brebis et de vaches.

Descente à une vitesse folle (moins de deux heures) pour les 1200 m, temps de pause et arrêts photo compris. 

Arrivés en bas vers 13h15, nous nous sommes littéralement vautrés dans la fontaine du village qui débitait généreusement une eau glacée, mieux qu'au sortir d'un frigo. Puis retour à la maison comme un zombi, les jambes et surtout les fémurs rompus (les chocs de la descente), je me suis à nouveau précipité sur l'eau du frigo. Et surtout, l'envie de me mettre au soleil m'a passé pour quelque temps ! Vivement l'hiver comme disent beaucoup de Corses ici ! 

Je pense que je ne recommencerai plus jamais ça de ma vie !!! Bon, voilà pour les exploits. Ton père, miraculé de la montagne.

Monte Astu - Août 2008


   

L'auteur de ces pages prie l'internaute lecteur d'associer à chaque citation des signes SENTIERS DE GRANDE RANDONNEE et GR la mention "marques enregistrées appartenant à la Fédération Française de Randonnée Pédestre, comité national des sentiers de grande randonnée (FFRP)".


© 2003-2014 Réalisation et Conception Carole Guelfucci 
Dernière modification le 23/10/2015