RANDONNEES EN CORSE 

Les sentiers de la mémoire


Mes récits | Les organismes | Liens | Tours génoises | Gorges | Littoral | Livres | Matériel 

   


Août 2007 (repérage), Août 2009 (sur le terrain) et Août 2010 (entre amis) : Tra aghje e pagliaghji à Rutali

Dès sa création en octobre 2002, l’association « Opera di Rutali » s’est fixée comme objectif principal, la protection et la conservation du patrimoine de la commune de Rutali, patrimoine matériel, (anciens sentiers réinvestis par le maquis, habitat ancien : pagliaghji, aires de battage du blé, abris de bergers, murs…) ou immatériel (tout ce qui appartient à la mémoire collective et à l’histoire du village).

Ainsi elle travaille à la réalisation de ses objectifs : réouverture et débroussaillement des sentiers, exposition de photographies anciennes, de documents d’archives, construction d’un fonds de mémoire par des vidéos d’entretiens avec les « anciens » du village. Avec l’aide de fonds européens (Leader +, GAL des deux massifs), de la Collectivité Territoriale de Corse, du Conseil Général de Haute Corse,et de la Fondation du Patrimoine, elle a entrepris la restauration d’une dizaine de ces constructions en pierre sèche, de quelques aires de battage du blé y attenant, murs de clôture, sources, etc… sur un circuit d’accès facile qui constitue la vitrine de son action…

Ce parcours de la « mémoire » (3,3 km) dit «Tra aghje e pagliaghji », a été ouvert sur les tracés redécouverts d’anciens chemin communaux ou sentiers usuels. Situé à 1,5 km du village, donnant à l’ouest sur la vallée du Nebbiu et la Méditerranée, à l’est sur la plaine orientale et la Tyrrhénienne, une dizaine de pagliaghji le jalonnent dont certains flanqués d’une aire de battage du blé (aghja). Le visiteur y découvre aussi de nombreuses traces de cultures en terrasses avec leurs murs de soutènement, des vestiges des bassins et de canaux d’irrigation, des monticules d’épierrements (maggeghje), des niches et des abris de bergers en pierre sèche, traces d’une appropriation de la nature par l’homme.

Ce patrimoine est Matériel (anciens sentiers réinvestis par le maquis, habitat ancien (pagliaghji, aires de battage du blé, abris de bergers, murs…)) ou Immatériel (tout ce qui fait partie de la mémoire collective et de l’histoire du village).

Impressions
: Rutali, ce village a toute ma sympathie pour différentes raisons. Il faut d'abord parler de la reconnaissance du ventre. En effet, c'est de là que vient notre pain quotidien livré directement à domicile : imaginez un peu, un pain tout frais, cuit au feu de bois, qui arrive tous les jours dans un sac suspendu à la porte. Vu d'un village corse, c'est assez banal, vu de Paris, c'est une hallucination. Il paraîtrait même que c'est le meilleur du canton, que demande le peuple !
Ensuite, il faut parler de Music'arte, une exposition d'artistes peintres et sculpteurs dans les caves et les maisons typiques du village associé à un concert itinérant dans les ruelles du village. Cette manifestation simple et conviviale a lieu tous les ans entre fin juillet et début août. Elle est organisée par l'association Opera di Rutali. 
C'est justement cette même association qui a retenu toute mon attention car elle a organisé un sentier de la mémoire, itinéraire de 3kms qui offre une balade pédagogique dans le patrimoine matériel et immatériel de ce village du haut Nebbiu. D'après un récent article de Corse Matin, il paraît que ce genre de sentier permet aux corses de se réapproprier leur passé, beaucoup plus que le GR20, estimé comme trop touristique. "Tra aghje e pagliaghi" remplit donc pleinement sa mission de sentier pédagogique, de rappropriation de la mémoire du village et d'initiative touristique concluante. En effet, d'après des visiteurs de ma connaissance, c'est un sentier remarquable et un lieu de pic-nic très pittoresque. 
Août 2009 : autour de 18heures, il fait un peu moins chaud et la lumière est sublime sur ce sentier que l'on peut parcourir en 2 heures, histoire de se mettre en jambes pour l'apéro.
Août 2010 : l'occasion m'est donnée à deux reprises de refaire ce chemin. Des moments inoubliables dans le partage d'un repas, dans la rencontre de François Tomasi, accompagnateur de montagne et de son ami webmaster, Antoine Marini (auteur de la HomePage de ce site), dans la découverte de sculptures surprises qui donnent au chemin un goût de nouveauté et dans un petit cours de botanique corse qui va dans le sens de mes récentes recherches sur la cosmétologie corse à base de plantes locales.
François Tomasi, prône "la survie douce" ou comment survivre dans le maquis en y recueillant de quoi manger ou se soigner.
Au cours de la balade, nous découvrons les vertus :
- du millepertuis, utilisé pour lutter contre la dépression mais également très bien en macération d'huile pour atténuer les brûlures et les coups de soleil;
- de l'hellébore corse : plante toxique mais aux qualités antiseptiques à petite dose; dans le passé, ses feuilles avaient de nombreuses applications : elles étaient utilisées pour protéger le fromage, réduites en poudre, elles servaient à la confection d'un cataplasme utilisé en cas de rage de dent, elle pouvaient faire office de filtre naturel pour recueillir l'eau qui coulait d'un ruisseau en très petite quantité et la désinfecter avant de remplir la gourde, en décoction, elles soignait les plaies de brebis;
- de l'asphodèle, dont les tubercules se consommaient et faisaient office de pommes de terre avant l'importation en Corse de la pomme de terre par le général Paoli, surnommé de ce fait, "le général patate" par les génois. Leur goût rappelle celui des topinambours. Les asphodèles porte-cerises s'appellent en corse "luminelli", leur hampes florales sèches donnant en brûlant, une vive lumière. Si l'on croit une légende insulaire, les "Mazzeri", sorcières, se sont jadis battues dans les montagnes avec des hampes d'Asphodèles. Elles servent la nuit au cours des processions et de déplacements. Dans les maisons on jetait une brassée dans le "fucone" (foyer) lorsqu'on avait besoin d'y voir clair;
Il faudrait passer une semaine en compagnie de François Tomasi pour en savoir plus sur la survie douce. Je ne peux que vous recommander de randonner en sa compagnie tant son charisme et sa bonne humeur sont contagieux. Les journalistes dont il est un peu le "chouchou" ne se sont pas trompés, c'est un homme à connaître ! La balade de Rutali se termine autour d'un "spuntinu" (pique-nique corse) sous les châtaigniers avec au programme, charcuterie corse, beignets au fromage, fromage et confiture de figues-poires, salade de fruit, le tout accompagné de rosé corse. Un vrai moment de convivialité entre amis qu'il fera bon se rappeler, tout comme ces étonnantes sculptures dont le souvenir fait aussi travailler l'imaginaire. Si le sculpteur tombe par hasard sur cette page, j'aimerais le connaître et citer son nom car il mérite au moins cela.
Pour les coordonnées de François Tomasi, voir la page sur les organismes de randos.

En savoir + sur le sentier :  http://www.cddp-haute-corse.fr/opera_di_rutali/

Un article sur le parcours de Rutali, paru dans la Corse Votre Hebdo en février 2007, voir l'article (doc pdf).
Voir aussi "Des pagliaghji" arrachés à l'oubli" par Fabrice Laurent dans la Corse Votre Hebdo n° 278, 31-08 au 06-09 2007, pp. 20-21.

Les palliers de Rutali au JT de J.-P. Pernaud (en mai 2008), voir la vidéo.

Rutali, juin 2008

Rutali, juin 2008

Rutali, juin 2008

Rutali, juin 2008

Rutali

Rutali

Rutali

Rutali

Rutali - Août 2010

Rutali - Août 2010

Rutali - Août 2010

Rutali - Août 2010 - François Tomasi

Rutali - Août 2010

Rutali - Août 2010

Août 2009 : randonnée sur sentier muletier au dessus de Sorio (les fougères ne sont pas toujours tes amies !)

Départ
: du col Sant Antone, au dessus du village de Sorio
Itinéraire : c'est le secret de Jean-Marc ;-)
Impressions : Dans notre séjour 2009, la halte à Vallecalle n'a pas pour seul but de découvrir le Nebbiu (même si c'est une très belle région), mais aussi de faire connaissance avec Jean-Marc Poggi, guide de randonnée et son épouse Cathy. Le couple propose trois charmantes chambres d'hôtes dans la partie en L de leur maison. L'endroit est décoré avec le plus grand goût, idéalement situé entre Saint Florent et Bastia, dans un village qui jouit d'une vue imprenable sur la plaine de Saint Florent.
Le mois d'août n'est pas idéal pour randonner. La balade initialement prévue au San Pedrone est annulée à cause des risques d'orage. Nous nous mettons donc d'accord sur une balade locale au dessus du village de Sorio avec au programme : un pont génois, un chemin muletier, de nombreux abris sous roche, des sources et des petites bergeries. Le programme se décompose en trois parties : montée et descente par un chemin muletier de part et d'autre de la vallée, entre les deux l'étape intermédiaire est annoncée comme étant "sale", c'est-à-dire non débroussaillée. Qu'à cela ne tienne, après une rude ascension sous un fort soleil bien matinal, nous rejoignons un plateau dégagé et profitons avec grand intérêt des explications botanistes de Jean-Marc. Pas pour longtemps malheureusement car la partie non débroussaillée s'annonce plus coriace que prévu. Ronces et fougères masquent complètement le chemin. Il faut jouer des coudes et du sécateur pour traverser le maquis qui prend alors des allures de jungle hostile, non la fougère n'est pas toujours ton amie ! Nous découvrons alors à quel point il faut rester humble devant la nature. Pas d'inquiétude en ce qui nous concerne; les sensations ressenties seraient plutôt celles d'explorateurs de terres inconnues. Néanmoins, équipement, météo, risques d'incendies et orientation sont des paramètres à ne surtout pas négliger lorsque l'on part en montagne où que l'on soit.
De retour sur le chemin muletier pour redescendre dans la vallée, Jean-Marc nous fait un brillant exposé sur la géologie insulaire aidé d'une petite carte en relief qui sera à jamais liée à cette journée passée ensemble. Retour à Sorio. Les gambettes et les bras ont bien souffert des ronces hostiles mais la tête est encore toute éblouie de cette nature si exubérante. Comme le dira Jean : "nous avons marché sur l'écorce de la Corse".
Pour le dîner du soir, nous partageons la table de nos hôtes. Ainsi l'occasion nous est donnée de revivre nos exploits du jour autour des délicieuses préparations à bases de légumes du jardin de Cathy.
Pendant ce court séjour chez Cathy et Jean-Marc, nous avons beaucoup rêvé d'une vie d'hôtes dans une agréable maison comme la leur, de randos, de jardinage et de contemplation de la nature. Le lendemain, il nous sera très difficile de quitter la maison de cette famille dont nous envions le mode de vie et la sérénité, pauvres parisiens que nous sommes ! Il me reste : les souvenirs de bons moments passés ensemble, la fierté d'avoir nagé dans les fougères et deux cartes de la Corse en relief, une pour décorer chez moi et une autre au bureau, pour rêver parfois lorsque mes yeux la croise et pour toucher le rêve lorsque mes mains la frôle. 

Rando Sorio

Rando Sorio

Août 2009 : commune de Sisco, les prés, les bois et la pierre et autres randonnées possibles à partir de villages du Cap Corse

Départ : du hameau de Moline
Altitude : minimum 160 m, maximum 350 m
Durée (mesure officielle) : 2h30 aller et retour (grande boucle)
Itinéraire : se procurer la petite carte postale extraite du livre "18 promenades autour des villages du Cap Corse" qui donne une idée de l'itinéraire
Impressions : Une petite rando improvisée sur place, tellement à l'opposé du GR20 et pourtant tellement corse puisqu'elle chemine à travers quelques-uns des 18 hameaux de Sisco. Au programme : des tours rondes ou carrées, des maisons d'Américains, un couvent, un moulin, un pont génois, un hameau aux toits de lauze, bref le paradis sur terre pour les amateurs de belles pierres. C'est d'ailleurs la rando de la maison rêvée où l'on s'imagine tour à tour écrivant des vers dans une tour ronde, de la prose dans une tour carrée (ou inversement), organisant de somptueuses réceptions dans une maison d'Américains ou un simple barbecue entre amis sur la micro-terrasse d'une maison en pierres. "Question maison" comme si vous y étiez, le rêve en prime !
Le seul bémol de cette randonnée familiale, sans difficulté particulière (en dehors de la chaleur) est le balisage en orange. Du orange il y en a mais un peu dans toutes les directions. Il est donc facile de se perdre. L'avantage de ce circuit est de passer d'un hameau à l'autre en évitant la route ce qui donne l'impression trompeuse d'arriver dans des villages complètement coupés du monde, comme autant de petits trésors préservés du tourisme de masse.
Ce circuit fait parti d'une des "18 promenades autour des villages du Cap Corse" mises en valeur par la communauté de communes du Cap Corse.
Dans le même esprit, j'ai trouvé à la marine de Pietra Corbara une documentation sur les sentiers autour de ce village : le sentier de l'eau et le sentier des sources et rochers remarquables, que l'on peut faire seuls ou accompagnés.
Enfin la toute jeune association Chemin de lumière (2009) a fait un superbe travail de mise en valeur d'un sentier qui relie les communes de Pietracorbara et Barrettali, soit 12km de chapelle ne chapelle et d'une vallée à l'autre. Il s'agit en l'occurrence de voir se lever le soleil sur la plage de Pietracorbara et de l'accompagner jusqu'à son coucher à Barrettali.
Pour quelques euros j'ai pu me procurer un petit livret qui raconte l'histoire de l'Association et du chemin. Il est très bien écrit et richement illustré par Dominique Antoni, un modèle du genre pour les guides professionnels ! En dehors du descriptif du parcours, il permet d'en savoir plus sur la flore du chemin, d'apprendre l'histoire des chapelles et de saisir l'enthousiasme de l'association portée par son projet. Le même contenu se trouve en ligne sur internet : chemindelumiere-capcorse.net
Même si je n'ai pas eu le temps de faire le chemin pendant l'été 2009, j'ai pris un réel plaisir à lire le guide dans les transports en commun mi-octobre en région parisienne à la stupéfaction de mes voisins qui me prenaient sans doute pour une jeune femme très pieuse. Il s'agit surtout à mes yeux d'un très beau parcours de randonnée, certes teinté de spiritualité, qui comme son slogan l'indique permet de découvrir le Cap Corse autrement.
Petit paragraphe d'extrait du guide pour vous dire à quel point il est bien écrit : "Tout est ici, à la fois sombre et solaire, le toit en arrondi de l'édifice, monté en lauzes extraites de la carrière toute proche de Teghja fosca (l'ardoise foncée), brille au dessus de l'écrin ténébreux du maquis. Au fond, la mer, "cuirassée d'argent", découpe la côte en zigzags" ( p. 45).

Finalement le Cap Corse dont le potentiel de randonnées m'apparaissait surtout en terme de chemins douaniers, se révèle être un territoire à découvrir.

Rando Sisco
 

Août 2010 : balade avec un nez, rencontre de Stéphane Rogliano, guide accompagnateur et pépiniériste

Départ : au cœur de la forêt de l'Ospédale, sentier Mare & Mare
Impressions : un séjour à Saint Cyprien (près de Porto Vecchio) me donne l'occasion de faire connaissance avec Stéphane Rogliano, un guide accompagnateur et pépiniériste passionné. Il propose plusieurs circuits qu'il adapte en fonction de son public : une boucle familiale ou plus sportive au départ de la forêt de l'Ospédale, une découverte des plantes du maquis ou une visite de son jardin botanique. Pour la seule journée disponible dans mon séjour dans le sud, je m'incruste avec une amie à une balade familiale. La forêt de l'Ospédale est l'occasion d'admirer sur pied de superbes pins Larricio, hêtres, chênes, houx, ifs. Stéphane nous conduit à trois points de vue magiques : le premier englobant tous les villages de l'Alta Roca jusqu'aux Aiguilles de Bavella, le second au dessus de la cime des arbres d'où l'on plonge littéralement jusqu'au barrage de l'Ospédale et jusqu'à la baie de Porto-Vecchio, le troisième au soleil rasant sur l'embouchure du Rizzanese. Au cours de la balade, Stéphane ne cesse de nous mettre dans les mains de petits extraits de plantes qu'il nous fait sentir, malaxer, humer et deviner. Agréables, piquantes, surprenantes, rappelant l'enfance, la cuisine, les clémentines, les devinettes olfactives de Stéphane mobilisent l'attention du groupe.
La grande spécialité de Stéphane reste l'immortelle dont il ne se sépare jamais puisqu'il transporte dans la poche supérieure de son sac à dos une petite fiole d'essence. Il insiste longuement sur ses nombreuses vertus. Il faut dire qu'il s'est lancé il y a une dizaine d'années dans la reproduction de plantes sauvages. Cette année, il prépare 200 000 plants d'immortelle qui seront cultivés puis récoltés en 2011. Les nombreux produits de la cosmétologie corse à base d'immortelle dont je parle sur ma page dédiée sont sans doute nés dans le jardin botanique de Stéphane.
Je ne peux que vous inciter à faire la connaissance de Stéphane Rogliano, soit au cours d'une balade, soit tout simplement en lui rendant visite à la pépinière, tant sa passion de la botanique est contagieuse.
Une petite branche séchée d'immortelle dans la poche frontale de la housse de l'appareil photos a réussi à transmettre son parfum capiteux et puissant aux photos souvenirs de cette formidable rencontre au pays des plantes sauvages et des senteurs.
Les coordonnées de Stéphane Rogliano sur la page consacrée aux organismes de rando corses.

Stéphane Rogliano, sécateur à la main, en pleine dégustation de genévrier !

immortelle corse

Vue sur le barrage de l'Ospédale

Stéphane Rogliano dans son jardin botanique

Dimanche 7 septembre 2014, les villages de Balagne avec Stéphane Giusti

Départ : à 9h00 de Muro (Balagne)
Itinéraire : Muro, Bocca di Muro, Montegrosso, Cassano, Zilia, Bocca di Foata, Muro
Durée : environ 5heures à un rythme soutenu
Impressions :
Eté 2014, en prévision de notre séjour en Corse de septembre, nous prenons contact avec Stéphane Giusti afin de planifier une randonnée en sa compagnie. Fin août 2014, le verdict tombe : ce sera les villages de Balagne, une randonnée niveau rouge avec le groupe de randonneurs du dimanche qui suivent habituellement Stéphane. Stéphane catégorise les randonnées selon leurs couleurs. Rouge signifie : randonnée exigeant un bon niveau physique, avec des passages techniques, voir alpin, un dénivelé positif de maximum 1000 m et avec 6 à 7 h de marche, rythme de marche soutenu. J'appréhende un peu le niveau élevé mais forte de notre entraînement aux lacs italiens et de notre motivation, je pense que tout devrait bien se passer.
Après une traversée du désert des Agriates de bon matin aux accents plutôt vomito pour moi, le groupe se retrouve vers 8h30 devant le Belambra de Lozari pour se diriger en convoi vers le village de Muro. Départ de Muro à 9h00. Nous montons en direction du col de Muro (Bocca di Muro) et du village de Montegrosso. Arrêt à Cassano où un café boulangerie providentiel nous permet de trouver du pain frais pour le midi. Après une assez longue pause déjeuner, nous repartons aspergés des pieds à la tête au point d'eau de la chapelle, pour tenter de limiter l'effet digestion + coup de chaud du début d'après-midi. Passage par Zilia où l'on produit une des deux eaux minérales plates de Corse (l'autre eau étant la Saint George), puis ascension du col Bocca di Foata, pour finir selon un itinéraire en boucle à Muro aux alentours de 16heures. 

Que dire de cette journée ? Il a fait beau et chaud, ce qui pour nous, pauvres parisiens correspondait à la première journée de l'été 2014. Quand je parle de randonneurs du dimanche j'entends par là des randonneurs qui ont l'habitude de se retrouve le dimanche ou le week-end pour faire des sorties accompagnées par Stéphane. Il ne s'agit en aucun cas d'un terme péjoratif, loin sans faut, car j'ai été véritablement bluffée par le niveau sportif du groupe. Il faut dire que pour la première fois de ma vie je marchais avec des locaux, très sportifs, très bien entraînés, habitués à la chaleur et au fonctionnement de leur guide. Le principe de Stéphane est de randonner de manière soutenue et presque sans pause pendant les passages difficiles, puis de faire des pauses de récupération après les passages des cols. J'ai eu des difficultés à suivre ce rythme, notamment lors de l'ascension du col de Foata, en pleine chaleur après le déjeuner. Je me suis donc retrouvée en tête de file, juste derrière Eric, un aspirant guide très pédagogue qui a dû se demander comment il allait se tirer d'affaire de cette pseudo corse parisienne à bout de souffle. Eric ouvrait la route, ça poussait derrière, pas moyen de laisser tomber en chemin, il n'y avait pas d'autre solution que de suivre. Petit moment de solitude et de honte devant le corps qui n'a plus de jus pour avancer vite dépassé grâce aux encouragements d'Eric et des femmes du groupe qui me suivaient ("Alors Figolu, tu connais tous les chemins de ton pays ou quoi !?" passait dans ma tête).

Finalement nous l'avons fait avec beaucoup de plaisir pour ma part. Plaisir de rencontrer Stéphane que nous espérons suivre sur d'autres chemins, plaisir de servir de cobaye pour l'aspirant guide qui mérite bien son diplôme, plaisir de marcher avec de vrais corses sportifs, complices, moqueurs, bienveillants, accueillants, plaisir de traverser ces villages de Balagne et d'avoir de beaux points de vue sur la mer, plaisir de partager ces moments dans la nature et entre amis.
Septembre = figues mures sur les arbres, miam-miam !

Lors de la randonnées, nous avons plusieurs explications botaniques. J'ai retenu le nom d'une plante le Daphné garou, assez jolie par ailleurs dont j'ai retrouvé quelques explications et photos sur le site http://www.balogna.sitew.com
Le Daphné garou = u Lupatellu o u Patellu ( Daphne gnidium ; Thyméléacées ) est assez commun en bordure du maquis et dépasse 1 mètre. Les fleurs sont blanches, odorantes, à pédicelles cotonneux, en panicules terminales. Les fruits sont des baies rouges. Les feuilles sont glabres, presque coriaces et persistantes. Elles sont lancéolées étroites, à une seule nervure. C’est une plante toxique qui a été utilisée pour «endormir» les poissons dans les petits cours d’eau. Un ami escrimeur, Aymeric Benard, vétérinaire à Ajaccio, signale l'action abortive de cette plante sur le bétail ( et même sur nos compagnes ).

Et après cette randonnée d'environ 5 heures, nous rejoignons Calvi pour une baignade rinçage en mer face à la citadelle bien méritée et pour un concert polyphonique dans le cadre des Rencontres mais ça c'est une autre histoire !
Merci à Stéphane pour l'organisation, si nous habitions Bastia nous serions inscrits au club et fidèles clients des randonnées du dimanche enfin celles dont le code couleur correspond bien à mon niveau ;-). Il est à noter que dans la tradition corse on ne marche pas, surtout sans raison, c'est très mal vu. Seuls les bergers ou les chasseurs acceptent ce moyen de locomotion surtout lorsque le 4x4 ou le quad ne passent pas. Il n'y a presque aucun corse sur le GR20 en dehors de certains guides, des gardiens de refuge et de celui qui détient le record de vitesse depuis peu. Ce groupe de randonneurs corses est donc d'autant plus exceptionnel. Bravo !

Stéphane Giusti, les villages de Balagne, Bocca di Muro

Eric, aspirant guide, les villages de Balagne, Bocca di Muro

Pause à Cassano

Pont gênois après Cassano, les villages de Balagne

Pause déjeuner, les villages de Balagne, après Cassano

Bocca di Foata

Fin de la boucle, retour vers Muro

Détente musculaire, baie de Calvi

 


   

L'auteur de ces pages prie l'internaute lecteur d'associer à chaque citation des signes SENTIERS DE GRANDE RANDONNEE et GR la mention "marques enregistrées appartenant à la Fédération Française de Randonnée Pédestre, comité national des sentiers de grande randonnée (FFRP)".


© 2003-2014 Réalisation et Conception Carole Guelfucci 
Dernière modification le 23/10/2015