POLYPHONIES CORSES


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POURQUOI CETTE PAGE ?

Vous êtes corse et très calé(e) en polyphonies...
Dans ce cas, la sélection d'une "pinzute" risque de vous décevoir. Ne parlant pas le corse (honte à moi !), elle reflète plus une sensibilité à tel groupe ou tel chanteur plutôt qu'un véritable engouement pour leurs textes, même si je m'attache à suivre les livrets. Ceci dit, un des objectifs de cette page est de rencontrer de véritables amateurs de musiques corses pour échanger des impressions. En effet, acheter des disques corses en connaissance de cause n'est pas toujours aisé. La musique corse n'étant pas largement diffusée sur les ondes, mes critères de sélection se limitent à la réputation d'un groupe. Ainsi, si vous estimez que je suis passée à côté d'un groupe ou d'un chanteur incontournable, n'hésitez pas à m'écrire.

Vous n'êtes pas corse mais vous avez succombé aux charmes de la polyphonie... ...lors de votre dernier séjour dans l'Ile de Beauté. Cette page a pour objectif de lister quelques indispensables à acquérir soit pour vous constituer une discographie de base ou pour illustrer votre vidéo de vacances.
Je vous conseille de commencer par l'acquisition d'une compilation. Il en sort plusieurs chaque année au moment des vacances (par exemple : "Corsica, les plus belles chansons corses", Versailles, 1994). C'est un moyen de découvrir les différents aspects de la polyphonie. En fonction de ce que vous aimez sur la compilation, vous pourrez ensuite choisir de découvrir plus en détail tel chanteur ou tel groupe.

Sur la polyphonie corse...

Elle est très liée à l'identité corse. Son renouveau date des années 70, une période nommée "riacquistu" (littéralement la réappropriation par le peuple corse de sa langue et de sa culture musicale). Extrêmement variée, elle adopte toutes les formes : sacrée, religieuse, franciscaine, profane, traditionnelle, contemporaine, world music voire électronique. Elle reste profondément masculine même si les femmes font aussi entendre leurs voix. Parfois mal jugée comme étant triste ou austère, elle ne laisse pourtant personne indifférent.

Extrait de "La Corse" de Dorothy Carrington, Arthaud, 1999, p. 187
"Désormais, je devins une fanatique de cette musique âpre et envoûtante. On l'entendait alors rarement, sauf dans des endroits perdus, car elle est peu familière à l'oreille moderne. Les chansons que l'on débitait aux touristes dans les cafés des villes étaient soit du genre napolitain, soit de vrais airs corses mais lamentablement déformés, édulcorés et dilués, si bien que les lamentations déchirantes des hors-la-loi et des veuves affligées devenaient de banales rengaines pour amourettes de vacances. Malgré les initiatives de quelques connaisseurs de musique archaïque, ce n'est que tout récemment que le public s'est mis à apprécier cet art insulaire puissant et original."

Pour des raisons de droit d'auteurs, je ne souhaite pas diffuser d'extraits MP3 sur ce site. Pour avoir une meilleure idée des différents styles, il vous est toutefois possible d'écouter des extraits sur les sites internets mêmes des groupes, sur des sites spécialisés dans la vente de disques ou sur Youtube où les vidéos musicales sont nombreuses. Certaines grandes enseignes culturelles (FNAC, Virgin, Cultura...) proposent des bornes CD où il est possible d'écouter des extraits du disque choisi.

A noter, depuis la création de ce site, l'offre de disques insulaires a considérablement diminué dans les grands réseaux de distribution (la faute à internet, à la copie des cd, aux mp3 ? Pas ma faute en tout cas !). Le fait est que les Corses du continent sont souvent obligés de venir dans l'île en vacances afin de faire leur shopping CD. Une autre solution consiste à commander sur internet ou à acheter des CD à l'issu des concerts.

Cette page a aussi pour objectif de promouvoir les artistes corses. En effet, dans un article du 17 janvier 2010 "Chanteurs corses : la marche difficile vers le professionnalisme" par Ghjilormu Padovani pour Corse Matin, on apprend que très peu de chanteurs corses ont le statut de professionnel. Les artistes corses choisissent le plus souvent leur village et leurs racines au détriment d'une carrière professionnelle qui les obligerait à se produire principalement hors de Corse. Ainsi, le groupe A Filetta avoue travailler 11 mois de l'année hors de Corse. Sur 70 concerts en 2009, 5 ont été donnés sur l'île, 10 sur le continent et 55 dans le reste du monde. Le statut d'intermittent du spectacle étant ce qu'il est, la question que pose Corse Matin, peut-on vivre de la chanson en Corse ? est plus que jamais d'actualité.

Pour en savoir plus sur la polyphonie corse 

- Voir ici et avec aimable autorisation de l'auteur, une étude de Paul Dalmas-Alfonsi (également auteur de La Corse de Francesca Maria) sur les voceri : 

La Déploration Corse :  voceru et récit, communication au colloque "Les mots, les chants, les gestes pour le dire : les lamentations dans le contexte européen", Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, 20 septembre 2007.

Motifs et contenus dans les lamentations, quelques exemples corses par Paul Dalmas Alfonsi (2010)
Ce texte était à l'origine, une communication à un colloque sur les "lamentations" qui s'est tenu à Bastia il y a en novembre 2008, co-organisé par l'université Paris 4 et la ville.

- Voir aussi un texte de Joseph Figarelli présentant la musique traditionnelle corse et écrit au moment du lancement du disque Isulamea auquel il a largement contribué.

- Un article de Corse Matin du 3 janvier 2012 : "Les chjami è rispondi une tradition qui perdure" par Jean-Baptiste Susini : les chjami è rispondi, sorte de joutes verbales, étaient beaucoup pratiquées dans le passé, notamment lors de foires agricoles.

Patricia Baudoux, animatrice radio, m'a signalé l'existence d'une nouvelle émission de radio sur la musique corse, sur une radio locale corrézienne diffusant également sur Internet.

Il s'agit de l'émission "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états", sur la radio Canal Bleu à Objat (19) sur 94.3 et également sur www.canalbleu.net qui a lieu tous les dimanches de 10h à 11h.

La philosophie de cette émission repose sur la découverte de toute la musique corse : des chants sacrés au pop-rock ; des paghjelle à la monodie ; des groupes aux solistes ; des pièces instrumentales .... Musiques jamais diffusées sur le Continent.
Chaque chant, chaque chanson est re-situé dans son contexte, géographique et/ou historique le cas échéant ; sa forme est expliquée ; les interprètes sont systématiquement présentés, car inconnus des auditeurs ; les titres et albums cités ainsi que la maison d'édition.

La première a eu lieu le dimanche 28 septembre 2008.

MES PREFERES SONT...


L'ALBA : Ce groupe balanin qui compte actuellement 8 membres a été crée en 1992. Leur musique, très originale incorpore du chant polyphonique et des instruments (guitare, percussions, basse, cetera, violon, accordéon, flûtes, clarinette, clarinette basse).
A l'écoute, l'héritage polyphonique du "Riacquistu" est là mais élargi à d'autres influences méditerranéennes. La formation est une somme d'individualités talentueuses : Benjamin Dolignon (terza), Ceccè Guironnet (clarinette), Cédric Savelli (guitare, violon et multiples instruments à cordes), Eric Ferrari (basse), Jean-François Vega (guitare, chant) et Sébastien Lafarge (voix principale).
Ils ont à leur actif plusieurs albums :  "I soli ciuttati" (1999), "Cilva", enregistré à Pigna, est sorti en 2005, composé comme une suite, il évoque l'histoire d'une ville imaginaire qui est en même temps universelle et spécifique à chacun, "Radiche Suprane" s'inspire du livre du même nom du photographe Tomas Heurer qui a photographié de nombreux arbres notamment dans le Guissani avec une technique originale qui consistait à laisser ouvert le diaphragme de son appareil pendant de longues heures, un voyage au cœur des "racines célestes" insulaires.
"Inspiré de cette œuvre littéraire et photographique, L'Alba y traduit en musique toute la force poétique et ésotérique qui en découle et tente notamment de sensibiliser sur un sujet plus que d'actualité, qui est celui de l'environnement". Marc Costa, Balagnews, avril 2009, p. 28.

 

L'ARCUSGI : j'ai longtemps hésité avant de parler de ce groupe sur cette page, groupe connu pour ses chants "révolutionnaires" voire très hostiles aux français et pourtant si l'on s'en tient à la qualité musicale, ce fut pour moi la révélation de l'année 2004, le disque que j'écoute en boucle depuis sa découverte. Le disque en question est un concert enregistré à Bastia que j'ai entendu pour la première fois dans l'enceinte d'une tour, beau symbole de résistance s'il en est. On peut également avoir un bon aperçu de l'œuvre du groupe dans une compile en deux CD parue en 2002 chez Ricordu.

"Leur nom vient des petites arquebuses utilisées par les patriotes corses de Pasquale Paoli contre "l'invasore" (l'envahisseur) français au XVIIIe siècle. Autant dire qu'avec de telles références, l'Arcusgi affiche clairement la couleur : chanteurs, d'accord mais aussi militants nationalistes. En près de trente ans de carrière, ce groupe bastiais atypique, fondé en 1984 par Louis Franceschi, s'est imposé sur la scène corse grâce à son répertoire musclé et revendicatif, servi par un incontestable talent vocal et des rythmes sur lesquels il et difficile de ne pas marquer la mesure en tapant du pied. S'ils enracinent leurs textes dans la défense du patrimoine culturel et historique corse, les membres de l'Arcusgi ratent rarement l'occasion de faire découvrir leur talent ailleurs, notamment au Pays Basque, une véritable "terre d'adoption" à laquelle ils ont consacré certains de leurs plus beaux textes."
Source : Punti di Vistu, été 2011, n°1, extraits de l'article L'Arcusgi So elli ("Ce sont eux"), p. 38



 



BARBARA FURTUNA. Maxime Merlandi, Jean-Philippe Guissani, Jean-Pierre Marchetti et André Dominicci se sont rassemblés au sein de ce groupe qui adopte pour nom celui d'un chant traditionnel ayant pour thème le départ forcé, l'exil, thème au combien cher au peuple corse. Le groupe a choisi la voie de la tradition en reprenant des chants traditionnels sacrés, chants toujours interprétés lors des messes de mariage, des défunts ou de la Semaine Sainte. En plus du répertoire liturgique, Barbara Furtuna propose des mélodies profanes, sur des thèmes comme l'amour, l'exil, les ancêtres ainsi que des adaptations de textes français comme "Le temps des cerises" ou de textes étrangers (sarde, toscan, géorgien). Leur premier album "Adasgui" (2004) a été accueilli unanimement par la critique. 
Voir aussi RASSEGNA, groupe méditerranéen, auquel participe Maxime Merlandi.
En août 2006, j'ai eu la chance d'assister à l'un de leur dernier concert à Santa Maria Poghju. Arrivés tôt au village, l'endroit nous semble légèrement hostile. A se demander si il y aura du monde. Comme à tous les concerts du groupe, le miracle se produit. L'église est archi pleine. Il faut rajouter des chaises dans l'allée : 117 entrée pour à peine 60 places assises. Au premier rang, je suis au chœur même du groupe. L'émotion est palpable et mettre les voix sur les morceaux de leur album "Adasgui" tant de fois écouté sur chaîne hi-fi est jubilatoire. Maxime est toujours aussi charismatique. Jean-Philippe a beaucoup gagné en assurance et semble prendre beaucoup de plaisir à présenter et expliquer le travail du groupe, André est un peu le joyeux luron du groupe, quant à Jean-Pierre, j'en suis encore à me demander comment une telle voix peut sortir de se petit bonhomme à l'immense talent. A la fin du spectacle, je rencontre une artiste hollandaise qui est persuadée que son travail de peintre est directement lié à l'inspiration du groupe. Une communion qui dépasse la barrière des langues et rassemble les arts. Nous espérons tous la sortie prochaine d'un nouveau disque pour retrouver les petites merveilles entendues à ce concert. 

Barbara Furtuna

Concert Barbara Furtuna 08/2006

Jean-Marc Raffaelli pour Corse-Matin (juillet 2004) : "Lors des concerts, on avait été émus par Fiure, une des plus belles créations mélodiques du groupe, qui à elle seule, mettait en scène tous ces anonymes disparus qui n'ont de survivance que dans nos mémoires et nos cœurs. Sur le disque, on a repris à notre compte une autre composition, Un ti ne fà, ce dialogue père-fils dans lequel au fil du temps on a joué ou jouera les deux rôles dans l'histoire de la vie"..
Elisabeth Milleliri pour Corsica (juillet 2004) : "L'esprit de chaque chant a été ainsi rendu, sans le moindre apport d'artifices ou de technologie, par prises directes, avec l'acoustique naturelle des lieux. Douze titres et quarante minutes d'heureuse fortune, en heureuse compagnie..."
Elle parle ici des enregistrements à l'église San Martinu de Patrimonio, à la chapelle de l'Immaculée-Conception de Valle di Rustinu et en extérieur, à Caspitti, pour Furtunatu (chant d'amour) avec pour tout accompagnement le vent le chant des oiseaux. 

Le samedi 22 décembre 2007, Barbara Furtuna s'est produit au théâtre des abbesses à Paris dans le 18ème. 
Lire la très bonne critique de Claude Lechopier sur le site du théâtre : http://theatredelaville-paris.com/upload/BarbaraFurtuna.pdf

Barbara Furtuna au théâtre de la ville - Décembre 2007                 

Vendredi 21 mars 2008 : décembre au théâtre de la ville et Pâques salle Gaveau pour un concert Via Crucis à l'occasion du Vendredi Saint.  Voir le compte-rendu de ce concert sur une page dédiée.

Sortie le 26 juin 2008 du deuxième album de Barbara Furtuna : In Santa Pace
Une fois de plus, Barbara Furtuna fait merveille dans l'alternance de sacré/profane, traditionnels/créations, spirituel/romantisme. Ce disque est un must. Les fans du groupe qui pourront enfin disposer d'une version enregistrée du très mélodique chant dalmate, découvrir quelques versions instrumentalisées en finesse du plus bel effet, apprécier les talents d'écriture de Jean-Philippe Guissani notamment sur le titre L'innamurati, se laisser bercer par les voix de Maxime Merlandi et André Dominici qui excellent (aussi) dans le registre romantique (Veni O Bella et Lamentu chi ti cerca), se recueillir sur de très beaux chants à la vierge (Maria le sette spade et Tota pulchra es Maria) car comme le dit Maxime, qui chante prie deux fois. Quant au public découvrant la polyphonie corse, j'imagine qu'il ne peut être que séduit par tant de diversités dans le respect des traditions. C'est à mon sens, LE disque pour aborder la polyphonie corse.

Deux ans après le concert Via Crucis salle Gaveau à Paris, Barbara Furtuna apparaît sur l'album du même nom.
Dans Via Crucis, Christina Pluhar et son ensemble l'Arpeggiata expriment la piété baroque chez les compositeurs italiens et dans les chants populaires napolitains et corses.
Avec Philippe Jaroussky, Nurial Rial et l'ensemble vocal corse Barbara Furtuna, la maestria autrichienne nous entraîne à sa suite sur un Chemin de croix exaltant.
Le 29 mars 2010, sort donc un livre disque composé d'un CD et d'un DVD bonus qui célèbre les 10 ans de l'Arpeggiata.
A la vue des extraits du DVD, il y a autant à voir qu'à entendre chez Christian Pluhar qui n'a pas peur de mêler musique baroque primitive, danse, voix de solistes classiques et voix de chanteurs insulaires. Philippe Jaroussky, que j'ai découvert il y a peu de temps, semble décidément s'imposer dans mes choix musicaux de 2010, quant à Barbara Furtuna, c'est je pense une chance pour eux d'être sublimés par un ensemble dont la renommée internationale n'est plus à faire. Merci chère Christina, de me permettre, grâce à vos choix audacieux, une initiation à la musique baroque tout en douceur, en complicité, avec un savant mélange d'humour et de sérieux.
C’est un disque qui se mérite puisqu’il m’a fallu le chercher au 4ème et dernier étage de la FNAC Ternes. Le plus bel écrin de l’ancien magasin Printemps pour une petite merveille.
Je n’aurais jamais pensé qu’un jour je puisse devenir fan de musique baroque. Bien sûr l’attrait pour Barbara Furtuna a été le moteur de l’achat mais au fond c’est un disque qui m’a procuré un sentiment de quasi béatitude de la première à la dernière note.
Est-ce à cause des voix divines de Nuria Rial et de Philippe Jaroussky ? Est-ce pour le cornet à bouquin qui, à lui seul, me fait aimer l’ensemble l’Arpeggiata ? Est-ce à cause du DVD bonus qui accompagne le disque où l’on ressent si intensément l’enthousiasme, le talent et la bienveillance de Christina Pluhar ? Est-ce pour ces jeunes corses, pourtant issus de la tradition orale, qui s’accordent avec tant de justesse à une thématique si codifiée ? C’est un tout je pense et sans aucun doute une consécration pour Barbara Furtuna. Avec ce disque, ils vont sans doute toucher des auditeurs étrangers à la polyphonie corse mais férus de musique baroque. Qu’on ne se méprenne pas, ce disque n’est pas le CD idéal pour découvrir la polyphonie corse. Dans cette hypothèse, il vaut mieux se reporter aux deux albums de Barbara Furtuna (voir ci-dessus). Pour les amateurs de polyphonies déjà avertis, c’est une nouvelle porte qui s’ouvre, un nouvel espace des possibles.
Extraits du livret
Sur Via Crucis, Barbara Furtuna interprète Maria, une composition basée sur le thème de La Carpinese, un chant de bergers de Carpino. Le texte évoque la douleur de la mère qui assiste aux souffrances de son enfant. Le chemin de croix du fils est en même temps le destin de la mère.
Le chant Suda Sangue, extrait du recueil Lira sacra, et Queste pungente spine, une cantata spirituale du compositeur, poète et théorbiste Benedetto Ferrari, dressent devant nos yeux l’image du supplicié dont la tête est ceinte d’une couronne d’épines. Dans ce morceau, Marie-Madeleine s’adresse à Jésus et lui parle non seulement de la douleur qu’elle ressent en voyant son corps meurtri, mais de l’amour qu’elle éprouve pour lui.
Le Stabat mater dolorosa de Giovanni Felice Sances sous-titré Pianto della Madonna date du XIIème siècle et est attribué au Franciscain italien Jacopone da Todi. Il a pour thème la douleur de Marie pendant la Crucifixion (texte en latin).
Enfin, le Lamentu di Ghjesu a été composé par Roccu Mambrini, Toni Casalonga et Nando Acquaviva, membres de l’Ensemble Tavagna, sur le thème baroque de la Folia
, un chant qui a une résonnance très particulière pour moi.
Le livret est d’ailleurs magnifiquement illustré et documenté et il y a beaucoup à apprendre notamment sur les traditions de la semaine sainte en Corse (pp. 13 à 15).

Le 11 juin 2013, sorti du nouvel album du Groupe Barbara Furtuna : Si vita Si

Au grand jour. C'est ainsi que Barbara Furtuna nous apparait sur la couverture de ce troisième album.
De leurs pérégrinations sur les scènes insulaires et internationales, au gré de leurs rencontres et collaborations prestigieuses, les quatre garçons ont ramené de nouvelles envies et une ambition décuplée. De la polyphonie traditionnelle toujours, bien sûr. Oui, mais pas seulement. Barbara Furtuna ne s'interdit plus rien et accueille désormais de manière quasi permanente un cinquième larron en son sein : l'instrument. La rencontre est belle et foisonnante et le spectre balayé par les nombreuses créations est étonnant. C'est donc ça, « Si Vita si », rien moins qu'une volonté affichée d'embrasser passé et présent, racines et envol, en un même geste artistique, pour inventer le futur de la musique populaire corse. Savoir d'où l'on vient, savoir où l'on va et surtout comment on veut y aller : Barbara Furtuna est bien à l'image de son île (Frédérique Balbinot).

Afin de ne pas surcharger cette page, le groupe fait l'objet d'une page dédiée où sont notamment évoqués les concerts.
Les derniers concerts commentés sont :

Jeudi 8 août 2013 : Eglise de la Miséricorde à Propriano
Jeudi 10 octobre 2013 : Eglise St Julien-Le-Pauvre, Paris 5ème

Voir le compte-rendu de ces concerts sur une page dédiée.
 

CANTA U POPULU CORSU. C'est le groupe mythique des années 70 dont plusieurs membres fondateurs font désormais une carrière solo (Petru Guelfucci, Jean-Paul Poletti). Certes les membres du groupe se sont renouvelés au fil des années mais Canta a su rester fidèle à son style d'origine.  Les disques vinyles du groupe sont disponibles depuis quelques années sur CD (ils sont souvent même regroupés par deux disques). Leur compilation "In Cantu" qui regroupe des titres des années 1975 à 1981 est un must tout comme l'unique enregistrement en public du groupe en 1981 au Théâtre de la Ville à Paris. En 1995, le groupe s'est reformé le temps d'un album exceptionnel "Sintineddi" dont le titre phare illustre magnifiquement le spectacle sons et lumières sur la citadelle de Calvi (l'album que j'emporterais sur une île !). Leur dernier album "Rinvivisce" (2001) est dans la lignée de ce qui se fait actuellement, c'est à dire un savant mélange entre le respect du style traditionnel du groupe et l'ouverture vers d'autres cultures (ici basque ou irlandaise). A voir aussi un double CD enregistré en concert en 2003 pour les trente ans d'existence du groupe, une bonne sélection de titres cultes du groupe. Par delà les années, les membres de Canta U Populu Corsu n'ont cesser de défendre la culture musicale et linguistique corses.

Voir la page dédiée à Canta avec notamment quelques infos sur leur dernier concert à Paris (La Cigale, en février 2010).

 

STEPHANE CASALTA reprend avec son premier album solo "Una Preghera" (une prière) (2002) le style propre à Giramondu, mélange de tradition (avec un petit coup de pouce de Jean-Paul Poletti et Patrizia Guataceca de Soledonna), d'inspiration méditerranéenne et de musique électronique. 

Petru Cerutti

PETRU CERUTTI : auteur-compositeur-interprète de 4 albums, son répertoire mêle avec originalité chants corses et expressions multi-instrumentales : chant, guitare, piano, cetera, mandoline, charengo, banjo 5 cordes, mandouki et alto.

 

 

I CHJAMI AGHJALESI, groupe culte en Corse qui a commencé en 1977. Tout comme Cantu U Populu Corsu, leurs anciens disques sont réédités CD sous forme de doubles albums. 
En 2007, le groupe fête ses trente ans de carrière. Sur les huit membres fondateurs, on compte encore les frères Pesce Maï, Tony, François et Camille Albertini qui se souviennent encore avec émotion de leur début. Leur premier album se débarque alors par l'utilisation d'instruments tels que le banjo, la basse, la guitare ou encore les percussions pour une musique qui vient se mêler à des sons d'Amérique latine. 
Personnellement j'aime beaucoup la compilation "I vinti cinque Baroni" (2001), compilation réalisée à l'occasion de 25 années de carrière du groupe qui mélange les célèbres compositions ainsi que des reprises comme "Les trois cloches", "La Complainte de Pablo Neruda" (avec Ferrat) et un "Bella Ciao" souvent chanté mais rarement enregistré.

"Ils incarnent l'un des fleurons de la musique cors mais ils sont profondément Bastias. I Chjami Aghjalesi, fondé en 1977 par des lycéens et des étudiants du quartier populaire de San Ghjiseppu (Saint Joseph) à Bastia ont donnés à la Corse certains de leurs plus beaux rythmes. A l'origine de ce nom difficilement prononçable pour un non-Corse, "les appels de l'aire de battage du blé" rappellent les ancestrales traditions paysannes qui voyaient les paysans s'interpeller par des chants et des ritournelles à l'époque des moissons. Antoine Amadei, Alain Nicoli (aujourd'hui disparu), Camille Albertini, Saveriu Luciani, Patriziu Croce, Petru Fondacci, Mai, Tony et François "Ceccè" Pesce constituent le noyau dure de ce groupe dont le répertoire compte plusieurs titres parmi les plus joués en Corse ("Populu vivu", "Sciroccu", "Catena"...). Leurs thèmes, très engagés politiquement, allient musique traditionnelle, chant sacrés et polyphoniques et influences venues d'ailleurs (sud-américaines, notamment). "
Source : Punti di Vistu, été 2011, n°1, extraits de l'article I Chjami Aghjalesi, populairees, toujurs, page 39
 

CINQUI SO, groupe que j'ai découvert par leur album "Essenza" (2002). Un album très "world music". "Cascades de voix syncopées, mélodies où l'on entend de lointains échos des musiques camerounaises, algériennes, grecques, séfarades. Le groupe créé en 1990 à Ajaccio a été souvent invité à l'étranger, du Danemark au Japon et aux Etats-Unis. Au fil des rencontres avec le pianiste congolais Ray Lema, la Sarde Elena Ledda, l'Espagnol Pedro Aledo, ou encore Le Mystère des voix bulgares, il a pris goût aux métissages." (Télérama 2002, Eliane Azoulay).

 







A FILETTA, (la fougère)

Fondé en 1978 et composé de six vois d'hommes, ce chœur se caractérise par une inventivité toujours renouvelée et une interprétation exigeante. Il perpétue la tradition orale insulaire mais est également reconnu pour son exploration d'autres domaines du chant polyphonique, notamment à travers des créations d'œuvres contemporaines. Le chemin parcouru en plus de trois décennies est riche d'expériences et de rencontres qui nourrissent leurs créations. Sollicités comme interprètes par Bruno Coulais pour ses musiques de films (Himalaya, l'enfance d'un chef - Le peuple migrateur - Don Juan - Comme un aimant...), ils s'aventurent dans des domaines plus inattendues, tels que le théâtre ou la danse. Avec le metteur en scène Jean-Yves Lazennec pour Médée de Sénèque. En danse contemporaine A Filetta a collaboré à trois création de Sidi Larbi Cherkaoui : "In memoriam" avec les Ballets de Monte Carlo, "Apocrifu" au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, et actuellement "Puz/zle". Leurs dernières créations musicales sont issues, pour l'une, d'une commande du Festival de Saint Denis "Di Corsica Riposu, Requiem pour deux regards", pour les autres de la rencontre fructueuse avec le trompettiste de jazz Paolo Fresu et le bandonéoniste Daniele Di Bonaventura qui a débouché sur la création "Mistico Mediterraneo" ou encore avec l'ensemble à cordes italien Conductus pour un nouveau répertoire sur le thème de l'eau "Un canti di l'acqua".

Quelques bandes originales de films : "Don Juan" (Jacques Weber, 1998), "Himalaya, L' Enfance d'un chef" (Eric Valli, 1999, César de la meilleure musique de film, disque d'or), "Le libertin" (Gabriel Aghion, 2000), Comme un aimant (Akhenaton, 2000), "Vidocq" (Pitof, 2001), "Le Peuple Migrateur" (Jacques Perrin, 2001). Le groupe, balanin d'origine, doit beaucoup au charisme de son fondateur Jean-Claude Acquaviva "dont la direction vocale étonne toujours par son implacable rigueur, sa précision de métronome, sa quasi-religiosité et sa magistrale humilité. Avec lui, le chant insulaire n'est ni folklore ni un faire-valoir politique, il est une authentique expression artistique" (Télérama, Sortir n° 113 du 26 juin 2002). Avec leur disque "Passione" (1997), ils ont obtenu deux récompenses : Choc de la Musique et Diapason d'Or. Le documentaire de Don Kent "Voix corses" concernant ce groupe et leur album "Intantu", diffusé le 12 mai 2002 sur Arte, a fait l'objet d'une publication sous forme de DVD aux Editions Montparnasse."Don Kent a su éviter l'éternelle carte postale plages-pêcheurs-accent local en allant débusquer la face trop souvent cachée de la Corse. Celle d'une certaine solitude confrontée à l'âpreté d'une nature rugueuse" (Nice-Matin, 19 mai 2002, p. 19). Cet aspect sombre et douloureux du reportage m'a au départ freinée dans l'acquisition d"Intantu"; finalement c'est un petit bijou, puissant et magistralement orchestré, le genre d'album à écouter avec le plus grand recueillement. Cette phrase sur la 2ème de couverture résume bien le travail du groupe : "chanter c'est, aussi et peut-être surtout, dire tendrement des choses puissantes et puissamment des choses tendres".
Avec leur album, "Si di mè", A Filetta quitte la recherche musicale pour revenir à la chanson , "16 magnifiques chansons pour dire à tous et à chacun, "Tu es des miens"". Cela n'empêche que l'on y retrouve la patte Bruno Coulais et l'exceptionnel phrasé de Jean-Claude Acquaviva plus quelques invités comme Antoine Ciosi, Guram Tamazashvili (chanteur grégorien), Marie-Jo Allegrini et Marie Kobayashi.

En juin 2006, les différents actes de Médée, entendus séparément au hasard des disques et des concerts sont enfin disponibles sur l'album Medea. Le projet, né à Calvi à l'issu d'un concert, consistait à mettre en scène une traduction corse du texte de Sénèque, joué dansé et chanté par les chanteurs/acteurs d'A Filetta, présents sur scène et interprétant le Chœur. Quatre longs cœurs d'une durée totale d'environ 48 minutes pour évoquer les amours passés de Médée et Jason, l'épopée des argonautes et enfin, la fureur meurtrière de l'épouse répudiée, puis bannie du royaume. 
Voir le communiqué de presse (doc pdf) paru dans La Corse Votre Hebdo n° 364 du 4 au 10 août 2006. 
D'après plusieurs interview données par JC Acquaviva au moment des rencontres polyphoniques de Calvi 2006, Médée est un tournant dans le travail du groupe : "Jusque là on aurait pas pu forcément nous distinguer des autres groupes polyphoniques parce que l'on chantait une tradition orale comme d'autres : Tavagna, nous, les Chjami Aghjalesi, Canta U Populu Corsu, tous les groupes polyphoniques corses travaillent sur le même répertoire polyphonique. Médée arrive à un moment où notre musique a beaucoup évolué et ça produit une musique qui va nous permettre d'aller beaucoup plus loin, aller sur des choses plus osées, plus contemporaines, plus modernes, notamment sur le plan des harmonies avec le Requiem, le Chemin de Croix, qui du coup s'éloignent de la tradition mais proposent des pistes de prolongement. Médée est aussi une pierre angulaire dans la façon de travailler du groupe. Avant Médée le travail n'était qu'oral. Après Médée le travail n'est pas écrit (pour autant) mais il est fixé dans les grandes lignes harmoniques."
Au cours de ces interviews, JC Acquaviva évoque la créativité du groupe et leur retard sur la production de disques.
Ainsi de nombreux projets non encore enregistrés sont en cours : Marco Polo, "La Grammaire de l'imagination", un opéra pour enfant "Robin et Marion", une musique de dessin animé "Max and Co", un chemin de croix, une passion, un requiem, une œuvre composée pour A Filetta et un quartet bulgare, une coopération entre A Filetta et des musiciens de jazz...Bref, de nombreuses découvertes en perspectives !
En 2007, A Filetta s'est produit à plusieurs reprises avec l'ensemble instrumental de Corse. Pour la première fois, les sept chanteurs du groupe étaient accompagnés par 45 musiciens et un chef d'orchestre (Philippe Bender) pour présenter des œuvres de Bruno Coulais, de Jean-Claude Acquaviva et de Jean-Michel Gianelli.  
En mai 2008, le groupe sort un nouvel album "Bracanà", fait de bribes de vie que le chant a cristallisées au cours des ans. Deux ans après la parution de "Medea", ce nouvel opus comprend 14 titres a cappella issus de divers répertoires créés entre 2001 et 2006. Un disque ouvert, "bariolé" comme son nom l’indique sur lequel A Filetta donne à entendre, certaines de ses créations jusqu’ici inédites. Les textes (hormis ceux de la liturgie) sont signés Jean-Claude et Jean-Yves Acquaviva, Primo Levi, Pampasgiolu et Petru Santucci. Bracanà a été couronné par le prix du disque musique du monde Charles Cros le 21 novembre 2008. Voir le palmarès

Un DVD consacré aux 30 ans d’A Filetta : trent’annipocu, trent’anni assai (trente ans c’est peu, mais tellement)
Il est paru le 30 novembre 2009 et a été réalisé par Cathy Rocchi.

Le coffret contient :
** un documentaire de 78 minutes, sous-titré en français, retraçant le riche parcours d’A Filetta, un parcours révélé par l’intime parole de chacun des membres du groupe actuel, étayée par des photos, lettres, témoignages, mots, voix et chants.
** un concert à l’oratoire St Antoine de Calvi, dans une prestation intimiste, inédite, offre une trentaine de chants qui firent et font le répertoire de cette formation atypique : chants traditionnels, musiques de film, œuvres créées pour le théâtre, répertoires tant liturgiques que profanes.
** un bonus audio 8 titres « Pè a scusa » livre quelques anciennes chansons du groupe issues d’albums aujourd’hui épuisés, ainsi que quelques inédits.

Ces documents ont été réalisés par Cathy Rocchi pour le magazine “Ghjenti” (France 3 Corse Via Stella).

Voir leur dédicace.

En savoir plus sur ce groupe, plusieurs pages leur sont consacrées avec photos, impressions de concerts et chroniques de leur albums, le tout grâce à  la très amicale participation de Jean-Claude Casanova, rédacteur et photographe.
A lire absolument pour tout savoir sur ce groupe au parcours exemplaire et pour la finesse de l'étude de Jean-Claude, vraisemblablement leur plus grand fan. 

En savoir plus, sur la page dédiée au groupe.

Mercredi 11 septembre 2013 et dimanche 22 septembre 2013 : Conversation(s) A Filetta et Fadia Tom El-Hage
à Calvi dans le cadre des Rencontres Polyphoniques pour le 11 septembre et à l'Eglise Saint-Mathurin de Larchant (77) dans le cadre du Festival d'Ile de France pour le 22.


Voir le compte-rendu sur la page dédiée au groupe.

 


PATRIZIA GATTACECA : Après avoir faire carrière au sein du groupe Soledonna, Patrizia Gattaceca semble s'orienter vers une carrière solo. En 2005, elle sort un album intitulé "Di Filetta e d'amore". Enseignante de langue et de culture corse, cette militante de la cause corse ne dissimule pas ses engagements politiques. Son prochain album "Mezziornu" dont la sortie est prévue pour la rentrée 2008 sera d'abord un hommage à Jacques Thiers dont elle a suivi les cours de corse alors qu'elle n'était que lycéenne.

Nouvel album de Patrizia Gattaceca : "Meziornu" (Angelina Productions - sortie le 15 décembre 2008)
Après "Di filetta é d’amore", premier album solo paru en 2005, Patrizia Gattaceca présente "Meziornu". Elle rend hommage à la langue corse en mettant en musique des poésies tirées du recueil "L’aretta bianca" de Jacques Thiers, et présente une nouvelle facette de sa créativité sans cesse renouvelée. Dans une veine folk-world acoustique teintée de sonorités méditerranéennes,  Meziornu célèbre l’ouverture de la Corse vers le monde.
Au côtés de son producteur et guitariste Jean-Bernard Rongiconi, Patrizia Gattaceca a convié, entre autres, deux des meilleurs musiciens insulaires, Jean-Marie Giannelli (basse) et Patrick Mattei (guitares, harmonica, chœurs), ainsi que la chanteuse espagnole Josephina (percussions, chœurs) et l’accordéoniste malgache Régis Gizavo.

Giramondu

GIRAMONDU (le tour du monde ou globe-trotter) : ce groupe créé en 1993 et qui rassemblait plusieurs artistes issus des groupes A Filetta, I Muvrini ainsi que des natifs du village de Poggio d'Oletta (voir ma page sur ce village), a rencontré un très grand succès avec son deuxième album "Mediterraniu" (1998). Et pour cause ! Ce jeune groupe a su conjuguer modernité dans les arrangements musicaux et tradition dans l'écriture des textes et dans leur inspiration. Ils ont su prendre le meilleur de leur illustres parrains tout en créant un son nouveau, mélange d'influences méditerranéennes et groovy. Les deux leaders, Maxime Merlandi, chanteur et Stéphane Casalta, auteur-compositeur-interprète se sont malheureusement séparés en 2000 au faîte de leur succès. Ils poursuivent chacun leur carrière, Stéphane Casalta en solo et Maxime Merlandi au sein du nouveau groupe Barbara Furtuna (voir ci-dessous).
En 2003, Giramondu se reforme avec quelques musiciens de la formation d'origine.

 





Evidemment ce site n'existerait pas sans PETRU GUELFUCCI.
Fils de Filice Antone Guelfucci, célèbre violoneux, il est originaire de Sermanu, petit village au dessus de Corte. Ancien chanteur du groupe Canta U Populu Corsu à l'origine du renouveau de la polyphonie corse dans les années 70,  il aime à se présenter comme un chanteur-apiculteur. Sa voix "rocailleuse" est sa signature.
Son premier succès "Isula" extrait de l'album Isula (1987) est souvent repris en fond sonore des reportages sur la Corse. Ses albums "Corsica" (1989) et "Vita" (1999) ont illustré les chorégraphies de la danseuse corse Marie-Claude Pietragalla."Corsica" est un hommage à l'Ile de Beauté. Le thème du ballet porte sur la dénomination patriarcale, le pouvoir et le courage des femmes corses et leur influence sur les hommes. [...] "Vita" est un hymne à la vie et à la Corse. Les éléments naturels sont le grand thème du ballet. L'eau, la terre et le feu représentent l'errance, les racines et l'énergie". (Nice Matin, Corse Hebdo, 21 janvier 2000, pp. 30-31).
Avec son groupe Voce di Corsica, il enregistre en 1994 un disque de musique traditionnelle qui lui vaudra une Victoire de la Musique en 1995. Cette même année,  il assure la première partie du concert de Renaud. En 1996, il rencontre Pascal Périz, chanteur du groupe Pow Wow. Il assurera alors la première partie des concerts à l'Olympia du groupe Pow Wow. Cette collaboration se poursuit sur le cinquième album de Petru "Vita" (1999) où il adapte une chanson de Pascal Periz "Une autre ville" qui devient "Una altra cita". Pascal Periz signera également la musique du titre "Sognacciu".
Petru Guelfucci s'est produit régulièrement au Canada pendant une quinzaine d'années. Il a vendu là-bas beaucoup albums (peut-être même plus qu'en Corse et sur le Continent), ce qui lui a valu un disque d'or. Depuis quelques années, il semble s'être retiré de la scène pour se consacrer à ses abeilles et à ses châtaigniers. Il conserve toutefois un rôle dans le milieu musical par son engagement au sein du Centre de Musiques Traditionnelles de Corse basé à Sermanu qui a pour objectif de promouvoir et de développer la pratique des musiques, des danses et du chant traditionnel Corse. En octobre 2005, il a contribué au disque "Polyphonies profanes et sacrées" avec le groupe Voce di Corsica. Le disque ne semble pas être encore diffusé sur le continent.
Voir l'article qu'a consacré La Corse Votre Hebdo à Petru et Petru Santu Guelfucci : Au nom du père et du fils par Noël Kruslin, photos de Christian Buffa in La Corse Votre Hebdo, du 9-15/11/2007, n° 288, pp. 20-21. On y apprend que père et fils partagent la même passion pour l'apiculture et le chant. 
Petru Guelfucci, parlant de son fils : "Il a une belle voix, généreuse, avec une interprétation qui, à mon avis, sort de l'ordinaire. Il a un vrai sens du chant. J'espère le voir sortir un album, confie celui qui en fera sûrement de même prochainement, pour ajouter une nouvelle œuvre à sa riche discographie. Mais le chanteur confesse un brin de lassitude. Je n'ai plus trop envie. D'autres voix, plus jeunes, doivent s'affirmer. Le potentiel existe".
Depuis 2005 (aux côtés de son épouse Michèle Guelfucci et de Jean-Paul Poletti), Petru Guelfucci s'est battu pour faire inscrire la polyphonie corse traditionnelle sur la liste de sauvegarde d'urgence de l'Unesco.
"Le Jeudi 1er Octobre 2009, le Cantu in Paghjella profane et liturgique de Corse a été inscrit sur la liste de sauvegarde d'urgence par le Comité intergouvernemental de l'Unesco réuni à Abou Dhabi (Emirats Arabes réunis). Michèle Guelfucci, présidente de l'association Cantu in paghjella et rédactrice, avec Dominique Salini, du dossier d'inscription, était présente à cette session de l'Unesco. Dans son intervention qui a succédé à la délibération unanime de l'Unesco, elle a remercié l'Etat qui a transmis favorablement la demande d'inscription à l'Unesco et l'Assemblée de Corse qui a voté, à l'unanimité, une motion demandant cette inscription (Puis, elle a rendu hommage aux maillons anonymes de la chaîne de transmission, particulièrement ceux qui sont aujourd'hui disparus. Enfin, elle a tenu à préciser que cet "héritage sans testament" qui fut, dans les années 1970, un emblème identitaire appartient désormais au patrimoine immatériel de l'Humanité et contribue à la diversité culturelle." (extrait du site http://www.cantu-in-paghjella.com/).
"La pratique de la paghjella est en danger, son entrée au patrimoine immatériel de l'Unesco, va nous permettre de faire en sorte de la sauver mais ce n'est pas gagné d'avance, insiste Petru qui sera, avec d'autres, un enseignant, une courroie de transmission de la tradition" (phrase extraite d'un article de Corse Matin du 27 janvier 2010).
Alors que Petru Guelfucci et son fils Petru-Santu enregistrait les messes de Sermanu et de Rusiu en novembre 2009, le magazine Terra Corsa leur a consacré un portrait dont j'aime beaucoup le titre : "Voix de miel", Terrra Corsa n° 29, 1er trimestre 2010, p. 32-33 par Marie-Joseph Arrighi-Landini et Jean Harixçalde (photos). A noter, l'ensemble de l'article qui se consacre à ces "filles ou fils de" qui veulent sublimer l'effort ou le talent de leurs parents montre à quel point l'esprit de famille est resté fort en Corse. Voir l'extrait sur les Guelfucci, père et fils.

Après plusieurs années d'absence, Petru Guelfucci a sorti en 2009 un nouveau disque "Si mea" où il s'est entouré de nombreux talents, Christophe Mac Daniel, la canadienne Luce Dufault, Jean-Marc Bertrand, Mai Pesce et son fils Petru-Santu Guelfucci.
Voir sa dédicace.

Né en 1998, ISULATINE réunit Antoinette d'Angeli, Elisabeth Andreani et Letizia Giuntini. Ces trois jeunes femmes issues du jazz ou du chant traditionnel (Letizia a vécu toute son enfance à Lumio à côté du Carubbu cher à A Filetta)…ont déjà chanté ensemble dans différentes formations (Anghjula Dea) autour d'une même passion pour le chant. Comme le laisse présager le nom du groupe (Isula+latine), leur répertoire témoigne d’une volonté d’ouverture et se compose d'une palette de chants d'horizons très différents.
Leur album "Sogni d’Aprile" enregistré en avril 2003 contient 14 titres, des créations en langue corse et des chants traditionnels d'ici ou d'ailleurs (un gospel, deux chants géorgiens, paghjelle, nanne).
Ces chants se veulent un regard sur la société d’aujourd’hui. Une place toute particulière est faite aux enfants au travers des "nanne" (berceuses : A Richezza, Nannina la mia diletta, Dormi per pena) mais aussi des créations comme "Aprile" relatant la naissance de Lena, la fille d’Elisabeth, "Figliolu di guerra".
" Notre attachement envers notre terre se traduit par l'ensemble de l'album, voulant ainsi, en toute humilité, créer un lien fort entre notre tradition , des chants qui seront toujours ancrés en nous et une créativité constante en langue corse.
Juin 2008 : sortie de l'album "Sumena Amore" (semer l'amour), douze titres qui sonnent comme un hommage à la femme, sous toutes ses facettes, à la fois amante, mère et parfois rebelle. C'est le poète Paulu Santu Parigi qui pose des mots sur leur musique. Le magazine Méditerranée Magazine permet de découvrir 3 titres de ce dernier album et une reprise du premier disque du groupe. La chanson A Venzulasca rend hommage, sur un air de paghjella, à ce petit village dont sont originaires deux des chanteuses; dans Stella di ghjornu (étoile du jour), le poète rend hommage à la muse qui l'inspire; Dolce Spere (doux espoir) chante le drapeau corse et, loin de l'image masculine et violente qu'il a pu inspirer, évoque pour Isulatine le bonheur de la vie insulaire, empreinte d'efforts pour que les hommes vivent en paix. [texte de Stéphanie Lambert pour Méditerranée Magazine].

Voir leur dédicace.





Madricale : Sempre fidi

 

 

MADRICALE : Yves Pasquali de SAN DAMIANU a créé en 1986 la première école de polyphonies en Corse; Yves l'appela MADRICALE. On y apprenait (u cantu in paghjella ) : paghjella, terzettu, madricale, messe, curentina. Le groupe issu de cette école a enregistré deux CD et donné des centaines de concerts en Corse, sur le continent, au pays basque et en Sardaigne. Les jeunes, de 8 à 16 ans, se sont fait remarquer comme ambassadeurs de leur culture. Les chantres de SAN DAMIANU faisant partie du gro , ont enregistré un CD de "canti in paghjella di SAN DAMIANU" qui est une référence traditionnelle. Dans le droit fil de la tradition corse, MADRICALE se veut garant d'un savoir faire et d'une pensée polyphonique spécifique à la grande CASTAGNICCIA [région du centre Corse]. Ce groupe, engagé culturellement, est porte parole de la cause corse et défenseur ardent d'une langue en perte de vitesse.
Pour mieux comprendre l'étonnant parcours d'Iviu Pasquali, voir aussi ses ouvrages, cités dans la page livres sur la Corse.

Septembre 2012 : sortie de l'album Sempre fidi

Ce nouvel album, au sein duquel le groupe alterne les chants profanes et sacrés, traduit les 25 années de présence, de militantisme culturel, de transmission auprès des jeunes générations. Aucun des chanteurs n’est professionnel de la musique, mais tous chantent depuis leur plus tendre enfance... C’est au cœur de la Castagniccia, haut lieu «di u cantu in paghjella» qu’est né le groupe Madricale et c’est dans cette région somptueuse et typique qu’il a choisi d’enregistrer ce véritable joyaux de la polyphonie corse ! Une œuvre qui perpétue la magnificence et l’invention de ce chant populaire.

 

 

MARCELLESI : Dans la famille Marcellesi, je demande :

Jean-Pierre, auteur de "Barqueiro" (2000), album complètement atypique dans le paysage musical corse où se mêlent fado, bossa, samba, mambo, rythmiques africaines et traditionnels corses, le tout supporté par une voix superbe. Jean-Pierre Marcellesi partage son temps entre Paris et Porto-Vecchio, ville d'origine de la famille.

Voir aussi un enregistrement d'un live réalisé sur une scène à Paris "Marcellesi  [Jean-Pierre] en concert, a purgata andalughja", peu diffusé (même en Corse), vendu en presse un peu comme un disque bonus dans un magazine et pourtant c'est vraiment un chouette concert.

Dernier disque connu "Solu Mai". Le journaliste de Corsica Magazine semble apprécier tout comme moi cet artiste dont on ne parle pas assez. J'attends d'acheter le disque pour vous en dire plus.
"Solu maï". Jamais seul.... Perfectionniste inspiré, Jean-Pierre Marcellesi installe des climats étranges, compose des mélodies subtiles, d'une apparente simplicité, d'une rare beauté, qui vous saisissent à l'oreille et ne vous quittent plus. L'album, dans sa diversité, est le reflet fidèle de son inspiration foisonnante, de sa voix magique en liberté sur paroles, dont le timbre s'affranchit de toutes les pesanteurs mais pas de la gravité qui nous plaque au sol. En duos, en solo, en cadeau, quand la Méditerranée lui vague à l'âme, sa chanson nous parle au cœur...

Dans la même famille, Charles, frère de Jean-Pierre, également chanteur, s'est exilé au Cap Vert en tirant le meilleur parti du mélange des cultures dans son album "Corsicaboverde" (2000) : pas un disque de polyphonies corses à proprement parlé mais un disque sur des rythmes capverdiens où corse et créole portugais se mélangent pour rendre hommage à la Corse, "laissée si si loin, comme un amour perdu que l'on pleure".
Egalement en attente d'écoute, Métis. On sent dans cet album fort bien nommé "Métis", les influences des années Surghjente comme de sa rencontre avec Cesaria Evora, dont la maison de disque Lusafrica signa le premier album du chanteur. L'univers ensoleillé de Charles Marcellesi, qui rappelle parfois celui de Lavilliers (ah c'est donc pour ça que je l'aime tant !), s'enrichit de trois beaux duos, l'un avec Nidia Lopez, le suivant avec I Muvrini et le dernier avec Jean-Pierre Marcellesi, ainsi que d'un trio avec Nidia Lopez et Mario Lucio (critique du magazine Terra Corsa n° 27, juillet-août-septembre 2009).



Difficile de parler de polyphonie corse sans évoquer les MUVRINI (les mouflons), le groupe corse le plus connu du grand public. Jean-François Bernardini et son frère Alain ont commencé à chanter à l'âge de 10 ans avec leur père dans les premiers concours de paghjella (complainte à deux ou trois voix). Leur style s'apparente désormais plus à de la "world music" qu'à de la polyphonie pure. On trouve même sur leurs albums des instruments (cornemuses, vielle) plus celtiques que corses (pas étonnant qu'ils plaisent bien aux bretons !). Reste que le charisme du chanteur Jean-François Bernardini est à l'origine de très beaux duos ou reprises, comme le célèbre duo avec Sting "Terre d'Oru", réalisé à partir de la version anglaise "Field of Gold". Ce duo figure sur l'album "A Strada" (2000), première compilation du groupe composée d'un CD de musiques "profanes" et d'un CD de chants traditionnels (ce qui tend à prouver que les Muvrini ne font pas que de la world music !). Pour ce groupe, je vous recommande les versions live, par exemple  le concert au Zénith (1994) ou le concert à Bercy (1996), où l'on retrouve toute l'énergie et l'esprit festif des concerts. 
L'été 2002 a été marqué par la très médiatique sortie d'un disque "Umani" (Humains) qui rassemble les préoccupations humanistes du groupe. C'est le disque des rencontres : rencontre avec Mc Solaar et deux chanteuses afghanes sur le titre phare de l'album "Jalalabad", rencontre avec Stephan Eicher sur "Un sognu pè campà" (Un rêve pour vivre, très poétiquement traduit en langage des signes sur scène), rencontre avec Joséfina Fernandez, chanteuse d'origine gitane andalouse, qui accompagne le groupe sur scène, rencontre avec Antoni Tapies, artiste catalan, qui illustre l'album d'une de ses oeuvres, rencontre avec Luz Casal et les chœurs basques d'Oldarra sur "Erein eta joan" (Je sème et je m'en vais, chanson où se mélangent le corse, le breton, l'occitan, le basque et le catalan). Par cet album, les Muvrini prouvent une fois de plus qu'avant d'être corses, ils sont avant tout citoyens du monde. Il est rassurant de voir qu'après plus de 20 années consacrées à la défense de la culture corse, le groupe se renouvelle et s'enrichit encore en s'ouvrant d'avantage au monde, à l'humanité. "Bien sûr, les plus fervents gardiens du temple de la tradition insulaire seront très agacés par le succès tenace de ces Corses entrés dans le moule de la variété. Et c'est vrai que les chansons policées des Muvrini n'ont plus grand chose à voir avec le chant rugueux de leurs ancêtres...Mais les frères Bernardini ont d'autres atouts : des voix solides, des arrangements léchés et un discours humaniste. On repassera pour l'authenticité, mais on saluera ces hommes qui défendent une culture en l'ouvrant sur le monde" (V.L., Télérama, Sortir, mai 2003). A noter, "Umani" est aussi un livre (éditions du Seuil) qui rassemble les poèmes et les notes de Jean-François Bernardini. En 2003, Les Muvrini ont remporté une victoire de la Musique, catégorie "World". En mars 2004, les Muvrini étaient les invités des nuits celtiques qui se sont déroulées au Stade de France.
A noter : la chanteuse Joséfina qui a accompagné le groupe I Muvrini (notamment sur la tournée Umani) poursuit désormais sa carrière en solo. Pour son premier album Caminando, qui signifie en marchant, elle a travaillé aux côtés de Jean Bernard Rongiconi, qu'elle a connu grâce aux Muvrini. En 2007, elle devrait sortir un nouvel album mélangeant à nouveau le flamenco et les autres styles de musique.
A la rentrée 2005, sort leur album "Alma", âme en Corse. Avec cet album, enregistré en Corse et en Afrique du Sud, le groupe continue à marier les cultures en incluant des rythmes africains et en associant leurs voix à celles de chanteurs zoulous. "Cest une rencontre très riche avec un pays et une culture où j'ai ressenti quelque chose de très fort, explique Jean-François Bernardini. Les Zoulous sont dévoués à leur musique et leur langue comme les Corses." (Fabrice Laurent, "Alma, le nouveau chant du chœur d'I Muvrini", La Corse Votre Hebdo du 14 octobre 2005).
En décembre 2006, le groupe sort un coffret CD + DVD du concert qu'il a donné à Bruxelles le 18 décembre 2005 devant 7000 personnes dans le cadre de la tournée "Alma". Le dernier live étant celui de Bercy en 1996 (voir plus haut), un nouvel enregistrement public du groupe s'imposait. 
 
Le 19 novembre 2007 I Muvrini sort son nouvel album I Muvrini et les 500 choristes.
Ca sent à mon goût un peu trop le cadeau idéal de Noël ou la soirée de fin d'année animée par un gentil Drucker, néanmoins cet album est riche de duos et reprises, un art dans lequel le groupe excelle. Sur ce nouveau disque, pas moins de 3 duos (avec Sarah Brightman, soprano anglaise, avec Anggun sur une reprise corso-anglaise de Streets of Philadelphia de Bruce Springsteen et avec Tina Arena sur A voce rivolta) + 2 reprises dont Amsterdam de Jacques Brel et Veiller tard de Jean-Jacques Goldman. Devant un tel engouement des artistes français et internationaux à chanter avec les frères Bernadini, on ne peut que louer leur ouverture d'esprit et leur promotion de la langue corse qu'ils savent si bien marier à des grands classiques de la chanson. Les Muvrini se produiront à Paris Bercy avec 500 choristes les 8 mars 2008 et projettent ensuite une tournée internationale. 
"Ceux qui oeuvrèrent jadis à la sauvegarde des vieilles polyphonies travaillent à leur élargissement, quitte à froisser les puristes. Sur I Muvrini et les 500 choristes, la chorale n'est pas un artifice elle donne son souffle aux mélodies. Parmi les invités, c'est étrangement Tina Arena, chantant en corse (!), qui s'en sort le mieux" in Télérama 3028 du 23 janvier 2008, p.63

I Muvrini à la FNAC St Lazare le 20/09/2002

I Muvrini à la Fnac ST Lazare le 20/09/2002

                                   Les Muvrini à la Fnac St Lazare le 10 septembre 2002 pour leur album Umani


Soledonna

 

LES NOUVELLES POLYPHONIES CORSES (dont le cœur féminin s'est rebaptisé SOLEDONNA). Les femmes corses luttent contre la violence et chantent aussi ! Crée en 1989 par deux amies d'enfance, Patrizia Gattececa et Patrizia Poli, le groupe a connu une reconnaissance internationale et la collaboration de plusieurs vedettes dont Patti Smith, Manu Dibango et Bernard Lavilliers. Leur premier disque a reçu une Victoire de la Musique en 1992 et un grand prix Sacem; en 1994, le groupe a  fait l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville en interprétant "Giramondu" : "ce que je retiens de ces instants, c'est l'immense fierté de faire découvrir notre polyphonie au monde entier" (P. Gattaceca). C'est en 1998 que le trio Soledenna est créé (Lydia Poli rejoint les deux Patrizia). Leur dernier album "Isulanima" fusion des mots "île" et "âme" s'inscrit dans la lignée de ce qui a été réalisé avec pourtant une modernité retrouvée. Cet album fait suite à une résidence d'artistes que les deux Patrizia et Lydia ont organisé à Bastia pour y accueillir des musiciens géorgiens. On y retrouve également le guitariste andalou Ramon Sanchez et le percussionniste algérien Khalifa Rachedi. Une compilation qui date de 2000 reprend leurs principaux titres.

 

Autre ancien membre du groupe Canta U Populu Corsu, JEAN-PAUL POLETTI a lui choisi de mettre sa voix de ténor au service de chants sacrés. Avec le chœur d'hommes de Sartène, dans ses albums "Polyphonies corses" (1996), "Fiori di memoria" (1999), "Messa Sulenna", "Cantu di a Terra" (2004) et "Terra Mea" (2005), il revisite les lamentu, les complaintes de prisonniers, les airs de Noël, les chants de battage du blé et enregistre des extraits de la Divine Comédie de Dante transmis oralement par les bergers.
Jean-Marie Colombani parlant de Jean-Paul Poletti : "J'ai admiré, comme beaucoup d'entre nous j'imagine, un parcours qui, de classique dans l'ordre des chansons populaires et identitaires, est devenu de plus en plus poétique et exigeant. Pour culminer aujourd'hui avec le Chœur d'hommes de Sartène, qui pour moi, exprime l'essentiel : à savoir que l'on peut avoir conscience de ce que nous sommes que si l'on replonge aux racines de la latinité; en l'espèce, les manuscrits des franciscains du 14ème siècle qui étaient dépositaires de cette culture. Et c'est cette latinité même qui a quelque chance de nous porter vers l'universel, donc vers l'avenir." 

 

ANGHJULA POTENTINI : originaire de Poggio d'Oletta, elle a dû hériter du don de la polyphonie d'un papa berger, chanteur et acteur à ses heures. Avec Lettera d'amore (2006), elle sort son premier disque où elle présente des chants traditionnels. Elle est accompagnée de trois musiciens de formation classique, violoncelliste, contrebassiste, pianiste : Illès Kammarti à la contrebasse, Marwen Kammarti au violon alto et Philippe Rak aux marimba, malodica et parcussions. Sur un titre elle a même invité ses voisins et vraisemblablement amis d'enfance, les chanteurs du groupe Barbara Furtuna. Un album qui d'après plusieurs auditeurs a de forts accents de fado. Malheureusement je n'ai pas eu l'occasion de voir Angèle en concert mais j'ai pu échanger quelques mots avec elle au village en août 2006. Elle travaille dur pour un succès bien mérité. Souhaitons-lui une longue carrière. 
Fin octobre 2007, Anghjula travaille à la préparation d'un nouvel album de créations dont elle a chanté un titre en exclusivité dans l'émission Volt'é Gira sur France 3 Corse.
2009 : Nouvel album Fiara
Après de multiples collaborations remarquées, Anghjula Potentini nous livre son deuxième album solo, fruit d’une introspection musicale et émotionnelle intense. Fiara (flamme) est un ensemble de treize chansons en langue corse. Le résultat de ce travail est une œuvre d’une grande sensibilité. Les textes, pour la plupart écrits pour la chanteuse, sont magnifiés par une voix ample et généreuse, servis par des mélodies à la structure rythmique très précise. Ces compositions traduisent, sans artifices, la force de la personnalité d’Anghjula Potentini. 
Anghjula Potentini nous parle d’une Corse à la nature parfois maltraitée, de villages qui ont perdu leur charme d’antan. Elle se plaît à honorer la mémoire de ses ancêtres. Pourtant, point de nostalgie ! Après un premier album nourri de tradition orale, la chanteuse choisit pour Fiara des textes d’aujourd’hui, des poèmes à la portée universelle comme des histoires ancrées dans le quotidien. Mystères de l’au-delà et joies d’ici-bas l’inspirent tout autant. 
Ces mots nous parlent. Ces notes nous touchent. Cette voix nous fait vibrer. Anghjula Potentini chante l’espoir, l’amour, la passion. La flamme qu’elle souhaiterait ravivée en chacun de nous, illumine cet album de bout en bout.

 

A RICUCCATA : le mot a "ricuccata" a pour signification les ornements de la voix, des fioritures qui jouent sur des intervalles musicaux variés et rapprochés, chaque chanteur a ses propres "ricuccate". Ce groupe de 5 chanteurs intègre dans son programme des créations, des adaptations ainsi que des chants de culture polyphonique différentes tels que la Géorgie, la Sardaigne ou l'Italie. Ce groupe est également organisateur du festival "Quanti di qui", qui a lieu tous les ans à Vignale, voir plus bas, rubrique Concerts.
En 2008, sortie de : "Mediterradiche", une adaptation de chants profanes corses et du bassin méditerranéen. C'est un disque très touchant. Je pense que l'enregistrement dans l'église Santu Lusoriu de Vignale y est pour beaucoup. CD très varié alternant chants traditionnels corses, souvent inédits, sauf pour "Ciucciarella" (mais on ne s'en lasse pas) et des chants d'horizons divers comme une leçon de vie en langue basque, un chant portugais et un hymne à la Vierge sarde. 
Le titre le plus emblématique du disque - à mon sens - est Mementu, un poème de Frederico Garcia Lorca adapté en langue corse par Christofanu Filippi. L'arrangement de Francescu Berlinghi remémore les diverses rencontres musicales de l'ensemble A Ricuccata et propose un petit tour de Méditerranée. Ce titre donne envie de voir A Ricuccata en concert et justifie particulièrement le nom choisi par le groupe. 
En préparation "Messa sulenne à Santu Lisandru Sauli", album de créations sur le chant sacré. 

SAROCCHI : Pezz' à pezzi (2004) : Benoît Sarocchi a du faire un travail de recherche considérable pour sortir de l'ombre ces 13 morceaux traditionnels et retrouver l'accompagnement musical d'origine avec des instruments peu connus comme le cistre et la chalémie corses. Ces instruments très anciens, donnent un petit côté moyenâgeux au disque. 
Benedettu Sarocchi, chanteur qui s’est illustré au sein de groupes corses célèbres (Voce di Corsica), a réuni autour de lui un ensemble vocal et instrumental proposant un répertoire d’une rare authenticité. Sa formation interprète des chants corses anciens, accompagnés par des instruments traditionnels dont la cetera, mais aussi des pièces instrumentales et des chants polyphoniques. Paradoxalement, c’est en collant au plus près de leur interprétation originelle qu’il confère à ces chants une étonnante modernité. Tous les membres de la formation, dont certains se connaissent depuis l’enfance, sont animés par une passion commune pour la musique traditionnelle corse. La formation entend ainsi faire découvrir les diverses facettes de cette musique souvent méconnue, en mettant en valeur son aspect universel et intemporel. 
 

Voir le compte-rendu du concert du 21 août 2011 au prieuré de Serrabona (66) dans le cadre du festival Les troubadours chantent l'art roman en Languedoc Roussillon.

 



Surghjenti: oghji...pui che mai

SURGHJENTI (la source), une compilation de 1998 reprend des titres chantés entre 1981 et 1989, un de mes albums préférés. 
Le 22 septembre 2004 sorti de leur album : Orma.
Fin novembre 2008, le nouvel album "Oghji…pui che mai" s'attache à exprimer tout autant qu'à explorer tous les aspects de la société corse actuelle.
Cette recherche qui se veut variée et multiple se traduit par la diversité des rythmes et des couleurs acoustiques, par le choix des textes alternant poésie, révolte, imaginaire, sous la plume de différents auteurs et compositeurs (Natali Valli, Alain Di meglio, Sonia Moretti, Ghjacumu Fusina, Saveriu Valentini, Guy Canarelli).
Pour autant, le groupe Surghjenti demeure un ensemble de voix qui s'enrichissent en permanence au contact de sa Terre et de son Peuple, mais aussi des apports d'autre musiques côtoyées au fil de ses périples sur le continent et à l'étranger.
Noël Valli retrouve sa place naturelle dans le groupe et signe les paroles de plusieurs chansons.
Jean Castelli, responsable des arrangements musicaux, revient à ses "sources".

Dimanche 15 juin 2014 : I Surghenti et Laetitia Himo, polyphonies corse et violoncelle à Fontainebleau

J'ai été contactée par Le Jardin Musical début juin 2014 afin de faire la promotion du concert I Surghenti et Laetitia Himo sur mon site.
Difficile de résister à la tentation d'un programme associant polyphonies corses et violoncelle d'autant plus que parmi mes plus anciens souvenirs polyphoniques, se trouvent la voix de Petru Guelfucci associée au violoncelle. Rendez-vous est donc donné le 15 juin 2014 à Fontainebleau.
Du groupe I Surghenti, je connais surtout un enregistrement d'un concert live que je qualifierais de fervent, dynamique et très engagé. Le concert en l'église Saint-Louis est assez différent de l'ambiance musicale habituelle du groupe. Il s'agit d'un programme d'introduction à la polyphonie corse, mêlant chants religieux, paghjella, lamentu, berceuse et chant d'amour. Sur certains morceaux le groupe est accompagné par la violoncelliste Laetitia Himo. De vrais instants de grâce, surtout lorsqu'en fin de concert, I Surghenti interprète plusieurs de ses créations. On sent chez Laetitia Himo une fougue contenue. Les pieds (nus) biens ancrés dans le sol, elle souligne avec son violoncelle l'énergie vitale du groupe. La soirée se poursuite ensuite chez Nadia Malric Himo et son époux. Nadia, elle-même pianiste est l'organisatrice de la soirée et sœur de Laetitia. Nous sommes reçus pour un apéritif dinatoire dans une charmante demeure en plein cœur de Fontainebleau. Un moment presque irréel et magique. En réservant les places pour le cocktail, j'imaginais plutôt un apéritif rustique à proximité de l'église. L'after concert à Fontainebleau est la version chic de l'apéritif, petits plats dans les grands et généreuse dégustation de vins corses, terrines, figatellu, verrines et fiadone fournis ou confectionnés par le partenaire Corsican Corner. Les hôtes sont charmants, les chanteurs partagent volontiers leur connaissance de la polyphonie corse, un dimanche soir sans le blues, une parenthèse inattendue pour reprendre le titre de la chaleureuse émission du même nom. Nous repartons gonflés à bloc pour la semaine à venir.

Concert Fontainebleau I Surghenti & Laetitia Himo Concert Fontainebleau I Surghenti & Laetitia Himo Concert Fontainebleau I Surghenti & Laetitia Himo

Trois photos dont une qui traduit bien la grâce de ce moment privilégié à Fontainebleau.
 


Tavagna : in Veru

TAVAGNA

Cor'di memoria (2007). "Edité pour la première fois il y a dix ans, ce disque avait alors reçu un Diapason d'or. Une vingtaine de paghjelle traditionnelles sont interprétées a capella par neuf chanteurs. Basses, barytons et ténors mêlent leurs voix et font ainsi partager leur émotion à retrouver ces chants ancestraux qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne sont pas des chants sacrés, mais des chants profanes, parfois improvisés, que l'on écoutait lors des fêtes. Les paghjelle évoquent la religion, notamment Agnus Dei ou encore O salutaris hostia. On retrouve également un extrait de manuscrit du XVIIIe siècle : Tota pulchra es Maria. Cet hymne franciscain pose la question du lien établi entre les chants d'écriture et ceux de la transmission orale. Tavagna aborde le thème de la création artistique dans A puce, où le poète parle de la terre génitrice. Le groupe n'oublie pas de célébrer certains village comme Orezza. La prise de son, réalisée en l'église Sainte Croix de Bastia, est limpide, pure et offre à l'auditeur la sensation d'être présent dans les lieux. Distribué par Harmonia Mundi, cet album est édité par Ad Vitam, une maison de disques qui veut rapprocher les hommes, les cultures et les religions, et mettre la musique au service d'un certain humanisme."
D'après un article paru dans La Corse Votre Hebdo n° 275, du 10-16/08/2007 par Sandrine Ordan.
A l'occasion du 40ème anniversaire de Tavagna, le groupe devrait sortir en fin d'année 2007 un coffret de 5 CD qui comportera des chansons de toujours, une messe écrite et un best-of.
Messa Corsa per i tempi novi (2008) : Depuis plus de trente ans, Tavagna emprunte les chemins de musique qui lui sont familiers, pratiquant la paghjella ou faisant, comme ici, éclore une nouvelle messe. Fruit d’une longue tradition de chants polyphoniques, cette « Messe pour les temps nouveaux » a été composée par Ghjuan’Stefanu Langianni, l’un des membres de Tavagna. Expression de l’âme corse, elle témoigne de la vitalité de la foi insulaire. Enregistrée dans des conditions techniques optimales en novembre 2007 en l'église Saint-Charles de Bastia, cette messe offre onze morceaux dédiés à Sainte Dévote, l'une des Saintes patronnes de la Corse.
"Bien sûr, ce style musical est assez particulier et n'est bien évidemment pas le plus accessible au grand public, mais comment ne pas être troublé par la fantastique intensité qui émane de ce disque. Le plaisir net et sans mélange est au rendez-vous et submerge totalement l'auditeur. Et cela est lié en grande partie à la qualité de la prise de son de Jean-Yves Labat de Rossi [...]Un disque d'une très grande sensibilité qui restitue toute la véracité et l'énergie de cette messe hors du commun". Album du mois par Laurent Thorin dans le magazine Haute Fidélité, n° 133 de mai 2008.

Le 12 août 2013, à la faveur d'une halte en Castagniccia dans la merveilleuse chambre d'hôtes Maison Borghetti, j'ai eu l'occasion d'assister à une représentation du groupe Tavagna.
Il se trouve qu'ils se produisent tous les lundis de la saison estivale dans l'Eglise de Pero-Casavecchie. Ce concert est un concert gratuit, comme un moment privilégié avec leurs amis corses du continent revenus au village pour les congés d'été et une ouverture aux touristes de passage dans la région. C'était un concert extrêmement touchant mêlant chants traditionnels sacrés et profanes, compositions personnelles du groupe, notamment le très connu Anniversaru di Minetta et des créations inspirées par Malcolm Bothwell. Leur interprétation "d'U Lamentu di Ghjesu" est tout simplement bouleversante. D'autre part c'est un concert très pédagogique. Un des chanteurs explique les différents types de chants. Le sérieux de cette formation n'empêche pas l'humour notamment sur Brunedda, qui donne lieu à une sympathique joute verbale. Après le concert, il est possible de poursuivre la soirée (sur réservation) au restaurant/siège social du Tavagna club situé à Talasani. Et là bienheureuse surprise, le menu corse que l'on nous servit fut non seulement délicieux mais très copieux, sans aucun doute le meilleur repas rapport qualité/prix de toutes nos vacances ! Enfin pour conclure sur notre petit séjour en Castagniccia, nous logions à Talasani même, dans la maison Borghetti, amoureusement restaurée par Brian et Patrick. Un tel respect de la pierre, de la tradition et de la culture corse force le respect. C'est un havre de paix tenus par des hôtes amoureux de la Corse. Ils vous parlent d'histoire, d'architecture, de gastronomie, de musique avec goût et passion. Le dîner en table d'hôtes sur fond de Via Crucis (Barbara Furtuna/Arpeggiata) fut un vrai moment de grâce. Pour conclure, je ne peux que vous recommander le pack Tavagna/Maison d'hôtes Borghetti à Talasani comme une bonne petite cure d'harmonie et de traditions corses (le lundi soir pendant la saison estivale et sur réservation pour la maison d'hôtes très prisée, pour la table d'hôtes et pour le restaurant Tavagna club).
 


Concert de Tavagna 12 août 2013 Concert de Tavagna 12 août 2013


 

TEMPUS FUGIT : ce jeune groupe de six chanteurs a travaillé avec l'ethnomusicologue Corinne Bartolini pour sortir de l'oubli des chants sacrés de la région du Nebbiu dont des extraits d'une messe perdue, la messe Vultum tuum (ton visage), dédiée au Saint Nom de Marie le tout sur un album intitulé Tempus Fugit (2003). 

 

 

VITALBA : A U Ghjornu Spuntanu - Le point du jour (2006). Lorsque l'on cherche des informations sur Vitalba sur internet, on trouve surtout des pages botaniques puisque ce groupe a choisi pour nom le terme corse pour désigner la clématite. Est-ce un bon présage que ce jeune groupe cortenais choisisse une plante, comme leurs aînés A Filetta (La Fougère) ? Le fait est que ce premier album est hautement recommandable. La majorité des chansons ont été écrites par les membres du groupe et leur entourage. On retrouve l'inspiration des groupes corses des années 70 et 80 et sans doute ça qui nous a plus a Dominique Cure (qui me l'a recommandé) et à moi car quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, on recherche toujours l'émotion de nos premiers disques corses. 
Vitalba sera en concert à Avignon, St Rémy de Provence et Ménerbes les 31 août, 1er et 2 septembre 2007.
Le groupe Vitalba se produira en concerts gratuits le 1er et le 2 décembre 2007 à l'espace 3000 à Hyères ainsi que lors de l'office religieux le 2 décembre. Lors de ces journées sera présentée, à ce jour en exclusivité sur la région PACA, l'exposition du bicentenaire de Pascal Paoli prêtée par le CG2B avant son départ pour Genève et Pise.
Voir le programme.
  

Voce Isulane

VOCE ISULANE : Issu de la rencontre de huit corses vivant en région parisienne, le groupe Voce Isulane a été créé à la fin de l'année 1997 autour de la volonté de partager et de vivre une culture commune.
Après un premier album "Tempus Fugit" sorti en juin 2002, ce groupe a sorti en 2004 son deuxième CD intitulé "Una Vita". Ce disque présentera un travail de création et d'adaptation de poésies chantées tombées dans l'oubli. 
Partant du principe que l'on ne parle bien que de ce que l'on connaît bien, je suis allée voir le groupe Voce Isulane qui se produisait le 9 décembre 2004 en l'église St Julien Le Pauvre au cœur du quartier de la Huchette à Paris. La représentation est basée sur une succession des chants qui rythment la vie d'un homme, de sa naissance à sa mort. Un spectacle poétique et chaleureux. J'ai particulièrement apprécié l'étincelle d'une voie féminine au milieu de ce groupe de 7 hommes. Un groupe qui prend d'heureuses initiatives pour transmettre la culture corse. 

C'est seulement en me relisant que je retrouve trace d'un premier concert avec le groupe Voce Isulane il y a 6 ans maintenant, preuve que ce site m'est utile comme carnet de sortie.
J'ai revu Voce Isulane le dimanche 17 octobre 2010 à l'Eglise Saint-Nicolas de Neauphle-le-Château, nous étions en famille et en terrain connu si je peux dire du fait d'avoir vécu très longtemps dans ce coin de l'île de France. J'ai alors eu cette chance de refaire connaissance avec ce groupe de chanteurs corses de la région parisienne. J'ai trouvé leur programme Una Vita très cohérent et très complet. Una Vita retrace la vie de Bernà, de sa naissance en Corse jusqu'à sa mort loin de sa terre natale pendant la guerre 14-18. C'est l'histoire de ce dernier, narrée dans le journal intime de sa bien aimée, Cécilia, qui sert de fil rouge au récit.
Au risque de me répéter, j'ai été très sensible à la prestation de Florence Pouliquen, un atout féminin plutôt rare dans les concerts de chants polyphoniques. Dans le chant "O s'eo era un acelluciu", elle exprime le désir de devenir un petit oiseau pour s'envoler et rejoindre son bien-aimé appelé sous les drapeaux, un chant très touchant. J'ai par ailleurs senti que le groupe croyait en son projet et avait l'énergie de convaincre l'auditoire, avec notamment une "Tribbiera" (chant de travail agricole accompagnant le mouvement des bœufs dans l'aire de battage) très enlevée, puissante et précise. En fin de concert, un chant de bonne année, inattendu en cette période de l'année, mais qui manquait à ma culture musicale corse. A l'issu du concert, nous échangeons quelques impressions avec le groupe qui a eu froid en ce dimanche d'automne mais qui n'a pas ménagé ses efforts pour nous faire partager les joies, peines et les espoirs de Cecilia, qui raconte la vie de son mari Bernà, au travers de son journal intime. Il ne faudra pas attendre 6 ans avant de nous revoir je l'espère.

Voce Isulane Voce Isulane

Voce Isulane en concert à Neauphle-Le-Château (Yvelines)

 




VOCE VENTU : Créé en 1995, Voce Ventu est composé d'amis de longue date (comme dans beaucoup de groupes corses d'ailleurs), issus pour la plupart de la célèbre "scola di cantu" de Natale Luciani. Le répertoire de Voce Ventu a longtemps été composé d'œuvres d'autres artistes (Canta u Populu Corsu, Chjami Aghjalesi, A Filetta). Ce n'est qu'au fil des années, riche de cette expérience et nourri d'une réelle volonté de s'affirmer, que le groupe s'est structuré plus solidement afin d'aborder le domaine de la création. Rughju di vita est leur premier CD sur lequel on sent également l'empreinte du groupe chilien Quilapayun, une autre influence du groupe. J'ai eu la chance de découvrir ce groupe dans le cadre des rencontres polyphoniques de Calvi en 2006 : une très belle prestation et inévitablement un coup de foudre pour Anthony Geronimi, un des chanteurs du groupe, également remarquable soliste dans la formation Cant' in Celli.

Actualité pour Voce Ventu en 2010. Voce Ventu & Mieko Miyazaki.

Voce Ventu a rencontré en 2007 Mieko Miyazaki qui joue du koto, un instrument traditionnel japonais. Depuis leur rencontre, ces artistes ont travaillé un répertoire commun dans le cadre de résidences d'artistes. Ils ont été invités à se produire en Corse, sur le continent et lors d'une tournée au Japon. Ils se sont finalement retrouvés en août 2009 dans une petite église des Landes pour enregistrer un album qui devrait sortir en Corse en septembre 2010, peut-être à l'occasion des Rencontres Polyphoniques de Calvi.
Pour célébrer cette rencontre musicale, deux concert seront organisés à l'auditorium du Musée Guimet des arts asiatiques à Paris les 28 et 29 mai 2010. Un film documentaire, réalisé par Samuel Lajus, est en cours de réalisation. Diffusion sur France 3 Corse en septembre 2010 (date à préciser) et projection à la Maison de la culture du Japon à Paris le 22 octobre 2010.
Voir la présentation du documentaire : http://www.dailymotion.com/video/xcxzgq_voce-ventu-mieko-miyazaki_music
Les soutiens de ce projet sont nombreux : Mondomix soutiendra les concerts du Musée Guimet et la sortie de l'album, l'album sera le coup de cœur de France Bleu du samedi 15 mai (émission à 18h50); ce projet a également reçu les soutiens exceptionnels de la Sacem et de la Maison de la culture du Japon à Paris. Il est aussi à noter que cette manifestation entre dans le cadre du Forum Citoyen Mondial organisé par Corsica Diaspora du 21 au 28 mai 2010 sous l'égide de l'UNESCO.

Quel beau voyage!... Belle union insulaire offerte aux vents par les voix corses et le koto de Mieko. Parfums aux saveurs d’antipodes imprégnés du goût du partage, de la Corse au Japon,
en passant par Okinawa… Pierre Barouh


Depuis leur rencontre en 2007, ces artistes ont travaillé un répertoire commun dans le cadre de résidences. Ils ont été invités à se produire en Corse (Ajaccio, Porto-Vecchio), sur le continent (Maison de la culture du Japon à Paris, Théâtre de l'Olympia à Arcachon) et lors d'une tournée au Japon (Tokyo, Fukuoka et Okinawa). Ils se sont finalement retrouvés en août dernier dans une petite église des Landes afin d’enregistrer Tessi Tessi pour le label daquí, et avec l’exceptionnel soutien de la Maison de la culture du Japon à Paris. Portés par le concours décisif de Manuel Solans, directeur artistique et violoniste de l’album, Mieko Miyazaki et Voce Ventu ont gravé 11 plages qui unissent leur culture insulaire. Une habile collaboration où se fondent arrangements des uns et adaptations des autres au fil d’un répertoire tout à la fois traditionnel et contemporain. Un album qui s’inscrit dans le prolongement naturel d’une aventure artistique et humaine qui, par-delà ses protagonistes, éveille l’enthousiasme de la Corse au Japon.

J'attends avec impatience de découvrir "un koto inspiré par des chants corses, des chants japonais en mode polyphonique". En effet j'ai découvert Mieko Miyazaki qui partageait l'affiche avec A Filetta dans le cadre du festival Au fil des voix à l'Alhambra en février 2009. J'ai alors été un peu frustrée que l'échange entre A Filleta et Mieko Miyazaki se limite à un salut du public en commun mais connaissant le professionnalisme d'A Filetta et leur emploi du temps très chargé, je comprends facilement qu'une improvisation mêlant voix corses et instrument japonais n'ait pas été possible. Comme le dit très justement Didier Pierrat, à l'origine de la rencontre entre Voce Ventu, Mieko Miyazaki et Manuel Solans, il n'est pas toujours facile pour des artistes corses, issus la plupart du temps de la tradition orale, de placer leur voix sur la musique de musiciens chevronnés de formation classique. Rendez-vous donc en mai 2010 pour célébrer l'amitié corso-japonaise.
Voir le compte-rendu du concert du 29 mai 2010 au musée Guimet sur une page dédiée. "Tessi Tessi" la bande son de mon voyage au Japon et probablement celle de l'été 2010. Une rencontre improbable et pourtant si évidente. Voir aussi sur cette page le compte rendu de l'avant première du documentaire tourné à l'occasion de cet échange.
Voir le communiqué de presse.

Voce Ventu aux Rencontres Polyphoniques de Calvi 2006 Voce Ventu et Mieko Miyazaki Voce Ventu et Mieko Miyazaki

Ceux dont je ne parle pas (encore) sur ce site 

Je suis souvent contactée par des lecteurs qui me parlent de tel ou tel groupe non mentionné sur le site. Comme je leur explique, ce site est un site personnel dont je m'occupe pendant mon temps libre et qui ne bénéficie d'aucune subvention aucune. Au contraire, j'y ai englouti une fortune car, sauf très rares exceptions, j'achète tout ce dont je parle. Je ne peux donc parler de tous les groupes existants sur le marché corse car d'une part je ne peux tout acheter, d'autre part, je ne peux tout connaître et ce d'autant plus que le marché est fluctuant. En dehors des valeurs sûres qui existent depuis les années 70, nombreux sont les groupes qui se font et se défont. Il faut dire que très peu de musiciens corses vivent de leur art. Il n'est donc pas toujours facile de cumuler un métier traditionnel avec une profession artistique.
Je tenais néanmoins à citer quelques groupes ou chanteurs en attendant de les écouter et de découvrir leur talent (d'après l'agenda A Canzona in Giru et des connaissances personnelles) :

Aldilà : groupe signalé par un lecteur lorrain qui l'a vu en Corse en 2011 lors d'un concert à Sartène; au programme : chants religieux et profanes traditionnels et émotion garantie.

- Alte Voce : groupe composé de 8 chanteurs dont une femme; ils ont a leur actif plusieurs albums.

- L'Argentella : créé en 2003, cet ensemble vocal comprend 25 choristes venant de différentes localités et répartis dans les différents pupitres, sous la direction de D. Claveau, chef de chœur. Il rayonne sur la Balagne et se produit à l'occasion de manifestations humanitaires, ludiques et culturelles telles que le Festival du vent et les Jeudis musicaux de Monticello. Il favorise les échanges culturels en organisant ou en participant à des rencontres chorales nationales et internationales. 

- L'Attrachju : est un groupe polyphonique de 5 chanteurs originaires de Castagniccia et accompagnés de musiciens professionnels.

- Petru Baghioni : ancien chanteur du groupe l'Albinu, il se produit les vendredi et samedi soirs au cabaret Roi de Rome à Ajaccio.

- I Campagnoli : cette association culturelle a été créée en 1989 à Saint-Florent pour promouvoir la culture Corse à travers la création musicale, le chant polyphonique et l'écriture en langue corse.

- Cinqui Voci : les cinqui voci sont les voix de Petru Guelfucci, Maï Pesce, Feli, Jacques Culioli et Jean Charles Papi qui se regroupent parfois pour des récitals où ils interprètent les plus belles chansons du répertoire culturel corse.

- Antoine Ciosi : c'est un grand monsieur de la chanson corse dont le succès n'a pas été démenti depuis les années 50; malheureusement comme je suis une enfant des années 70, je connais mal sa discographie. Je le connais plus d'ailleurs comme écrivain que comme chanteur, voir la rubrique livres. Il reste très respecté et admiré en Corse car même s'il a fait carrière à Paris, il n'a jamais oublié de chanter ses origines. Il se produit désormais sur scène avec son fils Jérôme, guitariste. Sachant que c'est un personnage truculent que j'ai eu l'occasion de rencontrer en 2006 lors d'une séance de dédicace pour son ouvrage "Le chemin des sources profondes", j'imagine quel plaisir on doit avoir à venir le voir sur scène. En mai 2008, Antoine Ciosi célèbre à sa façon le travail initié à Pigna depuis de nombreuses années en faveur de la tradition du chant corse et des instruments de musique en y enregistrant son disque "A Voce Piena", 13 titres, tous issus du patrimoine musical insulaire sauf une création."Ces titres, tout à la fois témoignages d'une époque depuis longtemps révolu et mélodies intemporelles, Antoine Ciosi les porte de sa voix incomparable, et en offre des versions aux arrangements épurés et audacieux, d'une finesse remarquable, un bijou" (Critique du magazine Corsica, décembre 2008, l'article cite cet album parmi ses 5 albums favoris de l'année 2008, les 4 autres étant Bracanà d'A Filetta, A voce rivolta de l'Arcusgi, Sumena amore d'Isulatine et In Santa Pace de Barbara Furtuna)

- Jacques Culioli : la chanson de l'été 2010.
Celle de Jacques CULLIOLI, vainqueur de la version langues minoritaires européennes de l'Eurovision 2008. Son interprétation, mais la chanson n'est pas de lui, d'Hosanna in Excelsis, a été ovationnée et retenue parmi 50 autres candidats. Qui en a parlé ? Encore une fois sous l'étouffoir ! Il est vrai que la France n'a plus gagné l'Eurovision depuis au moins 30 à 40 ans, alors il vaut mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie.
http://www.youtube.com/watch?v=kYKMK2NLJ6M

- A Cumpagnia : née de l'association "E Voce di u Cumune", A Cumpagnia en prolonge activement la dimension de recherche, d'analyse et d'expérimentation. A Cupagnia est un groupe de chanteurs et musiciens, certains d'entre eux sont aussi artisans (facteur d'orgue, de clavecin, de flûte ou luthier). Leur répertoire couvre à la fois, le chant sacré et profane, la tradition et la création. Nanne di Corsica : berceuses corses, disque enregistré à la Casa Musicale de Pigna le 12 avril 1999, pour bébés corses mais convient également aux adultes stressés !

- Diana di l'Alba : groupe culturel corse né dans les années 80, puis longtemps en sommeil et recréé en 1994 par l'un de ses fondateurs, Antonu Marielli. Groupe de chant traditionnel et de créations originales, Diana di l'Alba est aussi un groupe de musique à danser (danses traditionnelles : quadrille, polka, valse, scottish, etc..). Le répertoire de Diana di l'Alba allie des textes de poètes connus ou méconnus et des créations originales (textes et musiques), le tout orchestré par de nombreux instruments traditionnels et modernes.

- L'Eredi : né sur la place de Bastia en 2001, l'Eredi qui signifie "les héritiers" est un groupe de jeunes passionnés, par le chant et la musique corse. 

- François Grimaldi : c'est la patron du célèbre restaurant corse le Lamarck à Paris dans le 18ème où il officie également comme interprète et comme auteur compositeur lorsqu'il chante les chansons de son propre répertoire. Sur son album "un si sa mai", sur des tempos de jazz, de bossa, flirtant entre deux slows avec le rock, il conte le Corse d'aujourd'hui.

- I Mantini : Daniel et José ont choisi de donner à leur groupe le nom que Plotémée donna à la ville de Bastia dans l'antiquité, Mantinium. Choix prouvant, s'il en était besoin, leur attachement à cette ville et à sa Place du Marché dont ils sont issus. Musicalement, I Mantini sont le résultat d'un pari osé, d'un talent varié aux multiples facettes qui mêle chant moderne, traditionnel polyphonique et chanson humoristique "macagna".

- Eric Mattei : chanteur

- Francine Massiani : Message d'un lecteur : je vous fais partager ce lien, j'aime bien, et puis des femmes qui chantent en langue Corse, hélas je n'en rencontre que peu.  http://www.francine-massiani.com/ 
Ses vidéos sont sur youtube : http://www.youtube.com/user/FMASSIANI/videos?view=0


- I Messageri : groupe de 10 chanteurs et musiciens

- Jacky Micaelli : une grande dame de la chanson corse dont l'œuvre m'a échappé (pour l'instant) pour une raison que je ne m'explique pas. Elle se produit en Corse, sur le continent et à l'étranger. Elle anime depuis 2004 avec Jean-Etienne Langianni des stages de polyphonies corses avec l'association U Ponticellu. Voir ci-dessous, rubrique A VOTRE TOUR.

- Missaghju : c'est une formation musicale née en 1992 qui comprend désormais 6 chanteurs.

- Orféo Isulanu : crée en 2002, l'ensemble Orfeo Isulanu est un groupe spécialisé dans la musique baroque et classique sur instruments d'époque.

- Dominique Ottavi : auteur, compositeur, joueur de cetera, interprète, conteur

- Orizonte : musique traditionnelle et rythmes variés venant d'horizons divers

- Gérard Poletti : guitariste

- Tony Sampieri : chante avec passion l’amour de sa terre tout en écrivant et composant lui-même la plupart de ses textes. Son premier enregistrement sort en 1991, suivi de trois autres en 1994, 2000 et 2003; un 5ème est en préparation. Au fil des années son répertoire s’étoffe. Il adapte Mon beau sapin en langue corse (devenu Ghjalicu Beddu) qu'il interprète en 2000 sur le plateau de TF1 dans le cadre de l’émission NOEL ENSEMBLE ainsi qu’à l’Olympia. Les bénéfices de cette adaptation ont été offerts à l’association contre le SIDA (Album NOEL ENSEMBLE). Il a fait les premières parties de : I MUVRINI, PALMADE, C.JEROME, Patrick FIORI etc…

- Sekli : chanteur

- Svegliu d'Isula : groupe originaire du Sartenais, Valincu

- Antoine Tatich : guitare et voix

- Xinarca : chant et cistre corse; Xinarca s'accompagne de la seule Cetera d'époque actuellement jouée, un ancien cistre corse de 200 ans qui lui vient de sa famille. 
Samedi 12 juillet 2008, en soirée, l'orchestre traditionnel COUINE EN DO de Voutezac en Corrèze, accueillera XINARCA, chanteur corse exceptionnel, pour une "Rencontre des Traditions" dans l'église de Voutezac où les deux cultures résonneront ensemble.
La soirée se terminera par un bal folk sur la place du village. L'après-midi : stage gratuit de danses traditionnelles dans la salle du Foyer Culturel.
Xinarca
: chants et cistre corses (cetera) - Chants traditionnels, chants sacrés, chants de montagne. Une voix sublime et envoûtante, une cetera unique au monde, vieille de 200 ans dans un concert exceptionnel.

Couine en do et cha danse
: orchestre traditionnel (vielle, cabrette, chabrette, accordéon diatonique, flûte, petites percussions), des mainteneurs de traditions.

- Zamballarana : un son métissé issu d'un savant partage d'instruments traditionnels corses tels que la cetera, la pivana, la pirula associant batterie, trombone, basse et clarinette. Une musique influencée par des rythmes latinos aux sonorités tziganes, africaines et méditerranéennes, véritable ode à la diversité. Ce groupe a 10 ans d'existence et déjà 4 albums à son actif : Zamballarana (1997), Lucia (1999), Luna (2004) et le dernier en date Camina (avance, chemine, marche - 2007) aux sonorités jazzy enregistré à Pigna.

LES INCLASSABLES 

Isula

Isula : "Isulamea" (2002) : Dès la pochette (très design) on sent la différence. A ma connaissance le premier disque de musique corse électronique. Une base de chants traditionnels et sacrés remixée sur une musique du XXIème siècle. Un peu comme si Massive Attack rencontrait Poletti : surprenant, envoûtant, ne laisse en aucun cas indifférent ! Le disque idéal pour une "rave party" dans le maquis. Avec la participation de Jacky Micaelli, Joseph Figarelli, I Surghenti...Coup de foudre ! 

Depuis Isulamea en 2002, Hoots records, le premier label électro Corse a édité plusieurs volumes de musique électronique mêlant des musiciens corses et des grands noms de la musique électronique mondiale. Ces compilations portent le nom de Electronic Summer in Corsica. Je ne fréquente pas assez les "bars dits branchés" pour en connaître la teneur mais j'avoue m'intéresser de près au sujet d'autant plus que j'ai eu une première écoute plutôt positive dans un Bar-restaurant de l'Ile Rousse en 2006. A suivre, d'autant plus que ces disques peuvent présenter une autre facette d'artistes corses que l'on a l'habitude de croiser dans des formations plutôt traditionnelles.  

Bretagne Corse, polyphonies corses et chants bretons (Coop Breizh, 2000) : ce disque me rappelle un concert aux Francofolies de La Rochelle le 16 juillet 1994 où la voix du breton Denez Prigent se mêlait à celle du basque Peio Serbielle qui faisait elle-même écho au corse Petru Guelfucci. Un disque qui rappelle que les cultures polyphoniques "puisent leurs sources poétiques dans la vie de tous les jours, dans les évènements politiques, sociaux, économiques et religieux". La sélection corse est la hauteur, j'espère qu'il en est de même pour la sélection bretonne.

Village Harmony Corsica 2004 : Juillet 2004, à peine arrivée au village pour quelques jours, j'assiste au concert Village Harmony à l'église de Santo Petru di Tenda. Village Harmnony est une école de chant américaine qui organise des "summer camps", sorte de stages intensifs d'un mois avec professeurs locaux (ici Benoît Sarocchi et des membre de Barbara Furtuna) à l'issu desquels ils donnent des représentations qui sont la consécration de leur travail. On ne peut qu'être admiratif sur la qualité de la prestation. Du concert à l'expédition du CD commandé via internet tout est irréprochablement parfait. Le disque est une compilation du travail des stagiaires alternant chants géorgiens et bulgares, gospels, chants d'Afrique du Sud et bien sûr nombreuses polyphonies corses (surtout des chants sacrés) plus vraies que nature. Difficile d'imaginer que ces jeunes américains arrivent à une telle maîtrise du chant insulaire seulement après avoir séjourné quelques semaines en Corse. Un disque riche et varié, un très beau souvenir de concert.
Pour en savoir plus sur le prochain stage (été 2010) : http://www.villageharmony.org/summercamp/2010/corsica.html


Rassegna : Découvert en avril 2006, lors d'un rassemblement de fans d'A Filetta pour leur concert de Nanterre, leurs deux disques "Dominos" (2003) et "Bendita Madre" (2004) s'imposent à moi comme la synthèse de plusieurs années de recherches de sensations musicales méditerranéennes et comme la bande son officielle de mes récents voyages dans cette partie de l'Europe. Pari audacieux que de réunir plusieurs chanteurs habituellement solistes autour d'un projet commun. Pari réussi par Bruno Allary, guitariste et arrangeur de la compagnie. Chaque membre du groupe apporte avec lui son style personnel et représente une région de la Méditerranée : la Corse (Maxime Merlandi), l'Algérie et l'Andalousie (Yarmen, Bruno Allary, Fouad Didi), l'Italie (Cesare Mattina), La Grèce et les Balkans (Georges Mas), la Haute-Provence (Renat Sette) et la Kabylie (Hassan Boukerrou). A noter : Maxime Merlandi est plus connu sur l'île en tant que chanteur et co-créateur du groupe Barbara Furtuna. Ancien membre de Giramondu, il a aussi enregistré trois albums au sein d'A Filetta. Avec Rassegna, il met en valeur le chant traditionnel corse : très belles interprétrations de Fiore de Petru Guelfucci et d' U Lamentu di Cursichella (album Dominos); une version inédite et tout aussi émouvante d'Ave Maris stella (album Bendita Madre/voir aussi album Adasgiu de Barbara Furtuna pour autre version de ce titre).
Rassegna, rassemblement en sarde, porte vraiment bien son nom. Merci à Françoise, marseillaise, qui connaissait ce groupe, lui-même basé à Marseille, ville de métissage par excellence et me l'a fait découvrir. 
Lors des rencontres polyphoniques de Calvi, en septembre 2006, j'ai eu la chance de découvrir Rassegna sur scène, un groupe plus que jamais dans l'esprit des rencontres. Une très belle soirée comme en témoigne cette photo d'un groupe aussi réjouit que le public. 
Leur nouvelle création "Venimos a Ver" est sortie en octobre 2007. Ce disque permet à Rassegna de présenter l'ensemble des chants découverts et travaillés ces dernières années : chants de noces, d'amour, de prisonniers...

Rassegna aux Rencontres polyphoniques de Calvi 2006

Compile AFC : Pour une fondation de Corse (2007) 

Pour soutenir l'Associu pè una Fundazione di Corsica (AFC) de nombreux artistes ont cédé gracieusement un titre de leur répertoire et ont permis de réaliser un double CD compilation.

 
Pour l'inédit de la compilation au profit de l'AFC, « l'ora d'amà », ont paticipé : Francine Massiani - Novi - Michèle Sammarcelli - Soledonna - Canta u Populu Corsu - I Messageri - Jacques Culioli - Orizonte - I Muvrini... et les 500 choristes.


Notte di Corsica
: Aldilà (2007)

C'est le premier disque d'un groupe créé en 2000. Bien connu à Marseille, ce groupe se produit au cabaret "le son des guitares". Aldilà n'est certes pas un disque de polyphonie classique, disons plutôt un disque de variété (au sens noble du terme j'insiste) mais certainement pas un disque de musique électronique comme sa promotion pourrait le laisser croire [où alors il faudra m'expliquer ce que l'on entend par musique électronique...c'est vrai ça, dans la médiathèque de ma ville, les bibliothécaires classent le groupe "Pink Martini" au rayon musique électronique alors que pour moi c'est typiquement du jazz chanté, voire de le variété internationale mais certainement pas de la musique électronique...j'en finis donc par me demander si c'est moi qui n'y connaît rien en musique électronique - c'est possible -  ou si tout se qui ne rentre pas dans les cases finit en musique électronique : vaste débat ! mais revenons à nos brebis...). Aldilà est un disque plaisant où on a la surprise de trouver une version corse du succès de Katie Melua "Nine million bicycles" qui devient en corse "millioni di bissiclette" (mignon tout plein!), un titre chanté par JP Marcellesi (la raison de mon achat de ce disque parce que j'aime bcp son style) et un titre phare "a mio bandera". En achetant ce disque, je n'ai pas hésité à "faire un pas au delà", "fate un passu al dilà" voire même "take a step beyound" et je ne suis pas déçue du voyage.

CORSE (1916 - 2009) : UNE ANTHOLOGIE DES MUSIQUES TRADITIONNELLES

Direction artistique : GUILLAUME VEILLET
 

Ce disque regroupe des enregistrements de musiques traditionnelles collectées in situ tout au long du XXe siècle. L’édition a été réalisée dans le cadre du travail muséographique de Guillaume Veillet (collecteur et ancien rédacteur en chef de Trad Magazine), pour diffuser au public un panorama des musiques traditionnelles de France. Il fait partie d’une collection de 10 CDs, organisés par zones géographiques destinés à témoigner de l’apport populaire à l’histoire et à l’actualité de notre patrimoine culturel et artistique.
Patrick Frémeaux

This record was produced in the context of the museum work of Guillaume Veillet (a collector and former editor of Trad Magazine), so as to make available to the public a broad panorama of French traditional music. It is one of a collection of 10 CDs, divided geographically by region, that aim at documenting popular contributions to the history and contemporary nature of our cultural and artistic heritage.
Benjamin Goldenstein

1. L’alcùdina - 2. Vuleria chì la mio pelle (paghjella) - 3. Brìndisi - 4. Salute amati sposi (brìndisi) - 5. Vòceru di Pàduva Maria - 6. A morte di Filicone (lamentu) - 7. Suite d’airs à danser (quadriglia) - 8. Suda sangue - 9. Rite grec à Cargèse lors de la semaine de Pâques - 10. Perdono mio Dio - 11. Carillonneurs lors des rencontres de cloches de Pioggiola - 12. Credo - 13. Valse du village de Prato di Giovellina - 14. Padre (madrigale) - 15. A pedina (punt’ è taccu) - 16. Chants électoraux à Pero-Casevecchie - 17. Tribbiera - 18. Solo de flûte pìrula - 19. Paysage sonore : troupeau ensonnaillé - 20. Chjama è rispondi - 21. La ricchezza di la so mammucia (berceuse) - 22. Cantu ghjunsanincu - 23. Nun ti scurdà di mè (terzetti) – 24. Dio vi salvi Regina.

Pour plus de visibilité, la rubrique jeunesse a été déplacée sur une page dédiée.
Berceuses, rondes, comptines, chansons traditionnelles pour enfants...

Mai 2011 : Mise à jour de la page avec la parution du livre-disque Didier Jeunesse Comptines et berceuses corses.
 


CONCERTS

Ce site (sauf exception), n'a pas vocation a être un agenda de concerts.

Sur le continent : consulter les sites internets de vos artistes préférés (voir ma rubrique Annuaire de liens). Voir aussi : Le Monde (cahier Aden le jeudi), Télérama (cahier Sortir).

En Corse : la plupart des concerts ont lieu pendant les grandes vacances d'été. L'affichage est massif. Difficile d'y échapper. En achetant le journal (Corse Matin) vous serez également au courant de toutes les manifestations culturelles prévues dans l'île.

Il est aussi très pratique de se procurer un fascicule "A Canzona in Giru" que l'on retrouve chaque année dans les offices du tourisme corses et qui présente les principaux groupes et leurs concerts pour la saison. Même s'il n'est pas exhaustif, A Canzonna in Giru présente plusieurs avantages comme celui de présenter chaque artiste par une courte biographie, de donner son contact ou site internet et d'annoncer les dates sur plusieurs mois à la fois en Corse, sur le Continent et à l'étranger.
A Canzona in Giru est un agenda réalisé par la Collectivité Territoriale de Corse, service de l'Outil technique de Conseil et de Développement culturel. 

 

 

SEPTEMBRE

Rencontres polyphoniques de Calvi, une bonne raison pour visiter la Balagne.

Extrait du site de l'office du tourisme de la ville :
"Afin de perpétuer l'héritage des chants polyphoniques et de l'ouvrir à d'autres cultures partageant la même expression polyphonique, l'association U Svegliu Calvese en collaboration avec le groupe de chanteurs polyphoniques A Filetta, a crée ses rencontres en 1988. Elles sont aujourd'hui un rendez-vous musical d'une grande qualité où se croisent et s'entremêlent les voix de chanteurs venus du monde entier : mongoles, inuits, tibétains, sud-africains, cubains, sardes... Au delà de son envergure internationale, cet événement met en valeur tout l'espace et l'architecture de la haute-ville dont le cœur bat au rythme de concerts, d'ateliers et de rencontres consacrés à l'art du chant avec un grand C."
Période : 5 jours à la mi septembre
Renseignements : Association U Svegliu Calvese, Tél : 04.95.65.23. 57, e-mail : svegliu@aol.com  

2012 : Svegliu Calvese, 30 ans ! : c'est le titre du passionnant film réalisé par Laurent Billard, disponible à la vente sur le site www.lesfilmsdutourbillon.com

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 Pour lire le compte rendu de Jean-Claude Casanova sur les 16èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi, édition 2004 cliquer ici.

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Pour lire le compte rendu de Jean-Claude Casanova sur les 17èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi, édition 2005, cliquer ici.

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Rencontres polyphoniques de Calvi 2006
Elles ont eu lieu du 12 au 16 septembre 2006, voir le programme (doc word).
Pour lire mon compte rendu sur les 18èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi, cliquer ici.

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Rencontres polyphoniques de Calvi 2007
Elles ont eu lieu du 11 au 15 septembre 2007, voir le programme (doc pdf).
Pour lire mon compte rendu sur les 19èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi, cliquer ici.

 

Rencontres polyphoniques de Calvi 2008
Elles ont eu lieu du 9 au 13 septembre 2008, voir le programme (doc pdf).
Voir le compte rendu des 20èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.

 

Rencontres polyphoniques de Calvi 2009
Voir le programme
Voir le compte rendu des 21èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.

Rencontres polyphoniques de Calvi 2010
Voir le programme et le compte rendu des 22èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.
Pour un autre compte-rendu, voir également le le site de Laurent et Suzan Lohenz www.tra-noi.net. Il s'agit d'un compte-rendu à plusieurs mains rédigé tour à tour par de fidèles participants aux Rencontres.

Rencontres polyphoniques de Calvi 2011
Voir le programme et le compte rendu des 23èmes rencontres de chants polyphoniques de Calvi sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.
Rencontres polyphoniques de Calvi 2012
Voir le programme sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.
Et son compte rendu ici http://www.l-invitu.net/svegliu2012.htm


 

Rencontres polyphoniques de Calvi 2013
Voir le programme sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.
Et son compte rendu ici : http://www.l-invitu.net/svegliu2013.htm
Rencontres polyphoniques de Calvi 2014
Voir le programme et le compte-rendu sur le site de mon ami Jean-Claude Casanova.
Voir mon compte rendu du prologue.

 

 

ILS CHANTENT LA CORSE

Amoureux de la Corse, ils l'ont prouvé en enregistrant de beaux duos...

Les Muvrini ont chanté avec Véronique Sanson en 1994 aux Francofolies de la Rochelle où ils ont adapté "Le temps est assassin" (Sanson : Comme ils l'imaginent, 1995). Toujours aux Francofolies de la Rochelle (1996), ils se transforment en choristes de luxe avec Michel Fugain pour la chanson "L'Ile" (Fugain : Petites fêtes entre amis, 1996). Ils assurent également les chœurs sur la chanson "Marin du Cap" de Maxime Le Forestier (Maxime Le Forestier : Essentielles).

Gilbert Bécaud a fait appel à Petru Guelfucci pour écrire et chanter avec lui "Les gens de l'île", une chanson reprise par Monsieur 100.000 volts lors de son ultime passage à l'Olympia à l'automne 99. 

La treizième chanson "Corsic'armes" du dernier album de Renaud, "Boucan d'enfer", rend hommage à François Santoni et la journaliste du Monde de conclure : "Au fond, si le nationalisme devient folklore, pourquoi pas..."("Quand Renaud chante Santoni, rebelle encagoulé contre un putain d'Etat", Le Monde, 31 mai 2002, p. 13).

Jacques Dutronc. Il y vit une partie de l'année et lui rend hommage avec Corsica, chanson qu'il a co-écrit avec Jean-François Bernardini et qu'il chante avec Jean-Paul Orsini, Jean-Pierre Lanfranchi et Jean-Pierre Sabiani. 

Thomas Dutronc. S'il n'aime plus Paris c'est bien parce qu'il passe beaucoup de temps en Corse. La Corse, il en parle remarquablement bien, avec beaucoup de respect et de finesse. Dans son album Comme un manouche sans guitare (2007) il lui rend hommage avec Canzone per Maria interprété par son complice et ami Antoine Tatich et avec le titre Viens dans mon île. "L'île apparaît en filigrane dans l'album au détour de quelques rimes et de manière plus explicite avec ce clin d'oeil "Canzonne per Maria" interprété par son ami de toujours Antoine Tatich avec lequel Jérôme Ciosi, autre ami de longue date, il a investi, durant plusieurs années, au son des guitares de l'AJT trio, les place des villages". La Corse et Thomas Dutronc, c'est comme...une partition sans fausses notes". ("Thomas Dutronc vient chanter dans son île par Fabrice Laurent, La Corse Votre Hebdo n° 365, du 30/04 au 7/05 2009, p. 20).

Yves Duteil. Aidé par une mélodie de Jean-Pierre Marcellesi et des chœurs d'A Filetta, il rend hommage à la Corse sur son album (fr)agiles.
"Tu m'envoles" (paroles Yves Duteil). Extrait de son blog : "Depuis la route, en montagne à mille mètres d'altitude, on voit la mer comme le ferait un oiseau...C'est de cette sensation de liberté qu'est né ce survol rêvé, qui pour moi consacre une réalité quotidienne. La Corse est un ailleurs tout proche, qui conjugue les contraires, attachement et liberté, tendresse et révolte, force et douceur...Les voix qui nous y retiennent sont envoûtantes, magiques, fascinantes. La Corse a peu d'oiseaux de passage. Elle devient une étape fidèle pour ceux qui l'ont abordée un jour. Alors, cette terre sauvage se laisse apprivoiser sans retenue, et offre une hospitalité authentique. Des racines m'ont poussé aux pieds, et depuis, ma voix est entrée dans son chœur. La mélodie de Jean-Pierre nous offrait l'occasion d'un partage harmonique qui ressemble à notre amitié au long cours. La fin de la chanson, c'est un espace choral offert au groupe "A Filetta" en toute liberté, pour s'envoler à sept voix autour de la musique...Je n'ai pas encore atterri..."

A VOTRE TOUR....

Chantal Landi-Costérian et Marie Colonna de' Paoli ont crée l'Association  Les Lutins Musiciens qui organise des ateliers d'initiation à la polyphonie corse. Ces stages ont lieu le soir ou le week-end à Paris. Association Les Lutins Musiciens, 23 rue Clapeyron, 75008 Paris, Rép/fax : 01.45.22.19.09. 
Pour en savoir plus : http://vocalia.net, mail : leslutinsmusiciens@hotmail.com
Tout public, même débutant. 
Répertoire : chants extraits du recueil "Vinu di Petra" : Barbara furtuna, Lettera a mamma, Bernardinu, Diu vi salvi Regina...

Chantal Landi-Costérian : artiste lyrique issue du CNSM de Paris, chef du chœur de la cathédrale de Chartes, professeur certifié, puis directrice de Conservatoire, diplômée du Ministère de la Culture, et de l'Université de Paris VII, elle fait une recherche sur les sources musicales communes et les techniques vocales de la polyphonie corse et de la musique ancienne.
Marie Colonna de' Paoli : originaire d'un village de Haute Balagne, son enfance a été bercée par les chants polyphoniques qui étaient alors chantés, improvisé en toute occasion. Plus tard, elle étudie la musique, puis le chant, et bien vite ce parcours la ramène sur le chemin de la musique traditionnelle corse, redécouverte à la lumière de la musique ancienne.
Leur démarche 
Ensemble, elles ont créé "Pulifunie di Corsica", ateliers d'initiation et de recherche de polyphonie corse, expérience pédagogique originale ouvrant sans retenue, mais avec rigueur, sur les richesses de cette culture, en révélant la diversité d'époques, d'influences, de styles.
Cette expérience fructueuse leur a fait ressentir l'urgence de collaborer pour la réalisation du recueil "Vinu di Petra" (le vin de la pierre) publié aux Editions Van de Velde, 2004 (en vente : 17,86 euros port compris). Le recueil comporte outre 17 polyphonies corses, quelques pages de conseils sur l'interprétation, la provenance et l'historique de ces chants.

Benoît Sarocchi, qui par ailleurs est à la tête d'un ensemble vocal et instrumental, anime également des ateliers de chant à Paris. En 2004, l'atelier se retrouvait tous les jeudi soirs à l'espace Jemmapes (Paris 10e). 

Toujours sur la région parisienne, l'association Cultura Viva, organise deux fois par semaine des cours de polyphonies corses. Le lundi de 19 à 21 heures, chansons corses (accompagnement à la guitare) et le mardi de 19 à 22 heures, polyphonies profanes et sacrées. Les cours se déroulent à la Casa Di U Populu Corsu, 51 rue du Général Leclerc à Issy les Moulineaux (92). 

Comme Poletti le dit :
"Et même si la langue corse a des implications évidentes dans le chant, pas besoin d'être corse pour le pratiquer. Le mot doit être parfaitement articulé et accentué pour être juste, et la justesse est ce qui fait la différence".
(Interview de Philip de la Croix publiée dans Le Monde-Aden du 12-18 juin 2002, p. 8).

"Implanté à Sartène, le Centre d'art polyphonique de Corse, dont la vocation première est d'assurer aux musiciens une formation complémentaire, n'en est pas moins à la disposition des chorales, chefs de chœurs et choristes. Pour la saison 2003-2004, sont programmés, sous l'impulsion du célèbre chanteur et musicien Jean-Paul Poletti, qui en est le fondateur, des ateliers réguliers ou stages ponctuels, des actions de formation, des échanges culturels et des concerts."
(Cathy Terrazzoni pour Corse-Matin du 14 novembre 2003).
Centre d'Art Polyphonique de Corse, 13 cours Sœur Amélie, 20100 Sartène
Tél : 04.95.73.16.37,  Fax : 04.95.73.18.89
Le futur centre d'art polyphonique de Corse, installé dans l'ancien hôpital, ouvrira début 2008. Le centre aura une vocation multiple avec des stages, des formations, des activités chorales et vocales, sans oublier les représentations. D'après un article d'Henri Nicolai paru dans Corse Matin en 2007, voici comment fonctionnera le centre d'art polyphonique : "Au chapitre national, Sartène s'insérera dans le réseau des 19 centres Missions voix de France. "Nous pourrons accueillir des stages, des résidences de création, de la musique baroque, lyrique ou traditionnelle. La formation sera une partie importante du fonctionnement et des contact importants sont déjà noués en ce sens, informe J.P. Poletti. L'action internationale du centre commencera par la Méditerranée avec une liaison privilégiée avec l'Italie, la Toscane et la Sardaigne. Les stages de formation, la production de DVD et de CD pédagogiques et le travail avec la télévision font évidemment partie des pistes à explorer (afin que le centre assure son autofinancement  à hauteur de 30 % minimum après cinq ans de fonctionnement). Enfin, l'auditorium créé au sein du centre pourra accueillir des concerts. Sa capacité sera suffisante en hiver mais J.P. Poletti est persuadé que la création d'un auditorium d'été est indispensable pour permettre d'organiser de grands spectacles de chants. Ce sera, avec le centre d'art polyphonique, un autre challenge à relever."

Voir aussi, Casa Editions, Place de l'Eglise à Pigna (20220). Tél : 04.95.61.74.28 (boutique) ou 04.95.61.76.57 (administration), e-mail : contact@casa-editions.com
Pour en savoir plus : http://www.casa-editions.com
D'après un article de Corse Matin du 30 avril 2007, une médiathèque musicale a été inaugurée à Pigna.
"La Balagne dispose désormais d'un fonds sonore de plus de 800 heures d'enregistrement, dont 400 heures sont consacrées aux joutes oratoires du Chjama e rispondi qui font aussi revivre les voix de nos poètes disparus. Tous ces documents sont centralisés à la médiathèque de Pigna qui vient d'être inaugurée grâce à l'association E Voce di u cummune, présidée par Nicole Casalonga, initiatrice du projet. Un projet qui a pu aboutir grâce au concours de la collectivité territoriale de Corse. La structure, jouxtant les bureaux de la société Casa Edition est l'aboutissement d'un long travail de recherche et de compilation commencé dans les années 1975. La numérisation des documents a commencé avec Mathieu Luzi qui a ensuite été relayé par Jean-Philippe Guisani (chanteur du groupe Barbara Furtuna) encadré par Claude Belagamba, professeur de langue et culture corse dont le travail consiste à référencer tous les supports et à effectuer un classement des sujets par thème." 
Casa Editions est née en 1997 d'une aventure musicale commencée à Pigna trente ans plus tôt par l'association E Voce di u Cumune. Creuset de tous les élans, recherche, formation, expérimentation, facture instrumentale, échanges avec les musiciens et les cultures d'ailleurs. La Casa Editions s'inscrit dans le créatif caleïdoscope que composent la Casa Musicale, E Voce di u Cumune, Festivoce, Arte di a Musica.
En septembre 2013, lors d'une arrêt à Pigna, nous avons fait la connaissance de Marie qui tenait la boutique de Casa Editions. C'est une boutique salon dans une petite cave voutée. Le plaisir de Marie est de faire découvrir tous les artistes produits par Casa Editions et son enthousiasme fait plaisir à voir. Elle a des goûts très sûrs et très variés. Elle est habituée à rencontrer des touristes qui n'y connaissent strictement rien à la polyphonie et si vous la laissez vous passer sur la chaîne hifi ses coups de cœur du moment, vous pourriez bien repartir avec une collection complète de disques enregistrés à Pigna. Ce n'est pas l'envie qui m'en manquait mais en vacances, il faut savoir partager le budget entre souvenirs gastronomiques et souvenirs musicaux ! Je me suis néanmoins laisser tenter par un disque d'Antoine Ciosi "A Voce Piena" dont j'ai toujours regretté de ne pas connaître le répertoire car il a longtemps été pour moi un chanteur typique des ritournelles des années 60. Pas que ça malheureuse ! L'affront à l'immense nom de la chanson corse est désormais en partie réparé avec ce très joli disque de chansons anciennes et de traditionnels. Un achat qui a du sens puisque c'est le seul disque que je citais sur cette page dans mon court paragraphe consacré à Antoine Ciosi. Donc je ne me contredis pas et j'achète un des best-sellers de l'année 2008, un disque amoureusement présenté par Marie tombée sous le charme d'Antoine. Je la comprends ! Nous avons passé un délicieux moment dans le salon musical des Editions Casa et j'espère que tous ceux qui passent par Pigna auront la chance de s'initier à la chanson corse en bénéficiant des précieux conseils de Marie dont la passion pour les chanteurs et musiciens corses est vraiment communicative.

Boutique Casa Editions à Pigna Boutique Casa Editions à Pigna

Stages de polyphonies corses

Les associations U Ponticellu et La Cour des Miracles en Oc' organisent depuis 2004 des stages de polyphonies corses où intervient Jacky Micaelli.

La transmission, une constante évolution dans la mémoire immuable….
Les musiques traditionnelles, c’est à dire orales, contiennent une sève venue du fond des âges, seule la parole, le son, donc l’oralité, en communiquent l’essence spirituelle. Elle préserve le caractère vivant, mouvant de la tradition. L’initiation grâce à laquelle elle se transmet requiert le contact direct, d’homme à homme pour que passe l’influence spirituelle inséparable de toute initiation.
La tradition est donc d’abord mémoire, ce sont nos racines vives, notre centre de gravité. Que sommes-nous sans la mémoire de nos origines ? L’homme se condamne à la mort spirituelle s’il coupe le lien de la tradition, de sa tradition. La musique détient sa mémoire à elle. Ce sont les traditions musicales, elle vit dans et par l’oralité.
Jacky Micaelli transmet la polyphonie corse depuis de longues années ….Dans ses rencontres quotidiennes elle donne la polyphonie, son esprit  son sens profond , à la fois présent , quotidien et à la fois immémorial ….comme un héritage que son don lui permettrait de perpétrer .

Aujourd’hui les compagnies La Cour des Miracles en OC' à Marseille et U Ponticellu à Bastia portent la nécessité de s’implanter géographiquement dans les lieux où nous avons déjà posé des pierres depuis déjà 7 ans.
Ces stages s’adressent à un public hétérogène, nous souhaitons poursuivre le mélange des confirmés avec les débutants. Cette pratique permet à chacun d’avancer, car les débutants sont souvent portés par les autres, et Jacky en profite pour approfondir l’apprentissage avec les plus anciens.

Jacky Micaelli

Nadine Cesari : 0671863446
http://www.jackymicaelli.com/

L'association Cantu Nustrale organise des stages de chant polyphonique corse ou grégorien en Castagniccia (Pruno).
Association Cantu Nustrale, Lieu dit Casette, 20213 Pruno. Voir leur site : http://polyphoniescorses.com/

Village Harmony. Cette association américaine propose des mini-stages de chant aux groupes corses de tous niveaux qui souhaitent découvrir le chant polyphonique géorgien, enseigné depuis 20 ans par Franck Kane et/ou le chant nord-américain et sud africain enseigné par Patricia Cuyler. Village Harmony est souvent basé à Canari dans le Cap Corse. Voir leur communiqué de presse.
Pour en savoir plus sur le prochain stage (été 2010) : http://www.villageharmony.org/summercamp/2010/corsica.html

Centre musical de Calvi U Timpanu (8, rue St Antoine, La Citadelle 20260 – Calvi, Tél. : 04 95 60 23 73 – 06 45 54 33 07, Mail. : timpanu@wanadoo.fr)

 Décembre 2012 Création d’un Atelier de Chant Adultes

Un atelier de chant destiné aux adultes est ouvert dans le cadre des activités du Centre musical de Calvi U Timpanu. Ces cours collectifs sont ouverts à des adultes débutants ou ayant déjà travaillé leur voix.
Au programme : Travail du souffle et respiration, vocalises, développement de l’écoute, apprentissage de chants solo et en groupe, monodie et polyphonie.
Les cours sont dispensés dans les locaux du Centre musical U Timpanu, Citadelle de Calvi - Le jeudi de 19h à 21h
Les inscriptions sont à faire auprès d’Antoinette d’Angeli au 06 13 08 69 36 ou au secrétariat du Centre musical au 06 45 54 33 07.
*Pour les élèves qui ne sont pas inscrits à une pratique instrumentale, l’adhésion familiale à l’association est de 20 € pour l’année et la cotisation est de 10 € la séance.

Une annonce : Corses en Bretagne ou Bretons corsophiles (septembre 2014)

Heureux d'avoir découvert votre site... Pas encore fouillé toute la richesse (c'est copieux !), mais je vous écris aussitôt car je pense que vous pourrez m'aider dans ma recherche.
Je chante en breton et en gallo et je participe aussi à une chorale très classique où nous avons chanté "Diu vi salvi Regina" (sûrement très mal, désolé !)...et je me suis pris d'admiration pour la polyphonie corse et ses mélismes à la "grégorienne".
Avec ma compagne nous allons chanter avec Jean-Etienne Langianni à Moissac (ensemble Organum, musique ancienne), bientôt cette année à la Toussaint, comme nous l'avions fait l'an dernier.

Mais une fois par an ne me suffit pas ! Et je n'ai pas rencontré (sauf un) de Breton proche désireux de chanter corse (en apprentissage d'abord, et après, pourquoi pas, en veillée en Bretagne).
Je suis sûr qu'il y en a ! J'ai d'ailleurs, il y a plusieurs années, rencontré un chanteur originaire de Corse et vivant en Bretagne, mais je l'ai perdu de vue...

Je suis en Bretagne Nord, Finistère Nord, pas loin de St-Pol de Léon et Plouescat...

Pourriez-vous m'aider à trouver un chanteur de polyphonies corses qui résiderait en Bretagne Nord, plutôt retraité pour avoir du temps libre, et qui accepterait de travailler avec moi et un ami pour former au minimum un quatuor ?
Ma compagne chante aussi et nous avons un ami chanteur (une voix superbe !) en Trégor qui était marin à la SNCM et a beaucoup chanté avec ses camarades corses à bord et dans l'île (mais il est purement breton, même s'il en connaît bien plus que moi sur le chant corse); il nous faudrait trouver au minimum un quatrième, et qui connaisse bien la tradition corse, donc plutôt d'origine insulaire...
Nous nous ferions un plaisir de construire un répertoire mi-corse mi-breton...
Merci de nous apporter votre concours !

Si vous êtes intéressé par cette annonce ou si vous connaissez quelqu'un susceptible de correspondre à ce profil, vous pouvez me contacter par e-mail et je vous communiquerai les coordonnées de mon interlocteur.

UNE INSCRIPTION A L'UNESCO

Les artistes et élus de l'assemblée de Corse on demandé l'inscription à l'UNESCO de la polyphonie corse au titre de patrimoine immatériel de l'humanité. "Comme tout ce qui est rare, le chant polyphonique traditionnel est fragile. Sa survie repose en grande partie sur sa sauvegarde, insistent les artistes. Pour soutenir cette démarche, le Centre de musique traditionnelles organisera les 22, 23 et 24 juin 2006, au Palais des congrès d'Ajaccio, les premières rencontres sur la transmission du patrimoine immatériel. Les participants locaux, originaires du continent et du monde entier, échangeront leurs réflexions et leurs expériences. La Corse s'interroge, se prépare, avant de se confronte à une avancée majeure, une étape historique qui devrait générer des moyens financiers importants, susciter la mobilisation de la population. Le tout pour atteindre un objectif fondamental : faire en sorte que la polyphonie se chante."
Le mystère des polyphonies, dossier de Véronique Emmanuelli, Jean-Jacques Gambarelli, Francesca Quilichini in La Corse Votre Hebdo, n° 195, du 23-29 décembre 2005, pp. 3-5.

En mai 2005, en application de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel de l'Unesco (2003), Petru Guelfucci (www.vocedicorsica.com) et Jean-Paul Poletti ont proposé au Conseil Exécutif de Corse de demander à la France d'inscrire la polyphonie traditionnelle corse sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente (article 17 de la Convention ). En août 2005, l'Assemblée de Corse a adopté, à l'unanimité, la proposition du Conseil Exécutif.

Afin d'initier une réflexion sur les enjeux de cette inscription, le Centre de Musiques Traditionnelles de Corse (www.musicorsica.com) a organisé, les 22 et 23 juin 2006, à l'Eden Roc (Ajaccio), les premières rencontres sur le thème: Patrimoine culturel immatériel et transmission: La polyphonie corse traditionnelle peut-elle disparaître?  

Entre 2005 et 2009, plusieurs actions ont été menées.

Un article de la Corse Votre Hebdo daté du 4 avril 2008, relance le débat : "La paghjella au range de joyau de l'humanité" par Noël Kruslin, photos Pierre-Antoine Fournil et Mario Grazi in La Corse Votre Hebdo, 4-10 avril 2008, n° 309, pp. 8-10).
L'article explique l'évolution au sein de l'Unesco de la convention pour la protection du patrimoine mondial vers un nouveau concept de patrimoine oral et immatériel. Il souligne l'engouement de Petru Guelfucci et son épouse Michèle, qui président l'association "Cantu in paghjella", association co-responsable avec le Ministère de la culture du dossier d'inscription qui sera présenté fin 2008. Enfin, il donne la parole à plusieurs chanteurs corses dont Jean-Paul Poletti (également directeur artistique du Centre d'art polyphonique de Sartène), Jean-Claude Acquaviva (A Filetta), Philippe Rocchi (I Chjami Aghjalesi et Voce di Corisca) et Mai Pesce (Chjami Aghjalesi). Certains se félicitent de cette démarche, d'autres émettent des réserves, voire une certaine méfiance sur les risques de sanctuarisation ou d'uniformisation de la polyphonie. Voir l'article (format pdf).
Voir le reportage de TF1 au JT de 13heures du 13 mai 2008 sur la paghjella corse et son classement possible au patrimoine immatériel à l’Unesco avec la participation de Petru Guelfucci, Jean-Paul Poletti et A Filetta.
Voir aussi "Pour une reconnaissance des canti in paghjelle par l'Unesco" par Sébastien Pisani, Corse Matin du 22 juillet 2008. Voir l'article (format pdf).
L'auteur mentionne la publication d'un livre sur ce sujet : La polyphonie corse peut-elle disparaître ? sous la direction de Michèle Guelfucci et Dominique Salini, éditions Dumane.

Une inscription en 2009
Selon un communiqué du 1er octobre 2009,
le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, réuni à Abou Dhabi, a en effet considéré que douze éléments du patrimoine culturel immatériel de huit pays nécessitaient des mesures urgentes de sauvegarde, parmi ceux-ci la France pour laquelle le "Cantu in paghjella", chant profane et liturgique de Corse.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture reconnait ainsi le fait que cette tradition orale insulaire est menacée.

Notons la définition qu’en donne l’organisation internationale qui est suivie d’une des causes fondamentales des besoins de la protection octroyée : La paghjella est une tradition de chants corses interprétés par les hommes. La paghjella fait un large usage de l’écho et se chante a capella dans diverses langues parmi lesquelles le corse, le sarde, le latin et le grec. Malgré les efforts des praticiens pour réactiver le répertoire, la paghjella a progressivement perdu de sa vitalité du fait du déclin brutal de la transmission intergénérationnelle due à l’émigration des jeunes et de l’appauvrissement du répertoire qui en a résulté. Si aucune mesure n’est prise, la paghjella cessera d’exister sous sa forme actuelle, survivant uniquement comme produit touristique dépourvu des liens avec la communauté qui lui donnent son sens véritable.

La paghjella est donc inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité dans la catégorie "culturel immatériel" en octobre 2009. Voir le compte-rendu de 20 minutes.

Sur ce sujet, voir le site Cantu in paghjella, extrêmement bien documenté, où se trouvent tous les documents de l'inscription.
La constitution du dossier pour l'Unesco a permis de réaliser un inventaire des chants profanes et sacrés de polyphonies traditionnelles tout en vérifiant que leur transmission aux jeunes générations était lacunaire.
On a beaucoup parlé de la polyphonie corse au moment de son inscription, ce qui n'est pas si courant.
La mise à disposition gratuite sur le site mentionné ci-dessus des enregistrements des messes des vivants et des défunts de Sermanu par les plus belles voix de l'île, est une première action qui honore l'association Cantu in paghjella.
La formation de maîtres d'art qui formeront à leur tour les jeunes générations est aussi un noble projet, même si j'ai le sentiment que les parents, les écoles de chant et les confréries n'ont pas attendu l'Unesco pour transmettre leur passion.
Je me pose toutefois quelques questions. Fallait-il opposer les polyphonies traditionnelles aux polyphonies contemporaines inspirées par la tradition ? Avec les nouvelles technologies et les sites de partages en tous genre (vidéos, musiques), y avait-il un risque réel d'oubli ?
Reste que le choix de sauver la paghjella parmi plusieurs dizaines d'autres dossiers est à la fois un honneur pour la Corse et la "reconnaissance d'un grand péril qu'il fallait enrayer" (dixit Terra Corsa n°29/2010).

"La pratique de la paghjella est en danger, son entrée au patrimoine immatériel de l'Unesco, va nous permettre de faire en sorte de la sauver mais ce n'est pas gagné d'avance, insiste Petru qui sera, avec d'autres, un enseignant, une courroie de transmission de la tradition" (phrase extraite d'un article de Corse Matin du 27 janvier 2010).

Sur ce sujet, voi l'article de Terra Corsa n° 29/2010 : U cantu in paghjella, patrimoine immatériel de l'humanité par Marie-Joseph Arrighi-Landini, photos Jean Harixçalde, pp. 20-23

LA COMPILE
Cela fait longtemps que l'idée me trotte dans la tête de vous soumettre sur cette page ma petite version de la compile corse idéale en 10 titres. Mais il n'y a pas de compile idéale car chaque nouvelle découverte peut en bouleverser l'ordre. Voici cependant quelques indispensables, choix arbitraire et personnel, mes excuses par avances à ceux qui n'y figurent pas et dont je respecte cependant le travail...
1 - 1976, un dimanche matin, c'est un 33 tours sur lequel figure un pissenlit et qui porte le titre de "Liberta". Album de Canta U Populu Corsu, j'ai 6 ans, je découvre la polyphonie avec papa. Le seul 33 tours que j'ai conservé. Tous ses titres me rappellent mon enfance, en choisir un ? Peut-être le dernier, "Lettera Di U Prigiuneru".
2 - 1992, mon premier CD corse acheté, celui de Petru Guelfucci, Isula. Parce qu'il est flatteur de porter le nom d'un grand nom de la polyphonie corse. Le début d'un grande collection et l'origine de ce site. Titre choisi : "Isula Idea". 
3 - 1994, l'époque de mes premiers concerts, Les Muvrini au Zénith et la chanson qui me ferait lever le briquet : "Di".
4 - 12 juillet 1994 : Les Muvrini accompagnent Véronique Sanson sur "Le temps est assassin". Dans le fond sur l'herbe, j'assiste au concert des Francofolies de la Rochelle. S'il ne devait rester qu'une chanson au monde, ce serait celle là...
5 - A Filetta, album "Si di me", titre : "Chjarura". Réduire ce groupe à sa collaboration avec Bruno Coulais serait réducteur, pourtant cette collaboration semble exemplaire et a donné de biens beaux albums. Je suis complètement hypnotisée par le charisme de Jean-Claude Acquaviva, sa voix si particulière, sa douleur dans l'expression artistique.
6 - Isula (Isulamea) : un disque qui me semble typiquement "corso-parigo-branchouille" mais que j'adore, et tout particulièrement "Granelle d'Amore", berceuse composée et chantée par Joseph Figarelli, avec la participation des Surghjenti; si un jour j'ai des enfants, ils n'y couperont pas !
7 -  Tessi Tessi de l'album éponyme de Voce Ventu & Mieko Miyazaki pour ce lien si fort que j'ai fait mien entre deux îles la Corse et le Japon et parce que la polyphonie n'est jamais aussi riche que lorsqu'elle se mélange à d'autres cultures.
8
- Giramondu : Album Mediterraniu, je ne peux jamais choisir entre "Un cantu per a terra", pour son côté amour de la terre, et "Mez'a sti canti" pour son solo de guitare et batterie et "ces chants, parfois offrandes, parfois louange, parfois tribaux. Toujours comme une colonne directe de dialogue entre la terre et le ciel", dixit ES qui a tout compris de la polyphonie. En hommage à notre nouvelle terre d'accueil.
9 - Mai 2004, le tour du cap corse et des tours génoises avec un concert à Bastia de L'Arcusgi à fond les ballons...Association parfaite de l'image et du son, n'importe quel extrait du concert.
10 - Diu Vi Salvi Regina : parce que l'hymne doit forcément clôturer.


DVD
 

3 DVD sur la polyphonie corse de Francesca Campana 

Un Locu un Cantu una Memoria / Le Patrimoine comme mémoires du futur : 13 PAGHJELLE, 2008

Le  montage  de  13  Paghjelle (Carl  Anto  Guastalli,  2007)  à  l’occasion  de  l’installation  du  Parcours  Sonore  à  travers  l’architecture  et  le  paysage  de  Taglio (Francesca Campana,  2006). 
Créations dans u versu taglincu par les chanteurs de Tagliu. Publication : [Taglio­Isolaccio] : Tras Territor Soni [production, édition, distribution]
Description matérielle : 1 DVD vidéo monoface simple couche (25 min) : 16/9, coul. (PAL), son,  stéréo. Auteur(s) : Campana Francesca, réalisatrice. Sujet(s) : Polyphonies traditionnelles corses. Thème(s) : Musique. Genre : non fiction Circuit de distribution : édition vidéo commerciale

REGARDS CROISES, 2009
La  problématique  du  classement  du Cantu  in  paghjella sur  la  liste  d’urgence  à  la  veille  de sa  reconnaissance  par  l’UNESCO  au  rang  de  Patrimoine  Culturel  Immatériel  (le  30  Septembre  2009).  Entretiens  filmés  des  groupes sur  les  notions  de :  Patrimoine  Culturel  Immatériel,  transmission,  problématique  de  l’UNESCO :  Alba,  Spartimu, Tavagna,  a  Ricuccata,  Petru  Guelfucci, Jean Paul Poletti, Paulu Santu Parigi, i Cunfratelli, Isulatine, a Filetta, Canta u Populu Corsu, Barbara Furtuna, a Cumpagnia. 
Publication : [Taglio­Isolaccio] : Tras Territor Soni [production, édition, distribution]. Description  matérielle :  2  DVD  vidéo  monoface simple  couche  (1  h  15  min,  44  min)  :  16/9,  couleur. (PAL), son, stéréo.
Auteur(s) : Campana Francesca, réalisatrice. Sujet(s) : Polyphonies traditionnelles corses ­ Histoire et critique ­ Patrimoine oral et immatériel de  l’humanité. Thème(s) : Musique. Genre : non fiction. Circuit de distribution : édition vidéo commerciale

MEMOIRE VIVE, 2011
Ce  document,  en  hommage  à  Philippe  de  Mari  (dettu Pippo),  rend  compte  du  travail  engagé depuis Mars 2010 par les chanteurs de la communauté pour la reconstitution, la sauvegarde, la réappropriation et la transmission du patrimoine polyphonique de Tagliu: a messa in paghjella. Par  delà  la  recherche  d’un  son,  élément  constitutif  du  versu,  les  chanteurs  conçoivent  ce patrimoine comme la recherche d'un lien avec leur environnement quotidien, l'être ensemble et la  mise en valeur d’un héritage commun.
Les répétitions sont enregistrées entre Septembre et Novembre 2010 dans les Églises San Michele  di l'Isulaccia et San Mamilianu di Tagliu.
Publication : [Taglio­Isolaccio] : Tras Territor Soni [production, édition, distribution].Description matérielle : 1 DVD vidéo monoface simple couche (25 min) : 16/9, couleur. (PAL),  son, stéréo
Auteur(s) : Campana Francesca, réalisatrice. Sujet(s) : Polyphonies traditionnelles corses ­ Histoire et critique ­ Patrimoine oral et immatériel de l’humanité.Thème(s) : Musique. Genre : non fiction. Circuit de distribution : édition vidéo commerciale

Les 3 DVD sont consultables à la BNF : Notice n° : FRBNF42547402. Exemplaire et cote : VDVD­ 68504 support : DVD vidéo Tolbiac ­ Rez­de­jardin ­ magasin ­Salle P (type de place audiovisuelle (vidéo/son)). A la phonothèque du Musée de la corse. Prochainement à la : Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses. 

M3C Adresse : Tras Territor Soni, 20230 Taglio Isolaccio
Lien du blog : http://trasterritorsoni.blogspot.fr/


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Notes de l'auteur :
Logo de cette page avec l'aimable autorisation de Bruno Vellutini/Peuples de Méditerranée.
Cette page est une présentation non exhaustive de quelques groupes et chanteurs corses. 
Dans la mesure du possible, j'achète tous les disques présentés (pas de service presse malheureusement), ce qui explique que toute la production musicale corse ne figure pas sur cette page car je ne peux pas tout acheter ! Toutefois si votre groupe ne figure pas sur cette page, vous pouvez m'écrire.


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Dernière modification le 23/10/2015