En Corse, sur les chemin des confréries, documentaire de Pierre Lane, 2015

En corse, sur le chemin des confréries, documentaire de Pierre Lane (France, 2015), diffusé sur France 3 le lundi 30 mars 2015

Revoir https://youtu.be/DlTzqMzXjOA

Critique de Vincent Arquillière dans Télérama n° 3402 du 25 mars 2015
"Loin d'un énième dépliant touristique ou sujet politico-criminel sur l'île de Beauté, c'est à un voyage serein dans la Corse de l'intérieur que nous convie Pierre Lane. L'intérieur des terres (l'essentiel a été tourné dans des villages de l'arrière pays) et l'intériorité des hommes, qui vivent leur foi au quotidien à travers l'appartenance à une fraternité. Ces associations de laïcs - exclusivement masculines -, formées à partir du XIVème siècle sur les traces de Saint-François d'Assise et des moines franciscains dont elle partageaient les valeurs d'humilité et de charité, avaient failli disparaître au siècle dernier. Elles connaissent une renaissance, mêlant plusieurs générations et classes sociales autour des préparatifs de la semaine sainte, du chant polyphonique, mais aussi de la lutte contre la désertification rurale et de la préservation de la culture locale - la "fraternité" étant ici autant celle du catholicisme que celle de la devise républicaine.
Quels que soient ses croyances et son propre rapport (ou non rapport) au religieux et à la spiritualité, difficile de nier la profondeur des propos exprimés ici, et l'attachement à la fois mystique et concret de ces hommes à une nature dont l'austère beauté éclate à chaque plan
."

J'ai beaucoup aimé ce reportage tourné en grande partie dans la région de Patrimonio. On y retrouve plusieurs interventions profondes et touchantes d'André Dominici, confrère mais également chanteur du groupe Barbara Furtuna. Si vous voulez une illustration de ce que l'on appelle le lien social (le vrai, pas celui que l'on s'évertue à recréer via les réseaux sociaux), bien présent dans les villages corses, notamment par le biais de ces confréries (mais pas seulement), vous en aurez dans ce reportage l'éclatante révélation. Un reportage qui souligne l'enracinement de ces hommes dans leur terre natale et leur élévation spirituelle. Comme dit l'un d'eux (Jean-Charles) : "U ceppu un more micca; u ghjambone pò esse mossu" : la racine ne meurt pas, la branche on peut la déplacer (traduction familiale). Habile diffusion de France 3 lors de la semaine sainte ce qui donne l'envie de se rendre en Corse à cette période.
Seul reproche à faire au réalisateur : il manque les noms des personnes interviewées.

 
Disparus, mini-série
 
Un film réalisé par Thierry Binisti
Produit par Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri
Stéphane Mattei, producteur associé
Avec Claire Borotra, Vincent Perez, Cyril Lecomte, Alexandre Carrière, Marina Tome, Barbara Cabrita, Marie-Pierre Nouveau, Andrée Damant, Lisandru Miniconi, Jean-Philippe Ricci,Nathanaël Maïni, Lionel Tavera, Anna Maria Filippi, Frédéric Poggi et la participation de Jean-Michel Noirey
Scénario original : Olga Vincent et Véronique Lecharpy en collaboration avec Jean-Pierre Alessandri
Musique originale : Anghjulina et Jean-Claude Nachon
Création Vocale originale : A Filetta

L'avant première publique de "Disparus", aura lieu le samedi 30 août 2014 au cinéma en plein air U Sampiero, à Sagone. Ce film sera diffusé sous forme de mini-série de 2 fois 90 minutes, sur France 3 national. Il vient d'être sélectionné en compétition officielle dans le cadre du prestigieux Festival de la Fiction TV de La Rochelle.

Le tournage s'est déroulé entre les mois de janvier et mars derniers dans les villages et environs de Cargèse, Piana, Vico, Sagone, Coggia ainsi qu'à Ajaccio.
"Après avoir écrit et produit la mini-série « Les héritières » qui racontait à travers un mélodrame flamboyant la fin d’une Corse ancestrale et rurale, nous avons eu le désir et l’ambition d’essayer de parler avec affection et recul d’une Corse contemporaine, loin de toute mythologie mafieuse complaisante, d’une Corse au quotidien, « hors saison », quand l’île et ses habitants se retrouvent « entre soi ». Personne n’y est anonyme et cette double disparition, qui pourrait se dérouler n’importe où, va agir comme un révélateur" expliquent en chœur Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri

"Créer le couple mixte, Claire, interprétée par Claire Borotra, la femme continentale opposée à son ex-mari, Pierre l’insulaire, campé par Cyril Lecomte, et à sa belle-famille dans un conflit violent autour de la garde de l’enfant, nous permettait de tenter d’évoquer l’ambiguïté, la complexité et quelques fois l’incompréhension qui nourrissent les relations de la France et de l’Ile de Beauté" poursuivent-ils.
"Durant le temps des recherches menées par Marc, Vincent Perez, gendarme au regard extérieur, sorte de Candide moderne, ces « Disparus » vont porter au paroxysme ces dissensions.

Ce scénario, co-écrit avec Véronique Lecharpy, a été nourri de rencontres, d’entretiens auprès denombreux acteurs de la vie insulaire, avocats, gendarmes, élus. Thierry Binisti avec qui nous avions eu le plaisir de faire « Assassinée » avec Patricia Kaas, grand succès de France 3, a su donner à cette histoire sa force, sa vérité et son émotion" insistent Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri.

 

La Corse, beauté sauvage, série documentaire de Jean Froment, coproduite par Arte et What’s up films, avec le Soutien de la Collectivité Territoriale de Corse (CTC) et avec la participation du Centre national du cinéma et de l’image animée.

Initialement diffusée les 13-14-15-16 et 17 mai 2013, à 19h.

Lundi 13 mai à 19h00 "L’île verticale" Morceau des Alpes et des Pyrénées dérivant en méditerranée, la montagne corse est un monde de cimes, d’aiguilles, d’escarpements et de roches anciennes aux déclivités impressionnantes. Espace vierge et dernier refuge du sauvage, la montagne corse est le lieu où se tissent les liens entre passé et présent. Ces territoires rudes, parcourus et habités par les bergers et leurs bêtes, sont arpentés dès le printemps par des cohortes de randonneurs venus du monde entier. De bergers, les Corses deviennent muletiers, guides de haute montagne, gardiens de refuge et parcourent eux aussi le fameuxGR20. Pendant que certains pratiquent l'escalade le long de ce sentier, des Corses y chassent encore la fameuse bête noire du maquis, le sanglier.

Mardi 14 mai à 19h00 "Entre mer et vents" Chaque année c’est le raz de marée estival des touristes convoitant ses criques et ses plages. mais le littoral corse reste un espace d’une grande diversité, structuré par les forces élémentaires de la nature, entre mer et vents. Tout autour de la Corse, nombreux sont les sites classés au Patrimoine mondial de l’Humanité ou protégés comme réserves naturelles. La mission de l’homme est de garder indemnes les visages de ces territoires, qui sont aussi des refuges pour les oiseaux migrateurs, abritent des espèces rares ou sont des sanctuaires marins comme la réserve marine deScandola.

Mercredi 15 mai à 19h00 " Le monde végétal" Symbole de la Corse, le maquis recouvre plus de la moitié du territoire insulaire. Un milieu impénétrable, luxuriant et odorant qui émerveille lors de son fleurissement printanier. Mais sans l’intervention de l’homme et de l’animal, le maquis recouvre rapidement les terres et fait disparaître les sentiers. Un paysage que les Corses ont réussi à apprivoiser. Les hommes cultivent l’emblématiqueolivier, récoltent la châtaigne pour nourrir hommes et bêtes et exploitent la vigne depuis l'Antiquité pour produire des vins désormais reconnus dans le monde entier.

Jeudi 16 mai à 19h00 "Des vallées et des hommes » Entre cimes et rivages, le relief corse révèle un dédale de vallées innombrables et irriguées de cours d’eaux. Pendant des siècles, les hommes ont eu leur destin lié à cette terre « entre mer et montagne ». Ils y ont gagné leur existence, en faisant aller et venir leurs troupeaux de la plage (l’hiver) aux alpages (l’été). Elément des paysages, l’eau est l’autre richesse de la Corse, celle qui a permis au monde rural de se développer et de vivre dans les territoires de montagne. ici coulent le Liamone, le Rizzanese, la Gravone, le Taravo, le Golo, le Tavignano, laRestonica… 24 rivières qui irriguent plus de la moitié de l’île.

Vendredi 17 mai à 19h00 "Une terre de mémoire" Tour à tour grecque, romaine, chrétienne, menacée par lesSarrasins, la Corse est une terre de mémoire. Des villages perchés (le paese, celui qui protège) sur les montagnes aux villes fortifiées aux allures italiennes, les implantations architecturales en Corse ont toujours un rapport à l’ailleurs… Des 90 tours génoises prévenant des dangers qui viendraient de la mer aux maisons d’Américains, ces immenses demeures construites par ceux qui firent fortune aux Amériques, le patrimoine corse témoigne de toute l’histoire de l’île.

Ce qu'en disent les spectateurs (ces extraits proviennent des commentaires laissés par les spectateurs sur le site Arte).

"Des images magnifiques illustrées d'une musique de qualité."

"La Corse si loin de tout mais tellement près de l'essentiel."

"Le meilleur film sur la Corse et les Corse que j'ai jamais vu.
Un ton très juste sur les hommes, loin des clichés extrêmes, d'un bord ou de l'autre. Bref, les vrai Corses."

"La Corse apparaît dans sa beauté confondante, la diversité exceptionnelle de ses sites et l'authenticité de son peuple."

"Quasi absence de commentaires qui laisse une large place à la parole des insulaires, ils ont des choses à dire, des choses simples, vraies, pleines de bon sens."

"Cette beauté ne vaut que par ceux qui sont là, y travaillent, et ce sont eux qui font vivre ces paysages par leur présence, leur action, leur "combat" quotidien......."

Le photographe de l'équipe de tournage, Alexandre Gelin, a posté des photos sur son compte Facebook : 

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.393620350718608.96203.117172758363370&type=1&l=dba55ba556

La société de randonnée mentionnée dans le reportage est Altre Cime :

http://www.altre-cime.com/2013/05/la-corse-beaute-sauvage-documentaire-darte-du-13-au-17-mai-2013/

 

Les héritières (téléfilm), diffusé sur France 3 les 27 et 28 décembre 2009

Année de réalisation : 2008
Réalisation : Harry Cleven
Scénario : Lorène Delannoy, Daniel Tonachella
Distribution : Jacques Weber (Ottavio Della Rocca), Amira Casar (Antonia), Jean Benguigui (Ange Caponi), Héléna Soubeyrand (Vanina), Hélène Seuzaret (Flavia), Thibault Vincon (Barthélémy), Daniel Lundh (Massimo), Jean-Emmanuel Pagni (Dominique), François Vincentelli (Pascal), Jacqueline Danno (Barberine), Anne Canovas (La Lucchesa), Paolini Pauline (Angela), Françoise Huguet (Annunziata).

L'histoire du film :

Pour que rien ne change et que sa seigneurie demeure, le grand propriétaire terrain Ottavio Della Rocca se résigne à marier sa fille Vanina avec le rejeton de son ancien métayer, devenu riche. Mais l'enfant chérie refuse de se soumettre à l'autorité paternelle : elle est déshéritée au profit de ses deux sœurs aînées, qui, les ingrates, vont se rebeller contre le patriarche. (Source : Télérama du 16/12/2009)

Critique Télérama : C'est une île de Beauté digne de Colomba, voire d'Astérix en Corse, que présente Les Héritières. Vieilles femmes en noir vaguement sorcières, hommes fiers et ombrageux, crimes d'honneur : les clichés font d'abord sourire, puis irritent, tout comme la grandiloquence théâtrale de Jacques Weber - les actrices, Amira Casar en tête, sont dans l'ensemble plus convaincantes. Le scénario, aussi touffu que le maquis, a toutefois le mérite de jouer à fond la carte du romanesque. Un peu de tragédie (plus grecque que shakespearienne, d'ailleurs), beaucoup de rebondissements mélodramatiques : cela suffit pour se laisser emporter par cette saga ambitieuse. Et les paysages de Balagne sont télégéniques. Critique de Samuel Douhaire pour Télérama du 16/12/2009.

Mon avis :

J'avoue que j'ai du mal à comprendre les critiques grognons qui semblent souvent préférer une mauvaise série américaine plutôt qu'un téléfilm bien de chez nous. En cette période de fêtes cette saga familiale, valait bien, notamment par la qualité de ses reconstitutions, les habituels nanars que l'on retrouve tous les ans à pareille époque.
 

L'histoire du film :

Quand Antoine propose à Claire, sa meilleure et seule amie, de lui prêter de l'argent, il est loin d'imaginer où le mènera sa promesse. Car de l'argent, Antoine n'en a pas.
A trente ans, il traîne une existence jalonnée de petits boulots et de grosses galères. Pour tenir sa parole, il n'a d'autre choix que d'accepter de remplacer son père, épicier ambulant, parti en maison de convalescence après un infarctus. (Source : Allocine)

Ce qu'en dit le réalisateur :

La rencontre entre Eric Guirado et les petits commerces ambulants -ici celui d'une épicerie- n'est pas fortuite. Le cinéaste a en effet réalisé pour la chaîne France 3 de nombreux portraits intimistes de professions itinérantes, en région Rhône-Alpes et Auvergne. Peu après son premier long métrage, Quand tu descendras du ciel, il s'est mis à tourner une série de documentaires consacrés aux épiciers itinérants. Il explique: "j'avais besoin de revenir à une forme intime et personnelle de tournage, et de me frotter au cadre et à la lumière sur une mise en scène réaliste. Pendant un an et demi, j'ai donc suivi des épiciers itinérants entre la Corse du sud, les Pyrénées et les Hautes-Alpes." (Source : Allocine)

Mon avis :

Le fils de l'épicier n'est pas un film corse, ni même un film tourné en Corse. Pourtant il traite d'un sujet qui s'applique à la Corse puisqu'il s'agit de la désertification des villages et de l'isolement des personnes âgées dont la journée n'est parfois animée que par le passage du facteur ou des commerçants ambulants. Le film en lui-même vaut vraiment le coup mais la cerise sur le gâteau se trouve dans les bonus. En effet, alors que le réalisateur peinait à trouver l'inspiration pour alimenter son film, il s'est offert une pause studieuse sur le même sujet en tournant plusieurs documentaires sur les épiciers ambulants. Après le film, il nous offre celui qu'il a tourné en Corse et qui s'appelle "Sur les routes du Valinco". Sans avoir vu les autres, j'imagine que c'est sûrement le plus croustillant de la série. Il faut dire que les habitants du Valinco sont des acteurs et des actrices qui s'ignorent. Ils aiment leur épicier et il leur rend bien. J'ai adoré : "Vous avez du saucisson du Continent ? Pas du corse...Et oui, du saucisson Cochonou, le saucisson pas de chez nous !"
Quant au sujet, c'est une vrai leçon d'humilité qui vous fait vite redescendre sur terre si vous aviez parfois des rêves fous de retour à la terre. Qui n'a pas rêvé en effet de quitter Paris avec cette bonne idée du commerce local ? Eric Guirado a filmé avec beaucoup de vérité les doutes et les espoirs de cette famille travailleuse qui quitte la banlieue parisienne pour un projet pas si idyllique qu'il n'y paraît. Car pour réussir, il y a un secret :  il faut être corse, du village, avec des épiciers dans sa généalogie depuis plusieurs générations, ne pas avoir peur de prendre les routes tortueuses et dangereuses que l'on connaît (vaches en divagation à tous les tournants !), avoir une patience d'ange quand la cliente réclame le dernier produit à la mode à peine sorti en magasin, avoir une organisation quasi militaire et une certaine assise financière car il faut aimer les gens au point de leur faire crédit sachant que les vieux vous le rendent bien (ils sont conscient du service rendu) alors que les jeunes ne pensent qu'à vous contourner pour faire leurs courses en grande surface (moins chère). Bref, épicier ambulant en Corse n'est pas une sinécure mais quelles sont belles les routes du Valinco et qu'ils sont attachants leurs habitants !

 

N’entends tu pas chanter sous ta fenêtre
Celui qui t’aime tant ton quartier maître

Je reviens du Tonkin voilà que j’ai fini
Heureux de te revoir oh ma chérie

J’ai rapporté pour toi de belles choses
Des beaux foulards de soie en rouge en rose
Un singe une guenon des éventails
Et tous les souvenirs de Shanghai

Tes yeux noirs qui me donnent la frousse
Tes dents blanches comme la brousse

Et ton air qui fait chavirer les cœurs
Aie pitié de ton navigateur

J’ai quitté ma belle tonkinoise
C’est pour toi ma charmante corsoise
Toi qui as des choses si belles à me dire
Toi qui mange encore du figatelli

Si tu veux dans les rues de l’île rousse
Je te promènerai en pousse-pousse
Je te ferai connaître savamment
Le dieu que les chinoises adorent tant

Allons ne rougis pas et n’aie pas honte
Si tu ne descends pas alors je monte
J’en ai assez de tout ce riz bouilli
Ça vaut pas la pulenta du pays

Embrasse Ton navigateur

Le pitch :

Un village de Haute-Corse se mobilise pour construire un théâtre. Un ministre est attendu pour assister à la première représentation et lui accorder une aide financière. C'est ce jour-là que choisit le maire pour tomber raide, victime d'une crise cardiaque. L'événement exacerbe vieilles rancœur set querelles familiales, tandis que l'on s'active à cacher le décès inopportun.
"Le Monde du 13/06/2007"

L'histoire du film :

Sempre Vivu est le premier long métrage de Robin Renucci. Il a été tourné en langue corse (sous-titrage en français) à Olmi Capella dans le Guissani avec la participation active des villageois, transformés pour l'occasion en acteurs jubilatoires. Il faut dire que Robin Renucci, est fondateur de l'ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques) et qu'il organise depuis 1998 les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse. C'est donc tout naturellement qu'il a dégagé la matrice du scénario d'un atelier d'écriture et qu'il a osé un casting où se mêlent professionnels et gens du village.

Ce qu'en dit Robin Renucci :

"Ce que j'ai voulu, c'est donner la parole à la population corse à travers une fable philosophique et satirique sur la mort programmée d'un village qui ressuscite grâce à la capacité d'un vieil homme à rêver à l'avenir".
"Ce qui m'importait c'était de redonner de l'espoir, et sa place à la langue, à la culture, aux corps et de réconcilier l'irréconciliable : les frères ennemis, la vie et la mort, les jeunes et les vieux, le vrai et le faux, les modernes et les anciens…"

Les critiques :

"Entre poésie, clownerie, fantastique et rêverie, la mise en scène décline une jolie palette d'atmosphères qui font croire à l'impossible" Nice Matin, 30 mai 2007
"Une comédie délicate, foisonnante, au charme d'entrain méditerranéen. Pour générer une euphorie palpable. On rit avec cœur." La Corse Votre Hebdo, 8-14 juin 2007
"On y respire le parfum des comédies à l'italienne d'antan, la nostalgie des rengaines à la tonkinoise, et, lorsque le réel inspire des saynètes baroques, l'effluve de la commedia dell'arte." Le Monde du 13 juin 2007
"Le résultat est assez foutraque, mais honnêtement assumé et plus intéressant donc qu'une escroquerie lisse. Il y a des brebis au milieu de la route, une mamie qui court à tort, à travers et en bigoudis, un chœur de vieilles qui déraille sur Antigone, le tout en langue corse sous-titrée." Libération du 13 juin 2007
"Une drôle de farce, baroque, satirique, macabre et endiablée. Et un acte de foi en la Corse" Les Echos du 21 juin 2007

Ce que j'en ai pensé :

C'est la première fois que j'avais l'occasion de voir un film en langue corse dans un cinéma parisien tout près des Champs Elysées. Il n'y a pas foule au Lincoln en cette fin d'après-midi du 20 juin 2007. Nous sommes 6 dans la salle. Des compatriotes, je suppose.
Faisant fi de Télérama et sa critique assassine, j'ai tenu à aller voir de mes yeux vus, cet ovni cinématographique que représente un film corse tourné en Corse. J'ai bien fait car je me suis régalée. La Corse n'y est pas idéalisée. Elle est comme elle est avec ses travers, ses traditions, ses habitants parfois fantasques, souvent touchants. J'ai retrouvé dans ce film, la véritable ambiance d'un village corse. Et quel plaisir d'entendre cette langue âpre, drôle, ces expressions truculentes, ce savant mélange de langue française et corse comme sur la place de n'importe quel village. Faute de tête d'affiche, ce n'est peut-être pas le film de l'année, néanmoins le travail des acteurs amateurs est remarquable notamment celui de René Jaumeau, premier maître de théâtre de Robin Renucci à 16 ans et d'Angèle Massei, drôlissime mamie corse qui entame une carrière d'actrice prometteuse à l'âge de 84 ans.
Le portrait de la blonde écervelée, vraisemblablement parisienne, ramenée au village par son amant corse et qui ne comprend rien à la Corse et à ses coutumes est saisissant de vérité. Mention spéciale aux costumes et aux décors souvent agrémentés d'animaux vagabonds ainsi qu'à la musique composée par Pierre Gambini et arrangée par le célèbre Bruno Coulais qui décidément choisi bien ses amis.
D'ailleurs, j'ai trouvé délicieuse la rengaine tonkinoise que l'on retrouve souvent dans le film. J'aime tellement les choses désuètes que je me demande parfois si je ne suis pas d'un autre siècle. En attendant, grâce à une technologie bien de maintenant, je l'ai retrouvée sur internet. Il s'agit d'une chanson de Charles Rocchi intitulée le Quartier Maître. Il se trouve, qu'il y a peu de temps un lecteur m'a parlé de Charles Rocchi. Voici donc une façon de lui rendre hommage. 

Attention, ne pas confondre cette chanson avec une autre, plus ancienne, "La petite tonkinoise" écrite par Villard et Chritiné, mise en musique par Vincent Scotto et interprétée notamment par Joséphine Baker. Je l'ai réécouté à l'occasion de cette recherche et j'aime tout autant :

Historique de la petite tonkinoise (1906) : http://www.chanson.udenap.org/50_chansons/19_petite_tonkinoise_la.htm  
Ecouter la petite tonkinoise : http://gauterdo.com/ref/pp/petite.tonkinoise.html

 

L'histoire du film :

Olivier, un jeune homme d'origine corse, est l'unique témoin d'un meurtre commis par un proche de ses amis. De peur d'être exclu de la communauté, il devra tenter de garder le silence. (Source : Allocine)

Ce qu'en dit le réalisateur :

Le Silence est le deuxième long-métrage d'Orso Miret. Le réalisateur précise ses intentions : "Le Silence est lié à mes origines corses, à ce que j'ai vécu et ressenti à Asco, le village de Haute-Corse où est née ma mère et où j'ai passé de nombreuses vacances depuis l'enfance (...) Après De l'histoire ancienne [son premier long-métrage], j'ai commencé à y travailler mais j'hésitais entre deux sujets qui sont restés longtemps en concurrence et qui tous deux abordaient "la loi du silence". Je n'avais cependant pas l'intention d'écrire un film uniquement social (voire politico-policier) sur ce thème. Comme pour De l'histoire ancienne où il était question du rapport au passé à travers la mémoire et l'histoire, je voulais ici traiter le thème du silence, tant d'un point de vue individuel que collectif : pourquoi un individu et une communauté décident de "garder le silence" -qu'est-ce qu'ils cherchent à protéger ou à cacher d'eux-mêmes..." (Source : Allocine)

Mon avis :

Film repéré grâce à sa jaquette (différente de l'affiche originale du film). Il s'agit d'un film sombre, aux très beaux paysages, qui traduit bien l'ambiance pesante qui peut parfois régner en Corse.
 

Anna en Corse (téléfilm)
  • Date de sortie : 1999
  • Réalisé par : Carole Giacobbi
  • Avec : Romane Bohringer - Micheline Presle - Françoise Christophe

Résumé :

Anna, jeune coiffeuse parisienne, vient de perdre brutalement son mari. Très perturbée, elle est en proie à un profond désespoir. Pour retrouver un semblant de vie, elle se tourne tout naturellement vers ses racines. Ainsi part-elle s'installer chez sa grand-mère Marie, dans un petit village corse niché entre mer et falaise. A première vue, cette bourgade isolée, peuplée de vieillards, semble figée dans le passé, pour ne pas dire dans l'ennui. Mais les apparences, parfois, sont trompeuses. Marie déborde d'énergie, et sa voisine Marguerite fait tout ce qu'elle peut pour arracher la jeune parisienne à son abattement. Bientôt, elle fait d'Anna la coiffeuse en titre du village...
 

Mon avis : un très beau (télé)film sur le deuil et la possibilité de renaître au village en Corse, peut-être utopique mais sincère et bien joué.

 

Deux filles et trois garçons partent en randonnée sur l'île de Beauté. La difficulté des chemins escarpés de la Corse va les révéler à eux-mêmes. (Source : Allocine)

Mon avis :

Bon ok Benoît Poelvoorde avec l'accent belge en accompagnateur de randonnée corse n'est pas très crédible et puis pas une note de musique corse pendant tout le film n'arrange pas l'affaire. Ceci dit, les paysages du GR20 sont bien là et les répliques sont tellement cultes que les randonneurs font parti de ces films que l'on ne peut s'empêcher de revoir lorsqu'ils passent à la télé. Pour en avoir bavé en rando, je crois bien qu'il n'y a pas une seule fois où je n'ai pensé à la réplique de Cora : "et moi j'aurais pu être au Club Med, faire du tir à l'arc et rencontrer de beaux animateurs !" ou au fameux franchissement de la passerelle de la Spasimata : "Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas". Cultissime !
 



 
En Corse, aujourd'hui, un «parrain» meurt assassiné. Faisant fi des usages, il lègue son empire à une jeune femme, sa nièce : celle-ci devra imposer son autorité malgré le poids du deuil et l'omniprésence de la violence.

Mon avis :

Pour de tristes circonstances, je me suis retrouvée dans une chambre d'hôtel à Toulon ce lundi 26 mars 2012 alors que la 4ème saison vient juste de reprendre sur Canal+.
Sur la table du bureau traînait le programme de Canal+ avec une photo de la saison 4 en couverture. J'allume la télé et regarde la fin du 2ème épisode de la soirée.
Malgré ce très bref visionnage, j'accroche immédiatement aux acteurs, à l'ambiance, à la musique signée Pierre Gambini, un auteur compositeur de l'île de Beauté qui se démarque en mariant sa langue natale aux synthétiseurs.
Quelques jours plus tard, je commande le coffret de l'intégrale des 3 premières saisons sur Amazon.
J'attends de le recevoir et de visionner pour vous en dire plus. J'ai lu des critiques d'une grande qualité sur Amazon, je ne sais donc pas si j'aurai grand chose à rajouter. Et puis j'ai un peu 6 ans de retard puisque les épisodes de la saison 1 dateraient de 2006. Pas vraiment de l'actualité brûlante ! Le DVD de la saison 4 sortira lui le 12 avril 2012.

A écouter aussi la bande son de la saison 4 où Pierre Gambini mêle des chants corses à des boucles de musiques électronique. Les extraits entendus sur internet m'ont mis l'oreille en alerte. Je vais patienter un peu afin d'y associer les images mais il est possible que je reparle bientôt de ce disque sur ce site.

En 2014, au moment de la sortie du coffret Intégral de l'ensemble des saisons, j'ai pu lire cette chronique dans Télérama :

"La saga de Sandra Paoli, l'avocate devenue par la force des choses chef de clan bastiaise, a longtemps cherché son identité. Très stylisée dans la saison 1, réalisée par le Canadien Louis Choquette, plus réaliste sous la direction d'Eric Rochant...et 100 % corse une fois que le scénariste Pierre Leccia en est devenu le réalisateur pour les deux dernière saisons - les meilleures. La série, écrite par l'ancien policier Hugues Pagan au cours de l'année 2006, aura également mis en scène la métamorphose physique (et vocale) d'Hélène Fillières, de plus en plus impressionnante au fil des épisodes. Et Mafiosa, ce n'est pas si courant, aura réussi son finale, crépusculaire et tragique à souhait..."

Intégrale, 15 DVD Studio Canal, 60 euros.=
 

 


   

© 2002-2015 Réalisation et Conception Carole Guelfucci 
Dernière modification le 23/10/2015