POLYPHONIES CORSES


 


BARBARA FURTUNA

 

Voeux 2010 : carte Armelle Guissani

Carte Armelle Guissani


Afin de ne pas surcharger la page consacrée aux groupes polyphoniques corses, une page dédiée aux compte-rendus de concerts de Barbara Furtuna.

Barbara Furtuna ("Destin cruel") est un ensemble masculin entièrement dévoué à la tradition vocale corse. Portés par une terre inspiratrice, une volonté de découvrir l'Ailleurs et une inlassable quête d'émotions et de rencontres, ces quatre compagnons tenants de l'héritage culturel du Riacquistu des années 70, occupent la scène insulaire depuis plus de 20 ans. A leur écoute, leur pleine maîtrise des nuances et des harmonies apparaît éclatante. Leurs concerts se distinguent par un équilibre savamment orchestré entre polyphonies traditionnelles sacrées et profanes, créations, adaptations et reprises de vieux chants resté dans la mémoire collective.

André Dominici, bassu
Jean-Philippe Guissani, bassu, contracantu
Jean-Pierre Marchetti, terza
Maxime Merlandi, seconda, guitare


Samedi 22 décembre 2007 : Barbara Furtuna au théâtre de la ville, rue des abbesses à Paris

Ce sentiment de passer tous mes samedi à Anvers a quelque chose d'étrange ! Anvers samedi dernier pour le concert d'A Filetta, Anvers à nouveau ce samedi pour voir Barbara Furtuna. Enfin voir, rien n'est moins sûr !

A force de faire de la pub pour les concerts parisiens des groupes sur nos sites respectifs, Jean-Claude Casanova, son épouse Anne-Marie et moi avons été pris au piège de notre propre organisation. Le concert affiche complet le jour même de la mise en vente des places. C'est sans compter notre forte motivation ! Arrivé sur place une heure avant le concert, Jean-Claude décroche trois places au premier balcon à quelques mètres des chanteurs : on ne pouvait mieux faire !
25 ans après le mythique enregistrement de Canta au théâtre de la ville, c'est donc une représentation chargée d'émotions pour Barbara Furtuna.
Ils commencent le concert par plusieurs chants religieux puis enchaînent sur des chants d'amour. Viennent ensuite plusieurs créations, notamment sur le thème du temps qui passe.
Les femmes sont à l'honneur avec les reprises d'A Violetta et A me Brunetta en rappel…où l'on découvre un groupe talentueux et facétieux. Je réécoute avec plaisir le chant dalmate "les chemins bleus de la mer" déjà entendu lors d'un précédent concert ainsi que la berceuse (?) "Dormi". En troisième rappel, le groupe s'installe sur le devant de la scène hors micros pour une paghjella qui a comme un goût nostalgique de sortie de messe.

Trois ans après la sortie de leur premier album, on sent que le groupe a beaucoup évolué dans la complicité entre chanteurs et dans sa programmation.
Après le concert, nous retrouvons les artistes dans la salle hypophyse du foyer. Avec plusieurs amoureux de la polyphonie corse, nous évoquons les enregistrements vinyles de Felix Quilici malheureusement non réédités.

Le prochain disque de Barbara Furtuna devrait être disponible en juin en Corse. Prochain rendez-vous avec le groupe Salle Gaveau à Paris le 21 mars 2008 pour le Via Crucis à l'occasion du Vendredi Saint mais faut-il en parler au risque de ne pas trouver de place ?

C'est un beau cadeau de Noël que d'avoir pu assister à ce concert. Espérons seulement que les grèves d'Air France n'empêcheront pas le groupe de rejoindre leur île à temps pour célébrer Noël en famille car l'exil est source d'inspiration pour leurs chants mais n'est pas enviable dans le quotidien.

Barbara Furtuna au théâtre de la Ville - Décembre 2007 Barbara Furtuna au théâtre de la Ville - Décembre 2007 Barbara Furtuna au théâtre de la Ville - Décembre 2007

Le (petit) théâtre de la Ville, Paris, abbesses


Vendredi 21 Mars 2008, Via Crucis - Salle Gaveau à Paris :

http://www.sallegaveau.com/saison_.htm (Choisir mars 2008 – 21 mars)

Via Crucis
MERULA – FERRARI – MONTEVERDI – BERTALI – CHANTS TRADITIONNELS ITALIENS & CORSES

NURIA RIAL : Soprano
LUCILLA GALEAZZI : Chant
ENSEMBLE BARBARA FURTUNA
L’ARPEGGIATA
CHRISTINE PLUHAR : Théorbe & direction
 
Christina Pluhar a reconstitué une véritable « Passion latine », à partir de différentes pièces issues du répertoire savant du XVIIè siècle (Ferrari, Monteverdi, Sanches, Mazzochi…) mais aussi de pièces populaires (chants corses ou italiens), démontrant la convergence des sentiments universels de douleur et de ferveur en ce Vendredi Saint.

Compte-tenu du titre du concert, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus religieux et solennel. J'ai donc été agréablement surprise de découvrir une création légère, enjouée où le groupe Barbara Furtuna était censé jouer le rôle sombre et ténébreux. Je dis "censé" car lorsque l'on est coutumière de ce genre de musique, on ne ressent pas ce côté sombre et triste de la polyphonie corse. Lors de cette représentation, Barbara Furtuna a interprété cinq chants dont deux chants dédiés à la Vierge, l'un d'eux étant divinement accompagné par un instrument baroque qui porte l'amusant nom de 'cornetto'. Il faut dire que ce concert était pour moi une première fois salle Gaveau mais aussi une première fois en matière d'instruments baroques et du coup un spectacle très visuel où il y avait autant à écouter qu'à découvrir sur scène, de magnifiques instruments soit dit en passant. Un aspect visuel renforcé par la présence d'une danseuse dont il faut saluer la prestation car interpréter seule au milieu de seize chanteurs et musiciens une chorégraphie semi-improvisée face à un public attentif et recueilli, ne donne droit à aucun faux pas, si je peux m'exprimer ainsi. J'ai aussi beaucoup apprécié le travail tout en finesse de la percussionniste, sans doute parce que j'ai retrouvé avec la voix de Maxime Merlandi, l'échos de son travail au sein du groupe Rassegna.
Noël (voir ci-dessus) et Pâques avec Barbara Furtuna, c'est un grand honneur, d'autant plus que deux des chanteurs du groupe sont confrères. Du fait de ce concert parisien, ils ont privé leur communauté de leur présence pour le Vendredi Saint, très respecté en Corse. C'était pour notre plaisir et celui de la salle Gaveau, très attentive pendant et enthousiaste après le concert - le Bon Dieu ne pourra rien trouver à redire, bien au contraire !

Barbara Furtuna - salle Gaveau

Salle Gaveau - Paris

Via Crucis salle Gaveau

Barbara Furtuna 
sous la direction de C. Pluhar et son théorbe

Salle Gaveau

L'ensemble des artistes du Via Crucis

Dimanche 24 août 2008, Antony - Eglise Saint Saturnin (92)

Ca commence comme un départ pour Bastia : RER direction Antony. Nos sommes en août, le 24. Pas de valise à mes pieds cependant. Je descends bien à Antony mais au lieu de me diriger vers l'orlyval, je sors dans la rue. En sortant de la gare, je photographie une des affiches du concert. C'est Tony qui s'est occupé de l'affichage, et après les concerts corse du mois de juillet où il a pu laisser libre court à ses envies de promotion, il s'est heurté à Antony à un affichage très réglementé. Point d'affichage sauvage en région parisienne, il convient de se conformer aux directives de la municipalité !
Nous sommes en plein mois d'août, il fait froid et gris, l'affichage est réduit au strict minimum, je crains le pire pour le groupe. Finalement l'église Saint Saturnin se remplit progressivement et lorsque le groupe arrive dans le chœur, la nef centrale est pleine. 
Chants liturgiques en première partie. J'aime particulièrement l'enchaînement entre le "Lux Aeterna" et "l'Agnus Dei", ce moment précis où Maxime, à l'écart du groupe, reprend la main, je devrais dire plutôt la voix, pour entamer l'Agnus Dei. Puis vient un chant à la vierge que Jean-Philippe présente comme étant un des rares chants liturgiques écrit en opposition à tous les autres qui se transmettent par l'oralité. Jean-Philippe revendique d'ailleurs l'oralité comme étant le mode de travail du groupe. Certains membres de Barbara Furtuna chantent ensemble depuis l'enfance mais n'ont jamais appris le solfège. A l'issu du concert, alors que nous arpentons Antony à la recherche d'un café, j'aurai l'opportunité de saisir un instant de créativité. Maxime s'isole, sort un dictaphone de sa besace et enregistre une ligne mélodique alors que nous stationnons entre un kebab et la gare RER d'Antony. Qui aurait cru que l'inspiration pourrait venir dans une rue sordide de banlieue parisienne par une triste journée d'été qui se croit déjà en automne ?
Pour en revenir au concert, j'ai été cette fois-ci particulièrement impressionnée par la voix de Jean-Pierre notamment pendant le "Sabbat Mater" où j'ai eu l'impression que tout reposait sur sa prestation alors qu'il semblait si impassible. 
La deuxième partie du concert est réservée aux chants profanes. Plusieurs chants d'amour me font battre le cœur, c'est mon côté fleur bleue qui reprend le dessus. Maxime et André excellent (aussi) dans ce répertoire. A la maison, je découvre avec enchantement la beauté du texte de l'Innamurati, écrit par Jean-Philippe.
Sur le chant dalmate qui est une pure merveille, les cloches se mettent à sonner 17 heures : un instant de grâce divine.
A la sortie du concert, c'est l'occasion pour le public d'acheter le dernier album. Quel bonheur que cette piqûre de culture corse au milieu d'un été sans retour dans l'île pour moi ! Une fois de plus, Barbara Furtuna fait merveille dans l'alternance de sacré/profane, traditionnels/créations, spirituel/romantisme, sérieux/humour. Le public connaisseur est sensible au travail et à la très forte cohésion du groupe, quant au public découvrant la polyphonie corse, j'imagine qu'il ne peut être que séduit par tant de diversités dans le respect des traditions.
A la sortie du concert, nous recherchons, en vain, un café susceptible de nous accueillir. Pas le moindre établissement ouvert en centre ville d'Antony ce dimanche. Quelle honte pour les régionaux de l'étape d'appartenir à une région si inhospitalière alors qu'en Corse on peut trouver un café ouvert dans le moindre petit village, même le plus retiré, sans parler des pietra qui arrivent miraculeusement dans les refuges de haute montagne pour le plus grand plaisir des randonneurs.  Du coup rapatriement de la troupe sur Paris où nous terminons la soirée au bien nommé restaurant "la gourmandise". C'est pour moi un grand privilège de partager ce moment de convivialité avec les membres du groupe et leur très sympathique producteur (Gilles de Buda Musique). La conversation porte d'ailleurs sur le marché du disque, notamment la place de la musique du monde dans ce marché en forte perte de vitesse. L'éclairage d'un professionnel du disque confronté à l'expérience des chanteurs est très instructive. Création et promotion ne sont pas toujours compatibles mais avec tact et humour Barbara Furtuna se débrouille très bien dans cet exercice. 
Il me tarde déjà de revoir le groupe pour tous ces instants qui font qu'un concert est unique et pour les très attendus "U Lamentu di Bruce Lee" et la version corse "D'un rayon de soleil" ;-) André si tu me lis, au boulot !
Au sortir du restaurant, il fait nuit, il pleut, on dirait l'hiver mais bonne nouvelle Barbara Furtuna reviendra bientôt sur Paris et sa région pour des concerts et pour enregistrer la passion latine avec l'ensemble Arpeggiata sous la direction de Christine Pluhar. 

Tony a collé à Antony : merci à lui !

Babara Furtuna à Antony (Eglise Saint Saturnin)

Babara Furtuna à Antony (Eglise Saint Saturnin)

Babara Furtuna à Antony (Eglise Saint Saturnin)

Jeudi 27 novembre 2008, Paris 4 - Eglise des blancs manteaux

Il y a eu le concert d'avant le disque, celui où l'on vient pour se procurer le fameux CD tant attendu, puis le concert d'après le disque, celui où l'on vient pour remettre les visages et les voix sur des titres si souvent écoutés depuis. 
L'interprétation du groupe me semble plus puissante ce soir, sans doute un effet d'acoustique ou bien une tendance à "envoyer" un peu plus pour surmonter la sensation d'humidité et de froid qui flotte dans l'église. Les toutes petites chaises en paille sur lesquelles nous prenons place, bien attentifs, ne facilitent pas l'abandon mais n'empêchent pas mes pensées de vagabonder pendant les chants d'amour. Les pieds dans le Marais, la tête à Strasbourg Saint Denis.
A la fin du concert, Jean-Philippe évoque un site foire aux questions sur lequel le groupe aurait livré tous ses secrets : mainsurloreille.com. J'apprécie ce clin d'œil technologique et ce nom de site pas si improbable que ça. Je l'ai même cherché, sans succès. En même temps si les chanteurs corses livraient leurs secrets sur la toile, ça se saurait non ?

Barbara Furtuna aux Blancs Manteaux (Paris 4)

Barbara Furtuna aux Blancs Manteaux (Paris 4)

Vendredi 18 mars 2011 : Ensemble Zadeja (Albanie) et Barbara Furtuna au Théâtre de la Ville, Paris 4

Barbara Furtuna a rencontré l'ensemble Zadeja lors d'une tournée des Chants sacrés en Méditerranée en 2007 et partageait la scène avec eux le vendredi 18 mars 2011 à Paris au Théâtre de la Ville.
Que dire de la polyphonie albanaise que j'ai découvert ce soir là ? C'est un chant qui véhicule une certaine théâtralité, voire une dimension dramatique.
Les techniques vocales, bourdon et hoquet sont différentes des techniques corses.
Les deux échanges corso-albanais étaient particulièrement touchants. Un chant interprété à deux voix de tête (une corse, l'autre albanaise) avec l'appui d'un cœur mixte et un chant d'amour albanais chanté par les deux groupes.
Quant au concert de Barbara Furtuna, c'est toujours un plaisir de découvrir une nouvelle création ou une autre interprétation du traditionnel "Ciuciarella".
Pour les deux groupes un son irréprochable, curieusement très puissant, trop puissant peut-être ? Un groupe albanais muet de tout commentaire sur les chants et (heureusement) un groupe corse, plus loquace, limite farceur qui a fait le spectacle. Curieusement, quelques spectateurs albanais semblaient indisposés par la présentation des chants corses, comme si la polyphonie se dispensait de légende. J'aurais pour ma part aimé en savoir plus sur la signification du répertoire albanais, pas au point d'acheter le disque ceci dit !
Seul bémol à cette soirée, la taille de la salle, empêchait de ressentir l'habituelle proximité avec les chanteurs. J'étais pour ma part à l'avant dernier rang (W) et pour la première fois j'ai assisté à un concert de polyphonie sans voir les visages des chanteurs et sans savoir qui chantait, notamment pour le groupe albanais. Heureusement la chaleur de nos amis corses au moment de les saluer a vite gommé cette sensation d'éloignement.
Rendez-vous en mars 2012 au Carnegie Hall ?
Le programme comprenait une intéressante interview de Jean-Philippe Guissani avec une question très pertinente :
Question : "Dans un monde très ouvert à la "technologie", que représente pour vous la polyphonie, musicalement et humainement ?"
Extrait de la réponse : "[La polyphonie] devient une façon de vivre, un moyen de créer des liens profonds entre ceux qui la chantent, mais aussi avec ceux qui l'écoutent."
Je crois que je n'aurais pas dit mieux !
Voir l'intégralité de l'interview (document pdf).

Barbara Furtuna / Zadeja - mars 2011 Barbara Furtuna / Zadeja - mars 2011

 

Barbara Furtuna / Zadeja - mars 2011

 

 

En savoir + sur le groupe : voir leur site Myspace pour les vidéos, les extraits de leurs albums et le planning des concerts à venir.

 

25 février 2012 : Concert Méditerranée - Corse - Sardaigne, salle Pleyel à Paris.
Ensemble Constantinople, Barbara Furtuna, A Filetta, Paolo Fresu, Daniel Di Bonaventura.

Le communiqué de presse de la salle Pleyel.

Voir aussi sur leur site : http://sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=11761

Un article du Monde : http://www.lemonde.fr/m/article/2012/02/24/coup-de-soleil_1647561_1575563.html

 

Dans le cadre d'une programmation intitulée Méditerranée se produisaient d'une part le groupe Barbara Furtuna et l'Ensemble Constantinople (première partie) autour d'une création intitulée Canti di a Terra, d'autre part le groupe A Filetta et les musiciens Paolo Fresu et Daniele Di Bonaventura autour de leur création Mistico Mediterraneo (deuxième partie).

Une très belle salle, vraiment impressionnante par sa taille (2400 places), un son d'une qualité exceptionnelle, ce qui n'est pas toujours le cas dans les concerts sonorisés de polyphonies, des conditions de confort d'écoute vraiment optimales.

J'avais déjà entendu parler de la coopération entre Barbara Furtuna et l'ensemble Constantinople mais c'était une grande première que de l'entendre sur scène et de découvrir une musique persane qui s'accorde à merveille aux voix de Barbara Furtuna. Une musique qui m'est apparue comme la bande son idéale du merveilleux livre de Matthias Enard Parles leur de batailles, de rois et d'éléphants, lu peu de temps avant ce concert.

Pour reprendre un extrait de l'interview de présentation du spectacle donné par Kiya Tabassian du groupe Constantinople :"Comme une bonne partie de notre musique est basée sur l'écoute, ou l'oreille, et l'improvisation, il nous arrive à chaque représentation de nous surprendre mutuellement avec de nouvelles idées musicales, de nouveaux contre-chants ou de nouveaux rythmes. C'est une partie de plaisir que de nous retrouver sur scène et de communiquer si aisément ensemble, avec la musique".
Plaisir qui se sentait largement et qui n'a pas manqué de rejaillir sur le public.

Gros frissons en ce qui me concerne lors d'un solo de percussions de Ziya Tabassian et surtout lors du duo entre Maxime Merlandi et Kiya Tabassian autour d'un des plus beaux textes du répertoire corse : U lamentu di Cursichella. L'interprétation la plus connue de ce texte est sans doute celle de Petru Guelfucci mais celle de Maxime et Kiya, mélangeant ornementations corses et persanes est d'une rare intensité à vous donner la chair de poule.



Des coopérations qui pourtant ne se sont pas imposées d'elles-mêmes si l'on en croit les confidences des uns et des autres. Jean-Philippe Guissani de Barbara Furtuna évoque une impression de méfiance lorsque Constantinople s'est intéressé à leur chant. Jean-Claude Acquaviva d'A Filetta parle lui d'une méfiance à l'égard des instrumentistes d'une manière générale. Les deux groupes corses conviennent cependant rapidement que la rencontre harmonieuse, faite de respect et d'écoute, balaye vite tous les doutes. Jean-Claude ajoute même en parlant de Paolo Fresu et de Daniele Di Bonaventura : "Ce n'est plus tout à fait notre polyphonie, ce n'est plus tout à fait leur musique, c'est notre enfant. Un enfant qui peut paraître étrange ou déconcertant mais comme le disait le poète René Char, ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience".

Ce qui peut paraître étrange ou déconcertant dans Mistico Mediterraneo c'est justement son côté mystique. C'est pourtant ce qui peut aussi fasciner. L'intensité émotionnelle qui se dégage de la version "revisitée" d'Hymalaya a bien quelque chose du mantra, de la transe, presque de l'hypnose. J'avais déjà eu le sentiment lors de la dernière écoute de cette création sur la Scène nationale de Sénart, d'une création ajoutant une 8ème et 9ème voix aux 7 voix du groupe A Filetta. Paolo Fresu avec sa trompette est la voix malicieuse, espiègle, ludique. Daniele di Bonaventura, avec son bandonéon est la voix sensuelle et caressante. Le tout donne une coloration jazzy et une musique très cinématographique qui irait à merveille avec un bon polar.

La soirée se termine dans l'euphorie générale. Deux groupes phares de la polyphonie corse rassemblés le même soir dans une si belle salle, on peut difficilement rêver mieux…enfin si, une petite improvisation sur une place de village corse en été peut aussi vous tirer les larmes des yeux, c'est juste qu'à Paris il y a Pleyel et qu'en Corse il y a les places de village, donc autant tirer le meilleur parti de chaque environnement !

Seule déception, il n'est visiblement pas prévu de diffuser l'enregistrement de cette soirée qui ira enrichir les archives de la salle Pleyel et de la Cité de la musique : une raison de plus pour fréquenter les salles de concert ?


15 mars 2012 : Barbara Furtuna en concert au Carnegie Hall à New York

À l'affiche, le Via Crucis créé à l'initiative de Christina Pluhar, directrice de l'ensemble L'Arpeggiata. Un spectacle qui mêle, avec une subtile richesse mélodique et vocale, quelques-unes des plus belles partitions du baroque (Merula, Ferrari, Cazzati et Monteverdi) avec des chants populaires d'Italie et de Corse autour de la Passion latine. Ce répertoire a fait l'objet d'un album, sorti en 2010 chez Virgin Classics, avec notamment le phénoménal contre-ténor Philippe Jaroussky et la sublime soprano Nuria Rial. Un disque récompensé notamment par un International classical music award en 2011.

Lire un article de Corse Matin : http://www.corsematin.com/article/barbara-furtuna-en-concert-jeudi-au-carnegie-hall.605937.html


Le 11 juin 2013, sorti du nouvel album du Groupe Barbara Furtuna : Si vita Si

Sur CorseNetInfos, une très intéressante interview sur la création, sur le nouvel album avec en prime toutes les dates des concerts à venir.
http://www.corsenetinfos.fr/Barbara-Furtuna-Trois-concerts-exceptionnels-pour-un-nouvel-album-instrumental_a3775.html

Au grand jour. C'est ainsi que Barbara Furtuna nous apparait sur la couverture de ce troisième album.
De leurs pérégrinations sur les scènes insulaires et internationales, au gré de leurs rencontres et collaborations prestigieuses, les quatre garçons ont ramené de nouvelles envies et une ambition décuplée. De la polyphonie traditionnelle toujours, bien sûr. Oui, mais pas seulement. Barbara Furtuna ne s'interdit plus rien et accueille désormais de manière quasi permanente un cinquième larron en son sein : l'instrument. La rencontre est belle et foisonnante et le spectre balayé par les nombreuses créations est étonnant. C'est donc ça, « Si Vita si », rien moins qu'une volonté affichée d'embrasser passé et présent, racines et envol, en un même geste artistique, pour inventer le futur de la musique populaire corse. Savoir d'où l'on vient, savoir où l'on va et surtout comment on veut y aller : Barbara Furtuna est bien à l'image de son île.

Frédérique Balbinot

   

Jeudi 8 août 2013 : Eglise de la Miséricorde à Propriano
Le premier concert de l'été 2013 dans l'église entièrement repeinte de Propriano et pour nous l'excitation de découvrir en public le disque que j'avais depuis la mi-juillet.
La tournée corse de Barbara Furtuna ne reflète pas tout à fait le disque puisque les musiciens ne sont pas conviés. Mis à part la guitare de Maxime, l'orchestration est donc réduite pour ce tour de chants. Ce n'est pas vraiment un problème en ce qui me concerne. Toutefois je dois préciser que j'apprécie tout particulièrement l'accompagnement musical de certains chants de l'album Si vita Si. La polyphonie est trop souvent considérée comme une affaire austère et triste. L'accompagnement musical, s'il est bien dosé, peut apporter un supplément d'âme. Il permet aussi de faire apprécier le chant polyphonique corse à des oreilles novices en la matière. A titre personnel, lorsqu'une relation me demande une introduction à la polyphonie corse, j'oriente toujours mon interlocuteur vers Barbara Furtuna à la fois pour son formidable respect du chant traditionnel, pour ses nouvelles compositions dans le respect des traditions mais aussi pour sa musicalité qui rend souvent les chants plus doux et aussi plus faciles à retenir.
Sur cet album c'est particulièrement vrai pour Luntanu, une création du groupe, qui vous reste en tête et que vous ne pouvez pas vous empêcher de fredonner tout comme pour Si vita si, le titre phare qui ouvre l'album.
Ad Amore, reprise d'un traditionnel auquel je trouve un petit côté moyenâgeux s'enchaîne bien avec Maria que l'on trouvait déjà sur l'album Via Crucis avec L'Arpeggiata.
Quantu volte, parle à mon enfance baignée par les disques de Canta U Populu Corsu, une magnifique création contemporaine aux accents du Riaquisatu qui sera sans doute le classique de demain. J'adore !
Enfin il faut saluer le formidable travail d'adaptation de la Chanson des vieux amants de Jacques Brel qui n'est pas ici simplement traduite en corse mais réinterprétée avec des vocalises qui la rythment sublimant à la fois la beauté de la langue corse et celle du texte du Grand Jacques.
Pendant le concert, l'orage s'abat sur la ville donnant au spectateur l'impression d'être bien à l'abris dans un petit cocon de douceurs et de tendresse.
J'ai bien apprécié à l'issu du concert, les quelques instants volés en compagnie d'André à deviser, depuis le parvis de l'église de Propriano sur la beauté et la force de la nature (orage sur la port); puis quelques jours plus tard  ces précieux instants avec Jean-Philippe et son épouse Armelle au cours d'une visite de l'atelier de création d'Armelle. Echanges autour de la création, du couple, de la vie d'artistes en tournée, sur la polyphonie, quel merveilleux moment nous avons passés.
Nous nous réjouissons des prochains à venir et d'initier certains de nos amis.

 

Barbara Furtuna à Propriano (août 2013)

Barbara Furtuna à Propriano (août 2013)

Jeudi 10 octobre 2013 : Eglise St Julien-Le-Pauvre, Paris 5ème

Bien que le disque Si vita Si soit sorti en juillet 2013 en Corse, les deux concerts en l'église de St Julien-Le-Pauvre sont l'occasion d'officialiser sa sortie sur le continent et de le présenter au public parisien. Le concert fait salle comble à la fois le mercredi et le jeudi soir ce qui donne l'occasion d'apposer une bannière COMPLET - SOLD OUT bien réjouissante. C'est avec grand plaisir que nous prenons place dans cette très jolie église en plein cœur de Paris. Le concert de ce soir est différent de la tournée Corse été 2013 dans la mesure où le groupe se produit avec des musiciens. Fabrice Andreani, Jean Marie Gianelli et David Mirandon accompagnent le groupe pour l'occasion. C'est un accompagnement tout un douceur, tonique quand la chanson s'y prête mais sinon plutôt caressant et extrêmement bien dosé. L'esprit polyphonique est bien présent. Et c'est parti pour presque 1h30 de concert avec au programme la quasi totalité des titres du dernier album mais également des chants traditionnels et des créations des albums précédents. En bonus, une très jolie chanson interprétée par Maxime et Fabrice Andreani, ce dernier étant à la fois musicien et chanteur du groupe I Messageri. Malgré de nombreuses scènes prestigieuses partout dans le monde, Barbara Furtuna reste un groupe humble, très sympathique et très proche de son public. Ils réussissent le prouesse de faire un concert très professionnel, sérieux, d'un très haut niveau tout en se permettant des traits d'humour et une certaine légèreté qui fait du bien. A l'issu du concert, on sent à la fois beaucoup d'enthousiasme chez les fans convaincus comme chez les tous récents initiés. La soirée se termine pour la fine équipe au restaurant corse Le Cosi où le patron régale l'assemblée de ses spécialités insulaires alors que les chanteurs improvisent quelques morceaux pour les derniers clients du restaurant.
Je profite de ce compte-rendu pour saluer le travail de Marc Flori, de l'association Barbara Furtuna, qui fait notamment un formidable travail d'animation de la communauté Facebook du groupe  : https://www.facebook.com/home.php#!/BarbaraFurtunaPageOfficielle. La question revient souvent chez de nombreuses personnes de l'utilité d'avoir ou non un compte Facebook. Il est vrai que l'aspect nombriliste de l'exercice peut sans doute repousser. Quant à la perte de la maîtrise de son identité numérique, on imagine bien les craintes des uns et des autres. Toutefois le cas présent me donne l'occasion de vanter les mérites de Facebook qui permet vraiment de partager avec la communauté des autres fans des informations sur les temps forts passés et à venir du goupe. Si vous voulez suivre Barbara Furtuna et profiter de tous les petits bonus distillés par les uns et les autres, je ne peux que vous inciter à vous inscrire sur leur page Facebook.
 

Babara Furtuna : concert St Julien Le Pauvre à Paris  (octobre 2013)

Babara Furtuna : concert St Julien Le Pauvre à Paris  (octobre 2013)

Dimanche 24 novembre 2013 : Barbara Furtuna & l'Ensemble Constantinople à l'Espace Prévert, Savigny-le-Temple (77)
Canti di a Terra : quand la Corse rencontre l'Iran

La grande complicité de ces deux formations qui s'apprécient et se connaissent depuis 2008, date de création de Canti di a Terra, ont fait de ce concert un moment de grâce. Ne vous fiez pas à leur apparence austère, tout n'est que frisson et délicatesse.

"Lors de notre première rencontre avec les chanteurs de Barbara Furtuna, au coeur des montagnes et des vallées corses, nous avons été saisis par les harmonies célestes et la liberté qui se dégageaient de leur interprétation. La profondeur de ces chants, leur souplesse rythmique, leurs contours mélodiques, leurs modes non tempérés, leurs ornementation...Nous retrouvions une résonance, une familiarité - comme si nous étions de là. Ce terreau commun avait le pouvoir de faire germer une collaboration. Plus tard, nous avons réalisé qu'en dépit de nos cultures et parcours différents, Barbara Furtuna porte une philosophie qui rejoint profondément les aspirations artistiques de Constantinople : maîtriser l'héritage passé tout en explorant de nouvelles voies...Aujourd'hui, le plaisir de nous retrouver, de jouet et de nous comprendre à demi-mots est renouvelé à chaque concert. C'est un curieux mélange que Canti di a Terra propose : solennel et brillant, feutré et complice. De ces moments uniques, nous sortons grandis."

Kiya Tabassian, directeur artistique de Constantinople

Octobre 2014 : Barbara Furtuna chante en duo avec Placido Domingo

Sur le nouvel album du ténor, ils interprètent ensemble Anghjulina, un des titres- phares du groupe.
Une collaboration inattendue, dirigée par l'alchimiste Robert Sadin (Herbie Hancock, Stevie Wonder, Sting...), ce chef d'orchestre, compositeur, arrangeur et producteur américain se joue une fois de plus des genres musicaux et réalise sur mesure l'hommage du grand ténor à la Méditerranée.
Placido Domingo a choisi, pour chanter la Corse, "Anghjulina" composé et écrit par Barbara Furtuna et a invité les quatre chanteurs à le rejoindre sur son album. Une rencontre surprenante entre ces voix d'essence traditionnelle et le Maître du Bel Canto. Une expérience inoubliable pour le quatuor.

Ecouter des extraits de l'album de Placido Domingo sur sa page Facebook  : https://www.facebook.com/home.php#!/PlacidoDomingo/app_178091127385

http://m.corsenetinfos.fr/Barbara-Furtuna-chante-Anghjulina-en-duo-avec-Placido-Domingo_a11459.html : une interview passionnante qui retrace la collaboration entre Placido Domingo et Barbara Furtuna
 

Barbara Furtuna et Placido Domingo

  


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Dernière modification le 23/10/2015