un livre sur A Filetta
et un DVD consacré à leur 30
ans de carrière
A FILETTA : UN PARCOURS EXEMPLAIRE
Afin de ne pas surcharger la page consacrée aux groupes
polyphoniques corses, une page entièrement consacrée à A Filetta avec plus de
détails sur ce groupe.
Les lecteurs habituels constateront que cette page s'est allégée. Je préfère
vous renvoyer vers l'excellent site de Jean-Claude Casanova, véritable bible
sur le groupe. Pour l'heure, son site fait presque office de site officiel. Il
est tellement riche et documenté que l'on a du mal à envisager un site
officiel plus complet.
Cette page sera dorénavant consacrée à quelques éléments sur le groupe, à
leur discographie complète et aux comptes-rendus de concerts auxquels j'ai
assisté.
A voir sur le site de France 3,
un documentaire réalisé par Cathy Rocchi-Acquaviva qui célèbre ici les
trente années de carrière du groupe : Trent'Anni
pocu, Trent'Anni Assai, France 3 Corse, mars 2009.
Ce documentaire est difficile à résumer. Il retrace le parcours du groupe en
mêlant des documents anciens, aux interview des chanteurs, aux interview de
corses qui apprécient A Filetta et ont suivi leur évolution, à de très
touchantes lectures de courriers de remerciements, à de petites séquences de
moments intimes en famille. Il revient notamment sur la constitution du groupe,
son militantisme, son passage de la chanson à la polyphonie, puis de la
polyphonie à la musique de film et de la musique de film à la création
artistique (opéra, musique de ballet). Le documentaire fait aussi la part belle
aux rencontres importantes pour le groupe comme les anciens membres du groupe (pas
tous forcément de grands chanteurs ou de grands musiciens mais des artistes qui
avaient une vision éclairée sur ce qu'il fallait mettre en œuvre,
sous-entendu pour durer), comme la rencontre avec les chanteurs géorgiens dont
l'intensité semble être pour beaucoup dans l'engagement d'A Filetta à
s'occuper des rencontres polyphoniques de Calvi, la rencontre avec des hommes
qui ont marqué les créations du groupe (Bruno Coulais pour la réalisation des
bandes originales de films, Orlando Forioso pour la mise en scène d'opéras,
Sidi Larbi Cherkaoui pour l'interprétation chorégraphique des chants d'A
Filetta). Ce documentaire met en valeur la remise en cause perpétuelle du
groupe au service de la création, ce en quoi il est très riche. Il m'a
touchée par son côté serein, intimiste et humble à l'image des membres d'A
Filetta.
A noter, le documentaire alterne corse et français. Il n'est pas sous-titré.
Même si l'on ne maîtrise pas le corse, il ne faut pas hésiter à persévérer
car lorsque l'on aime A Filetta on finit par comprendre (le contexte aide
beaucoup), les documents montrés à l'écran sont rares, il y a évidemment de
très nombreux extraits chantés, les images sont douces et intimes (presque caressantes)
et le montage est un régal à la fois dans le respect de la chronologie et dans
la fluidité de ces trente années qui sont aussi trente années de notre propre
vie.
Il y a eu beaucoup d'articles dans la presse à l'occasion des trente ans du
groupe, l'article Isabelle Volpajola "A Filetta, 30 ans de chants, d'amour,
de vie" paru dans Corse Matin du 9 janvier 2010, page 48 me semble une bonne
synthèse de leur carrière.

![]() |
Le texte et les photographies de cette page sont en
partie l'œuvre
de Jean-Claude Casanova qui a désormais son propre site L'invitu,
site sous l'emblème de la fougère consacré notamment à A Filetta mais
aussi à de nombreux autres aspect de la vie insulaire. |
Sur Jean-Claude Casanova : Issu d'une famille corse (ligne paternelle originaire de Sollacaro, maternelle de Sartène), il est né sur le continent et y réside toujours. Il n'a connu la Corse qu'à l'âge de 18 ans mais y retourne en famille pratiquement chaque année. Inconditionnel du groupe A Filetta depuis la fin des années 80, il assiste à un maximum de leurs concerts. De ce fait, il a souvent l'occasion de discuter avec Jean-Claude Acquaviva ou un autre membre du groupe, avant ou après les concerts. Un très bon correspondant donc, que j'ai eu beaucoup de plaisir à héberger. Il me fait l'honneur et l'amitié de pouvoir conserver ces pages sur A Filetta, même si je vous invite désormais à consulter son site pour en savoir plus sur ce groupe fascinant.
Cela
fait 30 ans qu’A Filetta prouve qu’on peut être à la fois enraciné
dans la tradition et ouvert au monde. Les paghjelle, traditionnelles ou de création
côtoient les chansons, les musiques de film, le rap et les créations
polyphoniques contemporaines et tout cela dans une cohérence absolue. Chaque
mot, chaque note exprime une intense émotion.
|
Jean-Claude Acquaviva, Jean Sicurani, membres fondateurs, José Filippi, qui rejoint le groupe en 1983, Paul Giansily en 1984, Maxime Vuillamier en 1989, Jean-Luc Geronimi, arrivé en 1997 et enfin François Acquaviva (neveu de Jean-Claude). Auxquels il faut ajouter l'omniprésente Valérie Salducci et citer également Pierre Bertoni, Jean-Marc Pellegri, François Croce et Jean Antonelli, qui participent ou ont participé de façon plus irrégulière aux activités du groupe.

Trente ans d'une vie [texte de Fabrice
Laurent, extrait d'un article consacré au groupe paru dans la Corse Votre Hebdo
du 26 décembre au 1er janvier 2009, n° 347, pp. 24-25, le texte ci-dessous
faisait l'objet d'un encadré]
De la fratrie des sept, deux font partie de l'aventure des tout premiers débuts
ou presque. En septembre 1978, Jean-Claude Acquaviva avait treize ans lorsqu'il
a rejoint le groupe fondé par Michel Frassatti, Dédé Nobili et Tomasgiu Nami.
Jean Sicurani les a rejoints un an plus tard.
En même temps que des anciens partaient, tout en continuant à poser un oeil bienveillant
sur le groupe, de nouvelles têtes sont apparues : Paul Giansily, José Filippi
et Maxime Vuillamier dans les années quartre-vingt, Jean-Luc Geronimi en 1994
et Ceccè Acquaviva, le petit dernier, en 2005. Au fil de ces années, une
cinquantaine d'artistes ont fait un passage par A Filetta dont Feli, Benoît
Sarrochi, Stéphane Casalta, Maxime Merlandi, Paul Nasica et tant d'autres.
C'est une longue histoire que celle d'A Filetta. Une histoire traversée par
plusieurs périodes. Les dix premières années ont été marquées par des
disques que l'on peut qualifier de militants même si le groupe s'est vite
intéressé à des thématiques universelles comme la lutte contre le racisme et
l'oppression.
1988 est une date. C'est l'année de la création avec U Svegliu calvese des
Rencontres polyphoniques de Calvi. A Filetta entame alors un important travail
sur les polyphonies (traditionnelles et créations). Les rencontres portent bien
leur nom et permettront aux chanteurs corses de nouer des liens très forts avec
d'autres venus de Géorgie, d'Albanie, du Maghreb, de Nouvelle-Calédonie...
Neuf ans plus tard, la rencontre avec Bruno Coulais est l'une des pierres
blanches qui jalonnent ce parcours. Jusqu'en 2003, A Filetta et le compositeur
vont marier leurs talents respectifs : musiques de films (Himalaya, le Peuple
migrateur, Dom Juan), opéras pour enfants dont les livrets sont signés Orlando
Forioso, metteur en scène avec lequel A Filetta travaille en étroite
collaboration.
A partir de 2004, le groupe, dont les membres sont professionnels depuis 1995,
se recentre sur son répertoire et écrit les nouvelles partitions d'une
aventure artistique qui dure depuis maintenant trente ans. "Trente ans,
c'est toute notre vie", résume Jean-Claude Acquaviva.
Sur
le travail du groupe [texte
de Jean-Claude Casanova]
Produire
du sens, tisser du lien, restaurer le respect, accepter de se construire aussi
dans l’altérité.
Ce
qui caractérise ou plus précisément détermine le parcours du groupe A
Filetta , c’est probablement cette obsession de donner aux choses de la vie,
du sens et non un sens. La contribution à la sauvegarde du patrimoine oral
traditionnel a constitué le principe fondateur. Puis très vite s’est
manifesté le besoin, un besoin quasi irrépressible de prolonger le chant afin
qu’il demeure le miroir où se reflète, sans doute de façon imprécise et
trouble, ce qui jamais ne se fige. Là naît un processus créatif qui exige
certes de la rigueur mais aussi et surtout l’ouverture sur un monde complexe
et multiple.
Chants sacrés et profanes hérités de la tradition s’y mêlent, témoins
d’une culture en mouvement et non pas forgée dans le passé.
Les
concerts d'A Filetta sont parcourus par une vague d'émotion qui vous saisit dès
les premières chansons.
« Nous
avons toujours voulu chanter l’histoire de tout homme qui souffre pour ses
choix, son engagement, son amour », confiait Jean-Claude Acquaviva au
moment de sa venue à Saint-Denis. Pour lui, l’intensité que l’on ressent
à l’écoute de chants comme le requiem ne signifie pas un registre triste ou
proche de la mort. Loin de figer la partition, la polyphonie du groupe trouve au
contraire sa force dans la vie et l’émotion suscités par le travail des
timbres des voix de chacun de ses membres. Sons gutturaux, musicalité nasale de
certaines syllabes, mélange des intonations... Tout l’art des chanteurs d’A
Filetta se trouve renforcé par une harmonie complexe dont ils ont le secret.
Qu’ils chantent les chœurs antiques de Médée ou écrivent pour Bruno
Coulais, l’âme de leur polyphonie est toujours au rendez-vous. Héritier
d’une tradition forte mais intéressé au mouvement du monde, A Filetta
n’est pas de ces formations ancrées dans le passé.
Depuis
sa création il y 26 ans, A Filetta a sans cesse progressé en prônant
l’ouverture tout en conservant la spécificité du langage vocal insulaire. Ce
qui frappe, c'est la fidélité à l'esprit de la tradition sans être bridé
par celle-ci.
Ce qui est extraordinaire avec A Filetta, c'est qu'on découvre toujours quelque chose de nouveau ou de différent dans leurs interprétations. Sumiglia et Ghmerto, qui sont à leur répertoire depuis des années, semblent composés de la veille tant ils y mettent de passion et d'intensité. Les quelques chants traditionnels semblent maintenant presque fades par rapport aux compositions de Jean-Claude, beaucoup plus fouillées sur le plan des harmonies et de la polyphonie : ce n'est souvent plus un chant à trois voix avec seconda, terza et bassu mais bien six voix avec des partitions différentes.
Avec
une rigueur toujours plus sûre, A Filetta va de concerts en disques imposer une
vision tout à la fois ardente et sereine des chants sacrés et profanes qui
constituent peu à peu son répertoire. Chants de tradition et de création se mêlent,
hymnes à la langue et à la culture de l’île, mais aussi appels vers
d’autres horizons.
Aghju sunniatu
qualchi volta è più à un antivistu mondu senza strade. Alta felicitai ?
"J'ai rêvé et plus quelques fois de la lucidité d'un
monde prévoyant sans chemin aucun.
Ai-je rêvé de la haute félicité ?"
Discographie du groupe
[texte
de Jean-Claude Casanova sauf pour Bracanà]
Du plus récent au plus ancien
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A
Filetta un chant, sept voix, trente ans Bracanà sortie le 29 mai 2008 (Deda/Harmonia Mundi)14 titres a cappella superbement arrangés. Un disque ouvert, «bariolé» comme son nom l'indique, sur lequel A Filetta donne à entendre certaines de ses créations jusqu'ici inédites. Cela fait trente ans qu' A Filetta chante et trente ans qu' A Filetta prouve que la musique traditionnelle, justement, n'existe vraiment que dans le mouvement. Créé à l'époque du sauvetage de la musique corse, menacée de disparition dans les années 70, le groupe est devenu l'un des plus créatifs de l'île - et même de toute la création musicale en France - en navigant entre chanson populaire et chant sacré, entre création savante et musique de films (avec le compositeur Bruno Coulais), entre opéra pour enfants (Marco Polo, Robin e Marion, Lucio) et rencontres avec le rappeur Akhénaton (Comme un Aimant), le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui (In Memoriam, Apocrifu) ou encore les jazzman Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura et prochainement avec le chanteur Réunionais Danyel Waro. Nouvelles couleurs de la culture corse, mais aussi nouveaux courages, nouvelles ambitions - une aventure exemplaire, diverse et cohérente, qu'A Filetta porte à la scène dans des concerts d'une belle puissance. En 2008, Bracanà a obtenu le prix de l'académie Charles Cros. Voir une critique dans Corse Matin du 9 juin 2008 par Christophe Laurent. |
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1 – 1901 (Jean-Claude Acquaviva/Jean-Claude Acquaviva) Un texte à la mémoire de deux Géorgiens (Tao et Georges), nés tous les deux en 1901 et ayant eu des destins parallèles : naissance dans le Caucase puis exil et mort loin de chez eux. Des mots adressés à leurs enfants qui disent l'amour de la terre natale, la nostalgie mais aussi la crainte du retour. 2 – Dies irae (chant liturgique/Jean-Claude Acquaviva) Chant issu du Via Crucis. 3 – Alilo (traditionnel géorgien) Chant de Noël géorgien, transmis à A Filetta par "Les Voix de Géorgie". 4 – Lode à una simpatica zitella (Pampasgiolu/traditionnel) Il s'agit d'un texte du poète Pampasgiolu, remanié par l'auteur quelques mois avant sa mort, dans lequel il loue les qualités d'une jeune fille à qui il rend hommage. Cette jeune fille n'est autre que Geneviève Geronimi, future maman de Jean-Luc Geronimi qui interprète ici ces louanges. 5 – Benedictus (chant liturgique/Jean-Claude Acquaviva) Chant issu du Via Crucis. 6 – L'invitu (extrait) (Jean-Claude Acquaviva/Jean-Claude Acquaviva) Cet extrait est la partie terminale de "L'invitu", chant I de Médée, où le chœur appelle de ses vœux la célébration des noces royales tout en demandant à Médée, l'épouse répudiée, de quitter le royaume. 7 – Beati (chant liturgique/Jean-Claude Acquaviva) Chant issu du Via Crucis. 8 – U cantu di l'acqua (Jean-Claude Acquaviva/Jean-Claude Acquaviva) Un chant issu du Via Crucis qui intervient dans la passion du Christ : au moment où Pilate remet entre les mains du peuple juif le destin de Jésus de Nazareth. Un texte mettant en relief l'ambivalence de l'eau, habituellement symbole de vie se changeant ici en annonce de mort. 9 – Nana Traditionnel Berceuse géorgienne. 10 – Meditate (Primo Levi/Jean-Claude Acquaviva) Sur un texte de Primo Levi extrait de "Se questo è un uomo", cette création issue du Via Crucis rappelle l'impérieuse nécessité de ne pas oublier que l'horreur et la barbarie furent, sous peine de les voir ressurgir. 11 – Liberata (Jean-Claude Acquaviva/Jean-Claude Acquaviva) Il s'agit du générique du téléfilm tourné en Balagne et ayant pour thème, la résistance en Corse durant la seconde guerre mondiale. Ce texte fut écrit à la mémoire de Pierre Griffi, jeune radio débarqué d'Alger, exécuté à Bastia en 1943 par les chemises noires. 12 – Scherzi veranili (Petru Santucci/Jean-Michel Giannelli) Des paroles de Petru Santucci qui mettent en exergue le sentiment d'angoisse du poète à l'approche du printemps : il juge cette saison peu sincère parce que trop euphorique. 13 – Cuntrastu (traditionnel) Voici restituée une joute poétique pleine d'humour et de sous-entendus entre un mari "fourbu" et son épouse jalouse qui lui reproche ses infidélités. 14 – Treblinka (Jean-Yves Acquaviva/Jean-Claude Acquaviva) Un texte de Jean-Yves Acquaviva qui dit avec beaucoup de sensibilité l'espoir malgré l'horreur, la vie malgré l'enfer, rappelant d'autres écrits majeurs de Levi, Amry ou Semprun. |
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Chœur I : L’invitu |
MEDEA / LES CHŒURS DE MEDEE
Neuf ans après la création de ce Medea au théâtre, voici enfin le disque, dédié à la mémoire de Maï récemment disparue. Ces quatre compositions de Jean-Claude Acquaviva, qui évoquent les amours de Médée la Caucasienne et de Jason, l’épopée des argonautes et enfin, la fureur meurtrière de l’épouse répudiée, puis bannie du royaume. sont d'une créativité inouïe (un OVNI, selon Bruno Coulais), bien au-delà de ce que le public peut entendre couramment en matière de polyphonies corses. Cette création est vraiment une oeuvre novatrice, avec de lointains échos des chants du bassin méditerranéen, notamment de Géorgie, tout en prenant ses racines dans le chant corse traditionnel. Les chants II et III retracent l'épopée et les vicissitudes des Argonautes, alors que dans les chants I et IV, le chœur exprime essentiellement la condamnation de la monstruosité de Médée, transgressant la norme humaine.
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1. L’invitu est en quelque sorte l'ouverture de l'œuvre. Ce chant
s'ouvre sur les noces de Thésée avec Médée la magicienne, fille du roi de
Colchide Aiètès. Eprise de Thésée, elle a utilisé sa magie pour aider
celui-ci à conquérir la Toison d'Or. Le chœur invoque d'abord les dieux, évoque
l'amour de Thésée ("Maestri in celu...") et invite enfin Thésée
à se libérer de Médée ("Picca ti da roza a Caucasica") et
à épouser une grecque. Suit une ritournelle étonnante ("Ribombinu
puru i scaccani") avant l'invocation du départ de Médée :
"Qu'elle s'en aille ("Quella, a si porti a notte senza mancu una
parolla"), passage où l'on reconnaît des échos du thème de U
Furore.
2. L’arditezza, chanté ici, comme le chœur suivant, dans sa version intégrale,
évoque l'audace des Argonautes partis défier la mer.
3. U casticu a pour sujet le châtiment de ces audacieux "Rei tutti,
culpiti tutti".
4. U furore, enfin, évoque la fureur de Médée répudiée et bannie qui
sacrifiera ses enfants à sa vengeance.
Un chef d'œuvre qui fera date.
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Intitulé
« Sì di mè » (Tu es des miens), ce second (et dernier) album d’A
Filetta pour Virgin publié en août 2003 est un disque d'une extrême richesse.
Fruit de la collaboration avec Bruno Coulais, ce disque n'a pas eu la promotion
qu'il méritait, et depuis A Filetta a cessé sa collaboration avec Virgin. Ses
principaux traits sont d'une part les rencontres artistiques et affectives avec
les invités : Antoine Ciosi, Guram Tamazashvili, Marie-Jo Allegri, Marie
Kobayashi, et d'autre part une plus grande part donnée à l'individualité de
chacun des chanteurs. C’est
le disque de la maturité, celui où l’on ose montrer ce qu’on aime, où on
dévoile ce que l’on portait en gestation depuis des années, celui où on
quitte le giron du groupe pour montrer l’individu. |
(en
italique, les commentaires de Jean-Claude Acquaviva)
1
– Ne’n Tarra ne’n Celu
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais
L’apparente
légèreté de la musique est démentie par le texte :
« Ni
sur terre, ni dans les cieux ne réside mon temps …
Ni sur terre, ni dans les cieux ne s’écoulent mes pleurs …
Ni sur terre, ni dans les cieux … pauvre bonheur ! »
Une
chanson sur le sens.
2
– Santa R’ghjina
Jean-Yves
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais
Arrangeur :
Bruno Coulais, 2002
Ce
morceau, chanté en duo par Jean-Luc et Paul, évoque le défilé de la Scala di
Santa Reghjina, que devait emprunter tout voyageur avant l’ouverture de la
route au début du Xxe siècle.
Le
poète Jean-Yves Acquaviva traduit ici la rudesse et la beauté absolue de cette
ultime porte qui fascine l’homme et le creuse ; il s’incline devant ce
bout d’éternité sur lequel ont défilé avec déférence bien des étoiles.
3
– Reame Meiu
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais
Arrangeur :
Bruno Coulais, 1996
« Pour
quelle raison obscure, la folie des hommes continue-t-elle à confondre richesse
et opulence ? Mon royaume c’est moi, c’est ma vie et c’est sans doute
un peu ma capacité à accepter que l’altérité aussi me construise.
Difficile
équilibre à trouver certainement entre l’autre et moi même, mais équilibre
sans lequel, comme le dit Danyel Waro, chanteur réunionnais, je ne serais plus
responsable de rien ; pas même de mon bonheur ! »
4
- Affrescu
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Akhenaton - Bruno Coulais
Arrangeurs :
Akhenaton - Bruno Coulais, 1999
Ce
morceau, composé en 1999 sur un texte de Marcellu Acquaviva pour Comme un
aimant, est ici présenté sous une forme légèrement différente. « Il
consacre la mémoire et son rôle fondateur dans cette édification perpétuelle
qu’est l’homme ; une mémoire en forme de dédale susceptible, si nous
le souhaitons, de faire de nous des êtres heureux de continuer à n’être que
ce qu’ils sont à condition de l’être pleinement, généreusement et sans
complexes ! »
5
– Trà Noi
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2001
Un
hommage rendu par Marcellu Acquaviva à A. F. Filippini, poète corse, mort en
exil à Rome, dont l'engagement pour la défense de l’italianité du corse lui
valut bien des souffrances et des déchirements lorsque éclate la guerre de 39
– 45.
Chanté
en solo par José : une première !
6
- Dormi
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 1996
Une berceuse à peine rock avec Paul en lead vocal !
7
- Tbilissi
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 1997
Cette
chanson interprétée par Guram Tamazashvili est un hymne d’amour adressé à
la capitale géorgienne Tbilissi.
8
- Sì
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 1998
« C’est
sans doute la chanson la plus folle de cet album aussi bien dans l’écriture
des voix que dans celle du texte. Un chant onirique personnifiant le soleil et
l’eau et évoquant la solitude du marin en mer depuis l’aube première.
Et si cette chanson était tout simplement celle d’Ulysse ? »
9
- Tempu
Ghjuvan-Ghjaseppu
Franchi / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2002
Une
magnifique chanson chantée en solo par Jean Sicurani sur le temps qui passe.
Des arrangements où la sobriété vocale tranche littéralement avec une
orchestration à la fois très dense, très riche et très imagée.
10
– L’Attesa
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2001
– Composée pour « Scènes de crime »
Marcellu Acquaviva nous dit avec force que c’est aussi dans la solitude et
l’attente que se fondent le rêve et l’espoir ou plus simplement encore
l’espoir du rêve. »
Un
morceau d’une extrême complexité, débutant par une séquence cristalline
composée par Bruno Coulais, puis les voix arrivent et s’enchevêtrent. Du très
grand Jean-Luc.
11
– A L’Altru Mondu
François
Vincenti / Dominique Vincenti
Arrangeurs :
Jérôme Ciosi - Bruno Coulais
« Il
fallait beaucoup de pudeur, d’intelligence et de sensibilité pour évoquer la
mort d’un jeune garçon sans « sombrer » dans le pathos.
C’est ce que fait ici admirablement François Vincenti : un chant
d’amour des cieux vers la terre ; une poésie émouvante grâce à la
simplicité et à la justesse de chaque mot. »
Antoine
Ciosi, par sa voix aux accents douloureux autant que rassurants donne à cette
prière la force de la sincérité. Le deuxième couplet chanté par Jean-Claude
dégage une émotion sans pareille.
12
- Memorie
Anton’
Francescu Filippini / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2001
Un poème en forme de testament laissé par le poète
A. F. Filippini :
« De
tant de vie, il ne me reste en mémoire
Qu’une pauvre image ; de tant d’amours
Un nom ou deux ; et de l’enfant turbulent
Que je fus, le seul souvenir d’une blessure »
Un
regard désabusé porté sur le temps et sa fuite ; une vision empreinte
d’une grande humilité que seul l’âge, peut-être, sait conférer !
Une
performance vocale et expressive phénoménale de Jean-Claude, une mise en place
parfaite des voix, un texte d'une rare beauté : un des sommets de ce disque qui
en compte beaucoup …
13
– Visione Care
Anton’
Francescu Filippini / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2002
Durant son exil à Rome, à travers tous ses écrits,
le poète A. F. Filippini n’a eu de cesse de se remémorer son île, à lui
arrachée. Le poids terrible de sa propre absence a engendré ses vers les plus
poignants. Ici, ils disent tout à la fois la passion, l’adoration,
l’admiration qu’il porte à sa terre natale et la douleur incommensurable de
la savoir à jamais inaccessible.
A
mon avis le seul chant désespéré d’A Filetta. A
la conclusion (O core, inchjoda e to bulelle !) Jean-Claude
a des accents jamais entendus. Déchirant.
14 - A Dì Ti Di Tù
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 1996
« Une petite fille vient de perdre son père
dans des circonstances tragiques. Sa marraine, elle même handicapée, lui offre
ces mots pleins de vie et d’enthousiasme. C’est l’histoire simple de cette
chanson qu’ont commandée l’affection et l’amour. »
Orlando
Forioso / Bruno Coulais, 2001
Marie Kobayashi, mezzo soprano japonaise, mêle sa voix à celles d’A Filetta sur
cet air de Bruno Coulais, extrait d’un opéra pour enfants dont l’auteur est
Orlando Forioso.
La
princesse Marion supplie ici les compagnons de Robin de la délivrer du méchant
shérif.
16
- Chjarura
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2002
« Cette
chanson ne pouvait être que celle de la fin, ne serait-ce que parce qu’elle dévoile
des horizons jusqu’ici inespérés. Tout en évoquant la vanité des choses de
la vie, rappelant en cela les paroles de l’Ecclésiaste, elle célèbre
« des héros partis traquer le vent ». Une ode à la marche, une ode
à la vie, dans un climat apaisé. »
|
|
Intitulé « Intantu » (En attendant), le premier album d’A Filetta pour Virgin publié en mai 2002, représente ce qu’est le groupe à un moment donné : « Nous avons toujours fait des disques à thème : en 1992 un disque de chants sacrés, en 1995 un disque de chansons, en 1997 un disque consacré aux chants de la Passion. Ce disque correspond à ce que nous sommes : un groupe venu de la tradition qui s’est enrichi en fonction des rencontres qu’il a fait » |
1
- U Casticu
Extrait
du choeur III de “Médée” de Sénèque. Il évoque le châtiment atroce de
ces audacieux qui avaient bravé la mer (« Et celui qui fut à l’origine
de tout, qui convoitait tant la Toison d’or, il fut mis à bouillir dans un
chaudron… »)
2
– Paghjella
Chant
traditionnel à quatre voix évoquant le poète Pampasgiolu.
3
– L’Arditezza
Extrait
du choeur II de “Médée”. Il évoque l’audace des Argonautes, ces marins
présomptueux qui pensaient pouvoir « abolir l’ailleurs ».
4
- Makharia
Chant
géorgien chanté tout en retenue
5
– Paghjella di l’Impiccati
Composé
par Ghjuvan-Teramu Rocchi et Jean-Claude Acquaviva, cette paghjella déjà présente
sur Una Tarra Ci Hè (il est
d’ailleurs intéressant de comparer les deux versions) relate la répression
qui s’abattit sur le Niolu après la défaite de Ponte Novu : les troupes
françaises se sont livrées à un massacre, la plus jeune victime, Marcu Maria,
n’avait même pas quinze ans…
6
– A Canzone di a Malata
Une
rareté dans le répertoire d’A Filetta : une monodie recueillie dans la vallée
du Marsulinu chantée ici par Jean-Luc Geronimi évoquant la douleur devant la
souffrance d’une jeune fille malade.
7
– Cose viste
Texte
satirique d’Anton Francescu Filippini qui porte un regard moqueur sur l’évolution
des moeurs (« j’ai vu mettre des manteaux aux chiens et se déshabiller
des jeunes filles »)
8
– U Sipolcru
Déjà
présent dans Passione, ce chant de la Passion évoque la mise du christ au sépulcre
9
– Trà i Debbii Maio’
Version
a cappella de la composition de Marcellu Acquaviva et Bruno Coulais pour le Don
Juan de Jacques Weber
10
– E Loche
Autre
extrait de Don Juan
11
– Kyrie
Création
du groupe : un petit bijou de concision, une mise en place au millimètre.
12
– L’Anniversariu di Minetta
Reprise
magnifique du morceau de Tavagna : “Pour ta mémoire et sa lumière chère à
mon coeur, je veux vivre intensément chaque instant concédé et le vivre pour
toi”
13
– Sub Tuum
Création
récente sur un texte liturgique
14
– Caracolu di Brame
Troisième
extrait du Don Juan
15
– Sumiglia
Morceau
emblématique du groupe, qui clôt chacun de leurs concerts depuis une bonne
quinzaine d’années, c’est un chant créée en 1988 « hommage rendu à
celui qui jusqu’à son dernier souffle s’est identifié à cette terre qui
nous a engendrés ; c’est un hymne à l’altruisme, au don de soi »
|
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PASSIONE (Très
bien) enregistré en 1997 à la Cathédrale Saint Jean-Baptiste de Calvi et au
Couvent de Corbara, ce disque est entièrement consacré aux chants de la
Passion. Jean-Luc Geronimi s’est récemment joint au groupe. Cette arrivée
n’est sans doute pas étrangère au nouveau son du groupe. On retrouve ici
tous les chanteurs de Ab Eternu plus Pierre Bertoni ainsi que les
violoncellistes Paul-Antoine de Rocca-Serra et Anne-Lise Herrera ainsi que
Jean-Michel Giannelli à l’orgue. |
1
– U Sipolcru
Création de Jean-Claude souvent reprise en concert. Sur une basse
continue se déploie le chant de Jean-Claude. Intense tension dramatique pour ce
premier chant qui finit dans un souffle sur
« è mi n’avvegu… »
2 – L’Orme Sanguine
Chant du Via Cruci de Ruglianu sur un texte du XVIIIème siècle. On remarquera
que certains passages évoquent le Diu Vi Salvi Regina.
3 – U Lamentu di Maria
Reprise de cette magnifique création déjà entendue dans Una tarra ci Hè.
4 – Dies Irae
Orgue et violoncelles introduisent ce chant de la messe des défunts sur une
musique de JM Giannelli. Une curiosité dans le répertoire d’A Filetta.
5 – U Lamentu di Ghjesù
Reprise d’une grande intensité de cette magnifique création. On remarquera
la transposition dans un registre beaucoup plus aigu du chant du soliste
(Jean-Claude)
6 - Ghmerto
Un des morceaux emblématiques d’A Filetta, ce chant géorgien sera souvent
chanté en concert. Une construction en spirale, un mélange de douceur et de
puissance.
7 – A Sintenza
Création de Jean-Claude, d’une grande intensité dramatique. Il faut le voir
en concert, son visage grimaçant exprimant toute la souffrance « de celui
qui souffre en silence ». Jean-Luc en terza.
8 – U Dubbitu
Création de Marcellu Acquaviva-Franceschini / Jean-Claude Acquaviva. On
retrouve le climat musical d’Una Tarra ci hè.
9 – A l’Alivetu
Création de Jean-Claude. Une longue plainte d’une intense tension dramatique.
Un des sommets de ce disque.
10 – Lamentazione di Jeremiae
Arrangements d’A Filetta des lamentations chantées lors de l’Office des ténèbres
de la Semaine Sainte de Calvi
11 – Tecco
Arrangements d’A Filetta
12 – Alleluia
Jean-Claude Acquaviva / Jean-Michel Giannelli
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UNA
TARRA CI HE Le
premier chef d’oeuvre d’A Filetta est dans sa majeure partie un disque de
chansons, avec instruments. Il présente également quelques polyphonies. On
retrouve ici tous les chanteurs de Ab Eternu auxquels s’est joint Pierre
Bertoni. A mon avis leur premier disque pleinement réussi, que l’on prend
plaisir à réécouter. |
1
– E’ Puru Simu Quì
Ouverture du disque avec un quasi-hymne. Très dynamique.
2 – Una Tarra Ci Hè
Encore une composition de Jean-Claude, belles sonorités de guitare.
3 – A Paghjella di l’Impiccati
Une paghjella de création relatant un épisode de la « pacification »
du Niolu par les troupes françaises après la défaite de Ponte Novu. Une
grande émotion se dégage de ce chant.
4 – Trè
Climat moyenâgeux pour cette composition de Jean-Claude : « ils étaient
trois : un vieux moine, une ombre et un roi ».
5 – Malanni
Sur un texte de G. Fusina, un lamentu moderne relatant l’existence d’un chômeur.
6 – Sò
l’Omu
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
7 – Fiure
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
Une ballade d’une grande douceur chantée par Jean-Claude.
8 – A Muntagnera
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
La vie des bergers à travers les épisodes de la transhumance du Falasorma vers
le Niolu. En passant par le col de Caprunale, bien connu des randonneurs, où,
dit-on, on pouvait monter en calèche à la fin du XIXe siècle, la fontaine du
Tassu, le repos à Mirindatoghja….
9 – A l’Acula di Cintu
Autre évocation du Niolu que cette création de Jean-Claude.
10 – U Lamentu di Maria
Une des plus belles créations polyphoniques de cette époque.
11 – Da Grande
Très jolie chanson sur le thème de l’imaginaire enfantin.
12 – L’Ombra Murtulaghju
Marcellu Acquaviva /Jean-Claude Acquaviva
“Furieux s’est fait le vent d’hiver... Par les champs une ombre est passée »
13 – Eo Sai
Balade pleine de tendresse composée par Jean-Claude Acquaviva
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AB ETERNU Enregistré
en janvier 1992 à l’Oratoire Saint-Antoine de Calvi, Ab Eternu est presque entièrement
consacré à des chants liturgiques (messe des défunts, semaine sainte) à
l’exception de Sumiglia, composé à
la mémoire de Ghjuvan Battista Acquaviva. Participent
à ce disque Jean-Claude, Jean, Paul, José et Maxime ainsi que Jean Antonelli,
François Croce et Jean-Marc
Pellegri, tous alternativement siconda et bassu. La
couleur sonore de ce disque est donc très différente de celle
d’aujourd’hui, avec un net décalage vers le grave. En outre, les voix sont
plus fondues entre elles, plus difficiles à identifier. |
1
- Miserere
Chant liturgique de Corbara, chanté très classiquement, sur un tempo lent.
2 – Tantum Ergo
Très belle création composée par Jean-Claude. Là encore un rythme lent, avec
de ces passages « aériens » qui
sont la grande particularité du
chant d’A Filetta.
3 – Agnus Dei
Extrait de la messe d’Olmi-Cappella. Des graves très profonds.
4 – U Versu di Paulellu
Très courte création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
5 – Requiem
Création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
6 – Tecco
Un extrait de la Semaine Sainte de Calvi chanté par les confrères lors des
processions du vendredi Saint, dominé par la belle voix de Jean.
7 – E Lode di u Sepolcru
Extrait de la Semaine Sainte de Tagliu Isulacciu, déjà chanté par E Voce di U
Cumune ainsi que par I Muvrini et Tavagna. Parfois chanté en concert par A
Filetta, notamment dans le ballet In Memoriam. A chacun de comparer les versions !
8 – Sanctus
Création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
9 – U Lamentu di Ghjesu
Création de GD Marcotorchino, Toni Casalonga, Nando Acquaviva et Roccu Mambrini,
créé en 1982 lors de la Passion de Calenzana en 1982 et déjà enregistré
dans A u Visu di tanti. Un des morceaux les plus émouvants du répertoire d’A
Filetta, que l’on retrouvera encore dans Passione. La présente version est
plus recueillie, moins dramatique et plus lente que celle de Passione.
10 – Te Deum
Chant liturgique de Calvi
11 – Presso il Legno
Extrait de la Semaine Sainte de Calvi.
12 – Agnus Dei di i Defunti
Création de Jean-Claude sur le texte liturgique de la messe des défunts.
13 – Libera Me
Extrait de la Messe des défunts de Balagne dominé par les voix graves.
14 – Stabat Mater
Magnifique chant liturgique chanté à Calenzana pendant la Semaine Sainte
15 – Paghjella d’Ascu
Paghjella traditionnelle selon le versu d’Asco.
16 – Sumiglia
Morceau emblématique du groupe, qui clôt chacun de leurs concerts depuis une
bonne quinzaine d’années, c’est un chant composé en 1988 à la mémoire de
Ghjuvan Battista Acquaviva. « Hommage rendu à celui qui jusqu’à son
dernier souffle s’est identifié à cette terre qui nous a engendrés; c’est
un hymne à l’altruisme, au don de soi »
En
conclusion, un très beau disque, peut être un peu monocorde, avec quelques pépites
comme U Lamentu di Ghjesù et Sumiglia. S’expriment
déjà les immenses qualités d’écriture de Jean-Claude, notamment
dans l’Agnus Dei di i Defunti et le Tantum Ergo. Le meilleur reste cependant
à venir…
A’
U VISU DI TANTI
1
– Salutaris Hostia
Traditionnel d’U Mucale, près de Calenzana.
2 – Violetta
A Filetta donne ici son interprétation de ce « classique » de la
polyphonie, chanté notamment par Voce di Corsica et les Chœurs de Sartène.
3 – U Ballu di Larenzu
Création de Jean Antonelli
4 – Requiem
Traditionnel de Rusiu.
5 – Kyrie
Traditionnel d’Ascu .
6 – Anima
Création de Marcel et Jean-Claude Acquaviva .
7 – U Lamentu di Ghjesù
Création de GD Marcotorchino, Toni Casalonga, Nando Acquaviva et Roccu Mambrini,
créé en 1982 lors de la Passion de Calenzana. Un des morceaux les plus émouvants
du répertoire d’A Filetta, que l’on retrouvera encore dans Ab Eternu et
Passione,
8 – A Muresca
Traditionnel .
9 – A’ u Vechju Pueta
Traditionnel.
10 – Paghjella
Traditionnel .
11 – Pueta
Création de Jean-Claude sur un texte de Rinatu Coti.
12 – Suda Sangue
Traditionnel de Calvi .
13 – A’ Vende Hè
Composition de Jean-Claude.
14 – Dio Vi Salvi Regina
La version d’A Filetta de l’hymne corse .

« Parole abisse che diconu pocu è tantu » (des paroles
qui disent peu et beaucoup à la fois) : les
mots de Jean-Claude Acquaviva [compilation de Jean-Claude Casanova]
La
langue
Se
focaliser sur la défense de la langue, c'est se tromper de combat. La langue,
si elle n'est pas celle du pain, du jour, du repas, du coucher, ce n'est pas la
peine de se battre pour elle. Ce qui est important, c'est d'essayer de vivre par
la langue et non pas de faire vivre la langue. Dans ce sens-là, on se considère
toujours comme des gens militants. Pas des militants qui se posent en défenseurs
d'un sanctuaire. Un sanctuaire, ça sent déjà la mort. Notre musique, c'est
tout sauf quelque chose de proche de la mort.
La
tradition
Dès lors que
l'on a des racines, on n'a pas besoin de prouver qu'on y est fidèle.
Toutes
les traditions n'ont de sens que dans la mesure où elles évoluent. Elles évoluent
naturellement depuis toujours ne serait-ce que par la communication, par les
civilisations qui se succèdent, se croisent où s'entrechoquent et quelque fois
se déchirent. De là naît une culture. Si l'on doit faire une analyse du chant
polyphonique traditionnel on ferait le constat qu'il est endémique, c'est un
chant qui manifestement a des origines ailleurs où il a été influencé. Il
faut replacer ce chant dans une perspective d'ouverture sur le monde, il ne faut
pas faire du suivisme et se mettre dans les pas d'une musique dominante. Si
notre musique est ouverte, tant mieux ! Elle doit le demeurer pour continuer à
être le reflet d'une communauté qui vit, avance et évolue.
La tradition n'a de sens que si elle continue d'être le reflet d'une communauté
qui avance.
A Filetta
En octobre
1978, naissait le groupe A Filetta. A l'époque nous ne savions pas et
d'ailleurs, nous ne savons toujours pas, s'il s'agissait du rêve d'une esquisse
ou de l'esquisse d'un rêve. L'esquisse d'une demeure à jamais ouverte où
pourraient venir trouver refuge, les âmes entremêlées, qui dans leur quête
d'éternité, tissent et retissent les fils de ce vieux partage qu'est le chant.
Le
rêve d'un navire sans pavillon, parti de nulle part sillonner l'ailleurs où
des phares immémoriaux pourraient peut-être un jour lui dire : " c'est là,
parmi vous, dans l'éphémère partagé que sont les étendues éternellement
heureuses. "
Vingt
ans aux côtés de tous ceux qui ont la conviction que la vie est de ces
batailles à mener dont il ne faille sortir ni vainqueur ni vaincu, mais grandi.
Et,
s'il fallait, au terme de ces quelques années que subsiste une empreinte et une
seule, nous souhaiterions vraiment que ce soit celle de voyageurs dont la seule
préoccupation était de ne rien vouloir altérer.
Il
faut être ce que nous sommes et l'être pleinement et ne pas chercher ni à
plaire, ni à complaire; il ne faut pas tricher avec cela.

Chanter
Chanter
c'est, aussi et peut-être surtout, dire tendrement des choses puissantes et
puissamment des choses tendres.
Notre
chant est de pierre et d'eau. Dans ses plis et replis, dans ses arcanes, il épouse
les contours de l'âme de ce rocher tumultueux qui nous a engendrés.
Notre
chant est un chant qui consacre la mémoire, il est aussi un chant qui prône
l’ouverture, l’accès à l’autre. Surtout, il traduit le besoin profond de
n’être que ce que nous sommes, mais à l’être pleinement, sans complexes,
en authenticité et généreusement. Pas en essayant d’en faire un sanctuaire.
Le sanctuaire, cela sent déjà la mort.
La
polyphonie
La
pratique de la polyphonie est absolument liée à l'établissement d'un lien
social. C'est peut-être ce qui explique sa force et le fait qu'elle ait trouvé
une nouvelle raison d'exister.
Pratiquer
cette musique, tenter de lui donner un prolongement, c'est pour nous caresser
l'espoir de rapporter les clameurs nées du campement de quelques nomades dans
ce désert qu'est le temps.
Au-delà
de l’aspect technique, la polyphonie est une musique de partage, qui ne se conçoit
que dans la complicité. Il faut bien se connaître, beaucoup d’échanges sur
le plan humain pour que cela fonctionne. Pour qu’il y ait une cohésion entre
plusieurs voix, il faut qu’il y ait du sens à travers ce qui est chanté.
C’est une musique qui contribue à créer des rêves collectifs.
La
Corse
Je
considère que le problème corse est spécifique, comme le problème de
n’importe quelle micro-région l’est. Parce qu’il y a des raisons, une
histoire, une géographie, propre. Mais, j’ai toujours pensé qu’il n’est
qu’une toute petite partie d’un grand problème universel qui tient à la répartition
des richesses, à la justice, à l’équité, au respect. Du plus petit de la
chaîne au plus haut, respectons la vie dans ce qu’elle a de sacré, donnons
à chacun les moyens de vivre dignement. Il faudra bien trouver un jour ou
l’autre les solutions du développement.
La
vraie Corse est pour moi la Corse avec toutes ses composantes. Les meurtres, les
attentats, les rivalités font aussi partie de la Corse et il ne faut pas évacuer
cela. Mais, tout à côté il y a des gens qui progressent, qui produisent, qui
travaillent, qui essaient que cette terre aille de l’avant. De cela on ne
parle pas, ou très peut.
Le
problème corse n’est pas un problème local, il est mondial. Comme beaucoup
d’autres territoires dans le monde, face à la mondialisation, la Corse doit
garder sa spécificité et sa culture. Le vrai enjeu est là.
Un
Continental qui change de département n’a pas le sentiment de partir de chez
lui. Un Corse qui part de Corse s’arrache. Cela a eu une influence très forte
sur cette volonté de maintenir, de cultiver.
La
violence
La
France a eu en Corse une politique violente, elle a essayé d’éradiquer tout
ce qui faisait la spécificité des Corses au niveau de la langue, de la littérature.
La France, par des lois douanières assassines, a essayé de mettre complètement
par terre l’économie corse. Cela fait aussi partie de l’histoire de France.
Aujourd’hui, cela se traduit par une violence qui a été en partie légitime
et une violence qui, en grande partie, a dérivé pour des tas de raisons, pour
des choix qui ont été faits ou pas. Parce que la clandestinité a pris le pas
sur le reste et l’on sait qu’une violence clandestine est incontrôlable.
Sous couvert d’une violence clandestine, des bandes armées se constituent,
elles se partagent des secteurs. On est donc arrivé à des dérives avec,
malheureusement, des gens sincères qui se sont faits flinguer sur le terrain et
des gens douteux qui ont fait leurs affaires. Aujourd’hui, on en est là.
Chant
et politique
Le
chant a été pendant longtemps, dès la fin des années 60 et depuis le phénomène
revendicatif très fort, une parole militante. Il a été le moyen de faire
passer des idées. Le mouvement autonomiste s’est beaucoup appuyé sur les
chanteurs. Aujourd’hui, nous sommes capables de dire avec notre langage et
notre musique ce que les peuples de la terre disent avec leur langue et leur
musique. Je ne pense pas que si on en était resté à quatre paroles chantées
de façon militaire, on aurait fait progresser notre terre comme elle a progressé.
Car, quoi qu’on en dise, durant les trente dernières années, on a fait un
sacré bond en avant, même si nous qui vivons la Corse au quotidien, nous avons
toujours le sentiment que les choses n’avancent pas. Les premières années
ont été militantes jusqu’aux années 80, puis tout cela est devenu plus
universel. On a donné à l’universel nos couleurs spécifiques.
Le
monde
Nous
considérons que nous vivons dans un monde qui ne peut qu’aller dans le mur.
Quand 10 % des gens de la planète se répartissent 98 % des richesses, cela ne
peut pas tenir. C’est non seulement injuste, mais invivable.
L’identité
L’identité ne se décrète pas, elle ne se projette pas, elle se dévide dans le souffle des hommes, et la sauvegarde de l’identité passe par l’identité plus que par la sauvegarde.

29 avril 2003 : concert en famille au théâtre de Saint Quentin en Yvelines. Au programme Intantu, un récital varié, parfait pour un premier concert. Nous avions réservé nos places sur internet et étions très bien placés. Je me rappelle être allée voir Jean-Claude à la fin du concert pour lui demander une dédicace du programme et pour lui parler de ce site, tout juste lancé à l'époque, j'avais les jambes en "chamallow" car il faut dire que le bonhomme est impressionnant.
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Du 12 au 16 septembre 2006 : les rencontres polyphoniques de Calvi sont l'occasion de découvrir de nombreux artistes tous introduits par le groupe A Filetta. En 2006 nous en sommes au XVIIIèmes rencontres mais pour moi ce sont les premières. Quel régal de retrouver A Filetta tous les soir pour des extraits de Médéa et de Marco Polo. Jusqu'à présent, le groupe était un tout indivisible. A partir de septembre 2006, au contact des fans, j'apprends à dissocier les noms et les voix. J'avoue être encore plus dans le ressenti que dans l'analyse même si l'analyse des uns et des autres m'aide à mieux apprécier le groupe.
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Le 4 octobre
2006 : A Filetta ouvre avec Médéa le cycle La Méditerranée des musiques
à l'Institut du Monde Arabe (Paris). Nous sommes à nouveau aux premières
loges. Compte tenu des dimensions de la salle, le concert est sonorisé ce qui
change vraiment la perception de chaque voix. Médéa nous est proposé ici dans
son intégralité, une sacrée performance si l'on tient compte de la densité
du texte. A l'issu du concert, nous rencontrons Julia Sarr qui était invitée
aux côtés du guitariste Patrice Larose aux rencontres polyphoniques de Calvi.
Nous lui témoignons notre admiration pour sa prestation. Elle est aussi
gracieuse et amicale que pendant les rencontres. Dans la conversation, nous lui
lançons le défit de nous laisser un petit message chanté sur
répondeur. 3 jours plus tard, alors que je suis grippée avec le moral à
zéro, je trouve son petit message sur mon répondeur, une sacrée aide à la
guérison. Quelle voix ! La magie
des rencontres...
http://www.imarabe.org/temp/spectacles/spectacles2006-2007/musique20061004.html

Le 15 mai 2007
: A Filetta se produit à Saint-Germain-en-Laye (78).
C'est la première occasion pour moi de voir le groupe dans un concert musical,
en effet, il s'agit d'une représentation de l'album "Si di mè". La
représentation se déroule en deux parties : une partie a cappella avec la
reprise de créations du groupes et de bandes originales des films Himalaya et
Le Libertin, une partie avec 6 musiciens, les mêmes que ceux qui ont
enregistré l'album. Himalaya je ne m'en lasse pas d'autant plus qu'il est
toujours amusant de voir la tête des gens lorsqu'ils découvrent que cette
bande originale d'un film plutôt connu est chantée par des corses et non des
tibétains.
Quant à la partie musicale, elle s'installe doucement après la partie a
cappella. Peut-être faudrait-il un entracte ? On sent que les chanteurs sont
encore tout à leur concentration et que le cercle qu'il forme habituellement
est rompu par cette prestation en ligne face au public. Puis au fil des
chansons, la complicité avec les musiciens s'installe jusqu'à une parfaite
harmonie. Les jambes bougent, les doigts swinguent, les visages s'illuminent.
C'est un groupe plus léger, plus joyeux, plus sensuel, plus rock que l'on découvre. Les chanteurs savourent
chaque envolée musicale comme si c'était la dernière. En effet, les concerts
musicaux d'A Filleta sont rares ce qui rend leur prestation d'autant plus
méritante car la formation n'a pas eu le temps de se roder sur scène. Lors de
l'introduction à Liberata, une simple note de clavier accompagne la
présentation de Jean-Claude Acquaviva. Comme on dit dans la mode : un rien
l'habille ! Mention spéciale à la prestation de Jean-Luc Geronimi sur un des
premiers succès du groupe "A muntagnera" (1978) qu'il interprète
magistralement bien. Il est indispensable au groupe mais pourrait faire une
très belle carrière solo dans un registre un peu plus romantique. Sa
prestation me fait penser à celle des dernières rencontres polyphoniques de
Calvi où il chantait accompagné par une formation de violoncelles. Magique. En
plus il est beau gosse. Bref, je suis sous le charme !
A la fin du spectacle il est toujours aussi agréable de faire notre petit
debriefing entre initiés en attendant de saluer les artistes et de les
remercier pour cet excellent moment passé ensemble.
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Le programme de Saint-Germain (cliquer pour
agrandir) |
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A Filetta et les musiciens de Si di Mè à Saint-Germain-en-Laye |
Le 15 décembre 2007 : nous rejoignons A Filetta en Belgique
Par un glacial week-end de décembre, nous
nous rendons à Anvers pour voir une nouvelle fois A Filetta avant la fin de
l'année 2007.
Le groupe est en pleine tournée dans le nord de l'Europe (Belgique et Hollande)
et propose ce samedi une représentation au Zuiderpershuis.
Cette ancienne usine hydraulique transformée en salle de spectacle est un
endroit convivial et chaleureux. Nous dînons dans son foyer et rejoignons une
salle de spectacle aux larges voûtes en briquettes rouges. Une fois n'est pas
coutume, nous ne sommes ni dans un cadre théâtral, ni dans un cadre religieux
mais dans un cadre industriel. Qui plus est, nous sommes entourés de flamands
dont la langue semble si éloignée du corse. Même la pratique de suspendre son
manteau le long d'un grand espace de patères avant de s'installer dans la salle
me laisse perplexe. Chez nous autres latins, la tentation serait trop forte pour
certains d'échanger leur veille pelure contre une belle zibeline. Ici tout
semble plus discipliné, plus respectueux, plus anglo-saxon quoi ! Bref c'est le
dépaysement total à deux heures de Paris. J'imagine que nos amis corses
doivent aussi se sentir dépaysés. Ils nous offrent un spectacle irréprochable
avec alternance de chants sacrés et de compositions. Cette sélection de titres
repris de concerts en concerts mais non encore enregistrés pour certains sera
le programme de leur prochain disque. A noter une très jolie monodie
sentimentale chantée par Jean-Luc Geronimi. Seul au milieu de la scène, on
l'imagine à une autre époque chanter pour son compte ou bien pour le compte
d'un autre, façon Cyrano de Bergerac, sous le balcon d'une dulcinée. Me voilà
plongée dans une crise de romantisme aigu : ça doit être l'effet magique
d'Anvers ! Toujours autant de frissons sur les morceaux tirés de la BO Himalaya
l'enfance d'un chef; des morceaux qui permettent de bien isoler les voix de
chaque chanteur.
A la fin du concert, nous partageons un peu de l'intimité du groupe. Il est intéressant
de voir que le spectacle est disséqué et analysé dans un réel soucis de
perfection. A table c'est un savoureux mélange de corse, de français, de
gentilles mises en boite, de petits bouts de chant : une ambiance typique de
place de village corse qu'il fait chaud au cœur de retrouver en plein hiver si
loin de la Corse. Nous quittons A Filetta qui poursuit sa tournée aux Pays-Bas.
Cette escapade nous a permis de découvrir Anvers et même de contenter une de
mes nombreuses passions, à savoir l'architecture Art Nouveau.
Rendez-vous est pris pour samedi prochain à Anvers…non pas que j'ai décidé
de passer tous mes week-end en Belgique mais Anvers est la station de métro
parisienne la plus pratique pour moi pour rejoindre le théâtre des abbesses
(théâtre de la ville) où se produira Barbara Furtuna samedi en huit. Nous
n'avons pas réussi à réserver des places (théâtre complet) mais nous
croyons en notre bonne étoile…et avons bien raison !
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| Un week-end d'hiver à Anvers pour voir A Filetta |
27
et 28 mai 2008 : A Filetta à l'Européen à Paris
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Texte de l'Européen (voir
le site internet de l'Européen). |
28
mai 2008 : Concert d'A Filetta à l'Européen
Si j'étais chanteuse, je débuterais ma carrière à l'Européen. J'ai adoré
cette salle très parisienne, petite et chaleureuse à la très bonne acoustique,
en forme de demi-cercle. Le groupe A Filetta formant lui-même un demi cercle,
nous voilà réunis dans un cercle complet, ça commence bien !
Ce concert est l'occasion de découvrir le nouvel album Bracanà. En
dehors du l'énorme travail de composition toujours aussi précis et
irréprochable, je suis ce soir très frappée par les chants traditionnels
: une paghjella chantée en début de concert et Cuntrastu
chanté par Jean-Luc Geronimi. Est-ce parce que je viens de terminer le
fabuleux livre de Paul Dalmas-Alfonsi "La Corse de Francesca Maria"
qui évoque les traditions corses que je suis particulièrement touchée par
ces nouvelles interprétations du patrimoine culturel corse ?
Ce soir le public est particulièrement réceptif aux dernières créations du
groupe et les rappels, aidés par un plancher en bois, sont particulièrement
sonores.
Il faut dire que la force qui se dégage du Benedictus ou de Treblinka
pour ne citer qu'eux vous cloue littéralement au siège. A la fin du concert,
Jean-Claude Acquaviva introduit, lors d'un rappel, Gabriel Yacoub, un chanteur
qu'il définit comme étant le plus grand de sa génération. Je suis
forcément curieuse de découvrir le chanteur qui a visiblement marqué la
jeunesse du groupe. Etant plutôt fan de musiques de monde, voire de musique
bretonnante, je m'étonne de ne pas connaître l'ancien leader du groupe
Malicorne. Il interprète sur scène le titre "Si c'était"
qui se termine avec l'intervention des chœurs A Filetta. C'est en soi une
très belle chanson qui trouve ici une toute autre dimension (merci encore une
fois à Bruno Coulais pour ses arrangements). J'ai juste envie de dire à
Jean-Claude Acquaviva, qui exposait dans un récent article qu'il avait
changé de maison de disque parce que l'ancienne lui proposait des duos jugés
trop commerciaux, qu'il peut sans crainte poursuivre dans cette direction des
duos non commerciaux ! Le hasard fait que j'ai trouvé le disque de Gabriel
Yacoub à la médiathèque de ma ville et la version de "Si cétait"
sans A Filetta paraît bien fade. Merci en tout cas à A Filetta de m'avoir
permis de découvrir l'univers d'un artiste très méconnu en France alors que
c'est un vrai poète. Ca ne m'étonne pas car A Filetta est un groupe tout
aussi généreux envers son public qu'envers les artistes amis.
Un petit rêve perso, un duo (non commercial of course) A Filetta/Claire
Diterzi serait sûrement le plus beau trophée de son Tableau de chasse.
Jeudi 5 février 2009 : A Filetta à L'Alhambra dans le cadre du festival au fil des voix
Nous sommes huit ce soir à avoir rendez-vous au "Pied
de vigne" pour un rapide en-cas avant le concert d'A Filetta. L'occasion
pour moi de rencontrer deux membres du groupe Tra-noï
qui viennent spécialement des
Pays-Bas où ils s'occupent, entre autres choses, d'animer un site internet
multi-lingues dédié à A Filetta. Il y a aussi Ursula qui vient spécialement
d'Allemagne et Françoise qui arrive de Perpignan. Devant tant d'enthousiasme et
de bonheur de se retrouver autour d'une passion commune, je ne peux m'empêcher
de penser que l'énergie positive qui me fait défaut en ce moment se trouve
forcément autour de cette table. Une salade, un peu de raisin du pied de vigne
et nous voilà partis pour rejoindre l'Alhambra.
Je suis contente de découvrir l'Alhambra à l'occasion de ce spectacle, car
pour moi, c'est, une salle parisienne mythique, à l'instar du Bataclan. Il se
trouve qu'ils organisent un festival intitulé "Au fil des
voix" où A Filetta se produira en deuxième partie, après un
groupe japonais. Le tout est largement parrainé par Télérama, d'où un
certain effarement en constatant que la sécurité fouille les sacs et prend les
bouchons de bouteilles, éventuels projectiles (?) en otage. On est tout de même
plus dans un festival intello d'abonnés à Télérama qu'au stade de France
avant un concert de rock-star, non ? Si les intellos parisiens amateurs de
chants polyphoniques se mettent au lancer de bouchons de bouteilles, où va t'on
! Messieurs les propriétaires de l'Alhambra, il faudrait voir à étudier le
profil de vos spectateurs. CQFD.
Pour être complètement honnête, j'appréhende un peu cette première partie.
Les préjugés de l'inconnu sans doute. Toutefois, se retrouver à Paris, dans
une ambiance proche de celle de Calvi et ses rencontres polyphoniques est bien
agréable.
Finalement, c'est un véritable coup de cœur pour le trio Miyazaki. J'ai aimé
le côté ancestral des kotos que je rapprocherais peut-être de la harpe bien
que le koto basse ait une sonorité beaucoup plus organique que la harpe. Je
n'avais jamais entendu jouer d'un accordéon (Bruno Maurice) en condition
acoustique et j'avoue que c'est une expérience vraiment émouvante. Je ne
savais pas que l'accordéon pouvait respirer, imiter le bruit des vagues, être
si sensiblement effleuré que le cliquetis des touches devient aussi une
musique. Quant au violon (Manuel Solans), il est l'interlocuteur idéal du koto,
auquel il répond avec beaucoup de justesse. J'ai aimé le peu que j'ai vu de la
personnalité de Mieko Miyazaki, si traditionnelle dans son kimono et si fidèle
à l'image que l'on peut se faire d'une japonaise et pourtant si moderne,
tellement inspirée et je suis sûre très déterminée dans ses choix
artistiques. Je ne suis pas fan du japonais chanté car cette langue reste pour
moi assez étrange et violente mais j'ai adoré les nombreuses plages musicales
que j'ai trouvé très propices aux rêves. J'ai vu dans Mieko Miyazaki une
sorte d'Amélie Poulain nippone, facétieuse comme l'originale. Un vrai moment
de paix intérieure et une véritable découverte pour moi.
Des conditions idéales pour écouter ensuite nos amis d'A Filetta. La découverte
en ce qui les concerne est forcément moins vierge d'expériences passées mais
à chaque fois, c'est un choc d'entendre une telle perfection et une telle
osmose de groupe. Pour les puristes, ce mini concert a un goût de trop peu. Il
y aura d'autres rendez-vous.
Un seul regret, j'aurais adoré entendre les voix d'A Filetta sur la musique du
trio Miyazaki. Je sais qu'A Filetta a beaucoup de projets avec différents
groupes et que leur perfectionnisme ne peut sûrement se satisfaire d'une petite
improvisation de fin de concert mais c'est vraiment dommage car le but de réunir
deux îles dans un même concert n'est-il pas justement de provoquer une
rencontre des genres ? J'attends d'en savoir plus sur le projet d'échange entre
le trio Miyazaki et le groupe Voce Ventu, autre groupe corse.
Je repars de ce concert beaucoup plus zen qu'à mon arrivée et si les
transports en commun n'étaient pas une telle épreuve, j'aurais eu plaisir à
assister à d'autres spectacles de ce festival qui m'a l'air d'une très grande
qualité et pour cause, il se base sur les succès (critiques et populaires ?)
de l'année passée pour définir sa programmation.
Actualité pour Voce Ventu en 2010. Voce Ventu & Mieko Miyazaki.
Voce Ventu a rencontré en 2007 Mieko Miyazaki qui joue du koto, un
instrument traditionnel japonais. Depuis leur rencontre, ces artistes ont
travaillé un répertoire commun dans le cadre de résidences d'artistes. Ils ont
été invités à se produire en Corse, sur le continent et lors d'une tournée au
Japon. Ils se sont finalement retrouvés en août 2009 dans une petite église des
Landes pour enregistrer un album qui sortira en mai 2010. A l'occasion de cette
sortie nationale, deux concert seront organisés à l'auditorium du Musée Guimet
des arts asiatiques à Paris les 28 et 29 mai 2010. Un film documentaire sur
cette rencontre musicale réalisé par Samuel Lajus est en cours de réalisation
fin 2009. Il sera diffusé en mai 2010.
J'attends avec impatience de découvrir "un koto inspiré par des chants
corses, des chants japonais en mode polyphonique". En effet j'ai découvert
Mieko Miyazaki qui partageait l'affiche avec A Filetta dans le cadre du festival
Au fil des voix à l'Alhambra en février 2009. J'ai alors été un peu frustrée que
l'échange entre A Filleta et Mieko Miyazaki se limite à un salut du public en
commun mais connaissant le professionnalisme d'A Filetta et leur emploi du temps
très chargé, je comprends facilement qu'une improvisation mêlant voix corses et
instrument japonais n'ait pas été possible. Comme le dit très justement Didier
Pierrat, à l'origine de la rencontre entre Voce Ventu, Mieko Miyazaki et Manuel
Solans, il n'est pas toujours facile pour des artistes corses, issus la plupart
du temps de la tradition orale, de placer leur voix sur la musique de musiciens
chevronnés de formation classique. Rendez-vous donc en mai 2010 pour célébrer
l'amitié corso-japonaise.
Voir le communiqué de presse.

Samedi 4 avril 2009 : A Filetta à St Quentin-en-Yvelines
C'est la deuxième fois qu'A Filetta se produit au théâtre
de St Quentin-en-Yvelines. Une ville tellement à l'opposé de l'univers de
artistes, un théâtre que l'on ne peut qualifier de chaleureux mais finalement
très confortable.
La première fois (avril 2003) le
site en était à ses balbutiements et je me souviens, non sans émotion, avoir
échangé quelques mots à l'issu du spectacle avec Jean-Claude Acquaviva.
Ce soir, nous revenons au concert en famille et retrouvons Françoise,
Anne-Marie et Jean-Claude Casanova.
Dès le début du concert, je sens que Jean-Claude Acquaviva prend la direction
du groupe d'une manière beaucoup plus visible qu'habituellement. Lui, si à l'écoute
de ses chanteurs, si juste, dans tous les sens du terme - musicalement mais
aussi équitable - semble ce soir se surpasser. Il déploie une énergie et une
force de conviction incroyables, du grand Jean-Claude Acquaviva ! J'apprendrai
par la suite, qu'un des chanteurs étant grippé, Jean-Claude a redoublé
d'intensité dans son interprétation pour rééquilibrer le groupe.
J'ai beaucoup aimé pour ma part ce concert différent, peut-être un peu moins
homogène que d'habitude mais très émouvant, comme si, face à la fragilité
de l'un des leurs, le groupe se ressoudait autour de son charismatique leader.
C'est sans doute pour la même raison qu'A Filetta nous interprète ce soir des
morceaux que nous n'avons pas entendu depuis longtemps, à savoir : Violetta, A
Paghjella di l'Impiccati et le Lamentu di Ghjesu. Ce dernier chant termine le
concert et je ne peux m'empêcher de penser à mon grand-père. Qu'aurait-il
pensé de la vie de trentenaires de ses trois petites filles qui se sont retrouvées
cette semaine, un peu par esprit familial, un peu grâce à internet ? Son
esprit vif me manque souvent.
Sur le chemin du retour, je pense au fait que j'écoute assez eu de polyphonie
chez moi. C'est un chant du recueillement qui nécessite une pleine
concentration. J'ai du mal à rester chez moi sans rien faire. Les meilleures
conditions d'écoute sont bien celles d'un concert. Ce soir, la sonorisation par
micros d'ambiance était particulièrement réussie. La salle n'aura sans doute
pas remarqué la différence d'interprétation du groupe car il faut être fans
assidus pour percevoir les changements, et encore…J'espère néanmoins que
l'auditoire aura été sensible à l'intensité de l'interprétation.
Mention spéciale également pour le travail de recherche du théâtre de St
Quentin. Non seulement, ils ont pris le soin de faire un programme qui retrace
les 30 ans de carrière d'A Filetta mais ils donnent aussi des pistes pour
prolonger le spectacle. Un travail bibliographique qui touche la documentaliste
qui sommeille toujours en moi. Voir le programme (bravo à Véronique Cartier,
rédacteur, Isabelle Bigorne, assistante de rédaction, Sylvie Garnier,
infographiste).
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Pour le calendrier des concerts, se reporter au
site de Jean-Claude Casanova qui suit les déplacements du groupe de très près.
Voir
aussi leur site Myspace.
A savoir, le groupe A Filetta est co-organisateur avec l'association U Svegliu
Calvaise des Rencontres de chants polyphoniques qui se déroulent tous
les ans en septembre à Calvi. Ces rencontres sont l'occasion de voir le
groupe A Filetta se produire tous les soirs. En dehors de leur propre concert,
ils accueillent avec beaucoup de générosité et de bienveillance des voix
venues du monde entier à la rencontre de spectateurs avides de découvertes
authentiques.
![]() |
Le texte et les photographies de cette page sont en
partie l'œuvre
de Jean-Claude Casanova qui a désormais son propre site L'invitu,
site sous l'emblème de la fougère consacré notamment à A Filetta mais
aussi à de nombreux autres aspect de la vie insulaire. Un site à visiter ! |
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Sur Jean-Claude Casanova : Issu d'une famille corse (ligne paternelle originaire de Sollacaro, maternelle de Sartène), il est né sur le continent et y réside toujours. Il n'a connu la Corse qu'à l'âge de 18 ans mais y retourne en famille pratiquement chaque année. Inconditionnel du groupe A Filetta depuis la fin des années 80, il assiste à un maximum de leurs concerts. De ce fait, il a souvent l'occasion de discuter avec Jean-Claude Acquaviva ou un autre membre du groupe, avant ou après les concerts. Un très bon correspondant donc, que j'ai eu beaucoup de plaisir à héberger. Il me fait l'honneur et l'amitié de pouvoir conserver ces pages sur A Filetta, même si je vous invite désormais à consulter son site pour en savoir plus sur ce groupe fascinant. Merci à Jean-Claude Casanova pour sa très amicale
collaboration à ce site.
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trent’annipocu, trent’anni assai (trente ans c’est peu, mais tellement) Il est paru le 30 novembre 2009 et a été réalisé par Cathy Rocchi. Le coffret contient : ** un documentaire de 78 minutes, sous-titré en français, retraçant le riche parcours d’A Filetta, un parcours révélé par l’intime parole de chacun des membres du groupe actuel, étayée par des photos, lettres, témoignages, mots, voix et chants. ** un concert à l’oratoire St Antoine de Calvi, dans une prestation intimiste, inédite, offre une trentaine de chants qui firent et font le répertoire de cette formation atypique : chants traditionnels, musiques de film, œuvres créées pour le théâtre, répertoires tant liturgiques que profanes. ** un bonus audio 8 titres « Pè a scusa » livre quelques anciennes chansons du groupe issues d’albums aujourd’hui épuisés, ainsi que quelques inédits. Ces documents ont été réalisés par Cathy Rocchi pour le magazine “Ghjenti” (France 3 Corse Via Stella). |
© 2002-2010 Réalisation
et Conception Carole Guelfucci
Dernière modification le
17/01/2010