POLYPHONIES CORSES



VOCE VENTU & MIEKO MIYAZAKI


Je commence cette page par un rappel de ma première rencontre avec Mieko Miyazaki en 2009, bien que le groupe qui partageait alors la scène avec Mieko était A Filetta et non Voce Ventu.

Jeudi 5 février 2009 : A Filetta à L'Alhambra dans le cadre du festival au fil des voix

Nous sommes huit ce soir à avoir rendez-vous au "Pied de vigne" pour un rapide en-cas avant le concert d'A Filetta. L'occasion pour moi de rencontrer deux membres du groupe Tra-noï qui viennent  spécialement des Pays-Bas où ils s'occupent, entre autres choses, d'animer un site internet multi-lingues dédié à A Filetta. Il y a aussi Ursula qui vient spécialement d'Allemagne et Françoise qui arrive de Perpignan. Devant tant d'enthousiasme et de bonheur de se retrouver autour d'une passion commune, je ne peux m'empêcher de penser que l'énergie positive qui me fait défaut en ce moment se trouve forcément autour de cette table. Une salade, un peu de raisin du pied de vigne et nous voilà partis pour rejoindre l'Alhambra. 
Je suis contente de découvrir l'Alhambra à l'occasion de ce spectacle, car pour moi, c'est, une salle parisienne mythique, à l'instar du Bataclan. Il se trouve qu'ils organisent un festival intitulé "Au fil des voix" où A Filetta se produira en deuxième partie, après un groupe japonais. Le tout est largement parrainé par Télérama, d'où un certain effarement en constatant que la sécurité fouille les sacs et prend les bouchons de bouteilles, éventuels projectiles (?) en otage. On est tout de même plus dans un festival intello d'abonnés à Télérama qu'au stade de France avant un concert de rock-star, non ? Si les intellos parisiens amateurs de chants polyphoniques se mettent au lancer de bouchons de bouteilles, où va t'on ! Messieurs les propriétaires de l'Alhambra, il faudrait voir à étudier le profil de vos spectateurs. CQFD.
Pour être complètement honnête, j'appréhende un peu cette première partie. Les préjugés de l'inconnu sans doute. Toutefois, se retrouver à Paris, dans une ambiance proche de celle de Calvi et ses rencontres polyphoniques est bien agréable.
Finalement, c'est un véritable coup de cœur pour le trio Miyazaki. J'ai aimé le côté ancestral des kotos que je rapprocherais peut-être de la harpe bien que le koto basse ait une sonorité beaucoup plus organique que la harpe. Je n'avais jamais entendu jouer d'un accordéon  (Bruno Maurice) en condition acoustique et j'avoue que c'est une expérience vraiment émouvante. Je ne savais pas que l'accordéon pouvait respirer, imiter le bruit des vagues, être si sensiblement effleuré que le cliquetis des touches devient aussi une musique. Quant au violon (Manuel Solans), il est l'interlocuteur idéal du koto, auquel il répond avec beaucoup de justesse. J'ai aimé le peu que j'ai vu de la personnalité de Mieko Miyazaki, si traditionnelle dans son kimono et si fidèle à l'image que l'on peut se faire d'une japonaise et pourtant si moderne, tellement inspirée et je suis sûre très déterminée dans ses choix artistiques. Je ne suis pas fan du japonais chanté car cette langue reste pour moi assez étrange et violente mais j'ai adoré les nombreuses plages musicales que j'ai trouvé très propices aux rêves. J'ai vu dans Mieko Miyazaki une sorte d'Amélie Poulain nippone, facétieuse comme l'originale. Un vrai moment de paix intérieure et une véritable découverte pour moi.

Des conditions idéales pour écouter ensuite nos amis d'A Filetta. La découverte en ce qui les concerne est forcément moins vierge d'expériences passées mais à chaque fois, c'est un choc d'entendre une telle perfection et une telle osmose de groupe. Pour les puristes, ce mini concert a un goût de trop peu. Il y aura d'autres rendez-vous.
Un seul regret, j'aurais adoré entendre les voix d'A Filetta sur la musique du trio Miyazaki. Je sais qu'A Filetta a beaucoup de projets avec différents groupes et que leur perfectionnisme ne peut sûrement se satisfaire d'une petite improvisation de fin de concert mais c'est vraiment dommage car le but de réunir deux îles dans un même concert n'est-il pas justement de provoquer une rencontre des genres ? J'attends d'en savoir plus sur le projet d'échange entre le trio Miyazaki et le groupe Voce Ventu, autre groupe corse.
Je repars de ce concert beaucoup plus zen qu'à mon arrivée et si les transports en commun n'étaient pas une telle épreuve, j'aurais eu plaisir à assister à d'autres spectacles de ce festival qui m'a l'air d'une très grande qualité et pour cause, il se base sur les succès (critiques et populaires ?) de l'année passée pour définir sa programmation.
 

Actualité pour Voce Ventu en 2010. Voce Ventu & Mieko Miyazaki.
Voce Ventu a rencontré en 2007 Mieko Miyazaki qui joue du koto, un instrument traditionnel japonais. Depuis leur rencontre, ces artistes ont travaillé un répertoire commun dans le cadre de résidences d'artistes. Ils ont été invités à se produire en Corse, sur le continent et lors d'une tournée au Japon. Ils se sont finalement retrouvés en août 2009 dans une petite église des Landes pour enregistrer un album qui sortira en mai 2010. A l'occasion de cette sortie nationale, deux concert seront organisés à l'auditorium du Musée Guimet des arts asiatiques à Paris les 28 et 29 mai 2010. Un film documentaire sur cette rencontre musicale réalisé par Samuel Lajus est en cours de réalisation fin 2009. Il sera diffusé en mai 2010.
J'attends avec impatience de découvrir "un koto inspiré par des chants corses, des chants japonais en mode polyphonique". En effet j'ai découvert Mieko Miyazaki qui partageait l'affiche avec A Filetta dans le cadre du festival Au fil des voix à l'Alhambra en février 2009. J'ai alors été un peu frustrée que l'échange entre A Filleta et Mieko Miyazaki se limite à un salut du public en commun mais connaissant le professionnalisme d'A Filetta et leur emploi du temps très chargé, je comprends facilement qu'une improvisation mêlant voix corses et instrument japonais n'ait pas été possible. Comme le dit très justement Didier Pierrat, à l'origine de la rencontre entre Voce Ventu, Mieko Miyazaki et Manuel Solans, il n'est pas toujours facile pour des artistes corses, issus la plupart du temps de la tradition orale, de placer leur voix sur la musique de musiciens chevronnés de formation classique. Rendez-vous donc en mai 2010 pour célébrer l'amitié corso-japonaise.
Voir le communiqué de presse.

29 mai 2010 : concert Voce Ventu & Mieko Miyazaki à l'auditorium du musée Guimet (Paris)

Quelques jours après être rentrée de ce merveilleux voyage au Japon, que d'émotion pour moi de repartir en voyage, cette fois-ci depuis l'auditorium du musée Guimet en découvrant l'improbable rencontre d'un groupe de polyphonies corses, Voce Ventu et d'une artiste japonaise Mieko Miyazaki, rencontre à l'initiative de Didier Pierrat, directeur du Centre Accueil Franco-Japonais de Paris. L'assistance du concert se partage entre communauté japonaise de Paris et communauté corse. Il faut dire que Mieko Miyazaki est une artiste reconnue, chanteuse et virtuose du koto, instrument traditionnel japonais qu'elle appelle également cithare japonaise. Quant à Voce Ventu, c'est un jeune groupe corse, marqué par leur tournée de concerts au Japon en 2006, au point de vouloir poursuivre l'échange en résidence d'artistes jusqu'à l'aboutissement du projet de disque.
Bien sûr ce concert était pour moi une évidence mais il m'a touchée pour de nombreuses raisons qui furent pour moi de véritables surprises. Tout d'abord il s'agissait d'un concert plutôt bavard, comme je les aime, où chaque morceau était présenté parfois en corse, en français ou en japonais. Mieko n'a pas manqué de faire un rapprochement entre la Corse et l'archipel d'Okinawa, d'où viennent plusieurs morceaux du concert, qui a été dans le passé un territoire indépendant, avant d'être rattaché au Japon tout en conservant de fortes particularités régionales et des traditions fortes. Okinawa c'est un peu la Corse du continent japonais, vous me suivez ?
Ce soir là, au musée Guimet, on ne pouvait être qu'admiratif devant le travail d'imbrication des voix corses, japonaises, du violon de Manuel Solans, de la guitare et du koto. Berceuses japonaises, corses, chants traditionnels japonais ou corses s'enchaînent si bien, que l'on a du mal à imaginer qu'ils ont eu auparavant une vie indépendante sans double partition de voix ou d'instrumentalisation, c'est une évidence, ils étaient faits pour se rencontrer ! Il y a dans cet échange beaucoup de douceur, lorsque Mieko pause quelques notes de koto sur des voix corses mais aussi beaucoup de dynamisme lorsque les quatre chanteurs de Voce Ventu viennent en renfort sur un chant traditionnel japonais. Mieko a d'ailleurs une très grande palette d'interprétations. Gracieuse et féminine lorsqu'elle est penchée sur son koto, elle devient une enfant facétieuse lorsqu'elle interprète le répertoire proche de l'enfance. Quant aux Voce Ventu, ils chantent en japonais, parait-il sans accent, et semblent comme revigorés par cet exercice d'interprétation hors du commun. Cerise sur le gâteau, nous avons pu faire l'acquisition du disque sorti en avant première pour le concert. Difficile de parler d'un morceau plus que d'un autre. Tessi Tessi (titre de l'album) sera sans aucun doute la bande son de mon voyage au pays du soleil levant et celle de l'été 2010. Pour la petite histoire, le disque a été enregistré dans une église d'Aquitaine et sera suivi d'un documentaire en septembre 2010. A la vue du teaser sur internet et du concert qui allie grâce et virilité, il y a fort à parier que le film sera rendre l'énergie et le miracle de cette rencontre entre deux îles géographiquement si éloignées mais si proches dans leur respect des traditions.

Des images de ce projet :
http://www.dailymotion.com/video/xcxzgq_voce-ventu-mieko-miyazaki_music?start=0

Un site :
http://voce-miyazaki.com/

Juste pour l'anecdote : samedi 14 mai 2011, je me rends à la médiathèque de ma ville pour y faire mon réapprovisionnement culturel quand je remarque le disque Tessi Tessi dans les nouveautés. Aussitôt je félicite le bibliothécaire-disquaire sur cette très heureuse initiative tout en lui indiquant que je suis agréablement surprise par cette acquisition courageuse qui sort des sentiers battus. Ce à quoi il me répond, à juste titre, que c'est son métier de faire une sélection et de dénicher des pépites non commerciales. J'y vais de mon petit couplet sur le fait que ce disque est une merveille et du coup, un peu pour s'en convaincre et peut-être aussi pour me faire plaisir, il le passe dans la médiathèque. Je vous le donne en 1000, au bout de 2 titres en écoute, un lecteur est saisi par la beauté du disque et demande à l'emprunter ! Oh sacrilège, le disque est coupé, heureusement c'est pour la bonne cause et je me console en me disant que la médiathèque ferme et que mon exemplaire m'attend chez moi sur la platine puisque le matin même je l'écoutais encore... Vous l'aurez compris, j'adore ce disque plus que tout !

Quand les îles se rencontrent

Cinéma documentaire / Avant-première

試写会「島々が出会うとき…」

Vendredi 22 octobre 2010 à 19h30
Maison de la culture du Japon à Paris | 101 bis, quai Branly | 75015 Paris | Métro 6, Bir-Hakeim | RER C C, Champ de Mars - Tour Eiffel


Mieko Miyazaki joue du koto, Voce Ventu est un groupe de polyphonies corses. Depuis leur rencontre en 2007, ces artistes ont travaillé un répertoire musical commun, puis donné des concerts en Corse, à la MCJP, sont partis en tournée au Japon de Tôkyô à Okinawa… Ils se sont retrouvés l’an dernier dans une église des Landes pour enregistrer leur premier album Tessi Tessi (« tisser des liens » en corse).
Ce documentaire retrace l’histoire de cette étonnante rencontre de deux cultures insulaires, ancrées dans leur tradition. Un beau voyage musical filmé en immersion, riche en moments d’échanges et d’ouverture, à l’encontre de clichés trop souvent véhiculés sur le Japon et la Corse…

Projection suivie d’une rencontre avec les artistes, le réalisateur et les auteurs.

http://www.mcjp.fr/francais/cinema/quand-les-iles-se-rencontrent-188/quand-les-iles-se-rencontrent


Voce Ventu & Mieko Miyazaki
envoyé par axelmatignon. - Regardez plus de clips, en HD !

Même si à mon grand regret, le groupe Voce Ventu n'était pas présent à cette avant-première du fait des grèves de transport, c'était un moment de grâce dans cet automne syndiqué et morose.
Le documentaire de 52 minutes réalisé par Samuel Lajus revient sur la rencontre entre Mieko Miyazaki et le groupe corse Voce Ventu, une rencontre marquée par une très grande complicité en dépit de quelques désaccords néanmoins constructifs.
L'émotion et la concentration des artistes sont palpables sur les visages filmés au plus prêt. Quant aux décors, qu'ils soient ceux de la résidence d'artistes en Corse (avec le bruit des cigales en prime), à Tokyo ou à Okinawa, c'est un vrai régal.
Les meilleurs moments sont sans doute ceux où la surprise se lit sur les visages des japonais incrédules lorsque les corses interprètent leurs chansons traditionnelles.
C'est l'occasion aussi pour le spectateur d'être plongé dans la réalisation et l'enregistrement d'un disque. L'enregistrement s'est d'ailleurs déroulé dans une petite église des landes, divinement photogénique (si l'on peut parler ainsi) dans des conditions réelles de concert. Le groupe avait de fait  l'obligation d'être parfaitement calé puisqu'il y avait une seule prise pour les voix et les instruments. Selon Mieko c'est ainsi que la musique devrait être enregistrée, en tout cas la vraie musique humaine, imparfaite mais authentique.
Une vrais prouesse si l'on sait qu'il n'y a aucune partition écrite de l'album et que tous les échanges et les réglages ont dû être mémorisés par les artistes.
Le DVD devrait être diffusé sur France3 Corse Via Stella le 27 novembre 2010. Des bonus sont actuellement en préparation à l'Université de Corté où ils sont traités comme projet pédagogique par les enseignants du département audiovisuel.
Souhaitons à Tessi Tessi (documentaire et CD) une longue vie en France et à l'étranger avec je l'espère d'autres concerts à Paris. Le disque est une merveille. Le documentaire qui l'accompagne est tout aussi sensible, touchant et si drôle, un peu comme si toutes les tensions du choc culturel corso-japonais pouvaient se résoudre par l'humour. J'ai adoré le montage du film et j'ai hâte d'avoir la possibilité de le revoir pour en mesurer toute sa finesse. Je n'ai qu'une chose à dire je suis FAN et plus j'écoute, plus je vois de choses sur ce projet, plus il s'inscrit en moi.

Mieko Miyazaki et Voce Ventu, affiche du concert à Guimet

Ce que la presse en dit :

"Ce disque réussi et inspiré consacre la rencontre des voix corses, du chant japonais, du son limpide du koto, rehaussés par le son chaud du violoniste classique Manuel Solans" Agence France Presse

"On a connu des mariages de sonorités exotiques ratés. Celui-ci est l’une des plus belles réussites de l’année" 20 Minutes

"Ici se croisent les traditions millénaires du Japon et celles non moins ancestrales du chant polyphonique corse" Mondomix M'aime

"Une fusion musicale harmonieuse et une découverte inoubliable à ne pas manquer!" Afrique Asie

"11 morceaux, véritables traits d'unions entre les deux cultures insulaires" France Info
"Un mélange de parfums qui va vous enivrer. Laissez- vous séduire!" Coup de coeur d'Evelyne Adam France Bleu National

"Tessi Tessi ajuste deux univers que l’on pensait hermétiques l’un à l’autre, deux cultures ancestrales et ancrées dans leur tradition. Ce sont ces instants d’unisson entre les sons cristallins du koto et la puissance du chœur d’hommes qui révèlent non une musique atypique, mais atopique : qui n’appartient à aucun lieu" M-la-Music

Des témoignages :

"Quel mariage entre les chants polyphoniques de la Méditerranée et la délicatesse, l’harmonie du koto japonais ? La réponse, rassurante, est immédiate : Mieko Miyazaki et le groupe Voce Ventu, avec un talent artistique partagé, réalisent une alchimie, à priori improbable, qui fond, enchaîne, valorise les deux cultures; le succès est au rendez-vous de l’authenticité, de la recherche, du travail patient et complexe. " Dr Edmond Simeoni
"Quel beau voyage!... Belle union insulaire offerte aux vents par les voix corses et le koto de Mieko. Parfums aux saveurs d’antipodes imprégnés du goût du partage, de la Corse au Japon, en passant par Okinawa…" Pierre Barouh

Source : Article Corse Matin de septembre 2010.

 



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Dernière modification le 19/05/2014