Tralonca pancarte

Tralonca

Village à forte personnalité, dressé en nid d'aigle et situé dans la région du BOZIO à douze Km de CORTE (sortir de CORTE par la route de BASTIA jusqu'au Col de S. Quilicio, puis prendre à droite la D41). 64 habitants en hiver, sa population triple en été.

Tralonca

A l'entrée du village, se trouve en ensemble de "pagliaghji", maisonnettes de pierre à vocation pastorale et au toit en terre, dont certains ont été rénovés. Ils témoignent d'une ancestrale activité d'élevage de chèvres et de brebis toujours pratiquée au village.   Cet ensemble, unique en Corse par sa densité, a fait l'objet de traités d'architecture pour son caractère remarquable (rapprochement avec le village des bories de  Gordes (84) et avec les nuraghe de Sardaigne). Ces constructions sont effectivement réalisées sans étage "apparent" et avec des toits plats, en terrasse, couverts d'argile et de paille hachée (terra rossa). Il s'agit là de locaux à usage de bergeries en partie basse (faible hauteur sous plafond et absence de lumières autre que la porte) et de fenil en partie "haute", d'où le nom corse attribué. En aucun cas, et à travers les siècles, ces locaux n'ont eu de destination d'habitat, ni permanent, ni même provisoire, sauf à servir en cas d'orage... A propos des pagliaghi, voir la page sur "l'Opera di Rutali", et son remarquable travail dans la réhabilitation d'un ensemble de pagliaghi dispersés cependant, sur un parcours de 3 km.

Tralonca

Les maisons de Tralonca ont toutes au minimum trois, voire quatre niveaux pour certaines. Toutes ont d'ailleurs cette caractéristique d'une coupe en "cristal de roche". C'est même cette structure de façades, toutes solidaires (et il faut y voir une symbolique) et particulièrement hautes qui a fait dire de Tralonca que le village était "incastellatu".
En vis-à-vis du village, le vieux hameau du Zuccarellu abandonné, selon la légende, au dixième siècle par la faute d'un de ses habitants. Furieux que la messe ait commencé sans lui, il aurait abattu le curé du village dans un geste de folie. Le hameau fut alors envahi et détruit par les fourmis et ses habitants durent prendre la fuite pour s'établir soit à Tralonca, soit à Sainte Lucie où l'on retrouve le patronyme de Zuccarelli.

Cimetière de Tralonca

L'église de Tralonca est dédiée à San Bernardino. On y découvre un ancien tabernacle en bois sculpté et marqueté de la fin du XVIIème siècle, ainsi qu'un Christ en croix polychrome du XVIIIème siècle. A voir aussi les chapelles de Saint-Roch et San Lorenzo.

Au milieu du cimetière planté de cyprès se trouve la chapelle Saint-Laurent, le saint patron du village fêté le 10 août.

Des toponymes corses crochus par Jean Chiorboli (également auteur du Corse pour les Nuls chez First)

I.G.N: Uncinu, Ancinu, L'onca, Tralonca, Ancone, L'Ancone, Lancone

(En réponse à une question de Anne Luciani, Université de Corse)

Le crochet (ancinu)

Le latin UNCINU donne en corse uncinu et ancinu (les doublets du type Imbutu/Ambutu font naître Ancinu à côté de uncinu) :

  • Punta Di L'Uncinutu (Sari-Solenzara) 2A, cap
  • Uncinellu (Zérubia) 2A, ld
  • Uncinu (Fozzano) 2A, ld
  • Pietra Ancinada (Zilia) 2B, ld
  • Ruisseau de L'Ancino (Castiglione) 2B, riv
  • Tralonca 2B, Wikipedia

Autres toponymes crochus (oncu)

Le latin UNCINUS est lié à UNCUS (adjectif «recourbé, crochu»; nom «crochet, grappin»). L'adjectif corse oncu a le même sens (cf. le proverbe A chì hé dirittu ùn pò turnà oncu, «ce qui est droit ne peut se recourber») et des sens figurés plus ou moins imagés (a faccia onca, detta paffa di culu, Casanova 1982) parmi lesquels celui de «antipathie» (piglià si in onca: c'est justement le contraire de l'expression populaire qui fait référence aux «atomes crochus»!)

UNCUS est à la base de nombreux toponymes corses (référence la plupart du temps à la forme: courbe, courbure, coude etc.) :

UNCU (L'Onca, Lonca, Tralonca)

  • L'Onca (Guagno) 2A, ld
  • Ruisseau de L'Onca (Ota) 2A, riv
  • Ruisseau de Lonca (Évisa) 2A, riv
  • Tralonca 2B, comm

Le type Lonca présente l'agglutination de l'article (l'Onca > Lonca); Tralonca est formé avec TRANS «au-delà de» (Rodié avait reconnu le préfixe mais pas le substantif «Que signifie Lonca?»)

ANCON, ANCONIS (Ancone, Lancone)

Les toponymes corses du type Ancone, L'Ancone, Lancone (agglutination de l'article) se retrouvent souvent dans le même environnement topographique que les types Onca, L'onca, Lonca (UNCUS), et l'aphérèse suivie d'une fausse reconstruction peut avoir joué: onca + -one (augmentatif) > uncone > (bellu) 'ncone > ancone. Cependant il faut sans doute ici se baser sur l'étymon latin ANCONE (d'origine grecque) qui a le sens de «angle, coude» (on peut voir un rapport avec UNCUS «recourbé»; cf. aussi la ville italienne d'Ancona), mais aussi celui de «console» en architecture) et donc «surplomb, encorbellement». Tous ces sens constituent une motivation plausible pour les toponymes que nous citons ci-après.

Ancone, L'ancone

  • Ancone (Calcatoggio) 2A, ecar
  • Anconi (Lavatoggio) 2B, ld
  • Cala d'Ancone (Calcatoggio) 2A, baie
  • L'Ancone (Manso) 2B, ld
  • Tour d'Ancone (Calcatoggio) 2A, chat
  • Piscia Di L'Ancone (Salice) 2A, casc

Lancone

  • Défilé de Lancone (Olmeta-Di-Tuda) 2B, dfil
  • Ruisseau de Lancone (Renno) 2A, riv
  • Ruisseau de Lanconi (Castello-Di-Rostino) 2B, riv

Rodié avait préféré l'étymon INCISA «brèche dans un rocher», et écarté le rapprochement possible avec Lancona en Toscane où on a reconnu le mot ancona «saint dans une niche» (Pieri). C'est pourtant cette dernière hypothèse qui semble la plus vraisemblable, même si l'origine de ancona (variante septentrionale de l'italien icona ou cona au Sud) a pu sembler peu claire. Au plan sémantique c'est la connotation religieuse qui a pu créer l'association entre icona «image sacrée» et ancona «Saint dans une niche», outre le rapport entre les images de la «niche» et celles de «cavité» dans une paroi, «surplomb». Pour les toponymes corses cités, le croisement est plausible entre ces acceptions et celle de «coude», «courbure».

Jean Chiorboli
, extrait de Langue Corse et noms de lieux, p.156-7 (Albiana)
http://www.albiana.fr/Problematique-de-la-langue-corse/Langue-corse-br/et-noms-de-lieux.html?keyword=noms+de+lieux )

 

On en parle dans la presse : En 2006, Talonca a fait l'objet de deux articles dans Corse Matin. 

Une première fois, le 6 août 2006, malgré la légende Omessa, il s'agit bien d'une photo de Tralonca, prise par Gérard Baldocchi avec le concours d'Héli Air Monaco. Une erreur de maquette qui ne nous a pas échappé ! 

Tralonca, Corse Matin 06/08/2006

La deuxième fois, le 20 août 2006, légende et photo coïncident bien, titre de l'article : "L'âme du centre Corse bat à Tralonca", arrticle de S.P., photo de Mario Grazi.
(Le format A4 de mon scanner ne me permet pas de scanner les articles dans leur intégralité).


Tralonca, Corse Matin 20/08/2006

2008 : Tralonca a aussi ses people !

Sachant que selon une théorie propre à Barbara Furtuna, la Corse est le centre du monde (car elle se trouve pile au centre d'une croix qui vise, au nord l'Europe, au Sud l'Afrique, à l'ouest le continent américain et à l'est le continent asiatique), on soupçonnait bien dans la famille que Tralonca fût le centre du centre du monde. Voilà que nos prévisions étaient tout à fait fondées. C'est le lieu où il faut être et surtout être vu ! Fini l'achat de riads à Marrakech, de maisons de pêcheurs à l'Ile de Ré. Aujourd'hui, les vraies valeurs sont reconnues et il n'est de bon goût que d'habiter à Tralonca.

 L'effet David Berkeley, ni serait pas pour rien.

Ce compositeur et chanteur reconnu du monde entier et originaire de N.Y. est venu s'abriter à Tralonca ! Alors du coup, tout le monde se perd en reconnaissance devant tant d'honneurs. Savoir qu'il a délaissé la Big Apple au profit de l'humble refuge de bergers ...Comme il n'est pas mal de sa personne toutes les femmes en sont amoureuses et vantent ses yeux bleus clair et sa chevelure noire de jais.

Il a en fait élu domicile à Tralonca parce que sa femme fait une maîtrise d'ethnologie à l'Université de Corte. Sans doute est elle partie sur les traces de Lady Rose, Dorothy Carrington qui a écrit "Granite Island, a Portrait of Corsica", un ouvrage ethnologique datant de 1971 qui fait pourtant toujours référence. (Traduction disponible chez Arthaud, La Corse de Dorothy Carrington)

Compte tenu qu'il est plus connu comme compositeur que comme chanteur, il peut se permettre de s'écarter quelque peu des scènes internationales. Vu son calendrier, il se serait récemment rendu à Ajaccio, Barcelone (j'y étais David, pourquoi ne m'as-tu pas prévenue ?) et Sartène (voir article ci-dessous). On peut y rajouter Corte, où il a donné un concert sous les remparts de la Citadelle, il y a une quinzaine de jours. A l'issue du concert, il est descendu embrasser tous les traloncais assis aux places d'honneurs aux premiers rangs.

La thèse de son épouse devant sans doute être reçue dans les mois qui viennent, le projet d'un retour vers N.Y. est déjà organisé, pour la mi-novembre 08.

Par contre, il a bien promis de revenir l'année prochaine pour le mois d'août et en particulier pour offrir un concert à Tralonca sur la place de l'église, à l'occasion de la Saint Laurent (10 août).

Un must de l'été 2009, c'est certain !

En attendant, même si j'avoue que la perspective de croiser un beau gosse dans les rues de Tralonca peut présenter un intérêt supplémentaire pour visiter le village, j'ai envie de dire aux dames traloncaises qu'il y a dans les groupes polyphoniques actuels quelques très beaux spécimens, qui de surcroît chantent dans votre langue. Il serait peut-être bon de s'en souvenir plutôt que de se pâmer pour un américain qui vous aura bien vite oubliées dès son retour aux Amériques...

En relisant le programme 2008 des rencontres polyphoniques de Calvi, je m'aperçois que David Berkeley y participera le samedi 13 septembre autour d'un très alléchant programme "polyphonies corses profanes et sacrées". Nous nous croisons à Barcelone et David passe à Calvi l'année où je ne peux m'y rendre : quelle déception ! 
Je retire ce que j'ai dit, si David s'attaque au répertoire polyphonique corse dans le cadre des très prestigieuses rencontres, ça ne peut que susciter notre admiration. A quel dommage que je n'y sois pas ! En espérant que mes correspondants locaux apprécieront la performance...à suivre...

Article inspiré par mon correspondant local.

David Berkeley a trouvé refuge à Tralonca

Article paru dans Corse Matin du 13 août 2008. Il est beau, il chante bien et il a choisi Tralonca !

En savoir + :
http://radio.aol.fr/music/David+Berkeley/_/Straw+Man

Les cartes postales anciennes :

Carte postale ancienne de Tralonca

Carte postale ancienne de Tralonca


Interprétation de Tralonca par Gérard Fournier

Merci à Gérard Fournier, enfant du village, pour cette belle interprétation de Tralonca sous la neige tout à fait en accord avec les couleurs du site.

"hé u paese unicu è solu chi dà l'acqua à Golu è Tavignanu" 
(le seul et unique village qui donne de l'eau au Golu et au Tavignano).

Consulter la généalogie de la famille Guelfucci, originaire de Tralonca.

Octobre 2008 marquera un tournant dans la vie de cette page avec la réception de plusieurs photos de Tralonca d'une beauté saisissante. Ces photos m'ont été envoyées par Philippe Sarthou qui n'est ni corse, ni résident de Tralonca et pourtant il a su capter l'âme du village comme personne [pour les traloncais, Philippe est un ami de Jean-Paul Albertini qui a séjourné au village en août 2008].
Les angles et la lumière des photos grand angle donne à Tralonca un côté terre promise : de là tu viens et là bas tu retourneras. Tralonca, nid d'aigle, comme touché par la grâce divine.
Les photos religieuses ont ce côté à la fois intimiste et festif : souvenirs des festivités du 10 et du 15 août, du Saint Laurent que l'on porte à bout de bras à travers le village, des cortèges d'enfants bruyants, d'anciens respectés, de parents attentifs et fiers. 
Sur une photo de la procession à travers le village, non reproduite ici pour des raisons de droit à l'image des personnes, il m'a semblé revoir mon grand-père Paul Guelfucci. 
Ces photos m'ont beaucoup émues, sans doute parce qu'elles sont techniquement d'aujourd'hui mais aussi sentimentalement d'hier, un peu comme si rien n'avait changé...sauf moi peut-être...il s'est passé un peu de temps entre le moment où mon père m'asseyait sur le dos des ânes traloncais (à mon corps défendant) pour me prendre en photo et aujourd'hui...peut-être le prochain scoop de cette page si j'arrive à remettre la main dessus...

Toutes les photos ci-dessous sont de Philippe Sarthou, merci à lui pour ce grand moment de bonheur à leur réception et leur mise en ligne qui justifie à lui seul six années d'administration de cette page.

Tralonca par Philippe Sarthou

Tralonca par Philippe Sarthou

Tralonca par Philippe Sarthou

Tralonca par Philippe Sarthou

Tralonca par Philippe Sarthou  

Toutes les photos (grand format) ci-dessus sont de Philippe Sarthou.

Tralonca sous la neige février 2012 photo de Mr.Tosi

Ci-dessus et dessous : Tralonca sous la neige en février 2012,
photos transmises par les lecteurs de Corse Matin

Tralonca sous la neige février 2012 photo de Mr.Martinetti

 

Article Corse Matin du 17 juillet 2013

Extrait de l'article sur Tralonca dans Corse Matin du 24 juillet 2013

Extrait de l'article sur Tralonca dans Corse Matin du 24 juillet 2013

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Dernière modification le 23/10/2015