Carnet de voyage : Chine, 2002

    

Décembre 2001 : Il y a urgence
Le groupe
Le vol : mercredi 27 mars 2002
Jeudi 28 mars 2002 : arrivée à Shanghai en matinée

Vendredi 29 mars 2002 : journée libre à Shanghai
Samedi 30 mars 2002 : Shanghai-Suzhou, la Venise chinoise
Dimanche 31 mars : Suzhou et départ vers Guilin
Lundi 1er avril 2002 : Croisière sur la rivière Li

Mardi 2 avril 2002 : Xian, berceau de la civilisation chinoise 
Mercredi 3 avril 2002 : Xian, Départ vers Pékin   
Jeudi 4 avril 2002 : arrivée à Pékin
Vendredi 5 avril 2002 : Nous ne verrons pas la Muraille de Chine !
Samedi 6 avril 2002 : Palais d'Eté, "Hutong", canard laqué
Dimanche 7 avril 2002 : La Grande Muraille, le retour !
Lundi 8 avril 2002 : Vol retour vers Paris
Portraits des protagonistes
Bibliographie

Divers tuyaux

Décembre 2001 : Il y a urgence

On parle beaucoup de la Chine dans les média. C'est la sino-mania. Les jeux olympiques ont été attribués à Pékin pour l'été 2008. Il y a urgence à visiter cette ville qui se transforme de jour en jour. Le vieux quartier des "hutongs" est détruit pour être réhabilité. Les pékinois sont invités à se reloger en banlieue. Il y a aussi cette histoire de barrage sur le fleuve Yangzi. Le barrage devrait détruire de nombreux sites historiques qui sont déplacés à la va-vite comme les habitants dans une espèce de panique générale au mépris le plus total de la préservation du patrimoine de l'humanité. Bref, il y a urgence à visiter le plus grand chantier du monde avant que ses vestiges anciens disparaissent sous le béton.

La maison de la Chine a bonne réputation. Son catalogue noir et blanc invite au voyage. Pour ce genre de pays et dans le peu de temps qui m'est imparti, impossible d'envisager un voyage non accompagné. Les distances à parcourir sont énormes (un pays grand comme l'Europe) et l'anglais est loin d'être pratiqué partout : un minimum d'organisation et de prise en charge s'imposent donc. Au moment de la réservation et alors qu'il faut lâcher un chèque de quelques milliers de francs, on vous présente du thé au jasmin dans une ravissante tasse vert céladon, suprême raffinement, n'est-il-pas ! La maison de la Chine organise des conférences pour présenter ses voyages. J'assiste à une première conférence qui présente le voyage Pékin-Pingyao. Le plan de Pékin entre les mains, la simple évocation des sites à visiter donne déjà l'impression d'y être.

Puis vient la réunion de présentation de notre voyage : "Traversée à sa guise". Contrairement à son intitulé, nous n'en ferons pas qu'à notre guise mais ce séjour nous réserve quelques plages de temps libre sous forme de journées ou demi-journées. La perspective d'être livrée à moi-même dans Shanghai ou Pékin ne me rassure pas spécialement, je compte beaucoup sur le groupe où j'espère trouver des affinités pour occuper ce temps libre.


Le groupe

Notre première rencontre se fait lors de la réunion de présentation du voyage et là c'est le choc ! Arrivée avec un peu de retard, je découvre une assistance constituée essentiellement de mamies du troisième, voire quatrième âge, à peine valides, dont les questions toutes plus stupides les unes que les autres vont du : "Y-a-t'il des portes aux toilettes ?" à "Y-aura-t'il du pain pour le petit déjeuner ?". Plus la réunion avance et plus je me décompose. Le rêve de voyage culturel en Chine se transforme sous mes yeux en cauchemar d'immersion en service gériatrie. Alors que la réunion se termine, ma voisine interrompt le cauchemar par un "je vous rassure, nous ne sommes pas dans le même groupe qu'ELLES" qui me transporte de bonheur. C'est Claudine, ma future mère adoptive qui, avec ses 50 ans passés fait figure ici de jeunette.

A l'aéroport, je fais connaissance avec le reste de mes compagnons de voyage.

Annie et Denise, les cousines champenoises, Céleste et Paul, les jeunes mariés, Alain et Véronique, les bordelais, Claire, la féministe et Patrick et Claudine, qui dès le départ font preuve d'un grand sens de l'organisation puisqu'ils se chargent du visa collectif. Trois couples, quatre célibataires. Moyenne d'âge du groupe 60 ans. Tout ça n'est pas très jeune mais compte tenu du prix du voyage, je ne m'attendais pas à voir débouler une bande de routards.

Groupe Chine


Le vol : mercredi 27 mars 2002

Est un vol de nuit Paris-Shanghai. A peine le dîner servi, la cabine passe en version nuit. Difficile de dormir en classe économique mais au moins on se repose.


Jeudi 28 mars 2002 : arrivée à Shanghai en matinée

La nuit a été quasi inexistante. Notre guide, Ma, nous attend à l'aéroport. Nous sortons tout juste du petit déjeuner proposé par Air France et il est déjà question d'un déjeuner chinois. On nous installe à une table ronde avec plateau central tournant où nous prenons place tous les 10. Il en sera ainsi pendant tout le voyage. Le petit nombre de participants nous permet ainsi de passer tous nos repas ensemble et favorise la cohésion du groupe. Premier repas donc et premier test des baguettes. Il est difficile de passer des croissants/café aux légumes frits mais l'appétit vient en mangeant.

Visite de la Tour de la Perle de l'Orient (483 m). Le temps est pluvieux et brumeux. La vue sur le quartier moderne de Pudong disparaît dans les nuages. Visite de la vieille ville de Shanghai et du jardin du mandarin Yu. C'est notre premier aperçu des jardins chinois avec leurs petits pavillons, leurs différents styles de mobilier, leurs ateliers de calligraphie et surtout leur goût prononcé pour la pierre sacrée, sorte de rocaille poreuse très découpée dont ils agrémentent les jardins. Dans le bus qui nous amène à l'hôtel, je lutte contre le sommeil pour essayer de capter les premières impressions de la ville. Je ne suis pas la seule, décalage horaire oblige, nous piquons tous du nez. Claire qui aurait du être mon "binôme" a pris un supplément chambre individuelle lors de la réservation, du coup, je me retrouve aussi en chambre individuelle, un isolement social qui se transforme vite au cours du voyage en un luxe fort appréciable.


Vendredi 29 mars 2002 : journée libre à Shanghai

Je ne me sens pas encore assez à l'aise pour déambuler seule toute une journée. Patrick et Claudine acceptent de jouer le rôle de mes parents adoptifs.

Le matin, visite du musée de Shanghai. Je suis éblouie par le modernisme de la vaisselle, la grâce fragile du jade et la richesse des costumes des minorités. La boutique du musée offre une sélection de très bon goût de livres, objets de calligraphie, petits souvenirs. Malheureusement, nous sommes au début du voyage et il faut optimiser le budget.

Musée de Shangai

Balade dans la rue de Nankin : 5 kilomètres de boutiques, de quoi donner le tournis. Arrêt au Peace Hôtel, connu pour sa décoration années 30. Claudine et moi apprécions les appliques Lalique à leur juste valeur. Promenade sur le Bund où se trouvent les anciens établissements bancaires qui ont fait la richesse de la ville. Le temps s'est un peu dégagé et nous laisse entrevoir la baie de Pudong. Nous décidons ensuite de prendre un taxi pour visiter un magasin de soie recommandé par le routard . Alors que nous cherchions plutôt de la confection, le magasin s'avère être un magasin de soie au mètre. Le déplacement n'aura pas été inutile pour autant puisqu'il nous donne un aperçu de l'ancien quartier français avec ses allées bordées de platanes. Dans un jardin public, nous découvrons la sérénité qui se dégage de ceux qui pratiquent la gymnastique chinoise, tai-chi ou qi-gong. Retour à l'hôtel en taxi. Le soir Paul a insisté pour revoir un spectacle de cirque qu'il avait apprécié lors de son dernier voyage en Chine. J'y vais plus par esprit de groupe que pour le spectacle en lui-même et j'en ressorts complètement conquise par la poésie et l'humour qui se dégagent du spectacle. Nous poursuivons la soirée par un tour de Shanghai "by night" et là, contrairement à toute attente, c'est le coup de foudre pour la beauté des gratte-ciel, de leurs lignes pures et leurs illuminations. Moi qui ne pensait avoir de goût que pour les cottages anglais, les toits en lauze et les petits villages corses, je suis subjuguée par cette ville moderne et scintillante. Pour finir, notre guide nous conduit à un restaurant dans une rue perpendiculaire à la rue de Nankin. Vraisemblablement notre meilleur repas de tout le séjour car il est improvisé dans un restaurant sans prétention et non touristique.


Samedi 30 mars 2002 : Shanghai-Suzhou, la Venise chinoise

Nous rejoignons la gare de Shanghai en bus. Sur l'autoroute, le bus commence à avoir des ratés, puis il tombe en panne peu après une bretelle de sortie, en plein milieu de la circulation. Les hommes sortent pousser; nous finissons le trajet à pied. Heureusement, nous sommes tout près de la gare et nous n'avons pas à nous préoccuper de nos bagages qui font en parallèle du notre, leur propre voyage.

Départ en train pour Suzhou, ville célèbre pour ses soieries et ses jardins d'agrément conçus par des mandarins. Visite du jardin de la Politique des Simples dont le nom s'inspire d'une ancienne maxime : "Cultiver son jardin pour subvenir à ses besoins quotidiens", voilà ce qu'on appelle la politique des simples. Il est considéré comme le plus beau et le plus typique des jardins de Suzhou. C'est aussi le plus grand (5 ha). Il fut crée au XVIème siècle (dynastie Ming) par un censeur général à la cour impériale, qui mit seize ans à l'aménager. Les jardins ne sont pas des espaces de tranquillité absolue puisqu'ils grouillent de touristes asiatiques parfois escortés par des guides dotés de microphones. Pourtant on ne peut que tomber sous le charme de cette recherche perpétuelle de l'harmonie entre les pavillons disséminés, la végétation en fleur et toujours l'omniprésence de la roche sacrée. Malgré l'affluence de touristes, les jardins sont très propres (même les poubelles se fondent dans le décor) et non fumeurs. Les jardins de bonsaïs, jardins dans les jardins, valent à eux seuls le déplacement. 

Poubelle chinoise

Poubelle chinoise

Après le déjeuner, visite d'une fabrique de soie. Petits cocons blancs se transforment en pelotes, puis en couettes. Dans le groupe, il y a ceux qui investissent dans des couettes en soie et ceux qui préfèrent la confection après un défilé de mode très convaincant.

Le groupe opte pour une visite en bateau de la ville. On parle souvent de Suzhou comme la Venise chinoise car elle est bâtie autour d'un réseau d'étroits canaux qu'enjambent de petits ponts de pierre. La promenade en bateau se termine par la visite d'un marché local qui nous permet de découvrir la richesse de la cuisine asiatique à l'état brut : tout ne semble pas comestible, et pourtant…

Retour dans notre hôtel dans le style local avec petit jardin intérieur et couettes en soie et première aventure du voyage. Nos bagages, bien que faisant leur voyage en parallèle, sont sensés nous attendre à la réception; or pas l'ombre d'une petite valise. Chacun rejoint sa chambre pour prendre une douche. Après une heure d'attente, je me retrouve à la réception avec Alain. Personne ne parle anglais. Les bagages semblent perdus. Le guide est introuvable. Panique à bord ! Et dire que nous ne sommes qu'au troisième jour du voyage ! Finalement après avoir retrouvé notre guide et quelques coups de fils magiques aux plus hautes autorités de Pékin, les bagages sont localisés. Ils étaient en souffrance à la gare de Suzhou. Le guide a perdu la face, l'affaire est grave. De cet incident, nous apprendrons qu'il faut rester calme en toutes circonstances. Lorsqu'on s'énerve, les chinois se braquent et il n'est plus possible d'en tirer quoi que se soit. Un guide en Chine, n'est pas seulement un guide, il est surtout un interprète.

Au dîner, Céleste fête son anniversaire. Elle reçoit de petites babioles chinoises.


Dimanche 31 mars : Suzhou et départ vers Guilin 

Mâtinée et déjeuner libres. Je pars avec mes parents adoptifs pour visiter le jardin du Maître des Filet et le jardin Liu. Je suis particulièrement impressionnée par les dallages en forme de mosaïque.

Bonsai fleuri

Dans les jardins, les asiatiques nous demandent souvent de poser sur les photos avec eux. Il faut croire que la présence d'un "grand nez" sur une photo souvenir apporte une petite touche d'exotisme supplémentaire.
Nous déjeunons dans une cantine locale où notre maniement hasardeux des baguettes fait bien rire nos voisins. Il est vrai qu'étant au début du séjour, nous ne sommes pas encore experts; Pour l'être totalement, il faut de l'entraînement et accepter de renoncer aux codes occidentaux de la politesse. Tout ce qui est interdit en Europe, porter le récipient le plus près possible de la bouche, laper la nourriture, est ici vivement conseillé sous peine de passer le reste du séjour chez le teinturier.

Après le déjeuner, visite du temple de la Cloche. Ma première approche d'un temple bouddhiste. Comme dirait Claudine : "c'est dimanche, c'est barbecue !". Les adeptes brûlent des bâtonnets d'encens et des petits papiers qui sont sensés véhiculer leurs vœux au ciel. Les statues de Bouddha sont couvertes d'offrandes. Il est parfois étrange, voire dérangeant de déambuler pour visiter le temple au milieu des pratiquants qui font tout un tas de génuflexions devant les statues.

Vol intérieur vers Guilin, baptisée "Forêt des Osmanthes", avec ses lacs et ses avenues bordées d'une variété de canneliers aux fleurs très parfumées.
Cette fois c'est Claire qui traîne le groupe pour un massage collectif des pieds. Nous prenons place côte à côte dans un salon qui nous est réservé. Le soin commence par un nettoyage des pieds dans un baquet en bois rempli d'une sorte d'infusion à base de plantes. La distribution des rôles est bien faite : les hommes sont massés par des femmes et vice-versa. S'enchaînent ensuite pendant une heure une chorégraphie de gestes synchronisés et répétés. Chaque parcelle du pied est sollicitée. Denise, qui est arrivée en Chine avec la clavicule cassée, sent comme une boule de feu dans son épaule au moment du massage des pieds. Quelques jours plus tard, elle se sentira tellement mieux qu'elle n'aura plus besoin de porter l'écharpe : miracle ? Quant à moi, j'éprouve de la douleur sur le point qui correspond à l'insomnie. La nuit suivante, je dormirai en effet très mal. Décalage horaire, auto-suggestion, réel problème de sommeil ? En tout cas, cette expérimentation de la médecine chinoise nous a tous ravi. Nous repartons le pied léger vers l'hôtel en traversant sur le chemin un marché nocturne d'antiquaires.


Lundi 1er avril 2002 : Croisière sur la rivière Li

La rivière suit son cour au milieu de petites montagnes aux formes de pains de sucre, caractéristiques des paysages karstiques. Des pêcheurs sur de rudimentaires embarcations pratiquent la pêche au cormoran. Ces paysages ont beaucoup inspiré la peinture chinoise. La traversée du petit bourg de Yangshuo sent l'attrape-touriste. Heureusement, notre guide nous improvise un spectacle d'équilibriste digne du cirque de Shanghai.

En rejoignant l'aéroport, nous longeons les rizières et avons ainsi un rapide aperçu de la vie à la campagne. Arrêt rapide dans un magasin de perles. Le soir envol vers Xian et transfert à l'Hôtel. L'Hôtel de la Tour de la Cloche est luxueux. Il vient d'être entièrement refait, tellement refait que les chambres embaument la peinture fraîche et la colle à carrelage.
Peut-être l'étape du voyage qui m'a semblée la moins marquante.


Mardi 2 avril 2002 : Xian, berceau de la civilisation chinoise et ancienne capitale 

Le matin visite de la fameuse armée en terre cuite près du tumulus de Qin Shi Huandi, premier empereur de Chine, qui régna dès l'âge de 13 ans entre 259 et 210 avant Jésus Christ. Qin croyait tellement en son immortalité qu'il s'est fait enterrer avec ses proches, et 8000 de ses soldat en argile, dans un gigantesque mausolée, découvert par accident en 1974. L'armée se dresse devant nos yeux à perte de vue sous une salle d'exposition bâtie tout autour d'elle pour la protéger. La mise en scène est tellement parfaite que l'ensemble paraît complètement irréel, un peu comme un décor de cinéma. Je suis surprise par la taille des statues (les statues peuvent mesurer jusqu'à deux mètres, chaque soldat pèse 200 kilos) ainsi que par les détails des costumes et des visages. Chaque guerrier est unique car chaque ouvrier appliquait ses propres critères artistiques. Chacune des ethnies est représentée dans l'armée en terre cuite. Ainsi plus de 700 000 sujets de l'empereur ont travaillé à édifier les 180 fosses funéraires enfouies dans cette nécropole de 56 kilomètres carrés. Comme il serait intéressant de descendre dans la fosse pour les admirer de plus près ! Ce privilège ne nous est pas offert. En achetant le très beau livre consacré au site, nous aurons une vision plus détaillée. La dédicace du livre par l'inventeur de l'armée donne lieu au deuxième incident du voyage. Il a découvert le premier guerrier en creusant un puits dans son jardin en 1974. Il est âgé et accepte d'être pris en photo mais sans le flash. Plusieurs flash crépitant devant ses yeux, il se met en colère, jette furieusement son matériel de calligraphie et part en pause syndicale. sous mes yeux alors que je m'apprêtais à lui tendre la version française du livre. Quelle déception ! Le guide propose de lisser mon livre en consigne jusqu'au retour du vieil homme qui le signera. Puis il sera transporté jusqu'à la réception de notre hôtel par un système de coursier inter-hôtels qui me laisse plus que sceptique. Il laisse des instructions en chinois sur l'emballage et j'abandonne mon précieux souvenir. Je m'attends au mieux à recevoir la version allemande, au pire à ne jamais le revoir. C'est sans compter la discipline et l'organisation chinoise. Le soir en rentrant à l'hôtel; le livre version française m'attend signé à la réception ! Peut-être signé par le bagagiste de l'hôtel, mais bon…

Sur les 8000 guerriers, seulement 1500 d'entre eux ont été mis à jour. Chaque statue peut nécessiter entre 1 et 3 mois de réparation. Une partie du site a été enterré à nouveau pour préserver les couleurs des statues. En effets, les couleurs disparaissent au moment de l'exposition à la lumière du jour. Les scientifiques cherchent encore le procédé qui leur permettra de fixer la laque qui recouvre les statues car cette laque est le support de la polychromie. Les soldats de terre cuite tenaient tous des armes; elles ont été dérobées par les rebelles mais il en reste quelques spécimen : flèches, arbalètes, épées. Les armes étaient recouvertes d'une fine couche de chrome (concept de l'industrie moderne) permettant d'éviter la corrosion et d'améliorer la résistance à l'usure. Une fosse d'armures factices en pierre a également été découverte, armures factices puisque les vraies armures étaient en cuir.

Qin, souverain cruel et visionnaire n'est pas seulement respecté par le peuple chinois pour ses victoires guerrières. Il est considéré comme le véritable fondateur de l'empire du Milieu car il a réussi à unifier le pays, jusque-là divisé en sept royaumes, et les différentes ethnies du pays en un seul peuple. Il a joué un rôle important de standardisation de son royaume non seulement pour les armes mais aussi pour la vie quotidienne en mettant en place un système d'étalonnage et une monnaie unique (sapèque ronde) pour favoriser le commerce. 

Les guerriers ne sont pas les seules représentation à Xian. 
Ont été également découverts dans les fosses funéraires : des animaux en terre cuite ou en bronze, des attelages, des juges qui portent une petite trousse dans laquelle ils rangeaient un petit couteau et des lamelles de bambous sur lesquelles ils écrivaient des textes de lois, des musiciens et les restes de leurs instruments de musique.

Xian, le plus grand chantier archéologique du siècle, classé Patrimoine Mondial de l'Unesco est surnommé parfois la huitième merveille du monde devrait révéler l'intégralité de ses richesses d'ici un siècle. Une bonne raison pour y revenir...

Xian

Le midi déjeuner dans un restaurant touristique. Nous achetons des bols en porcelaine très fine. L'après-midi, visite d'une autre exposition de statues à Yangling. Dans ce tombeau de la dynastie des Han, des objets et statuettes d'une exceptionnelle qualité artistique ont été récemment mis à jour grâce à des travaux pour une autoroute. Les statues sont plus petites (taille de poupées) et nues car elles étaient à l'origine habillées de vêtements en soie. Les visages sont exceptionnellement réalistes, particulièrement les visages de femmes aux pommettes hautes, de type mongol. La représentation n'est pas uniquement guerrière et comprend également des animaux de la ferme et des objets de la vie quotidienne. Le tout forme une sorte de crèche très réaliste et très émouvante.

Le soir, visite du quartier de la grande Mosquée, un quartier chinois musulman. Etals de brochettes, oiseaux en cage, nombreux pousse-pousse, un quartier très pittoresque où il fait bon flâner. Le groupe se retrouve pour partager un dîner de raviolis. Je sature un peu sur la nourriture chinoise et préfère me balader seule autour de l'hôtel. Je suis en manque de laitages, les repas chinois ne comportant ni fromage, ni yahourt. Je me contente de ce qui se rapproche le plus de mon rêve de yahourt : une glace au Mac Do du coin (shame on me !). Un couple d'étudiants me fait la conversation en anglais. C'est sympa ce petit break. Je me promène sur les avenues de Xian. Je me sens observée (plus que ma tête d'européenne, je crois qu'ils regardent avant tout mes vêtements, chaussures, sac) mais en sécurité. De retour à l'hôtel, je zappe sur les chaînes chinoises en mangeant du chocolat milka emporté pour patienter à l'aéroport : comme c'est bon !


Mercredi 3 avril 2002 : Xian – Départ vers Pékin

Cette fois-ci c'est Véronique qui a insisté pour que nous visitions le Temple de Confucius qui héberge la "Forêt des stèles", une bibliothèque de grands classiques en pierre. Y sont exposés des stèles en pierre gravées entre 206 av. J.-C. et 1911. Les caractères chinois représentés ici ont un style très pur. Les enfants chinois apprennent la calligraphie en recopiant des extraits de ces stèles. Certaines stèles représentent des paysages, des portraits (Confucius). Par un système de tampon encré sur papier de soie, il est possible d'obtenir une empreinte (technique de l'estampage). Cette étape nous donne l'occasion d'apprendre la signification de quelques idéogrammes.

Visite de la pagode de l'Oie sauvage qui se dresse dans un charmant petit jardin. Nous profitons de cette étape pour nous faire graver des sceaux. C'est un vieux chinois qui les grave. Il est édenté et munis de pas moins de 3 paires d'yeux, les siens plus deux paires de lunettes des années 50 superposées l'une sur l'autre. Le guide prononce notre nom à son assistante qui se charge d'assurer la traduction en caractères chinois : mieux vaut avoir un nom court car tout doit tenir sur un petit carré de pierre. Les sceaux chinois sont régulièrement utilisés dans la vie quotidienne sur les actes officiels. Il est courant d'en offrir un à un enfant comme cadeau de baptême. On choisit le sceau en fonction de son thème astral. Personnellement, je suis chien. Je trouvais le coq plus esthétique mais on ne choisit pas sa date de naissance !

Gravure des sceaux

Après manger visite d'une fabrique de jade.

Le train pour Pékin n'étant qu'en fin d'après-midi, nous occupons le reste de notre temps libre à Xian en visitant les remparts de la ville. Il y a beaucoup de vent et pas grand monde là-haut. On se croirait dans un décor de jeux vidéo.

Nous quittons Xian avec regret. Pour moi, cela reste l'étape la plus riche du voyage. Train de nuit pour Pékin. Je fais le voyage avec une femme chinoise professeur d'université et deux jeunes anglaises, professeurs expatriés en Asie, qui sont en Chine pour leurs vacances. Nous parlons de choses et d'autres : charmant badinage international. De temps en temps, un chariot chargé de victuailles passe dans le couloir. Le confort des "couchettes molle" n'a rien à envier au train corail français. Finalement, ce que je pensais être la pire nuit du voyage, se passe plutôt bien.


Jeudi 4 avril 2002 : arrivée à Pékin

A peine descendus du train, nous nous attablons devant un petit déjeuner chinois. Seuls des beignets qui ressemblent à des "chichis" trouvent grâce à mes yeux. A cette heure matinale; les raviolis et les légumes frits me laissent de marbre.

Place Tian'Anmen, malgré l'heure matinale, il y a beaucoup de monde, tout particulièrement devant l'entrée du Mausolée de Mao où quelques milliers de chinois font la queue pour avoir l'honneur de voir le dignitaire momifié. Quelques militaires patrouillent. On a pas franchement envie de faire les zouaves.

Le matin, visite du temple du Ciel avec sa majestueuse rotonde de tuiles bleues vernissées où l'Empereur avait coutume de se rendre deux fois par an, aux solstices, afin de prier pour les bonnes récoltes. Devant l'entrée du temple, un homme s'exerce à la calligraphie en dessinant les caractères à même le macadam et en trempant son pinceau dans un sceau d'eau : une sorte de tag éphémère, du grand art !

Après-midi : visite de la Cité interdite. L'ensemble très vaste (72 hectares) fait presque froid dans le dos. Pas d'arbres. Le sol est partout dallé, empêchant la moindre plantation ainsi que toute tentative de tunnel. Murs pourpres et tuiles jaunes, couleurs impériales. Visite des pavillons où étaient hébergées les épouses et concubines. Entre deux murs rouges, on se croirait dans le film "Le dernier empereur". De la colline de Charbon, nous avons une vue d'ensemble sur les toits de la Cité et sur l'immensité du site. Malheureusement le temps brumeux nous empêche de voir scintiller les toits de tuiles jaunes vernissées.

Faïence dans Citée Interdite


Vendredi 5 avril 2002 : Nous ne verrons pas la Muraille de Chine !

Il paraît qu'il pleut très rarement à Pékin. Aujourd'hui, journée de notre visite de la Grande Muraille (section de Mutianyu, 90 km au nord-est de Pékin), c'est l'hécatombe. En sortant du téléphérique, c'est à peine si nous voyons nos propres chaussures. La Grande Muraille, seule construction humaine que l'on voit depuis la lune, se refuse à nous. Autant dire que la déception du groupe est à son comble.

Midi : visite d'une fabrique de cloisonnés. L'après-midi, la promenade le long de la voie sacrée que bordent d'imposantes statues a quelque chose de très mystérieux. La brume envahit le site et donne à ces sentinelles de na nécropole une petite touche de décor de film fantastique. Le soir, spectacle d'opéra de Pékin où nous assistons au maquillage des acteurs. La version simplifiée, spécialement étudiée pour des touristes occidentaux se laisse apprécier.


Samedi 6 avril 2002 : Palais d'Eté, "Hutong", canard laqué

Promenade dans les jardins du Palais d'Eté avec sa longue galerie couverte qui longe le lac de Kumming. Petit tour de "barcasse-dragon" sur le lac. Déjeuner dans le parc zoologique où l'on observe de loin deux pandas léthargiques. Après déjeuner, balade en cyclo-pousse au cœur des "hutongs", ruelles caractéristiques des anciens quartiers de Pékin que l'on détruit à grands coups de pelleteuse pour les réhabiliter en prévision des futurs jeux olympiques de l'été 2008. L'arrêt chez une famille chinoise qui habite le quartier fait un peu visite d'une espèce en voix de disparition. En fin d'après-midi, quartier libre dans le quartier des antiquaires : Liulichang, quartier fort agréable pour faire ses achats de matériel pour la calligraphie (papier, encre, pinceaux), d'estampes et de petits objets anciens. Le soir dîner de canard laqué, un vrai régal qui tombe à pic pour l'anniversaire de Claudine.

Tuile verte


Dimanche 7 avril 2002 : La Grande Muraille, le retour !

Trop déçu d'avoir loupé ce qui se présentait comme l'étape phare du voyage, le groupe s'est mis d'accord pour louer un bus et un chauffeur et se rendre à nouveau à la grande muraille de Chine le jour de notre journée libre. Cette fois-ci nous optons pour la section "Badaling" (70 km au nord-ouest de Pékin). Arrivés à la Grande Muraille, il fait un froid sibérien mais miracle, nous pouvons enfin la voir serpenter sur plusieurs kilomètres et franchement cela vaut le déplacement ! De nombreux touristes asiatiques ont loué de grandes pelisses de l'armée et des toques en fourrure. On pourrait marcher des heures sans jamais en voir le bout mais le froid a raison de notre enthousiasme à parcourir cette construction hors du commun.

Muraille de Chine

De retour à Pékin, nous visitons le temple des Lamas, le temple bouddhiste tibétain le plus connu de Chine, en dehors de ceux du Tibet. S'y trouve une statue de Bouddha géante, haute de 26 mètres et de 8 mètres de diamètre, sculptée dans un seul tronc de santal blanc. Puis retour à l'hôtel et derniers achats dans la rue commerçante de Wang Fu Jing, proche de notre hôtel.

Le soir, alors que le groupe s'apprête à dîner pour une dernière fois avec notre guide, je prends une nouvelle fois mon indépendance pour rejoindre un avocat avec qui j'ai travaillé à Paris et qui s'est installé à Pékin avec femmes et enfants. Le couple m'invite dans une soirée d'expatriés où se côtoient toutes les nationalités. Dans cette soirée, on parle français, anglais, espagnol, chinois. Les enfants parlent chinois avec la nourrice, français avec la mère, anglais avec le père, c'est très déroutant. On y échange des petites astuces pour se rendre la vie d'expatrié plus douce. Sentiment contrasté à la fois de grande solidarité entre les membres de cette communauté et de futilité dans des relations qui ne dureront que le temps d'une mission à Pékin.


Lundi 8 avril 2002 : Vol retour vers Paris

Le vol se passe de jour. Impossible de dormir. En rentrant sur Paris, j'apprends que Papa un fait un infarctus pendant mon voyage. Il est hospitalisé en région parisienne. Dur retour à la réalité.

Revenir en Chine : pour voir le nouvel opéra de Pékin

Cocorico ! Après 16 mois de délibérations, Paul Andreu, architecte français, a été choisi par l'Etat chinois pour réaliser le grand opéra de Pékin.

Quelle poésie dans cette immense bulle en titane posée délicatement sur l'eau ! Un projet techniquement très novateur et très ambitieux, tout en rondeurs qui contraste avec la rigidité des bâtiments officiels.

Une approche à la fois futuriste et respectueuse des traditions. Les tuiles en titane de la bulle sont en effet fixées à la structure par des rivets qui imitent ceux des armures des guerriers de Xian. Incontestablement un objectif pour revenir à Pékin !


PORTRAITS DES PROTAGONISTES

Patrick et Claudine, les parents adoptifs

Claudine : sait distinguer parmi les vulgaires chinoiseries l'objet unique qui apportera une touche originale à son intérieur raffiné.
Collectionneuse acharnée, elle n'a pas hésité à investir massivement dans les objets de calligraphie (notamment les pinceaux) puis dans des figurines miniatures qu'elle envisage de rassembler sous forme de crèche.
Elle a fêté son anniversaire le 6 avril au canard laqué et au saké.

Parfaite organisatrice, elle s'est occupée de la lourde tâche de collecter les pourboires des guides locaux et des chauffeurs à chaque étape.
Elle aime les matière nobles et ne voyage jamais sans son sac à viande en soie ("ever so chic") et sans ses cashmere. Elle s'est pourtant achetée un imperméable jetable en plastique rose, couleur préservatif usagé, qu'elle a malheureusement perdu lors du nettoyage du bus.

Patrick : organisateur en chef, puisqu'il s'est chargé dès le départ du visa collectif.

Porte des chaussures booling qui lui ont valu un grand succès pendant le voyage, notamment la nuit en train entre Xian et Pékin où son look à la fois élégant et décontracté a particulièrement impressionné une paire de basketteuses. A sa décharge, il fume des cigarillos dans le bus à la première heure au risque d'écoeurer tout le monde.

Il connaît Pékin comme sa poche et n'hésite pas à remplacer notre guide Ma au pied levé en cas de défaillance.


Patrick et Claudine

Alain et Véronique, les bordelais

Ils attendent un heureux événement qui risque d'avoir les yeux bridés tellement sa maman aura mangé de riz.

Grands voyageurs, très équipés, notamment d'un petit pinceau nettoyeur d'objectif qui a fait l'admiration de tous et surtout d'un sac poubelle à liens coulissants qui ne cadre pas bien avec l'image de marque de La Maison de la Chine.
Alain, à la fois négociateur acharné et Mac Gyver, a l'outil qu'il faut en toutes circonstances. Il bricole volontiers dans les chambres des hôtels dont il améliore le confort par de petites astuces à base d'élastiques. Ne perd jamais son sang froid, même dans les situations critiques de pertes de bagages entre deux hôtels. A remporté la palme du souvenir le plus original en dégotant dès le début du séjour un cadenas à combinaison chinoise.
Merci Véro d'avoir insisté à Xian pour visiter la forêt de stèles (temple de Confucius).

Annie et Denise, les cousines champenoises

Annie : en 13 jours nous en saurons plus sur la Champagne et sa fameuse ville de Troyes en forme de bouchon de champagne que sur l'histoire ancienne de la Chine.

Troyes, ville de 60 000 habitants, jumelée avec Baoji (province du Shaanxi). Le Traité de Troyes de 1420 correspond à la dynastie Ming en Chine et non l'inverse !

Porte des culottes jaunes qu'elle n'hésite pas à dévoiler dans les salons de massage des pieds et qui lui servent aussi à emballer ses objets les plus précieux. Elle s'est fait voler son sac à main avant de partir en Chine avec son précieux carnet d'adresses, ce qui ne l'empêche pas d'écrire une moyenne de 20 cartes par jour.. N'a jamais voulu apprendre à utiliser les baguettes. Ancienne institutrice, elle est incollable sur tout un tas de sujets, notamment l'histoire et la géographie. Ponctue toutes ses phrases par son expression favorite "Ben oui, hein !". A pris des cours de Quigong mais nous n'avons eu le droit à aucune démonstration.

Elle achète massivement des souvenirs, surtout des timbres et des cartes postales ce qui lui a valu de se perdre dans la tour de la perle à Shanghaï  le premier jour. Du coup, elle a payé son coup sous forme de vin d'Osmanthus pour se faire pardonner : merci Annie pour la dégustation !

Denise, plus discrète que sa pétaradante cousine, elle redoute de manger du chien et plus particulièrement du caniche car le sien l'attend au retour. Se revendique comme la véritable habitante de Troyes à l'instar de sa cousine qui vient de Saint Jurlien Les Villas.

Paul et Céleste, les jeunes mariés

Paul a choisi une concubine légèrement plus jeune qu'il gâte en faisant chauffer sa carte bleue. Malheureusement pour la lune de miel , il n'aura malheureusement presque jamais réussi à obtenir un grand lit de ces réceptionnistes chinois qui ne comprennent vraiment rien !

Le seul du groupe a avoir oublié son passeport lors d'un transfert intérieur en avion. Un moment, il pensait également avoir jeté son billet d'avion pour le retour.
Distrait, il est capable d'attendre pendant des heures devant la porte des WC du train de nuit qui se révèle en fait être un placard à balais. A visité la Chine en 1998 et notamment l'usine Citroën de Wuhan. Aime particulièrement échanger avec les hommes du groupes des propos techniques sur les véhicules citroën, notamment pendant les interminables heures d'autoroute autour de Pékin.

Fait bénéficier le groupe de ses souvenirs et de ses petites astuces. Nous lui devons d'avoir insisté pour voir le spectacle du cirque de Shanghaï.

Céleste, a fêté son anniversaire à Suzhou le 30 mars. Porte un prénom prédestiné pour venir visiter les sites historiques de Pékin.

Goûte à tout même les plats les plus suspects. A porté plusieurs jours un ensemble en soie très chic offert par Paul, ce qui a relevé un peu le niveau esthétique du groupe.

Claire, la féministe

Assistante sociale, elle a toujours de bons conseils. Féministe, elle sait se faire respecter. Cherche un chine a retrouver la "ZEN attitude" et n'a pas hésité à nous orienter vers un massage collectif des pieds pour y parvenir.

Sans le vouloir, elle m'a fait découvrir le luxe d'une chambre single.

Ma, le guide

Particulièrement drôle pour un chinois pourtant il sait devenir efficace en cas de problème. N'hésite pas d'ailleurs à prendre un ton menaçant et à appeler Pékin lorsque ça se corse. Marche à fond dans toutes les blagues douteuses. Charmeur, il aime être entouré de mandarines. Interprète indispensable de notre voyage. Evalue le temps et les distances en minutes de coiffeur.


Ma, notre guide

Carole, auto-portrait

S'est trouvé en la personne de Claudine et Patrick des parents adoptifs.

Envisage de se reconvertir comme documentaliste dans l'industrie automobile (Citroën) ou au syndicat d'initiative de Troyes.

A investi massivement dans la soie et dans la porcelaine mais aurait bien aimé avoir un "Paul" pour les étapes perles et cloisonnées.

A parfois joué le rôle d'interprète anglais bien que le mime soit finalement plus efficace dans beaucoup de circonstances.

A particulièrement apprécié le calme détaché des chinois, ce qui la change de ses avocats surexcités. N'a pas trouvé de fiancé chinois au grand soulagement de ses parents naturels. 

Ce carnet n'est pas un guide touristique mais plutôt un recueil d'impressions sur mon voyage en Chine. Les photos ne sont peut-être pas les plus représentatives des sites visités, elles servent plutôt à illustrer les impressions. Pour tout emprunt de texte ou photos, merci de me contacter.


BIBLIOGRAPHIE
(petite sélection non exhaustive)

Antoine MARCEL. - Carnet chinois. - Arléa, 2002.

4ème de couverture selon l'éditeur : "Véritable et bouleversante découverte d'un pays, d'une civilisation, d'un temps différent, Carnet chinois est un portrait saisissant de la Chine d'aujourd'hui, pleine de contradictions etde surprises. C'est aussi le récit d'une émouvante et violente histoire d'amour. Comment aimer lorsque tout vous sépare ? L'éloignement n'est pas seulement affaire de voyage, il est aussi dans les multiples façons d'être au monde."

LAO SHE. – Histoire de ma vie. – Folio, 2001

4ème de couverture selon l'éditeur : "Avec une simplicité poignante traversée d'humour, un vieux chinois raconte sa vie : abandonné par sa femme qui lui laisse leurs deux enfants, il a dû quitter son échoppe d'artisan pour s'engager dans la police où il est resté vingt ans avant d'être renvoyé. Il a assisté à la fin de l'Empire, au soulèvement des soldats, au changement de régime et aux premières années de la République. Les rues de Pékin prennent vie, toute une foule d'artisans, de commerçants, de policiers et de soldats s'anime dans les derniers feux d'un monde qui va disparaître.

DAI SIJIE. – Balzac et la Petite Tailleuse chinoise. – Folio, 2001

Plus une histoire sur l'amour des livres, l'amour de la littérature et l'amour tout court. Pourtant elle se passe bien en Chine, dans un camp de rééducation pour fils de notables où deux adolescents débrouillards parviennent à s'évader et à conquérir le cœur de la petite tailleuse chinoise en lui lisant des extraits de littérature française. Adapté au cinéma en 2002.

JIN YI. – Mémoire d'une dame de cour dans la cité interdite. – Picquier Poche, 1996

4ème de couverture selon l'éditeur : "Entrée dans le Cité Interdite à treize ans, mariée "en cadeau" à un eunuque à dix-huit ans, He Rong Er servit la dernière impératrice de Chine jusqu'à la fin de son règne. Après la chute du régime impérial, elle travailla jursqu'à la fin de sa vie comme femme de ménage. Avec cette dame de cour indiscrète, le lecteur pénétrera derrière ces hauts murs dans l'intimité des chambres, dans les recoins des salles du palais et des cuisines. Il découvrira en ses moindres détails la vie quotidienne dans la Cité Interdite, mystérieuse, "emmurée et dynastique". On s'informe des amusements et des distractions du palais. On apprend les goûts, les manies, les exigences et les impuissances des empereurs et des impératrices, et en particulier ceux de l'impératrice Cixi qui reste une des figures féminines les plus énigmatiques de l'histoire de la Chine et qui pouvait rapidement, aussi, transformer la vie d'une dame de cour en cauchemar."

Fabienne VERDIER. – Passagère du silence, dix ans d'initiation en Chine. – Albin Michel, 2003

4ème de couverture selon l'éditeur : "Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 80, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle.
Un poignant témoignage qui force l'admiration et qui donne envie de rencontrer l'auteur ou de se mettre soi-même à l'art de la calligraphie.

François CHENG. – L'éternité n'est pas de trop. – Le livre de Poche

4ème de couverture selon l'éditeur : "A XVII siècle, à la fin de la dynastie Ming, dans un monastère de haute montagne, un homme qui n'a pas encore prononcé ses vœux se décide à quitte ce lieu de paix et de silence pour retrouver, trente ans plus tard, la seule femme qu'il n'ai jamais aimée."
Un pur moment de grâce: "Vraiment regarder, sans hâte, sans crainte, sans retenue aucune, de près, de tout cœur, caresser longuement l'effluve de l'âme qui affleure par les yeux, caresser la plus grande énigme qu'est un visage. C'est bien par le visage que l'on reconnaît et aime l'autre, n'est-ce pas ?"


DIVERS TUYAUX

ARGENT

Grâce à l'euro, il est très facile de changer de l'argent dans tous les hôtels tout au long du voyage. Les retraits aux distributeurs automatiques sont paraît-il peu fiables. Lors de notre voyage, nous avons bénéficié de 10 jours de retour à la conversion en franc puisqu'un Yuan vaut environ un franc ou 0,14 euros.

BUDGET

Ne pas oublier d'inclure dans le budget les pourboires à remettre au chauffeur, aux guides d'étapes et au guide accompagnateur. Prévoir aussi un budget pour les visites optionnelles à programmer sur place.

GUIDE

J'ai été informée par un communiqué de presse de l'existence d'un guide "Pékin en Poche" qui me semble particulièrement indiqué si l'on décide de voyager seul dans la capitale chinoise. Ce n'étais pas mon cas en 2002 mais j'avoue qu'en dehors de la barrière de la langue qui peut se contourner si l'on est un mime habile (ou si l'on est pourvu d'un bon guide !), je me suis sentie très à l'aise dans les villes chinoises et je serais bien tentée par un séjour en individuel à Pékin 

Ce city-guide pratique, écrit par Stéphanie Ollivier, comprend plus de 500 adresses commentées et entièrement remises à jour. 
Il contient également les informations pratiques indispensables, ainsi que les conseils d’orientation les plus utiles pour découvrir les sites historiques incontournables comme les bons plans nocturnes de la capitale chinoise.

Pour chacun des lieux sélectionnés sont ainsi indiqués le nom et l’adresse en mandarin (vital pour pouvoir demander son chemin aux autochtones), la localisation précise (renvois à des zones-plans, stations de métro, repères connus…), les coordonnées téléphoniques ainsi que les horaires et les tarifs en vigueur. 
Destiné aux explorateurs urbains francophones, qui sont de plus en plus nombreux à se rendre en Chine pour des séjours en solo et souvent très courts, Pékin en Poche est l’outil indispensable pour ne pas perdre son temps et profiter au maximum d’un passage dans la vibrante et mouvante métropole qu’est Pékin aujourd’hui.
ISBN : 2-84279-153-3, Editions You-Feng,45 rue Monsieur le Prince, 75006 Paris (Tel : 01 43 25 89 98).
Egalement disponible dans les librairies
spécialisées dans le voyage, et dans le réseau des FNAC, 10 euros en 2004.


LANGUE

En dehors des grandes villes, l'anglais en encore peu pratiqué. Un guide où les lieux à visiter sont traduits en mandarin ou un petit dictionnaire peuvent s'avérer utiles si l'on doit se rendre seul d'un endroit à un autre (cf. TAXIS). Dans les magasins, le mime ou les dessins façon "pictionnary" marchent assez bien, j'ai essayé. Quoi qu'il arrive, le guide accompagnateur sert souvent d'interprète au groupe. La calculatrice est l'outil indispensable de toute négociation commerciale.

LIENS AMIS

Laure et Thomas ont également visité la Chine en 2002 mais de façon autonome en se concentrant sur la région de Pékin. Même si nous n'avons pas vécu la même expérience, j'ai trouvé dans leur récit de très nombreuses anecdotes qui m'ont fait penser au mien. J'aime beaucoup l'iconographie du site, ses nombreuses citations littéraires, ses adresses et ses astuces. Trois ans après mon premier voyage en Chine, l'idée de retourner dans le nord pour visiter Chengde et Pingyao fait doucement son chemin.
Voir leur site Carnet de voyage.

MAISON DE LA CHINE

76 rue Bonaparte, Place Saint Sulpice, 75006 PARIS

Tél : 01.40.51.95.00/Fax : 01.46.33.73.03

Voir leur site : www.maisondelachine.fr

Notre séjour : "Traversée à sa guise" du 27 mars au 8 avril 2002, circuit de 13 jours, 1833 euros (= 12 024 francs).

MEDICAMENTS

Pendant le voyage nous n'avons eu a déplorer aucune maladie, au contraire, plutôt des guérisons après notre très réussi massage des pieds ! Cependant, bien que le baume du tigre soit réputé tout soigner, il est conseillé d'apporter ses propres médicaments. Pas de vaccination obligatoire pour le circuit, vaccination Hépatite A conseillée.

NOURRITURE

Au début cela semble très original et varié, à la fin on s'en lasse un peu. Pour moi une sensation de passer beaucoup de temps à manger mais il est vrai que je mange rarement à une table de 10 matin, midi et soir. Finalement avec les baguettes, on mange peut-être moins. En tout cas rien de suspect pendant ce voyage. Au contraire, les repas sont même formatés au goût des touristes occidentaux. 

SOUVENIRS 

Pour tous les souvenirs, il est fortement recommandé de négocier le prix en le divisant parfois par deux. Il peut être utile de trouver dans le groupe un bon négociateur qui se chargera de négocier les meilleurs tarifs pour l'ensemble du groupe. Le Monde donne régulièrement les adresses incontournables du shopping à Pékin. Il est vrai que l'idée de faire son marché de Noël à Pékin fait assez bourgeois-bohême, mais ma foi, reste assez tentante…

les étapes (incontournables) du voyage :

- soie, couettes en soie et confection (chemisiers, vestes, robes, pochettes, sacs)
- bijoux en perles
- bijoux et objets décoratifs en jade
- cloisonnés, notamment de très beaux vases

A ne pas manquer :

- matériel de calligraphie : papier, carnets-accordéon en papier de riz, pinceaux, encre de chine et pierre à encre, sceaux que l'on personnalise 

-sur tous les sites, possibilité d'acheter des livres souvenirs en français, pratique lorsque la météo n'est pas clémente et que l'on est pas sûr du rendu des photos

- estampes avec paysages chinois ou idéogrammes

- porcelaine décorative ou utilitaire, services à thé

- thé, possibilité de le déguster dans les maisons de thé

- culte de Mao : petit livre rouge, montres, réveil

- Attention : vrai-fausses antiquités, petits bibelots dits anciens par les vendeurs alors qu'ils sont peut-être tout simplement prématurément vieillis

- médecine traditionnelle chinoise : baume du tigre, herbes médicinales

 - cachemire

A noter : les souvenirs chinois se trouvent aussi à Paris. La Maison de la Chine offre une très belle sélection d'objets, voir aussi le quartier chinois à Paris. Quelle ne fut pas ma surprise décembre 2002 de constater que le magasin de déco "CASA" vendait des reproductions en terre cuite des soldats de Xian pour quelques euros. De source sûre (merci Claudine) la Maison de la Chine proposerait même une version bougie des mêmes soldats avec mèche sur le dessus du crâne. On arrête pas le progrès !

TAXIS 

Ils sont suffisamment bon marchés pour pouvoir être utilisés sans crainte. Le problème reste la communication avec le chauffeur. Aucun ne parle anglais. La solution consiste donc à se faire écrire la destination de l'endroit que l'on souhaite visiter par son guide (ou à défaut d'emporter un guide papier où figurent les traductions en mandarin), la présenter au chauffeur en espérant qu'il sache lire…Dans le même ordre d'idée, il est impératif de garder sur soi la carte de son hôtel que l'on présentera au taxi en fin de journée pour revenir à bon port.

VETEMENTS

Lors de notre voyage fin mars/début avril, nous sommes passés du T.Shirt manche courte à Suzhou et Guilin à la triple épaisseur de pulls sur la muraille de Chine (si j'avais eu une combinaison de ski, je l'aurais mise). Pour un pays grand comme l'Europe, il est normal subir des variations climatiques entre les différentes étapes. Un bon conseil : prévoir de tout ! Prévoir un maillot de bain pour les hôtels avec piscine.

      
Oui, je reviendrai, promis ! 

 

© 2003-2005 Réalisation et Conception Carole Guelfucci 
Dernière modification le 20/12/2009