Carnets de voyages

Il y a les carnets de voyages numériques que j'ai eu le temps de faire, ceux qui sont restés en souffrance et les carnets de voyages papier qui verront peut-être un jour le jour. En attendant, je me suis bien documentée sur le sujet.
  Sommaire

Bibliographie sur la technique du carnet de voyage
Sélection personnelle de carnets
Divers sur les carnets : supports, collections, hôtel...
Manifestations autours du carnet
Manifestation 2012 : participation à une ronde carnets de voyages
Manifestation 2010-2011 : Exposition Carnets de voyage 2 : le monde au bout du crayon
Manifestation 2010 : Atelier d'initiation avec Cécile Alma Filliette
Manifestation 2009 : Conférence de Philippe Lejeune sur l'écriture intime
Manifestation 2009 : Exposition l'art du Carnet de Voyage de 1800 à nos jours au musée de la Poste à Paris
Manifestation 2008 : Rencontre d'Antonia Neyrins
Mes carnets de voyages électroniques
   
   


 Petite sélection d'ouvrages sur les conseils pour faire son carnet de voyage soi-même

Cécile FILLIETTE : Carnets de voyages à créer soi-même. - Dessain et Tolra, 2005. - 96 p.
Aborde tous les aspects de la création d'un carnet de voyage : choisir son matériel, dessiner, construire la page, jouer avec la couleur et la matière, récolter-détourner-coller, écrire-raconter. A mon sens, le livre indispensable sur l'on s'intéresse à ce sujet.

Mathias GALLY : le carnet de voyage, croquis, notes, reportages. - Les Cahiers de l'image narrative, n° 2. L'iconograf éditions, 2004
Il s'agit du numéro 2 d'une collection mise au point par une école de BD sur internet (http://www.liconograf.com/). Cette collection compte d'ailleurs plusieurs titres qui me semblent également utiles pour mieux maîtriser la technique du dessin comme "Le rough ou dessin d'idées" ou "le personnage".
Le numéro consacré au carnet de voyage propose, dans un format magazine très pratique à consulter, de nombreux conseils et astuces techniques variées. L'ouvrage a la particularité de proposer des exercices et leurs corrigés. Autre particularité qui m'a beaucoup frappée et intéressée, il s'agit d'une publication dirigée par un homme qui a fait appel à des collègues majoritairement masculins pour illustrer ses propos. Où est le problème me direz-vous ? Il n'y en a pas justement, mais on sent un "je ne sais quoi" de plus viril, plus réaliste, dans les exemples choisis. Quand on a l'habitude de côtoyer des carnettistes femmes, il est bon de s'intéresser à une autre approche du carnet.

Anne Le Maître : les bonheurs de l'aquarelle, petite invitation à la peinture vagabonde, Transboréal, 2009
La collection "Petite philosophie du voyage" invite Anne Le Maître, professeur d'histoire-géographie et auteur de carnets de voyage, à exposer de quelle façon l'aquarelle apprend à regarder le monde autrement, tout en nuances, et, en le restituant de manière sensible, permet de connaître à nouveau pleinement le bonheur et l'exultation de sa découverte.
Bien que datant de 2009, ce livre est une découverte du salon du livre 2012. J'ai été dans un premier temps attirée par le stand de l'éditeur, puis le graphisme de la collection dans son ensemble (taille de l'ouvrage facile à transporter, papier cartonné texturé, illustration des couvertures), puis par plusieurs titres en particulier dont celui-ci.
Quelle découverte : une petite merveille de texte à lire absolument ! Le style littéraire des carnets ne se prête pas à la publication d'un petit essai sur cet art (sauf peut-être à faire une préface ?). Ce texte est juste, poétique, philosophique. Il donne à penser. J'ai corné toutes les pages avant de me décider pour un petit extrait qui définit la relation entre l'auteur du carnet et son lecteur (page 84) :
"Et voici qu'un nouveau personnage entre en scène. Le lecteur. Spectateur à son tour, empruntant les lunettes d'un autre, contemplateur de la contemplation d'autrui, ce voyageur au carré, tout immobile qu'il est,, maraude dans le vergers du voleur de pommes. Qui est-il ? Qu'en sera-t-il de cette nouvelle histoire engagée entre l'auteur et lui (avec le voyage comme prétexte), entre le paysage et lui (avec l'auteur comme entremetteur) ? S'il est vrai que le bonheur de la peinture est de permettre la rencontre, en voici bien une autre. C'est comme un jeu d'échos multiples. Le lecteur, c'est celui qui prend le temps de l'écoute, de la contemplation. C'est celui qui s'assied au bord de la page comme un autre s'est naguère posé au bord de la route. Qui s'oublie pour une heure et lui laisse la parole."
Une merveille je vous dis !

Aude le MORZADEC : Carnet de voyage et carnet de promenade. Les deux chez Hachette Pratique, 2005 et 2006
Deux livres à spirales qui se décomposent en deux parties avec une première partie consacrée aux conseils et aux techniques pour réaliser un carnet de voyage ou de promenade et une deuxième partie en papier à dessin pour commencer directement son propre carnet dans l'ouvrage. L'idée est intéressante, reste l'angoisse de la page blanche et le côté bloquant d'écrire directement dans un carnet-livre. Une bonne idée de cadeau à offrir à quelqu'un qui partirait en voyage ou à conserver en attendant de se sentir suffisamment à l'aise pour prendre possession de l'objet.

Antonia NEYRINS : Carnets de voyage mode d'emploi. - Sépia, 2006.
Le guide remède anti-page blanche. Il adopte un mini format voulu pour être emporté partout et pour pouvoir s'y référer à tous moments. Contient les meilleures astuces d'Antonia Neyrins et des extraits de ses carnets. J'ai eu la chance en avril 2008 de pouvoir assister à une manifestation organisée par la médiathèque de ma ville avec une exposition des planches originales d'Antonia Neyrins, une rencontre avec l'auteur, suivi d'un atelier de création. Antonia est une femme charmante et très abordable qui parle avec une grande sensibilité et beaucoup d'enthousiasme de cette passion pour les voyages et les carnets de voyage qu'elle a depuis l'âge de 8 ans. En plus d'un un auteur reconnu du milieu, elle intervient régulièrement dans des médiathèques, elle encadre des groupes pendant des voyages ayant pour but la réalisation d'un carnet de voyage et fait partie de l'association des carnettistes tribulants (voir ci-dessous). Elle a un projet de publication d'un carnet de voyages sur la France d'Outre-Mer, un de ses sujets de prédilection.

Isy OCHOA : créer son carnet de voyage - Minerva, 2005
Le matériel, le dessin, la couleur et les techniques, premiers pas, le cadrage, le texte, voyages, glossaire.
Loin d'être seulement un livre de techniques, c'est surtout un livre que l'on a plaisir a reprendre souvent car il est très richement illustré. 

   

Quelques sources internet :

Uniterre : le site incontournables des carnets de voyages numériques et papier

Le rendez-vous des carnets de voyage a lieu tous les ans à Clermont Ferrand : http://www.rendezvous-carnetdevoyage.com/

Le Festival des carnets Ici et ailleurs a lieu tous les ans à Brest : http://www.ici-ailleurs.net/

 



     
 

 

Les carnettistes tribulants

Association de carnettistes qui mettent leur travail en commun autour d'une même thématique. 
Ils ont commencé par une couverture du Nouvel An chinois pour le site Uniterre. Depuis ils ont publié aux éditions Alternatives trois ouvrages Banlieue Nomade (2006) et Ce que j'aime en toi, carnet de voyage en intimité (2007) et Vivre vieux ! (2009)
Ces publications prouvent que l'on peut voyager à la porte de chez soi, voire même dans son lit. L'idée de regrouper sur un même sujet les interprétations forcément très différentes d'artistes carnettistes est une idée fabuleuse. Le côté hétéroclite du résultat peut cependant déranger car pour Banlieue Nomade, comme pour Ce que j'aime en toi, les partis-pris esthétiques sont très affirmés - c'est ce qui fait à la fois la force ou le point faible de la compilation, selon que l'on aime ou pas le mélange des genres.
Gratte-ciel et soupe de nouilles, 10 carnettistes voyagent en Chine.
Dernière publication : Paysannes, 19 portraits d’agricultrices par 14 auteurs aux sensibilités graphiques multiples, et enrichi de 13 fiches thématiques pour aller plus loin sur les sujets abordés au cours des rencontres (AMAP, agriculture biodynamique, semences, …).

Leur blog officiel : http://carnettistes-tribulants.com/

 

 

 Petite sélection personnelle de carnets (par ordre de lecture ou découverte)

La Haute Route, carnet du GR20 par Bernard Berrou, Terre de Brume, 2009

Reprise sur cette page de mon commentaire sur l'ouvrage La Haute Route de Bernard Berrou initialement publié sur la page Livres. Même s'il ne s'agit pas d'un carnet illustré, il est question dans ce livre de l'écriture pendant le voyage, un sujet qui m'intéresse également.

"4e de couverture, selon l'éditeur  :
L'auteur d'Une Saison en Irlande nous entraîne cette fois en Corse, sur le célèbre GR 20, à travers un récit vivant, coloré, profondément optimiste, qui démystifie la réputation du sentier de randonnée le plus difficile d'Europe.
Plus qu'un carnet de route somptueux au cœur d'une nature forte, ce texte est une exploration de la marche en tant qu'art de vivre et expression culturelle à part entière.
Pour ceux qui connaissent le GR 20, La Haute Route leur fera revivre d'inoubliables souvenirs.
Pour tous les autres, ce livre leur donnera envie de boucler leur sac."

Dès les premières lignes je réalise que j'ai acheté le récit d'un auteur breton qui décide de faire le GR20 avec un groupe de quinquas accompagné par un guide de Chamonix : quelle drôle d'idée ! Mais après quelques heures à dévorer le livre à toute vitesse, je peux affirmer que c'est sans doute ce que j'ai lu de mieux sur le sujet, et pourtant j'en ai lu des carnets de voyages sur le GR20 ! Et pour cause, l'auteur est un véritable auteur et non un simple randonneur qui décide de publier ses impressions sur internet. Il s'agit d'un carnet de voyage sous forme de récit uniquement. Pas de carte tracée, pas de renseignements précis sur l'itinéraire (même si le chapitrage reprend le découpage du GR20 du Sud au Nord), pas de photos (l'auteur explique très bien pourquoi). Bernard Berrou parle bien sûr du sentier mais aussi de ses états d'âme, de ce que la marche lui apporte, des rencontres marquantes qu'il a fait, de l'ambiance dans les gites. Du condensé de vécu avec de très belles digressions que l'on peut aisément faires siennes si l'on aime marcher dans le monde en général et en Corse en particulier.
J'ai lu avec intérêts de petites interview que l'auteur à donné à Ouest France. J'étais rassurée d'apprendre que le travail d'écriture peut se faire longtemps après le voyage car lorsque je ne prends aucune note, j'aurais presque tendance à culpabiliser. D'après Bernard, c'est presque mieux ainsi. Merci !
Petit bémol : je ne suis pas tout à fait d'accord avec la conclusion de son récit. Je comprends très bien qu'il ait vécu son retour à Bastia comme une agression touristique insupportable après 15 jours en immersion dans la montagne corse mais je tenais à lui signaler que la Corse ce n'est pas que le GR20, tout comme Paris n'est pas la France. Il y a en Corse moult sentiers de randonnées, notamment ceux qui passent dans des villages, qui peuvent conduire à des états de béatitude proches de ceux décrits dans son livre. Plus le temps passe et plus j'en suis convaincue. Si Bernard Berrou passe par ce site, j'espère qu'il comprendra.
Un extrait de l'ouvrage sur l'écriture d'un carnet, un sujet qui m'intéresse tout particulièrement, p. 35 : "Beaucoup de randonneurs s'astreignent à tenir chaque soir leur feuille de route. J'y ai renoncé depuis longtemps. Cet usage ne traduit le plus souvent que des sensations de vacanciers, des propos éculés respectant surtout le déroulement chronologique des évènements, sans toucher à la vérité des choses. Les images du jour vous laissent encore sous le charme, mais freinent d'autant les mécanismes de l'imaginaire. Il y a un décalage entre ce qu'on a vécu et ce qu'on peut en écrire. Je crois aux effets miraculeux de la décantation, au recul nécessaire, aux traces marquantes qui permettent d'intégrer des sujets inattendus, et bien sûr au domaine infini de l'imagination pour que soit restitué quelques semaines, voire des mois plus tard, ce que le voyage a permis de filtrer."




Tokyo Sanpo par Florent Chavouet, Editions Philippe Piqcquier, 2009

Lorsque l'on s'intéresse au Japon et au carnets de voyages, le mélange des deux donne Tokyo Sanpo (vive les nouveaux catalogues et leur intelligence artificielle !).
Tokyo Sanpo n'est pas tout à fait un carnet de voyage au sens classique du terme, ni un guide de voyage (quoiqu'il est illustré de nombreux plans), ni une bande dessinée (quoique l'on y retrouve certains personnages récurrents comme le double de l'auteur). Ce style un peu difficile à définir tient peut-être à la précisions des dessins aux crayons de couleur, un style moins habituel que l'aquarelle.  Il y a chez Florent Chavouet un urbaniste-architecte qui s'ignore...et surtout beaucoup d'humour. Les dessins sont légendés avec un humour à froid précis que j'imagine bien correspondre à l'humour des japonais. Le livre a rencontré un grand succès d'où la préparation d'un autre volume qui devrait sortir en 2010. En attendant, comme un bon livre a toujours un goût de trop peu, il est possible de suivre les dessins et les amusantes obsessions de Florent sur son blog  (attention blog addictif !). Tous les jours ou presque, il y dessine un sushi ou un maki aux traits anthropomorphiques avec une petite légende savoureuse et fraîche comme les aliments qu'il caricature.
Petite note pour Florent si un jour il me lit : j'aimerais tellement un "maquis corse" pour illustrer ce site !
Octobre 2010 : sortie du nouveau livre de Florent Chavouet, Manabé Shima. le 2e carnet de voyage illustré de Florent Chavouet est sorti en librairie aux éditions Philippe Picquier le 7 octobre 2010.

Maki Corse, dessin de Florent Chavouet

A peine ma demande postée, j'ai eu l'agréable surprise de voir que Florent m'a écoutée.
Voici donc le "maki corse". Sur le blog de Florent, c'est le numéro 148 du 18 février 2010.

http://florentchavouet.blogspot.com/

C'est drôle car il fait écho à un autre coup de cœur du mois de février 2010, Arnaud d'Aunay, peintre illustrateur, qui a travaillé,
dans un style très différent, sur le même sujet (voir ci-dessous).


 

Dédicace de Florent Chavouet au salon du livre de Paris  

La suite de ma rencontre amicale avec Florent, s'est tenue au Salon du livre de Paris (mars 2010), où j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur et d'obtenir une précieuse dédicace. J'ai demandé à Florent de me représenter en kimono et c'est tellement moi, lunettes incluses, que j'ai l'impression d'avoir été geisha dans une autre vie...Le prochain défit, sera donc de trouver dans le commerce un kimono proche de celui dessiné par Florent !
Il est talentueux, il est sympa, il a de l'humour, franchement J'ADORRRRRE !

Dédicace de Florent Chavouet au salon du livre de Paris Dédicace de Florent Chavouet au salon du livre de Paris
Florent Chavouet en pleine dédicace au salon du livre de Paris sous le regard inquiet du Maki Corse

 

Barbara HODGSON : la carte tatouée/The tattooed map

Un café littéraire sur les récits de voyage en avril 2008 m'avait incité à lire cet ouvrage et ce n'est que quelques mois plus tard que je l'ai emprunté. Je n'ai pas été déçue. Thriller, réflexion sur le couple et le voyage, carnet de voyage au Maroc, ce livre est un mélange des genres très réussi. A mon avis, une exception dans ce genre littéraire où le texte et illustrations se mélangent pour enrichir l'énigme. C'est un ouvrage tout public à plusieurs niveaux de lecture.
Une lectrice du café littéraire avait affirmé qu'elle avait eu beaucoup de mal à rendre l'ouvrage à la médiathèque après son emprunt et qu'elle l'avait acheté pour elle-même et pour offrir (un sentiment que je rencontre moi aussi souvent). Malheureusement (ou heureusement ?), la version française est épuisée chez l'éditeur. En le lisant, je me disais justement que l'auteur avait un côté anglophone si prononcé que la traduction française devait forcément perdre un peu de la saveur du texte d'origine. A lire en VF ou VO.


Collection de DVD Carnets de voyage, Gédéon Programmes, 2007

Six illustrateurs-voyageurs parcourent et dessinent le monde...Carnets de voyage invite à découvrir un pays à travers le regard, les croquis, dessins et aquarelles, d'un reporter-dessinateur. Une découverte loin des sentiers battus et une invitation personnelle au voyage avec pour guide l'œil de l'artiste nomade.
La collection complète comprend : le Cambodge, le Cap-Vert, Cuba, l'Ecosse, le Guatemala, l'Inde, l'Islande, le Japon, la Namibie avec les artistes suivants : Bertrand de Miollis, Anne Steinlein, Carla Talopp, Damien Roudeau, Elsie Herberstein et Olivier Martin.
J'ai découvert cette collection lors de l'exposition l'art du Carnet de voyage de 1800 à nos jours au musée de la Poste à Paris au printemps 2009. En effet, les DVD étaient diffusés dans une des salles de l'exposition. La boutique du musée étant fermée lors de ma sortie, je n'ai pas eu l'occasion de craquer, heureusement peut-être car il m'aurait été difficile de choisir un pays plutôt qu'un autre.
Par chance, la médiathèque de ma ville a fait l'acquisition de la collection complète, ce qui me permet de visionner les DVD les uns après les autres, au grès de mes emprunts.
J'ai eu un véritable coup de cœur pour cette collection à la fois pour l'idée et la qualité de la réalisation. Comme le dit la jaquette, "un astucieux montage des films incruste les dessins dans la vidéo", graphiquement c'est assez fabuleux. Chaque pays a suscité mon intérêt, soit parce que je rêve de m'y rendre (le Japon par exemple) ou pour le  plaisir de le revoir à travers les yeux d'un artiste (Cuba). En effet, la personnalité de chaque artiste joue un rôle important dans le plaisir de découvrir son approche du pays visité. Certains parlent beaucoup de techniques du carnet de voyage, d'autres laissent libre court à leurs émotions du moment, certains sont plus doués que d'autres pour provoquer des rencontres riches et touchantes, certains sont tellement photogéniques qu'ils s'incrustent dans le montage aussi bien que leurs dessins, d'autres peuvent sembler plus en retrait, tous montrent à quel point le dessin est un langage universel.
Un vrai petit bonheur des dimanches après-midi d'hiver et comme à la fin d'un bon livre je suis triste d'être bientôt arrivée à bout de la collection complète.
Pour se procurer les DVD :
http://www.gedeonprogrammes.com/
 





 


Les Indes françaises d'Arnaud d'Aunay
, collection carnet de voyages, Gallimard, 2001
Napoléon, Empereur des îles, Empereur d'exil d'Arnaud d'Aunay, collection carnet de voyages, Gallimard, 2006

La maison Gien (faïences) nous fait rêver avec le lancement d'une nouvelle collection intitulée Route des Indes. Il s'agit d'un service de table illustré des dessins de l'illustrateur Arnaud d'Aunay.
N'ayant pas en ma possession le livre Les Indes françaises, je ne sais pas si les dessins du service sont issus de ce livre où s'ils ont été dessinés spécialement pour Gien. Le rendu est exceptionnel, tout l'art de la faïencerie au service de la palette de l'artiste avec comme dans les vrais carnets de petites touches sur le bord des pièces comme autant d'échelles de couleurs.
Il se trouve qu'Arnaud d'Aunay avait déjà travaillé avec Gien pour un service qui n'est plus édité et qui avait pour sujet des portraits de Napoléon aux différents âges de sa vie.
Pour en savoir plus sur l'artiste, voir son site : http://www.arnaud-daunay.com/
 

Service Route des Indes, Gien, dessins d'Arnaud d'Aunay Service Napoléon Bonaparte Les âges de la vies, Gien, dessins d'Arnaud d'Aunay
 

ZEP : carnet intime, Gallimard, 2011

J'en ai vu de la publicité dans Télérama en fin d'année 2011. Je me le suis offert pour Noël 2011. Comme le dit Télérama, on est bien loin de Titeuf. Le trait est différent en effet, le dessin de BD qui raconte une histoire a laissé la place à l'aquarelle. Des petits instants méditatifs d'un angoissé du voyage qui trouve dans le carnet un remède à son angoisse et une sorte d'hygiène de vie du dessinateur, selon ses propos. Tout cela est très poétique, très contemplatif, certes moins drôle que Titeuf, quoique certains commentaires font sourire.
Un livre pour dire que dessiner s'entretient et qu'il ne faut pas systématique ranger les artistes dans une seule catégorie.

Divers sur le carnet : supports, collections, hôtel...

   

Stand Quo Vadis au Salon du livre

Stand Quo Vadis au Salon du livre

Les supports de carnets de voyage

Certes, il est possible de faire le sien avec un support personnalisé mais il y a une marque qui se décarcasse vraiment pour sortir de nombreux supports alors autant en profiter.
Oui, le papier n'est pas mort et au salon du livre 2010, Quo Vadis est bien là pour le prouver.
Bon ce n'est pas tout à fait nouveau. Cela fait maintenant deux ans que certains bloggeurs en ont parlé sur leurs sites, je suis donc un peu à la traîne.
J'avais déjà remarqué la collection Mémoriae même si je suis un peu sceptique sur l'idée d'avoir un carnet séparé mes joies (blanc), mes peines (noir), mes rêves (bleu pastel), mes amours (rouge passion), mes voyages (bleu soutenu). Imaginez un voyage où je rencontrerais un amoureux dont la découverte serait source de grande joie éphémère, suivie d'une grande peine à l'idée de le perdre, le tout alimentant mes rêves pendant quelques années...quel cruel dilemme dans le choix du carnet ! Et puis cette organisation, façon carnet de cave (mes vins) ou de cuisine (ma cuisine) ne se prête pas à tous les écrits (et pourtant c'est une grande organisée qui vous parle !). Sur le salon, j'ai surtout été séduite par la gamme Post Scriptum dont le très joli slogan est "j'ai rendez-vous avec ma vie". Je ne sais pas qui a écrit l'argument commercial mais c'est très bien dit : "parce que donner un sens à sa vie à travers ses expériences, ses désirs, ses émotions et ses anecdotes devient une quête. Parce que laisser une trace de son histoire construit notre existence et que rien ne remplace le plaisir de l'écriture papier, Quo Vadis lance une collection complète de carnets de notes pour tous les amoureux du papier".
Quant à la nouveauté 2010, pour vous prouver que je ne suis pas si à la traîne que ça, c'est le carnet du voyage du Routard à qui vous êtes invités à raconter vos plus belles aventures.

 
Le stand Quo Vadis au Salon du livre de Paris parce qu'un livre peut commencer dans un carnet...

   

En mai 2013, Louis Vuitton édite quatre Travel Books venus compléter la fameuse collection des City Guides. Une vision d'artiste sur une ville à travers ses illustrations. Dessins, peintures, collages... Les artistes ont eu carte blanche pour la réalisation de leurs illustrations, s'inspirant aussi bien de l'art contemporain que de la bande-dessinée ou du manga. Quatre titres inaugurent cette très belle collection : l'île de Pâques par l'américain Daniel Arsham, Londres par la japonaise Natsko Seki, Paris par le congolais Chéri Samba et New-York par le français Jean-Philippe Delhomme. Dans ces petits carnets de route à glisser dans sa valise, vous y trouverez bonnes adresses, coups de cœur et anecdotes pittoresques, entrecoupés de dessins, peintures et jolis collages. Dans une prochaine collection, en 2014, le mangaka Jiro Taniguchi s'attaquera à Venise tandis que l'auteur de bandes-dessinées Lorenzo Mattotti embarquera pour le Vietnam. De beaux moments d'évasion en perspective.

Collection Travel Books: 45 euros dans les magasins Louis Vuitton, sur le site internet de la marque et dans une sélection de librairies.

   
Un hôtel comme un carnet de voyages

L'invitation au voyage commence à Nice dans le tout nouvel Hôtel Excelsior décoré par le dessinateur de voyage Frédéric Arnold.

"En plein cœur de la ville de Nice, le tout nouvel Hôtel Excelsior est une formidable invitation à voyager dans le temps...pour se mettre dans la peau d'un de ces globe-trotteurs qui, au début du XXème siècle, concevaient le voyage comme un art. Cette bâtisse XIXème, située dans le quartier des musiciens, se trouve non loin de la célébrissime Promenade des Anglais. Derrière l'imposante façade néoclassique, on découvre le travail de "l'atmosphériste" Sandrine Alouf et du dessinateur de voyage Frédéric Arnold, qui s'inspirent des différents moyens de transport pour revisiter la ville de Nice. Le train, le bateau, la voiture : à chacun correspond une ambiance bien particulière que cet hôtel met à l'honneur avec fraîcheur et beaucoup d'originalité. Dans le patio, un bar à cocktail." Figaro Magazine, 9 mai 2014, Méditerranée secrète.

Hôtel Nice Excelsior, 19 avenue Durante, Tél : 04.93.88.18.05, http://www.excelsiornice.com

J'aime beaucoup : les dessins de l'artiste différents d'une chambre à l'autre, la recherche sur l'harmonie des couleurs du mobilier et des équipements, les meubles cabines vraisemblablement dessinés sur mesure, le thème de l'art postal que l'on retrouve dans un escalier qui déchire !

Découvrez la galerie de photos : http://www.excelsiornice.com/fr/content/galerie
 
   

Partir en voyage avec une trousse de toilette carnet de voyage parisien, c'est chic non ?

Articles en vente sur la boutique http://www.alittlemarket.com/boutique/pistache_la_vache-215989.html
Pour ces accessoires, je pense que la créatrice a utilisé une toile cirée (déjà repérée sur internet) ce qui rend les articles très résistants.
Chaque trousse est unique car tout est fonction de la découpe de la toile pour réaliser l'objet. Les finitions sont de très grande qualité.
Bref je recommande !

 

   
Librarie Voyageurs du Monde ParisLibrarie Voyageurs du Monde Paris

Librarie Voyageurs du Monde ParisLibrarie Voyageurs du Monde Paris

Librairie Voyageurs du Monde, le voyage commence rue Sainte-Anne

Découverte en avril 2014 lors d'une réservation de voyage dans le quartier, la librairie Voyageurs du Monde est un rêve pour qui aime le livre et le voyage.
Le quartier (japonais) est déjà un premier voyage en soi, l'architecture de la boutique est juste magnifique, le fonds documentaire concerne le voyage au sens large (livres et objets), le personnel est extrêmement sympathique et accueillant et l'endroit organise régulièrement des manifestations en recevant des auteurs ou des éditeurs.

On y trouve : guides de voyages, cartes, littérature de voyage, beaux livres, livres sur la cuisine du monde, accessoires de voyages, papèterie et un rayon de globes terrestres tous plus beaux les uns que les autres. On y trouve également des carnets de voyages édités à chercher selon la destination ainsi que des supports pour rédiger son propre carnet.

Dans cet environnement difficile de résister à l'appel du livre soit parce que l'on prépare un voyage, soit parce que l'on revient d'un voyage, soit parce que l'on aime tout particulièrement un pays, soit parce que l'on cherche un cadeau pour un voyageur ou même pour le plaisir de redécouvrir Paris (très beau rayon sur la capitale).
Pour connaître l'actualité des signatures et des manifestations, se connecter à la page Facebook de la librairie.

Librairie Voyageurs du Monde
48, rue Sainte-Anne
75002 Paris
Tél : 01.42.86.17.38
Mel : librairie@vdm.com

 

 


   Manifestations autour du carnet
   



 

Swap carnet : le colis japonais envoyé par mes soins

Swap carnet : le colis japonais envoyé par mes soins


 

 

2012 : participation à un swap carnets de voyage

J'ai participé en mars 2012 à un échange de carnets de voyage. L'organisatrice de cet échange est Antonia Neyrins dont je continue de suivre l'actualité sur son blog et via Facebook : http://antonia-neyrins.blogspot.fr/

Le swap ou ronde : 12 participants se sont inscrits sur le site d'Antonia, chacun s'engageant à faire parvenir à une personne désignée un colis contenant un carnet de voyage sur un pays et quelques objets en rapport avec ce pays. Afin qu'Antonia puisse former la ronde (A envoie à B qui envoie à C qui envoie à D...), chaque participant s'est présenté en laissant un message sur le site d'Antonia. Antonia s'est ensuite arrangée (non sans mal à mon avis) pour nous désigner notre "swapé".
 

Voici le colis cambodgien que j'ai reçu de la part de Marie :

Swap carnet : le colis cambodgien reçu de Marie

Lorsque j'ai reçu le colis de Marie dont j'avais demandé la livraison sur mon lieu de travail, je n'ai pas voulu l'ouvrir de suite pour me réserver la surprise. J'ai néanmoins ouvert son courrier qui m'a appris la destination choisie : le Cambodge.
A l'heure du tout numérique, il est très touchant de recevoir un courrier manuscrit d'une si jolie écriture, illustré de ravissants dessins (Marie a été responsable de fouilles archéologiques et dessinatrice d'objets archéologiques, ceci explique sûrement sa jolie plume).
Le carnet choisi par Marie est Carnet d'Asie par Benoît Guillaume (Editions Cambourakis, 2010) qui parle d'un voyage de deux mois au Vietnam, Cambodge et Laos. Dès que j'ai ouvert le carnet, sans même regarder le titre ou son auteur, j'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'un carnet dessiné par un homme. Ce n'est peut-être pas un style vers lequel je serais naturellement tournée car je pense être influencée dans mes goûts par les carnettistes femmes que je connais mais c'est justement ce qui rend l'échange intéressant. Dans ce carnet : ça foisonne, ça bouge, ça pulse, ça raconte beaucoup sans forcément vouloir "faire joli"; il y a du rythme, des pauses, du bruit. On y trouve de pleines pages de dessins mais aussi de nombreuses pages où l'auteur se met en scène avec son amie pour raconter son voyage presque sous forme de story-board. De ce fait c'est un carnet qui peut avoir plusieurs lectures : une lecture de bout en bout pour faire le voyage ou une lecture aléatoire pour admirer les détails, l'art de la narration, la façon de maintenir le rythme et de transmettre au mieux les impressions.
Marie, qui s'est présentée dans son courrier comme une "dingue de marché" m'a également fait parvenir deux recettes Amok de poisson et Chicken curry avec les ingrédients pour les réaliser à savoir de la citronnelle, du galanga (sorte de racine sur la photo) et une pate de curry rouge en sachet. Quelle surprise de découvrir des ingrédients frais dans ce colis ! Je confesse avoir manqué de temps pour tester les recettes mais c'est prévu pour la fin de cette semaine. Lors de mon voyage au Vietnam, j'ai participé à un atelier culinaire dont je garde un excellent souvenir. Quant au disque de pop cambodgienne, verdict bientôt c'est promis.
Je remercie Marie pour l'attention qu'elle a porté à la confection de ce colis. En relisant son portrait je me suis trouvé beaucoup d'affinités avec elle et en ouvrant son colis, j'ai eu l'impression de mieux la connaîtree. Dans cet échange, j'ai ressenti une sorte de "don de soi", un acte pas si commun de nos jours et je ne peux que remercier Antonia d'avoir rendu cette expérience possible.

Et voici le colis japonais que j'ai envoyé à Pascal :

Swap carnet : le colis japonais envoyé par mes soins Swap carnet : le colis japonais envoyé par mes soins

Cher Pascal,

Le colis contient : un livre !

Manabé Shima de Florent Chavouet. C'est un auteur que j'ai découvert avant mon départ au Japon par son livre Tokyo Sampo. J'ai toute de suite adoré l'univers de Florent Chavouet au point de devenir une accro très régulière de son blog http://florentchavouet.blogspot.com/. A l'époque il dessinait un maki ou un sushi sous forme de personnage presque chaque jour. Étant d'origine corse, je lui ai donc écrit pour lui proposer de me dessiner un maki corse (maquis corse !) qui s'est retrouvé portraituré en Napoléon : http://florentchavouet.blogspot.com/2010_02_01_archive.html (shushi n° 148 du 18 février 2010). Juste avant mon départ pour le Japon, j'ai rencontré Florent Chavouet au salon du livre de Paris et je lui ai demandé une dédicace. Il m'a représentée en japonaise : un portrait très fidèle, fait en quelques minutes tout en discutant et sans pose de ma part, vraiment saisissant !

Plutôt que d'acheter l'ouvrage sur internet pour l'envoyer à Pascal, j'ai préféré me rendre dans la boutique parisienne Komikku qui se trouve en plein cœur du quartier japonais de Paris http://www.komikku.fr/ (61, rue des Petits-Champs, 75001 Paris). Komikku est à la fois un libraire spécialisé dans les livres japonais (mangas, littérature, beaux livres, cuisine, tourisme) mais aussi une boutique où l'on peut trouver tous les accessoires pour réaliser un bento dans les règles de l'art. Même si je possède les deux livres de Florent Chavouet, j'étais plutôt partie pour acheter Tokyo Sampo mais j'ai changé d'avis après une discussion avec le libraire qui m'a dit qu'il trouvait le second livre Manabé Shima (dans ce colis) plus abouti et plus drôle. Il faut dire que le contexte d'écriture est un peu différent. Dans son premier livre, Florent Chavouet accompagnait son amie en poste à Tokyo pour quelques mois. Il a mis à profit cette parenthèse dans sa vie pour dessiner sans pour autant avoir eu un projet de livre au départ. Le résultat n'en est pas moins fascinant et drôle. Pour Manabé Shima, Florent est parti avec l'objectif de raconter la vie sur cette petite île et comme il le dit si bien : Le Japon est tellement une île qu'il est un archipel.

Finalement une fille qui a des liens familiaux avec l'Île de Beauté, qui offre un livre sur une île japonaise à un lecteur lui-même originaire de Karukéra, l'île aux belles eaux (La Guadeloupe), ça a du sens non ?!

Le libraire de chez Komikku a du sentir la fan en moi puisqu'il a eu la gentillesse de m'offrir deux planches inédites numérotées et signées de Florent Chavouet : une pour moi et une pour Pascal. Je ne dessine pas vraiment moi-même donc autant laisser faire les pros !

Chez Komikku, j'ai aussi acheté pour Pascal un moule pour faire des œufs de forme ludique. Très simple à utiliser : il faut faire cuire l'œuf pour en faire un œuf dur, le débarrasser de sa coquille tout de suite après la cuisson et le mettre aussitôt dans le moule puis au réfrigérateur afin qu'il prenne la forme du moule en question. Ludique et plutôt enfantin mais les japonais ont ce côté grand enfant qui ne veut pas grandir ! Ce moule fera peut-être sensation au printemps prochain si le groupe scolaire de Pascal part en pique-nique ?

En parlant de picque-nique, je me suis également beaucoup intéressée à la cuisine japonaise avant mon voyage et tout particulièrement à l'art du bento (boite repas que l'on confectionne soi-même et qui doit être non seulement belle à voir mais aussi bonne à manger et équilibrée de préférence). Il existe beaucoup d'accessoires pour aider à décorer les boites. Pour certaines passionnées c'est bien plus que de la cuisine, c'est un art.

Pour rester dans l'alimentaire, j'ai pris un petit risque en envoyant à Pascal des wasabi peas, sorte de cacahouète enrobée d'une couverture de wasabi, la moutarde japonaise verte. Personnellement, je suis accro mais j'ai conscience que le goût puisse déplaire. Ceci dit Pascal est d'origine Guadeloupéenne : il doit donc être habitué aux sensations fortes !

Pour finir et pour coller au thème du voyage, en me rendant à une expo à la Cité de l'architecture, j'ai acheté dans la boutique du musée une petite pochette qui m'a semblée bien pratique. Elle permet d'y ranger un téléphone et un carnet (le carnet est fourni), plus éventuellement des billets de musée ou tout autre petit document que l'on souhaiterait mettre à l'abri avant de les coller dans son carnet de voyage. Il semblerait que l'objet soit une création japonaise ce qui ne m'étonnerait pas car ils sont très forts pour tout ce qui concerne la papèterie. Je fréquente pour ma part régulièrement les boutiques Muji (http://www.muji.fr/) et depuis peu la boutique Delfonics (http://delfonics.fr/) qui vient d'ouvrir au Carrousel du Louvre et qui est pour moi le nec plus ultra de la papèterie, service japonais en plus. Si l'échange s'était fait avec une fille, j'aurais sûrement opté pour un objet plus "kawaï" mais dans mon échange avec un homme je suis restée dans une ligne plus sobre destinée à un "geek" ou un collectionneur ou les deux !

En ce qui concerne mon voyage au Japon, j'ai eu la chance d'y aller pour 15 jours en mars 2010 avec un voyagiste spécialisé dans les voyages en petit groupe (nous étions 6 donc très mobiles). J'ai pu ainsi visiter des villes ou des sites touristiques très connus, comme des villages ou des îles beaucoup plus confidentielles. Je n'ai malheureusement pas vraiment eu le temps de dessiner. J'avais pourtant emporté un carnet et un peu de matériel mais les journées passaient très vites, tant de choses à découvrir ! J'ai néanmoins alimenté mon carnet avant le voyage (avec des adresses sur Paris, des notes de lecture) pendant (avec tous les tickets, petites brochures, tampons, emballages et autres documents collectés sur place) et après principalement avec d'autres notes de lecture et les adresses parisiennes de tous les vrais restaurants japonais que je rêverais de tester).

J'ai beaucoup lu avant, pendant et après le voyage : romans, récits de voyage et même mangas (je dis "même" car ma culture BD/manga est vraiment débutante). J'ai particulièrement aimé Besoin de Japon de Jean-François Sabouret (récit), Les années douces d'Hiromi Kawakami (roman), Le jardin Yamata d'Isabelle Jarry (récit), La tour de Tokyo par Lily Franky (roman autobiographique), quelques mangas de Jirô Taniguchi, Le cœur régulier d'Olivier Adam (roman qui se passe au Japon) et tellement d'autres choses encore…J'ai de la chance car la médiathèque de ma ville est assez bien approvisionnée et si j'en crois mon expérience cela devrait être encore mieux prochainement car ils suivent les recommandations du salon du livre, or grande nouvelle, le Japon est à l'honneur du 32ème salon du livre du 16 au 19 mars 2012 à Paris (http://www.salondulivreparis.com/). Beaucoup d'auteurs japonais seront présents pour dédicacer leurs livres. L'éditeur Philippe Picquier (http://www.editions-picquier.fr/), spécialisé dans la littérature asiatique, aura sûrement un grand stand pour l'occasion.

J'oubliais, dans un autre genre, j'ai aussi beaucoup acheté d'ouvrages sur la cuisine japonaise et j'ai pris des cours de cuisine pour apprendre à bien faire les sushis et makis. Une grande marque d'ustensiles de cuisine en plastique propose d'ailleurs un kit pour aider à leur fabrication. Au Japon, j'ai été très surprise par la richesse des spécialités régionales. makis et sushis ne sont qu'un tout petit extrait de mets succulents et si raffinés que j'ai eu l'occasion de déguster.

Pendant le voyage, j'ai eu le temps de faire deux cartes en collage pour Antonia, envoyées toutes deux par la poste et sans enveloppe dans le cadre d'un projet sur l'art postal. Malheureusement ces cartes, amoureusement confectionnées alors que nous logions chez des moines, ne sont jamais arrivées à leur destinatrice. Heureusement j'ai conservé de belles photos. J'imagine que c'est le risque avec l'art postal.

Pour ce qui est de la musique, car c'est aussi important pour moi, une des raisons de mon voyage au Japon est aussi la découverte du disque Tessi Tessi, collaboration entre VOCE VENTU, groupe de chanteurs polyphoniques corses & MIEKO MIYAZAKI, musicienne (koto). J'ai eu la chance de les entendre au Musée Guimet, quelques jours après mon retour du Japon. Deux ans après la sortie du disque, il ne se passe pas un mois sans que je l'écoute, je crois que c'est LE DISQUE que j'ai le plus écouté de toute ma vie, d'ailleurs je suis devenue bilingue corse/japonais (uniquement) sur les paroles des chansons !

Pour finir, les japonais excellent dans l'art de l'emballage. Il était difficile de faire aussi bien. J'ai eu l'idée d'emballer les objets une première fois dans du papier de soie, puis de les recouvrir de photocopies couleurs d'un grand prospectus trouvé dans une station thermale. Je pense que ce prospectus vantait les mérites des différentes boutiques du village + photocopie couleur de mon avatar dessiné par Florent Chavouet et du programme d'un spectacle à Kyoto.

J'espère vous avoir fait partager mon enthousiasme pour le Japon et vous avoir donné envie d'en savoir plus. Mettez, vous aussi, un peu de raffinement japonais dans votre vie !





 

 

31 mars 2011 : The Diary, three centuries of private lives, du 21 janvier au 22 mai 2011, New-York, Pierpont Morgan Library

Le hasard a fait que lors de mon passage à la Morgan Library, se tenait l’exposition « The Diary, three centuries of privates lives ». Je n’ai pu que me réjouir de tomber au bon moment. J’ai surtout été surprise par la variété des journaux intimes présentés : parfois livre de comptes, album photos, carnet de lectures, carnet de dessins, carnet de notes, ces notes pouvant même être scientifiques.

Il y avait bien sûr des carnets de voyage (« a way to capture memory so it doesn’t sleep away ») , dont un écrit pendant le voyage de noce d’un couple anglais autour de 1840, mais aussi divers journaux intimes, écrits pour être partagés ou pour rester intimes, pour s’aider à progresser dans la foi (Amazing Grace de John Newton) ou dans l’écriture d’un livre (Steinbeck), pour oublier un amour impossible (Dear Diary, Dear Beloved de Frances Eliza Grenfell), pour mesurer le temps qui passe (Spinning an Sausage making par Elizabeth Eastman Morgan ou Diary of a Marriage par Sophia and Nathaniel Hawthorne)…

Présentation de l’exposition :

“How do we tell the stories of our lives? For centuries, people have turned to diaries to mark time, sort out creative problems, help them through crises, comfort them in solitude or pain, or capture memories for the future. Today, as we find new ways to document our unfolding lives—in blogs, online diaries, and social networks—this exhibition looks back over several centuries to explore the enduring drive to leave a trace of our passing days. The personal writings featured here—all from the Morgan's permanent collection—reveal spiritual journeys, artistic ambition, and everyday rhythms. Some were kept private, others shared with a lover or friend. Together they represent a chorus of voices—each unique, yet bridging time and experience in their expression of love, pain, loss, and joy.”

Quelques citations relevées

« I have tried to keep diaries before, but they didn’t work out because of the necessity to be honest”
John Steinbeck  writing the Grapes of wrath

“Today’s mobile electronic devices retain the possibility of traditional diary while inviting new ways of entering indexing and sharing the records of our lives.”

 Adresse et infos utiles

The Pierpont Morgan Library
225 Madison Avenue
At 36th Street
New York, NY 10016-3405
Métro : Grand Central
S
ite dédié à l’exposition sur les journaux intimes : http://www.themorgan.org/thediary (le site constitue le support de l'exposition, il est très riche).





 

 

Carnets de voyage 2... Le monde au bout du crayon, du 18 novembre 2010 au 23 avril 2011

Les carnets de voyage font à nouveau escale à l'Adresse Musée de La Poste. Jusqu'au printemps, ils emmèneront les visiteurs aux quatre coins de la planète.

Un vrai tour du monde... En 600 dessins et 200 extraits de carnets. Les sujets : des gens surtout, mais aussi des paysages, des villes, des scènes quotidiennes. De la vie a chaque page. En couleur et noir et blanc. Réalisés au crayon, à l'aquarelle... La grande expo automne/hiver de l'Adresse Musée de La Poste invite ainsi à prolonger nos migrations de l'été en partageant celles de près d'une cinquantaine d'artistes. Dessinateurs ou illustrateurs professionnels, ils ont ramené de leurs périples sur tous les continents des travaux pleins d'attention, de sensibilité.

" Cette exposition sur les carnets de voyage est très différente de celle que nous avons présentée il y a deux ans, précise Patrick Marchand, le commissaire d'exposition, elle est exclusivement consacrée aux carnettistes contemporains et propose un bien plus grand nombre d'oeuvres ". L'accrochage revisite toute la planète. On se retrouve en Roumanie en compagnie d'un ouvrier forgeron, en Egypte avec une danseuse, à Calcutta aux côtés d'un marchand de thé, en Sibérie, au Mali, au Québec... On s'arrête même un instant dans des lieux imaginaires. Frank Watel a ainsi dessiné une Auvergne réduite à un chapelet d'îles en raison de la montée des eaux.

Des objets ponctuent aussi la visite : un barkoto, appuie-tête traditionnel d'Ethiopie utilisé par Antonia Neyrins pour s'asseoir lorsqu'elle dessinait, une mappemonde en fil de fer réalisée par des enfants d'Afrique du Sud pour Elsie Herberstein... Et des témoignages "audio" des dessinateurs complètent le voyage. Un vrai tour du monde...

27 novembre 2010 : Visite de l'expo Carnet de voyage, le monde au bout du crayon

Un sujet réconfort au cœur de l'hiver; qui me fait toujours rêver. Il me tenait donc à cœur de voir l'exposition rapidement, dans les premiers jours suivants son inauguration.
Pour la deuxième édition de cette exposition et vraisemblablement fort du succès du premier essai, on sent que l'Adresse (nom du musée de la Poste) a pris d'heureuses initiatives. Cette année, l'exposition ne se tient plus dans une annexe des collections permanentes du Musée mais elle a sa propre galerie. Plus d'espace (il m'a semblé) et surtout une très belle lumière. Du coup on bascule peut-être de l'esprit bricolage amateur à un esprit galerie qui expose des œuvres d'art (d'ailleurs certains artistes proposent des toiles). C'est un choix qui se défend. Le nombre d'artistes exposés permet de se faire une idée des carnettistes contemporains en vogue. Il y en a pour tous les goûts tant au niveau des styles qu'au niveau des pays visités : on commence par la France puis l'Europe, l'Afrique, l'Asie, l'Amérique.
 
Quel plaisir de retrouver mes petits chouchous :

  •            Antonia Neyrins dont j'aime le style, l'écriture, les palettes de couleurs façon échantillon, les très beaux objets collectés en Afrique qui me laissent à penser que beaucoup de carnettistes ont une âme de grands collectionneurs,

  •            les artistes que j'ai appréciés dans la série DVD Gédéon et dont j'ai retrouvé soit les planches originales dessinées dans la série, soit des objets rapportés de voyage. J'ai beaucoup aimé : la mappemonde d'Elsie Herberstein, le style chic et sûr de Bertrand de Miollis, le passeport et le regard frontal de Damien Roudeau,

  •            Arnaud d'Aunay que j'ai découvert de grands formats alors que jusqu'à présent je focalisais surtout sur les petites assiettes à mignardises du service Gien qu'il a dessiné,

  •            le jeune Florent Chavouet que j'adore et visiblement je ne suis pas la seule puisqu'il a remporté le Grand Prix Michelin de la Biennale de Clermont Ferrand 2010 pour Tokyo Sampo; ici il présente des planches de son dernier opus Manabé Shima.

Et puis il y a les nouvelles découvertes, sans doute le grand intérêt de cette exposition, surtout si on ne fréquente pas la Biennale de Clermond Ferrand.

  • Nicolas Jolivot : c'est mon vrai coup de cœur de cette fin d'année 2010; son passeport était de loin le plus réussi; ses dessins m'ont fait sourire; je ne sais pas si c'est un cause de leur thème récurent bien français "on mange", ou peut-être leur format homogène, ou encore ce trait, pas tout à fait identique selon le pays visité et pourtant très singulier, très à part. Comble du bonheur, il était possible de se procurer des reproductions de ses dessins dans la boutique du Musée, soit trois petits carnets carrés sur le thème "On mange" à Marrakech (Nakoul !), en Chine (Chi fàn !), à Buenos Aires (a Comer !). C'est malicieux, plein de vie, ça donne envie de croquer aux deux sens du terme !

  • France Dumas, parce qu'elle fait le lien entre cette page et le site qui l'héberge avec son Carnet Corse (2007), dont on peut voir les planches originales dans l'expo et qui est aussi en vente à la boutique du Musée. Il se présente comme un véritable carnet, même format, reliure sommaire et authentique (on dirait de l'auto-impression ?) et forcément son sujet me parle. J'aime beaucoup notamment le salon de la maison (on dirait chez mon grand-père), la tour de Colomba à Fozzano, la composition autour de la Saint-Roch. Ca a l'air d'un trait déroulé très simple. Simple d'apparence. C'est comme si France Dumas avait capté l'exacte ambiance à la fois indolente et ponctuée de moments intenses que l'on peut vivre en Corse au mois d'août. Bravo l'artiste car d'après moi le rotring magique qui dessine tout seul ça n'existe que dans mes rêves! Les planches des bistrots parisiens ont cette même intensité.

  • Et enfin un petit mot sur Emilie d'Hauteville, qui a eu le mérite de mettre un peu de matière (textile) dans ses créations dans une expo qui curieusement manquait un peu de techniques mixtes à mon goût.

Les moins de l'édition 2010 : une boutique peut-être pas assez achalandée par rapport aux artistes présentés, un audio-guide surtout concentré sur des impressions de voyages alors que j'aurais préféré il m'apprenne des choses sur l'art du carnet de voyages, un côté plus rodé, plus professionnel, deuxième édition oblige, et donc peut-être un peu moins spontané ?

Les plus de l'édition 2010 : plus d'artistes donc plus de variété, une meilleure mise en lumière des planches, un catalogue de l'exposition qui permet de se replonger dans le voyage à loisir, des objets rapportés de voyage (j'ai bien aimé le chat de toit chinois et le souffle feu), une fiche descriptive par artiste sous forme de passeport parfois assez conventionnelle, parfois poétique, parfois surprenante (un vrai plus pour l'expo que l'on retrouve dans le catalogue); un audio-guide compris dans le prix du billet, un nouveau clin d'œil au mail art avec une enveloppe par artiste adressée au commissaire de l'exposition.


France Dumas : Corse 2007 France Dumas : Corse 2007
Extraits de l'ouvrage de France Dumas, Corse 2007, son travail me parle pour plein de raisons...

Musée de La Poste, 34 bd de Vaugirard, Paris 15, métro Montparnasse Bienvenüe de 10h à 18h sauf dimanche et jours fériés

http://www.ladressemuseedelaposte.fr/

 


 
 


Atelier Initiation au carnet de voyage animé par Cécile Filliette
 

Le 16 janvier 2010 j'ai eu la chance de pouvoir assister à un stage d'une journée d'initiation au carnet de voyage animé par Cécile Filliette. En une journée, même très dense, il est impossible de faire le tour de la question. Il s'agissait donc plus d'un stage autour de techniques pouvant servir à l'illustration d'un carnet de voyages que de la réalisation d'un début de carnet de voyages. Comme disait le programme : "une approche ludique et créative pour oser la fraîcheur d'un carnet fait en voyage".
Oser fut bien le fil conducteur de la journée si l'on se réfère à la devise affichée sur le réfrigérateur de la maison : "ce qui est difficile ce n'est pas d'oser, c'est parce que l'on n'ose pas que c'est difficile".

4 ateliers pour se lancer dans l'aventure : oser le dessin libre et retrouver l'enfant en soi, oser les mots et l'écriture, oser l'abstraction dans le carnet et enfin oser l'utilisation de tous les outils des plus académiques aux plus quotidiens.

Après un tour de tables sur les attentes et les peurs de chacun, Cécile nous parle de sa vision du carnet de voyages.
Pour elle, c'est un rituel quotidien, un moment de méditation, qui oblige à se situer dans le temps, à ressentir l'instant présent intensément et à se concentrer.
C'est aussi l'art de faire émerger le presque invisible, de trouver du beau là où il n'y en a pas forcément. En voyage, le carnet change complètement le regard du voyageur sur le pays visité, comme un voyage dans le voyage.
Néanmoins elle nous confirme qu'il n'est pas nécessaire d'attendre le prochain voyage pour commencer un carnet car le quotidien peut très bien être source d'inspiration.
Ses paroles font écho en moi lorsqu'elle nous parle du carnet comme d'un moyen de se réconcilier avec l'enfant libre, rêveur, inactif.
Faire un carnet permet selon elle se de dégager du goût de la perfection puisqu'il suffit de se faire plaisir, la seule contrainte étant peut-être un peu de discipline. Sa préconisation est de réaliser une page par jour dans la mesure du possible.
On l'aura compris, il s'agit bien chez elle d'une addiction mais la drogue est particulièrement douce !

Le premier atelier de dessin a pour but de nous apprendre à gérer l'espace, le temps et à faire un bilan de notre capacité à dessiner. Il s'agit d'un exercice autour du portrait. La feuille est divisée en six parties. Dans chaque partie, Cécile nous demande de faire au stylo (car gommer c'est douter !) le portrait de la personne opposée :
a)  normalement en 10 minutes,
b) en se servant de la main gauche pour les droitiers et inversement,
c) avec un trait déroulé continu comme si on reliait un point de départ à un point d'arrivée,
d) en fixant la personne dans les yeux avec interdiction de regarder la feuille,
e) en dessinant avec les deux mains de manière simultanée,
 f) en dessinant avec les deux mains qui doivent agir de manière opposée, aussi appelé le dessin qui rend fou, à juste titre !

Pour qui n'a pas dessiné depuis l'enfance, attaquer le dessin par le portrait relève de la mission impossible ! Et pourtant l'exercice est pédagogique à bien des égards. Dans mon cas, l'utilisation pour la première fois de ma vie de la main gauche est une révélation. La main gauche qui correspond à l'hémisphère droit du cerveau, siège de l'intuition et des émotions, permettrait un dessin plus expressif, plus vivant, plus sensible. Mes dessins de la main gauche et des deux mains simultanées ont plus de caractère que mon dessin de la main droite. Plusieurs participants sont surpris de la qualité de leurs portraits selon la technique du trait déroulé continu ou celle du dessin sans regarder la feuille. Certaines des techniques abordées permettent de libérer le geste tandis que d'autres trouvent une application très concrète dans le voyage lorsque qu'il faut faire vite face à un personnage qui n'a pas forcément envie qu'on lui dresse le portrait où lorsqu'il est difficile de se concentrer dans un endroit bruyant et encombré (marché par exemple).

Le deuxième atelier a pour but de libérer l'écriture en laissant vagabonder son imagination. Il s'agit en l'occurrence de la technique de l'acrostiche que nous appliquons au mot CARNET.

C comme cahier, craie, couleur, créer, coller, couper, cadrer, caractère, calligraphie, correspondance avec soi-même…
A comme aquarelle, acrylique, artistique, atmosphères, amour du voyage, attentif aux autres,…
R
comme rencontres, ratures, récit, rimes, rituel, randonnée, rare, raconter…

et ainsi de suite. L'intérêt de l'exercice réside surtout dans la comparaison des résultats de chacun car un tel brainstorming autour du mot qui a motivé notre inscription ne peut que nous rapprocher.

C'est un exercice judicieux juste avant la pause déjeuner que nous partageons tous ensemble. L'occasion de prendre le temps de découvrir l'atelier de Cécile qui est un endroit magique, idéalement situé dans la cour d'un immeuble parisien, calme et lumineux, décoré de peintures, de souvenirs de voyages et regorgeant comme il se doit de carnets de voyages tous plus beaux les uns que les autres (ceux de Cécile mais aussi ceux de deux participants aguerris qui ont eu la gentillesse d'apporter leurs propres créations).

Après la pause déjeuner, vient la partie "abstraction dans le carnet" ou comment exprimer des sensations et des émotions grâce aux couleurs, au format, à la matière, à la mise en page, au graphisme et à l'utilisation de la surface. Il s'agit alors de tester pastels gras, pastels secs, peinture et collage pour exprimer la colère, la joie, la faim, les picotements, l'atmosphère du repas du midi et une émotion ou sensation à faire deviner aux autres. En se référant à Paul Klee qui aurait dit, "ne me demandez pas ce que je vois mais je que vis", nous voilà plongés, avec plus ou moins de bonheur dans les joies de l'abstraction. Là encore la confrontation finale des résultats a son importance car si l'on retrouve bien des constantes dans l'expression d'une émotion, chaque individu porte en lui son propre univers de couleurs et de formes.

La dernière partie de la journée est l'occasion de tester quelques outils : comment exprimer l'écume de la vague, le grain d'un rocher ou le frisson d'un feuillage en appliquant du film alimentaire ou du papier d'emballage de livres sur de la peinture ou en recyclant de vielles éponges façon tampon encreur. Tout est prétexte à empreintes, des feuilles d'arbre séchées jusqu'au relief du papier peint de l'atelier. Le sable récupéré vient se coller au bord de mer et les petits sapins dans la montagne vont bien vite à se reproduire sous le pinceau de Cécile. Elle se sert même des techniques qu'elle nous enseigne pour dédicacer quelques exemplaires de son ouvrage avec une rapidité et une maîtrise qui me laissent perplexe. Une fois devant ma feuille mes arbres me semblent peu convaincants en comparaison mais l'essentiel est d'avoir pris plaisir à essayer de nombreux outils et de se rendre compte qu'avec un peu d'exercice et en recyclant les déchets du quotidien (éponge, bougie, plastique, tissu) on peut réaliser de jolis paysages.

Fin de la journée un peu plus tard que prévu avec pour tous une grande excitation à l'idée de tous les possibles qui nous attendent mais aussi pas mal de fatigue du fait d'une journée très dense en contenu et en révélations. Il est difficile de quitter Cécile et son atelier. Elle a bien réussi à nous communiquer sa passion tout en faisant preuve d'un grand sens pédagogique avec le groupe.
Tout comme le programme l'indiquait il s'agissait bien aujourd'hui de trouver liberté et confiance pour entrer dans la page. Ce genre de stage d'initiation me semble important si l'on envisage de se lancer seul ou en groupe dans l'aventure et notamment si l'on projette de faire un stage autour du carnet de voyages sur une période plus longue lors d'un voyage à l'étranger; il faut avoir expérimenté le fait de travailler sur soi-même sous le regard des autres, pour moi, ça ne s'improvise pas.
L'intérêt de la journée ne réside pas tant dans l'apprentissage des techniques que dans la découverte de son propre potentiel créatif; c'est presque une thérapie pour lever les blocages, si blocage il y avait. Nous quittons l'atelier riches de cette expérience.

Le carnet sera-t-il notre addiction de l'année 2010 ?

En savoir +

L'ouvrage de Cécile (voir ci-dessus) sera bientôt réédité mais elle a encore des exemplaires en stock.

Le blog de Cécile où elle indique son parcours, son actualité, ses stages, ses voyages à l'étranger, ses publications : http://atelier-metaforme.over-blog.com/ 

Voir aussi un dossier spécial dans la revue Dessins & Peintures n° 43 de juillet-août 2009 : "Carnet de vacance, carnet de voyage, carnet d'aventure", avec notamment une interview croisée de Cécile Alma Filliette, Patrick Martin et Alain Marc.
Possibilité de commander les anciens numéros sur le site internet de l'éditeur.

Atelier Cécile Filliette, le dessin libre

Atelier Cécile Filliette

Atelier Cécile Filliette, l'abstraction dans le carnet

Atelier Cécile Filliette, dédicace de l'artiste

Atelier Cécile Filliette, détail de l'atelier

Atelier Cécile Filliette, empreinte sur le papier peint


Exposition l'art du Carnet de Voyage de 1800 à nos jours au musée de la Poste à Paris
du 20 avril au 12 septembre 2009


L'expositions du Musée de La Poste présente plus de 40 artistes pour illustrer l'évolution du carnet de voyage de 1800 à nos jours.
Hier explorateurs, géographes ou scientifiques, aujourd'hui voyageurs, reporters, routard ou artistes, ils partagent l'envie de parcourir le monde, le besoin de sentir, de rencontrer, de témoigner...Leurs carnets relatent l'émotion spontanée de la découverte ou le moment d'un souvenir privilégié.
Que les carnets de voyage soient réalisés à l'autre bout du monde, au coin de la rue ou dans un hôpital, qu'ils prennent la forme d'un journal de bord, de carnets d'ethnologues, de planches naturalistes ou de carnets de peintre, ils permettent de découvrir toute la variété de ce mode d'expression, la diversité des styles et les thèmes parfois inattendus abordés par les auteurs. Leurs carnets ont tous en commun de restituer par la magie d'un dessin aquarellé, d'un simple croquis ou d'un enregistrement sonore le cheminement au cours duquel s'instaure un dialogue avec le monde.

Musée de La Poste, 34 bd de Vaugirard, Paris 15, métro Montparnasse Bienvenüe de 10h à 18h sauf dimanche et jours fériés, http://www.museedelaposte.fr

Une expo qui se fait toute discrète dans le paysage parisien et pourtant elle vaut le déplacement. Il faut d'abord traverser les collections permanentes du musée de La Poste pour aboutir à plusieurs salles spacieuses aux grands panneaux façon carnets à spirales où sont affichés de très nombreux artistes carnettistes. L'intérêt de l'exposition ne réside pas tant dans la chronologie du mouvement qui on le sait est ancien, mais dans la diversité des expressions et des supports présentés. On peut y admirer de vrais carnets (qui sont dans des vitrines et que l'on ne peut malheureusement pas feuilleter) ou des planches (certaines sont peut-être les épreuves originales de livres édités ?). Plus de 40 artistes et plus de 350 pièces de collection. 
De cette exposition si riche il est très difficile de trouver LE coup de cœur car chaque artiste apporte quelque chose au mouvement. Peut-être ai-je été plus sensible à :  l'épaisseur de l'aventure au sens propre comme au figuré que l'on peut sentir même à travers les vitrines, avec notamment les carnets d'Anne Steinlein, les planches de Barroux sur le Pot au feu qui prouvent bien que l'on peut faire un carnet de voyage chez mamie, les planches de Noëlle Le Guillouzic sur l'oratoire de Saint-Guirec à Ploumanach (sacré Saint Guirec, il n'en fait qu'à sa tête et n'a pas toujours eu le nez fin mais on ne lui en voudra pas !) pour leur thème cher à mon cœur mais aussi pour ses petits bouts de souvenirs collés, la technologie numérique qui m'a permis de feuilleter du bout du doigt le journal de Paul Gauguin et tellement d'autres encore !
Gros bonus de l'exposition : une salle est consacrée à l'art postal ou mail-art avec une présentation d'un ensemble d'enveloppes et de cartes postales réalisées par Pierre Josse (rédacteur en chef des guides du Routard) au cours de ses nombreux périples. Quel veinard, quelle collection, quel talent !
Une exposition incontournable avant de partir en voyage pour se donner plein d'idées sur les futurs carnets à écrire.
Après ou avant l'expo, je ne peux que vous conseiller de déjeuner à l'Enclos du temps, 31 avenue du Maine, qui est un bistrot fort chaleureux qui propose de gargantuesques salades très fraîches et de faire une petite promenade dans le petit passage situé juste quelques mètres au dessus au niveau du 21 de l'avenue du Maine, un véritable havre de paix au pied de la tour Montparnasse.

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste - Noëlle Le Guillouzic

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste - Paul Gauguin

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste - Pierre Josse

Expo carnets de voyage - Musée de La Poste - Pierre Josse


Rencontre avec Antonia Neyrins le 12 avril 2008 

Carnets de voyage - propriété d'Antonia Neyrins

Carnets de voyage - propriété d'Antonia Neyrins

Carnets d'Antonia Neyrins

Le 12 avril 2008, j'ai eu la chance d'assister à une rencontre avec Antonia Neyrins organisée par la médiathèque de ma ville. Je dis la chance car d'une part, Antonia Neyrins est une artiste reconnue dans le milieu des carnettistes et d'autre part, le sujet intéressait visiblement beaucoup de lecteurs de la médiathèque. Les places, limitées pour préserver un côté intime à la rencontre, étaient donc très convoitées.  

Plus qu'une simple conférence, il s'agissait en fait d'une présentation de l'œuvre d'Antonia qui est venue avec une bonne partie de sa collection de carnets. Elle a déjà publié de nombreux articles, un livre sur la méthodologie des carnets de voyages (voir ci-dessus) et fait partie du collectif "les carnettistes tributants" mais elle n'a pas (encore) publié ses propres carnets. Avoir la possibilité de les feuilleter était donc un grand privilège puisque nous avions à faire à des inédits.

Quelques petites choses évoquées durant cette rencontre.

Les écrits...
Elle évoque le problème de la confidentialité des écrits. Il y a les écrits anodins et ceux que l'on a pas envie de faire lire aux autres. L'intime se prête mal au regard des proches et encore moins à la publication. Je ne suis pas loin de penser pour ma part que le carnet est parfois une forme d'art-thérapie et du coup je comprends bien ce sentiment de garder ses carnets pour soi.

Trois sortes d'écrit :

- les écrits joints : poème, recette de cuisine, ticket de musée, etc...
- les écrits descriptifs : il faut veiller à ce qu'ils ne soient pas répétitifs par rapport à l'illustration,
- les écrits esthétiques : lorsque l'écrit devient un dessin ou prend la forme d'un tampon, d'une calligraphie.

Antonia recommande d'écrire sur le moment pour que l'intensité de ce qui est vécu reste. Elle n'hésite pas à reproduire les paroles ou les expressions des personnes qui l'entourent en voyage.

Le partage...
Elle évoque aussi le côté intergénérationnel et partage du carnet de voyage; ainsi elle n'hésite pas à demander à son entourage de participer à ses carnets (ses enfants dessinent, sa mère lui raconte son dernier voyage), lors de voyages, elle demandent aux personnes rencontrées d'écrire dans son carnet, lors d'ateliers avec les adolescents, elle organise une ronde des carnets où chaque participant laisse une trace dans le carnet de l'autre.

Vivant et imparfait...
Elle emploie une très large palettes de techniques (aquarelle ou crayons aquarélables, pastels, collage, empreintes) mais elle insère assez peu de photographies car elle privilégie l'instant présent et ne retravaille pas à domicile. Du coup, elle semble accepter très facilement le côté vivant et imparfait de l'objet : il peut être tâché, un dessin peut rester inachevé, une page peut être considérée à ses yeux comme moins réussie mais elle la conserve. Elle va jusqu'à utiliser un vieux manuscrit ou des livres anciens comme support de carnet de voyage, dans ce cas, dessins et collages se superposent harmonieusement au texte imprimé du support d'origine. Finalement je réalise qu'il ne faut surtout pas chercher à obtenir le carnet parfait, très contrôlé, très organisé en amont ou en aval, mais laisser libre court à son imagination de l'instant présent. 

Toujours avoir un carnet à portée de main...
Afin de s'entraîner au jour le jour, elle a d'ailleurs toujours un carnet de sac à mains, sans sujet particulier sur lequel elle note ses idées et un carnet de musées qu'elle complète au fur et à mesure des expositions ou des musées qu'elle visite. 

Quelques idées pour rythmer un carnet de voyage :
- y coller des emballages alimentaires par couleur,
- y coller le nom du pays visité découpé dans les journaux locaux,
- faire la palette des couleurs du pays visité,
- travailler autour d'une carte géographique.

Le carnet doit parler aux sens :
- la vue est certainement le sens qui coule de source;
- le toucher : des plumes, des écorces, des feuillage;
- l'audition : on peut fermer un carnet avec un petit grelot, quelques coquillages qui tinteront à chaque manipulation; Antonia a aussi utilisé dans un carnet une puce électronique (à l'origine destinée à enregistrer un message) qui enregistre l'ambiance du voyage;
- l'odeur : encens, épices, feuilles ou fleurs odorantes;
- le goût : rien trouvé mais chez Antonia la nourriture est très présente dans ses carnets et sous toutes ses formes (dessins, emballages alimentaires, noms de produits locaux, notes de restaurants).

Blog d'Antonia Neyrins : http://antonia-neyrins.blogspot.fr/ : son blog permet de connaître son actualité et de se renseigner sur les voyages qu'elle organise.

Carnets de voyage - propriété d'Antonia Neyrins

Carnets de voyage - propriété d'Antonia Neyrins

Carnets d'Antonia Neyrins

Le 19 avril 2008, une semaine après la conférence, avait lieu l'atelier de création de carnet de voyages animé par Antonia Neyrins.

Les participants prennent placent autour d'une table situé dans un "aquarium" ce qui fait que nous devenons acteurs pour nous-même et pour les lecteurs de passage à la médiathèque.
Pour ne pas être confrontés à la paralysie de la page blanche, Antonia nous propose d'utiliser la technique de l'empreinte. En appliquant du pastel gras sur une feuille de soie posée sur une  "plaquette à embrossage" ou "planche de texture" (de marque Fiskars - matériel traditionnellement utilisé en scrapbooking), nous réalisons un motif, qui, une fois déchiré, permettra d'agrémenter notre première page. Puis elle nous propose de nous essayer au dessin en reproduisant divers petits paniers qu'elle dispose sur la table. C'est l'occasion pour nous de tester l'aquarelle, le pastel gras, les crayons aquarélables, les feutres noirs. Vient ensuite le moment de l'écriture. Antonia nous propose quelques citations et nous initie à l'art de tenir un feutre de calligraphie. L'atelier se déroule dans une ambiance d'émulation créatrice. Il est frappant de voir comment chaque participant, partant d'un thème commun (une empreinte - un petit panier - un texte), apporte sa propre vision des choses. Notre point commun entre moi et mes voisine est cette manie de tout conserver en vue d'une utilisation future (une fois de plus, cela fait du bien de voir que je ne suis pas seule dans ma névrose du découpage !). Mes voisines ont incontestablement des talents artistiques très prononcés. Malheureusement, l'atelier ne dure pas suffisamment longtemps pour avoir le temps d'échanger sur nos parcours créatifs respectifs. Néanmoins, avant de nous quitter, nous prenons plusieurs photos de nos créations respectives. La journée se clôture autour de la valise à trésors d'Antonia. 
Si Antonia Neyrins passe dans votre médiathèque, je ne peux que vous inciter à venir la voir. C'est une femme charmante, très professionnelle et très disponible. La conférence est un moment d'évasion et de rêve sur son parcours hors du commun; l'atelier de création permet en peu de temps d'apprendre quelques astuces avant de se lancer et d'acheter son propre matériel. Pour autant, il n'est pas question de pousser à la consommation (comme lors d'ateliers de scrapbooking par exemple). Le carnet de voyage étant un art itinérant, il n'est donc pas envisageable de trimbaler des mallettes entières de matériel; certaines marques prestigieuses et chères conviennent mal au carnet de voyage (cas par exemple des pastels gras trop gras qui risquent de migrer et de tâcher les pages); enfin le recyclage de tout ce que l'on trouve en voyage (plans, tickets, notes de restaurants, coupures de journaux, végétaux) est la base même du carnet de voyages, or qui dit recyclage, dit économie pour la planète. 
Les artistes pédagogues sont rares à mon avis, ce qui me laisse à penser qu'il doit être très agréable de voyager avec Antonia. En attendant, Antonia nous a démontré qu'il était possible de faire un carnet en restant près de chez soi, il ne reste donc plus qu'à s'y mettre ! A suivre...

Atelier de création de voyages d'Antonia Neyrins - travaux des stagiaires
Réalisations des stagiaires

Atelier de création de voyages d'Antonia Neyrins - Atelier de création de voyages d'Antonia Neyrins - travaux des stagiaires
Réalisation des stagiaires

Atelier de création de voyages d'Antonia Neyrins - La touche du maître

Antonia apporte sa touche

La valisette à voyages d'Antonia Neyrins
La valise à trésors d'Antonia


L'écriture intime : conférence de Philippe Lejeune du 23 janvier 2009  

J'ai trouvé que ce sujet complétait bien celui des carnets de voyages, d'où la présence de ce compte-rendu ici. Certains journaux intimes présentés en photos lors de la conférence ont d'ailleurs l'apparence de carnets de voyage car un carnet de voyage peut aussi être intime, quotidien et citadin.

Vendredi 23 janvier 2009, 20h30 : la SNCF a encore frappé, la ville n'est qu'un immense chaos de voitures qui cherchent à atteindre la gare pour récupérer des usagers, victimes malgré eux de furieux syndicalistes. Il fait froid, je suis fatiguée, nous sommes en fin de semaine, je n'ai pas eu le temps de manger à cause d'une course tardive sur Paris et du transport défaillant. Je me rends néanmoins à la conférence car mon inscription auprès de la médiathèque de ma ville m'oblige au respect de ce rendez-vous.

Je me demande ce que va pouvoir nous dire notre interlocuteur. Il a une tête d'universitaire débonnaire, il a l'air timide et tire souvent sur un pull en laine complètement déformé; il insiste pour brancher un ordinateur et parle de nous projeter des images. Je ne sais pas pourquoi mais je pense de suite à des images subliminales, couleurs, formes, paysages et je ne comprends pas la relation avec le sujet de la conférence : pourquoi et comment tenir un journal personnel ? J'admets parfois écouter de la musique lorsque j'écris mais de là à s'inspirer d'images, je ne vois pas bien où il veut en venir ?

Philippe Lejeune se présente, revient sur sa biographie et sa bibliographie, nous fait une longue introduction sur le sujet qui a occupé toute sa carrière, à savoir l'écriture intime.

Il n'y aura pas ce soir d'images subliminales. C'est l'histoire du journal intime qui nous est racontée, histoire illustrée de nombreuses anecdotes et de photos. Par ces photos de journaux, Philippe Lejeune veut nous convaincre de l'extraordinaire créativité des journaux intimes. Chaque journal est une œuvre d'art, un objet unique. On comprend mieux alors qu'il y ait consacré toute sa carrière. 

Quelques notes prises pendant la conférence 

Il n'existe pas vraiment de terme français pour décrire celui qui tient un journal intime. On parle de "diariste", un terme emprunté au vocabulaire anglais.
Le diariste a une image dévalorisante, il serait une sorte de "rond du cuir de lui-même", un être régulier et obsessionnel, pas tout à fait faux Monsieur Lejeune !

D'ailleurs l'affiche de l'exposition organisée par la bibliothèque municipale de Lyon nous montre un chat noir, certes sympathique, mais qui couvre un journal de ses empreintes de façon régulière et monotone. Une affiche pas si anodine, où l'on retrouve la nature scolaire et rigide du journal, tout en admettant qu'il s'agit bien de laisser une trace dans la vie .J'aime beaucoup cette notion de trace pour ma part car c'est sûrement le sentiment moteur de la création et de la mise à jour de ce site internet.

La question se pose de savoir si le diariste est plus narcissique que la moyenne. Pas forcément, car les non diaristes peuvent l'être aussi or on ne peut pas reprocher au diariste d'embêter ses co-génères avec ses problèmes existentiels, tout solitaire qu'il est.
Philippe Lejeune parle ensuite du difficile exercice qu'est la relecture de son journal .En effet, si le passé est merveilleux, on ne peut que le regretter et si l'on a commis des erreurs, il est trop tard pour revenir dessus. 

Sur la forme : les images parlent d'elles-mêmes; chaque diariste reste fidèle à sa propre stratégie, possède sa propre tenue graphique. L'information contenue dans la graphie d'une personne ou sa façon de disposer le texte sur la page est une information sur cette personne. L'écriture est un corps, elle vieillit et porte les stigmates du temps. Pourtant il est frappant de constater comme l'écriture peut être fluide et non raturée chez de nombreux diaristes. Illustration faite de plusieurs photographies de journaux, on comprend mieux pourquoi Philippe Lejeune s'insurge contre la version éditée de certains de ces journaux, qui, s'ils sont fidèles au fond, trahissent la forme. 

Sur le fond : le journal est une mémoire, un accompagnement de la vie ou un soutien en cas de traumatisme. L'écriture est souvent élaborée, décantée, filtrée tout au long de la journée, ce qui explique justement qu'elle serait si fluide. J'aime aussi beaucoup cette idée que l'écriture, même brève s'appuie sur un travail cérébral de toute la journée. Le diariste filtre et condense la vie. Son journal, le prépare à la vie demain. 

Puis Philippe Lejeune nous parle de son travail au sein de l'APA (Association Pour l'Autobiographie) qui se propose de collecter et conserver les journaux intimes, à ce jour environ 2500 dépôts. 

L'heure tourne, chacun a le stylo qui le démange. Je profite de la pause questions à la salle pour évoquer le sujet de l'écriture numérique.
En effet, Philippe Lejeune vient de nous parler avec un tel enthousiasme du journal intime manuscrit que j'en viens presque à regretter mon caprice hig-tech de la semaine : à savoir un notebook asus, sorte de mini-ordinateur simplifié, si girly avec sa petite façade violette. Je me vois déjà voyageant avec partout en France et dans le monde. Car voyez-vous, Monsieur Lejeune, si j'ai le goût de l'écriture, intime ou pas, j'ai perdu depuis longtemps le goût de l'écriture manuscrite. D'une part parce que je ne suis pas particulièrement fan de mon écriture, d'autre part, parce que ma pensée s'est aussi informatisée avec le temps. Par là, je veux dire que je tape aussi vite que je pense (et vise versa) et que je ne cesse de me relire, de copier/coller, de reprendre, de développer ou au contraire d'alléger. Tout ce que j'écris, public ou privé, est donc bien une écriture spontanée mais revue et corrigée, parfois immédiatement, parfois plusieurs jours après le premier jet. Voilà Monsieur Lejeune, je suis un peu perfectionniste et le cahier à spirales n'est plus mon ami. Après votre brillant exposé, me voilà toute chagrine de savoir que ce que je vais gagner en style et en satisfaction de la copie bien propre et bien claire, je vais le perdre en spontanéité, en mise en page, en expression artistique. C'est sans compter que vous avouez être vous même un diariste informatisé. Sans-doute souffrons-nous du même désir de perfection ? Nous avons malheureusement peu de temps pour aborder l'univers d'internet et des blogs. Dans les blogs vous voyez un désir de séduire autrui et une cohérence et constance dans le temps. Le blog est pour vous un village, un hameau. D'après vous, internet est un immense champ de bataille où l'on enterre pas les morts. Rendez-vous pris pour une autre rencontre sur ce sujet qui mérite une conférence en soi. 

Merci à Monsieur Philippe Lejeune, de nous avoir communiqué sa passion pour l'écriture intime et d'avoir rendu aux diaristes réguliers ou occasionnels que nous sommes, l'estime qui revient à ce genre, pas si mineur qu'il semble être.

En savoir + 

APA (Association pour l'Autobiographie) : http://www.sitapa.org

Le site de Philippe Lejeune : http://www.autopacte.org/

 


Mes carnets de voyage électroniques

tuileverte.jpg (96512 octets) Chine, 2002

 

bib2.jpg (22858 octets) Bibliothèque d'Alexandrie, 2003
 

Collage sur le thème du carnet de voyage - réalisation Carole Guelfucci

Voir aussi ma page sur le collage

En illustration, un collage réalisé sur le thème du carnet de voyage - 
tout est lié !

 


 


© 2003-2014 Réalisation et Conception Carole Guelfucci 
Dernière modification le 01/08/2014